Les Élémens, simphonie nouvelle (orthographe de la partition gravée) est un ballet sans paroles composé pour ensemble instrumental en 1737 et 1738 par Jean-Féry Rebel. Cette œuvre est remarquable par l’audace harmonique de son introduction, inattendue à l’époque de sa composition.

Composition Le thème du ballet a été très probablement inspiré à Jean-Féry Rebel par le ballet-opéra Les Éléments qu'il avait dirigé en 1721.

La pièce comprend dix mouvements.

Le cahos (orthographe de la partition) ou chaos Ce prologue de 127 mesures est une pièce instrumentale non dansée. Le chaos est divisé en sept parties se référant aux sept jours de la Création. Le chaos, indiqué « très lent », débute par un bloc harmonique comprenant toutes les notes de la gamme de ré mineur, le premier cluster de l’histoire de la musique (ré, mi, fa, sol, la, , ), tenu deux mesures par les cordes, le basson et le clavecin, en nuances indiquées « fort » puis « doux » (ou decrescendo), suivies d’un silence. Cet accord est maintenu dans les mesures suivantes avec accélération rythmique des noires, aux croches et aux doubles-croches avec un la aigu à la petite flûte tenu à la fin de la mesure. Quatre thèmes sont exposés dans le chaos, l’eau aux flûtes par un mouvement mélodique descendant puis ascendant par degrés conjoints en valeurs régulières puis l’air aux petites flûtes (piccolos) par un aigu tenu en trille en même temps que le feu aux violons par saccades dans l’aigu, enfin la terre à la mesure suivante par les instruments graves en valeurs longues. Ces thèmes sont développés dans les chaos suivants. Le chaos plus court se déroule dans un climat apaisé sans les aspérités harmoniques et rythmiques des chaos précédents et se termine par une longue cadence en ré majeur. La suite de la symphonie comprend des danses et des morceaux d’une instrumentation variée, de 2 à 5 parties, comprenant des cors et des hautbois, dans lesquels les éléments sont évoqués sans les audaces harmoniques de l’introduction. Loure I : La terre et l'eau Chaconne : Le feu Ramage : L'air Rossignols Loure II Tambourins I & II Sicilienne Rondeau : Air pour l'Amour Caprice

Instrumentation L’édition gravée se présente comme une réduction comprenant deux parties de violons, deux de flûtes et une basse mais comporte des indications permettant une instrumentation plus riche. Une partition et des parties séparées manuscrites qui ont probablement servi à l’exécution indiquent la participation de bassons, de cors de chasse et de hautbois et d’une contrebasse. Certains passages sont joués par des petites flûtes. Des parties de trompettes et de cors sont indiquées pour le finale (caprice) de la symphonie.

Cette édition de 1737 est précédée d’une introduction, