vignette|Dispositif prévisionnel de secours organisé par la Protection Civile de Belfort en 2016.|alt= En France, un poste de secours, ou dispositif prévisionnel de secours, est un dispositif préventif mis en place pour couvrir un événement saisonnier (par exemple surveillance de plages) ou ponctuel (manifestation sportive ou culturelle, foire, concert, grand rassemblement…). Il est tenu par des secouristes.
Les secouristes prennent en charge les blessés et les victimes de malaises, effectuent les gestes de premiers secours et préviennent la régulation médicale du SAMU le cas échéant en vue d'une demande de renfort, d'un avis médical, ou de l'évacuation d'une personne vers un hôpital si le médecin régulateur le juge nécessaire.
L'intérêt d'un poste de secours est double. Premièrement, la présence d'une équipe sur place permet une prise en charge rapide des victimes, ce qui est primordial en cas de détresse grave (hémorragie, inconscience, arrêt cardio-respiratoire...). De plus, le poste de secours permet de décharger les services d'urgence en traitant sur place les cas les plus bénins et en donnant des informations pertinentes au médecin régulateur.
Ces dispositifs, pleinement intégrés dans la chaîne des secours, permettent un gain de temps et de confort pour les victimes, de limiter les coûts du système public de secours, ainsi que de libérer les véhicules de service public (sapeurs-pompiers et SAMU) qui peuvent se concentrer sur les urgences à domicile ou sur la voie publique.
Historique
Au cours du , le concept de postes de premiers secours organisés à titre prévisionnel s'est développé lors des conflits armés, à travers le service de santé des armées. À partir de la Guerre franco-allemande de 1870, la Société de secours aux blessés militaires, ancêtre de la Croix-rouge française, organise les premiers dispositifs de secours français tenus par des volontaires. Ceux-ci prenaient notamment la forme d'ambulances dites volantes, présentes au plus près des combats afin de rapatrier les blessés à l'aide de brancardiers, ainsi que d'hôpitaux auxiliaires placés en retrait du front qui étaient chargés de compléter les hôpitaux militaires.
vignette|Officier devant un poste de secours de la Première Guerre mondiale.|alt= Affirmation du rôle des acteurs associatifs Les dispositifs organisés par des volontaires associatifs dans un contexte militaire ont continué de se développer au début du , aussi bien du fait de leur efficacité qu'en raison de l'ampleur des conflits qui nécessitaient la prise en charge d'un grand nombre de victimes. Au cours de la Première Guerre mondiale, la Croix-rouge française gérait des postes de secours aux frontières utilisés pour le relevage des blessés ainsi que auxiliaires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux postes de secours ont également été tenus par les volontaires de la Croix-Rouge et de la Défense passive, notamment en vue d'améliorer la prise en charge des blessés des bombardements.
Développement des postes de secours en temps de paix Même si la Croix-Rouge a effectué des activités de secours et d'assistance aux populations en temps de paix dès 1919, ce n'est qu'à partir de la deuxième moitié du que les postes de secours à usage civil se sont répandus, en réponse à la multiplication des grands rassemblements sportifs, culturels et festifs. Jusqu'à la fin des années 1980, peu de règles encadraient le recours ou l'organisation de dispositifs de premiers secours lors de ces évènements, la prise en charge des victimes étant à la charge des Services d'aide médicale urgente (SAMU) et des Services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR) au même titre que les urgences quotidiennes. Une partie de la couverture sanitaire préventive lors de grands évènements pouvait toutefois être assurée par des acteurs associatifs. Afin de formaliser cet engagement, le ministère de la santé concluait des conventions avec les organismes associatifs, notamment la Croix-Rouge en 1987 et la Fédération nationale de protection civile en 1992. Ces conventions ont fixé le principe qu'en cas de grand rassemblement, un poste de secours peut être organisé à la demande de la préfecture, de l'organisateur, ou du SAMU.
En revanche, les règles relatives à la sécurité de ces évènements, au dimensionnement des postes de secours et à leur organisation étaient vagues, ce qui posait des difficultés pour assurer la protection du public. C'est dans ce cadre qu'une circulaire du du ministère de l'Intérieur a défini les premières règles pour encadrer l'organisation des secours pendant ces grands rassemblements. Il s'agissait notamment d'identifier les risques liés à l'évènement, afin de prévoir des postes de secours ainsi que les moyens adéquats d'évacuation des victimes. Lors des manifestations particulièrement importantes ou risquées (par exemple pour les sports mécaniques), le préfet ou le maire pouvait arrêter un dispositif spécifique. C'est alors lui qui fixait le dimensionnement du poste, la position des équipes et le matériel requis. Dans les autres situations, l'organisateur et l'association de secourisme déterminaient ces modalités dans un contrat, souvent appelé convention de poste.
Ainsi, en dehors des cas où le dispositif était organisé par la préfecture, aucun texte n'obligeait à la tenue d'un poste. Dans certains cas, ces derniers pouvaient être exigés par les compagnies d'assurance ou les fédérations sportives.
Apparition des premières règles d'organisation des postes de secours A la fin des années 1980, le recours aux postes de secours s'est généralisé. Toutefois, il existait très peu de normes réglementant leur fonctionnement ainsi que les pratiques des intervenants. La tenue des dispositifs de secours ne nécessitait pas d'agrément et pouvait être effectuée par des organismes privés. Pour pallier l'absence de règles spécifiques, les consignes étaient données au cas par cas par les préfets ou les maires dans le cadre de leurs prérogatives de police administrative, ainsi que par les autorités sanitaires responsables de la prise en charge des victimes. Pendant les années 1990, une série de textes est venu préciser le fonctionnement des dispositifs de secours.
