L'Armée nationale populaire (ANP ; en , en ) est la force militaire de l'Algérie depuis son indépendance en 1962. Cette institution est chargée de la défense de la population, du territoire et des intérêts nationaux. Elle est composée des Forces terrestres, des Forces navales, des Forces aériennes, des Forces de défense aérienne du territoire, de la Gendarmerie nationale et de la Garde républicaine. Toutes ces forces sont placées sous l'autorité du ministère de la Défense nationale et du président de la République, qui est, selon la constitution algérienne, le chef suprême des forces armées. Les forces armées algériennes comprennent également divers services interarmées placés sous la direction du chef d'état-major.
Selon le classement 2026 du Global Fire Power, l'Algérie est la puissance militaire mondiale et la deuxième d'Afrique, derrière l'Égypte.
Histoire Origines
L'Algérie a eu des désaccords frontaliers de longue date avec le Maroc, en raison de la non-reconnaissance des frontières coloniales par le régime marocain.
Historiquement, l'Algérie a acheté des armes et des équipements militaires à l'Union soviétique. Actuellement, l'Algérie est engagée dans un processus de modernisation de l'armée, qui comprendra l'introduction de nouveaux navires de guerre les plus modernes, des aéronefs et des avions de ravitaillement en carburant.
Crise de l'été 1962
La crise de l'été 1962 ou l’Affaire des wilayas, mit devant un péril mortel la République algérienne à peine née, après une terrible guerre qui a duré huit longues années. Une période d'anarchie est marquée par de violents affrontements et règlements de comptes entre dirigeants algériens jusqu'en où l'armée des frontières commandée par Boumédiène accompagnée de Benbella, entre à Alger. Le colonel Boumédiène impose l'entrée de ses bataillons dans la capitale le et Benbella déclare: « L'Armée nationale populaire est à Alger, le Bureau politique a triomphé grâce au peuple… ». Les maquisards de l'Armée de libération nationale des Aurès furent les derniers à baisser les armes. En début de fin de l'année 1962, l'armée a été restructurée en régions militaires (RM). Ce qui eut pour conséquence de consacrer définitivement la dissolution de l'Armée de libération nationale ainsi que les wilayas historiques et la naissance de l'Armée nationale populaire.
Création de l'ANP
Dans des conditions particulièrement dures et complexes tant sur le plan matériel que sur celui de l'organisation, face à une politique colonialiste faite d'oppression et de pillage économique, le peuple algérien et ses véritables militants révolutionnaires prirent la décision irréversible d'engager la lutte armée contre le régime colonial. Il fallait, par tous les moyens et au prix de tous les sacrifices, liquider, les bases de la domination étrangère implantée par la force depuis plus d'un siècle. Mûri par toute une série d'étapes politiques et de transformations culturelles et psychologiques, connaissant les dimensions de son drame comme les impératifs de la lutte anticolonialiste, .
Le premier , les premiers coups de fusil des premiers combattants, illuminent le ciel de la patrie. L'organisation révolutionnaire par l'action armée qu'elle avait déclenchée provoque une rupture totale avec les vieilles méthodes d'opposition politique. L'Armée de Libération Nationale (ALN) était l'instrument de concrétisation de ces aspirations de liberté. Aussi, et dès le déclenchement de la lutte armée, les responsables politico-militaires de l'Armée de libération nationale (ALN) branche armée du Front de libération nationale (FLN), se sont attachés à mettre en place les structures de l'Armée. En conformité avec l'un des principes de la guérilla, les unités sont formées de petits groupes. Ces derniers disposent d'un armement léger certes, mais étaient extrêmement mobiles et efficaces.
Une année après l'offensive du Nord-Constantinois (), jour pour jour, le tenait le Congrès de la Soummam. Il en résulta la plate-forme historique qui sur le plan militaire a décidé de la réorganisation de l'Armée de libération nationale (ALN) en bataillons, compagnies, sections et groupes, avec en soutien toute une organisation administrative représentée par les services de santé, de liaison, de l'équipement, de renseignement, de finance, du matériel de guerre, de presse et d'information.
Par ailleurs, l'ALN s'est progressivement dotée d'équipements de plus en plus modernes, et d'un armement mettant en œuvre une grande capacité de feu. Bien entraînée et surtout bien structurée l'ALN prouvera son efficacité sur le champ de bataille et les moudjahidines, que l'ennemi considérait au début comme une poignée de rebelles, qu'il méprisait et sous-estimait, vont par la grâce de leur détermination et de leur volonté irréductible contraindre l'occupant à s'asseoir à la table des négociations, arrachant par la force des armes, l'indépendance nationale.
Le Front de libération nationale (FLN) et l'ALN indissolublement liés, ont puisé l'un et l'autre leur raison d'être dans la volonté de libération de la nation algérienne, contre le joug colonial et en s'appuyant sur les énergies vives du peuple tout entier. Appliquant les principes stratégiques de la guerre révolutionnaire, l'ALN a constitué le fer de lance d'une lutte dont le peuple algérien est sorti victorieux" (Charte nationale. Chapitre Défense nationale).
Reconversion en Armée nationale populaire
Le « programme de Tripoli » de juin 1962, adopté deux mois après l'annonce de cessez-le-feu prévoyait : « L'accession de l'Algérie à l'indépendance impose qu'une partie de l'Armée de libération nationale (ALN) revienne à la vie civile et donne des cadres au parti et que l'autre partie constitue le noyau de l'Armée nationale ». D'autre part il met l'accent sur la nécessité d'organiser une armée nationale moderne par le biais du développement de l'Armée de libération nationale (ALN).
