L’histoire de Walibi Belgium commence lorsque l'homme d'affaires belge Eddy Meeùs, de retour du Zaïre (ancien Congo belge), se lance dans une nouvelle activité. Le parc d'attractions est inauguré le sous le nom de Walibi.
À la suite de son succès, Eddy Meeùs créé le groupe Walibi composé au total de onze sites en activité. Après sa vente en 1997, Walibi Belgium appartient à plusieurs propriétaires. Le groupe américain Premier Parks le détient de 1997 à 2004, le parc est ensuite la propriété du fonds d'investissement privé londonien Palamon Capital Partners de 2004 à 2006. En 2006, le parc est vendu au groupe français compagnie des Alpes.
Considéré comme faisant partie aujourd'hui du patrimoine belge, Walibi Belgium a été pendant de nombreuses années une tribune de la bande dessinée belge avec des contrats de licence pour Les Aventures de Tintin, Boule et Bill, Bob et Bobette et Lucky Luke.
Origine du projet En 1970, de retour du Zaïre où il a fait fortune dans les plantations de quinquina, le Belge Eddy Meeùs, un homme d'affaires originaire d'Anvers, cherche à se lancer dans une nouvelle activité pour y investir son argent. Après plusieurs placements boursiers infructueux, il pense à racheter une entreprise et se tourne donc vers les banques qui lui assurent que . En 1971, il choisit de se lancer dans un projet de parc safari avec d'autres investisseurs mais se retire après des négociations sans résultats..
C'est par pur hasard qu'il trouve l'idée d'un nouveau projet. Il lit un prospectus commercial ventant le téléski nautique, un ski nautique où le bateau est remplacé par un câble et une machinerie de tractage, une invention d'un Allemand : . Il rencontre l'ingénieur à Munich et signe avec lui un accord de vente exclusive pour le Benelux, ainsi qu'une option pour le monde entier.
Eddy Meeùs se met alors à chercher des opportunités commerciales pour vendre le produit, et se rend compte qu'il a besoin d'un endroit pour réaliser des démonstrations. À la recherche d'un plan d'eau, il apprend que la Compagnie Immobilière de Belgique vend un étang à Limal, dans le Brabant wallon. Il achète de terrain dont un étang de et fonde en la société Les Grands étangs de Limal dans laquelle il injecte cinq millions de francs belges, environ .
Après plusieurs démarches administratives, les terrains passent de zone agricole à zone de loisirs et il obtient les permis de bâtir lui permettant d'apporter les transformations nécessaires au plan d'eau pour y accueillir le téléski nautique. Ces différents travaux, ainsi que l'achat de terrains supplémentaires pour créer un parking et un accès à la voirie font finalement monter l'investissement à cinquante millions de francs belges, environ 1,2 million d'euros. Eddy Meeùs réfléchit alors à un projet plus important : des vestiaires pour les futurs skieurs, un restaurant et une plaine de jeux pour occuper les enfants… Son intention ne sera pas seulement de vendre le produit, mais aussi de l'exploiter pour le public. Parmi les premières idées : la création d'un hall de sport, avec une patinoire, des terrains de tennis et même une piscine, mais Eddy Meeùs n'a pas assez d'argent pour les financer entièrement.
C'est finalement une nouvelle fois grâce au hasard qu'une nouvelle étape importante se met en place. Meeùs rencontre un constructeur de manèges forains désireux de se reconvertir et qui lui propose son aide. L'idée d'un parc d'attractions est lancée mais l'investissement basique pour équiper le parc, soit quarante millions de francs belges est trop important pour ses finances. Meeùs accepte la suggestion du fabricant qui propose alors un paiement échelonné sur cinq ans, avant de changer d'avis et d'exiger la moitié pour obtenir la livraison des manèges. Dans l'impossibilité de faire marche arrière, le marché est finalement tenu et la livraison prévue début 1975. Meeùs rencontre dans la même période d'autres forains qui lui proposent de louer leurs cinq attractions pour la saison, avec une option d'achat.