Le décret du a créé le certificat de formation aux activités des premiers secours en équipe (CFAPSE). Il réglemente les gestes de secourisme en équipe, ce qui offre un premier référentiel pour les intervenants chargés de la tenue des postes de secours. Ces derniers doivent avoir la qualité de secouriste et détenir le CFAPSE qui est désormais un prérequis pour participer à toute mission de secours organisée sous le contrôle des autorités publiques. Les sauveteurs, titulaires du brevet national de premiers secours (BNPS), peuvent également y participer sous la supervision des secouristes. Depuis 1993, les personnels des dispositifs de secours doivent être couverts par une assurance souscrite par leur organisme.
À partir de 1997, tout rassemblement réunissant au moins 1500 personnes doit faire l'objet d'une déclaration préalable en préfecture. Dans ce cadre, l'organisateur doit prévoir des mesures de protection des participants et du public, ainsi que d'être capable de porter secours aux personnes en péril. Les postes de secours deviennent donc une obligation réglementaire pour les évènements importants ou à risque, sous peine de poursuites judiciaires. Certains évènements informels ou sans organisateur identifié, tels que les Rave party et les teknivals, ont nécessité des efforts d'adaptation de la part des pouvoirs publics pour assurer une présence effective des secours sur place.
Apparition des points d'alerte et de premier secours Au début du , les autorités ont pris conscience de la nécessité de mieux adapter l'organisation des dispositifs de secours en fonction de la nature des rassemblements afin de maximiser le nombre d'évènement couverts et la qualité de la prise en charge des victimes. Dans ce cadre, une circulaire de 2001 a autorisé l'expérimentation des points d'alerte et de premiers secours (PAPS). L'objectif de ces postes de secours à format réduit était de couvrir les manifestations avec peu de public ou ne présentant pas de risque sans avoir à mobiliser des ressources humaines, matérielles et financières disproportionnées. Ces dispositifs à deux secouristes ayant rencontré un réel succès, leur principe a été retenu et pérennisé.
Définition de la doctrine de l'organisation des postes de secours Face à la recrudescence de la menace terroriste et des crises telles que la tempête de 1999, la loi du a initié une dynamique de modernisation de la sécurité civile qui a été l'occasion de définir les rôles respectifs de l'ensemble des acteurs du secours. Son chapitre V a fixé les principes fondateurs d'une doctrine de l'organisation des postes de secours, qui sont désormais désignés par le terme dispositif prévisionnel de secours (DPS). Afin de garantir la qualité de la prise en charge des victimes, ces dispositifs ne peuvent être organisés que par des associations qui détiennent un agrément de sécurité civile délivré par les autorités. En principe, il n'est donc plus possible pour d'autres sociétés privées d'effectuer ce type de missions.
En 2006, cette doctrine a été déclinée sous la forme d'un référentiel national détaillant les modalités opérationnelles et techniques d'organisation des dispositifs prévisionnels de secours. Ce document définit quatre niveaux de dimensionnement des postes de secours en fonction de l'ampleur de la manifestation et des risques qu'elle présente, ainsi que les critères méthodologiques permettant de déterminer le dispositif adéquat. Le référentiel indique également le nombre d'intervenants et le matériel à prévoir pour chaque niveau de DPS. En application de la loi de 2004, le référentiel précise aussi les modalités des évacuations de victimes effectuées par les associations agréées de sécurité civile, qui étaient jusque-là soumises au régime des ambulances. Enfin, des procédures de suivi administratif des évènements et de la prise en charge des victimes sont créées.
Au cours des années suivantes, les textes juridiques ont connu des évolutions de forme, notamment avec la codification des dispositions législatives dans le code de la sécurité intérieure en 2012. Toutefois, la doctrine générale des postes de secours actuellement en vigueur reste celle définie dans le référentiel de 2006.
Organisation des postes de secours généraux (DPS) vignette|Briefing de la FFSS préalable à la mise en place d'un dispositif prévisionnel de secours à Lille. En France, les postes de secours généralistes sont appelés « dispositif prévisionnel de secours » (DPS) à la suite de la loi de modernisation de la sécurité civile de modernisation de la sécurité civile, art. 37, mais ils doivent être signalisés par un écriteau « poste de secours ». Leur mise en place est définie par le Référentiel national de missions de sécurité civile — Dispositifs prévisionnels de secours (RNSC-DPS). Ce référentiel est applicable aux départements d'outre-mer et à la Polynésie française. En Nouvelle-Calédonie, il existe un référentiel spécifique dont le contenu est similaire à celui du RNSC-DPS.
Les postes de secours sont organisés à la demande des organisateurs d'un évènement, qu'il s'agisse de particuliers, d'autorités publiques, d'entreprises ou d'associations. Le dimensionnement des dispositifs dépend de différents critères permettant d'évaluer le niveau de risques du rassemblement (nombre de participants, comportement du public, accessibilité du site et délai d'intervention des secours). Au delà d'un certain niveau de risque, la tenue d'un DPS est obligatoire. Le préfet ou le maire, en tant qu'autorité de police, peuvent également exiger l'organisation d'un poste de secours dès lors que cela leur apparaît nécessaire.