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Pour faire face à ses nouvelles missions : sauvegarder l'intégrité territoriale, préserver l'ordre public, faciliter le retour des réfugiés…, l'armée se devait de se réorganiser en comblant les vides laissés par le départ d'un nombre important de ses cadres vers d'autres institutions telles l'administration et le Parti, et d'opérer sa reconversion. Le premier objectif était de mettre sur pied une organisation logistique permettant de subvenir aux besoins de l'armée qu'il fallait structurer, nourrir, habiller, soigner et former. Ainsi les directions de l'Intendance, du Matériel, du Génie et de la Santé, du Transport et de l'Approvisionnement furent les premières à voir le jour. Ces directions, auxquelles vinrent rapidement se joindre celles du Personnel, de l'Armée de l'Air, de la Marine et de l'Instruction, au niveau du ministère, allaient constituer l'ossature de l'Armée nationale populaire. Les bases de la structure générale de l'armée seront consolidées avec la création des principales directions, la mise sur pied d'une organisation efficace, l'ouverture d'écoles et de centres d'instructions et l'envoi à l'étranger de stagiaires destinés aux différents armes et services.Une double mission : la défense nationale et les tâches d'édification.
L'effort de développement et de modernisation de l'Armée nationale populaire (ANP) se poursuivra tout au long des décennies 1970 et 1980 avec, sur le plan organisationnel, la constitution de bataillons et de brigades. Durant les années 1980, l'armée connaîtra un développement considérable. C'est ainsi qu'en 1986, elle a entrepris une opération de restructuration, reposant essentiellement sur la mise en œuvre de grandes unités mêlant puissance de feu et mouvement graduels, autrement dit les divisions de combat, équipées de systèmes d'armes très sophistiqués et autres équipements nécessaires à l'utilisation et à la maintenance de ces systèmes. Cette modernisation ne concernait pas uniquement le matériel, mais englobait l'ensemble des domaines organisationnels et de combat. Ainsi fut créée l'inspection générale de l'Armée nationale populaire (ANP).
Guerre des sables
Plusieurs facteurs contribuent à l'éclatement du conflit : l'absence d'un tracé précis de la frontière entre l'Algérie et le Maroc, l'irrédentisme marocain autour de la notion du « Grand Maroc », la découverte d'importantes ressources minérales dans la zone contestée ainsi que le refus du gouvernement de l'Algérie indépendante, présidé par Ahmed Ben Bella, de reconsidérer les frontières héritées de l’ère coloniale tel que cela aurait prévu par la convention du signée à Rabat par Ferhat Abbas, président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), et Hassan II, roi du Maroc.
Cependant, à l'indépendance de l'Algérie, et avant que cet accord ne soit ratifié, une coalition menée par Ahmed Ben Bella et soutenue par l'Armée de libération nationale (ALN) évince Ferhat Abbas du gouvernement. Un des enjeux de la guerre de libération nationale était la préservation de l'unité du territoire, il s'agissait en particulier d'empêcher la France de séparer la région du Sahara du reste de l'Algérie. Ben Bella et les dirigeants de l'Armée de libération nationale (ALN) étaient de ce fait réticents à l'idée de rétrocéder le moindre territoire « libéré avec le sang de tant de martyrs » au Maroc et, après l'indépendance, ils refusent de reconnaître les revendications du Maroc. Ils perçoivent en fait les exigences du Maroc comme une tentative d'ingérence et de pression, au moment où le pays sort très affaibli de sa guerre d'indépendance. Le gouvernement algérien ne contrôle pas encore fermement tout son territoire ; en particulier, un soulèvement anti-FLN, conduit par Hocine Aït Ahmed, se développe notamment en Kabylie. Dans le même temps, les revendications socialistes du Front de libération nationale (FLN), trouvent un écho au Maroc avec l'Union nationale des forces populaires (UNFP) de Mehdi Ben Barka, qui exige une réforme agraire, une révolution des travailleurs, et une solidarité anti-impérialiste avec la révolution algérienne ; celui-ci doit quitter le Maroc en à la suite de l'échec du « complot de juillet » contre le roi, dans lequel une faction de l'Union nationale des forces populaires (UNFP) est mêlée.
Les tensions entre le Maroc et l'Algérie montent peu à peu, et aucune des parties ne veut prendre le risque de reculer. Dès le soit seulement 2 jours après l'indépendance Algérienne, Tindouf est le siège d'incidents.Peu après, l’armée marocaine tente d'occuper la ville, mais se replie après avoir découvert que l'armée algérienne contrôle déjà la région. Elle s'installe également brièvement dans la région de Colomb-Béchar. Pendant l'été 1963, les deux pays renforcent leur dispositif militaire le long de la frontière. De chaque côté, la presse relate des exactions. Des Marocains travaillant en Algérie sont expulsés, ainsi que des marchands algériens travaillant à Oujda. L'Algérie aurait soutenu le « complot de juillet », tandis que le Maroc aurait favorisé l'arrestation de Ben Bella en . Jusqu'à septembre, les accrochages sont encore attribués à des « éléments incontrôlés ».
Coup d'État de 1965
En 1964, pour réprimer la rébellion du Front des forces socialistes, Ahmed Ben Bella met en place une milice populaire, dirigée par le commandant Mahmoud Guennez. L'instauration de cette milice crée une profonde dissension avec les militaires algériens qui la considèrent comme intrusive dans leurs prérogatives. Chadli Bendjedid indique : . Pour l'historienne Saphia Arezki cette remise en cause de l'armée est une des raisons du Coup d'État de 1965.
Le , un coup d'État militaire renverse le président président Ben Bella et porte le colonel Houari Boumédiène, alors ministre de la Défense, au pouvoir ; Ben Bella est emprisonné jusqu'en puis assigné à résidence jusqu'à sa libération en .
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Batailles d'Amgala