Avec tous ses frais, il doit alors se tourner vers les banques et emprunter, mais celles-ci sont méfiantes et n'accordent pas beaucoup de crédit à son projet. La grande crise de 1974 due au premier choc pétrolier fait que le gouvernement de l'époque, pour lutter contre l'inflation, décide d'interdire aux banques d'accorder des crédits jusqu'à nouvel l'ordre. La situation finit par se débloquer en , quand deux banques lui accordent deux prêts pour quarante-cinq millions de francs belges , non sans avoir dû hypothéquer les terrains et plusieurs de ses biens privés.
Il faut noter qu'en parallèle, Meeùs s'est lancé dans un autre projet de téléski nautique, à Bernissart, proche de la frontière française. Inauguré le , ce petit parc de loisirs comprend un restaurant, un petit train et plusieurs manèges pour enfants achetés à la foire de Hambourg. Face à de multiples déconvenues, Eddy Meeùs se départît de l'entreprise en 1978. Cette expérience lui permet d'acquérir quelques ficelles du métier et d'anticiper certains problèmes qui allaient se poser dans son second projetConstruit par la firme suisse Willy Bühler, Meeùs vendra par la suite un dernier téléski nautique au , voisin du Safaripark Beekse Bergen aux Pays-Bas. Ce téléski nautique sera en fonction jusqu'en 1996..
Walibi : les premières années (1975-1977) Pour Eddy Meeùs, Les Grands étangs de Limal n'est pas un nom convenable pour un parc d'attractions. Il propose alors à sa famille un jeu et organise un brainstorming avec à la clé une prime pour celui qui trouverait un nom original et attrayant. Malgré les nombreuses propositions, aucune ne lui convient, et près de deux mois avant l'inauguration du parc, ce dernier n'est toujours pas baptisé. Il pense alors à construire un nom à partir de Wavre, la commune la plus proche et la plus connue des environs. Mais il trouve indélicat de parler d'un « Parc de Wavre » étant donné que ce dernier se trouve réellement sur la commune de Limal. Vu qu'une partie du parking se trouve également sur Bierges, il a l'idée de créer un nom au départ des premières syllabes des trois communes : Limal, Bierges et Wavre. Après plusieurs tests de combinaison, il s'arrête sur Walibi, proposition qui est acceptée très rapidement par ses collaborateurs et sa famille. Son fils Thierry Meeùs lui dit alors que cela le fait penser à un petit marsupial australien, le wallaby, un cousin du kangourou… Le nom du parc et son emblème étaient désormais définitifs.
Eddy Meeùs s'entoure d'une équipe qui fera longue date dans l'histoire du parc. Il y a tout d'abord le fils d'un ami, Dominique Fallon, futur créatif et responsable des campagnes de communication. Et il y a aussi sa famille qui se joint rapidement à ses affaires, en commençant par sa fille Anne en 1974 suivi de ses fils Yves en 1977 et Thierry en 1983. Walibi est donc dès sa conception une entreprise familiale.
vignette|gauche|upright=0.75|Logo original de Walibi (1975) dessiné par Nicole Cromps.
Walibi ouvre ses portes au public le et près de se présentent ce jour-là. Le parc est traversé par une longue allée large d' dans laquelle le promeneur trouve un parcours de montagnes russes Le Grand 8, des autos-tamponneuses, des poneys, des canots ainsi que cinq attractions foraines louées à la fête foraine de Wavre, dont Himalaya, un manège de type Music Express et Matterhorn. Quant au Téléski nautique, il est installé au bord d'une plage de sable fin. Afin de rendre le parc plus présentable, Eddy Meeùs doit investir dans des tulipes en plastique pour donner un peu de verdure aux de terrain qui se compose principalement de sable de remblai.
Meeùs réalise avec un forain une attraction phare : Le Temple du Soleil, un parcours scénique dans lequel les visiteurs découvrent différentes scènes avec les personnages et animaux de l'album du même nom des aventures de Tintin, le tout en accord avec Hergé. L'attraction est ouverte quelques jours plus tard, le . Cette collaboration est le début d'une longue série de projets d'attractions et animations grâce à un contrat signé avec les Éditions du Lombard. D'ailleurs, Meeùs avait imaginé dans un premier temps un parc plus important sur le thème des aventures de Tintin, un projet qu'il avait dû abandonner vu l'important investissement nécessaire.
Walibi lance en Belgique et en Europe le concept du ticket unique à la journée donnant libre accès à toutes les attractions. À cette époque, certains parcs comme Disneyland en Californie fonctionnaient avec un système de carnets de tickets à utiliser selon le type d'attractions. La première saison se clôt sur un premier chiffre : , ce qui permit de couvrir les frais de publicité, mais pas ceux du personnel.
À ses débuts, la plupart des activités du parc sont gérées par des indépendants, et la majorité des attractions sont démontées l'hiver pour revenir le printemps suivant, ou être remplacées par de nouvelles, souvent plus grandes. Cette organisation fait qu'Eddy Meeùs ne peut vraiment construire un parc définitif comme il l'entend, mais au fil des années, il reprend peu à peu la gestion des manèges et du reste du parc, ce qui le mène à construire de plus en plus des attractions et bâtiments fixes. En 1976 est construit le bassin des dauphins. Plus étonnant : Claude François donne un concert pour l’inauguration de la deuxième saison de Walibi, c’était le samedi . Malgré une fréquentation en hausse en 1976 () puis en 1977 (), Eddy Meeùs est empêtré dans les soucis financiers, notamment avec l'inflation galopante de l'époque mais aussi du fait que même avec un chiffre d'affaires en hausse, le parc ne fait quasiment aucun bénéfice.
Les grands développements (1978-1985) vignette|upright=0.75|La Rivière sauvage (1978). La quatrième saison de Walibi, en 1978, marque un tournant important dans l'histoire du parc. Durant l'hiver, Meeùs obtient un nouveau prêt de cinquante millions de francs belges auprès de la Société nationale de crédit à l'industrie (SNCI) et décide d'investir dans une importante série de nouvelles attractions. Tout d'abord, Jumbo Jet, des montagnes russes Jet Star 3 du constructeur allemand Schwarzkopf achetées au forain Kinzler., Turbo Lift, Sensorama, Calypso, Paratroop, le Bidule ou encore les radeaux, un tow boat ride doté l’année suivante de scènes représentants les aventures de Tintin dans des décors de jungles, telles le village d'Arumbayas de L'Oreille cassée, Le Temple du Soleil ou Les Cigares du pharaon à l'image de Jungle Cruise des parcs Disney. Mais l'attraction la plus remarquée est alors la Rivière sauvage, premier parcours de bûches construit en Belgique. Et comme ces attractions sont fixes, Meeùs peut commencer à aménager le parc et y planter des arbres.
La saison est un succès et le parc accueille près de , soit de plus qu'en 1977. Quant à la mascotte du kangourou, elle se fait connaître via une importante campagne d'affichage où le passant la voit dévaler la Rivière Sauvage.
vignette|gauche|upright=0.75|La grande Roue (1979) vignette|gauche|upright=0.75|Enterprise (1979) vignette|gauche|upright=0.75|Tornado (1979) Durant l'hiver suivant, la SNCI fait de nouveau confiance à Meeùs et lui accorde un prêt supplémentaire de de francs belges , ce qui lui permet de réaliser une seconde vague d'investissements. En aménagements d'abord, car la grande allée du parc est asphaltée, puis en nouvelles attractions. Sont ainsi inaugurés en 1979 la Grande roue (de Vekoma), les Poneys mécaniques et deux circuits de voitures électriques (les Tacots et les Mini-Jeeps) toutes trois construites par la firme allemande Metallbau Emmeln et enfin l'Enterprise, attraction à sensations fortes fournie par Huss RidesAnnoncée sur plusieurs prospectus de 1978, ce manège devait être attendu en cette année par le parc..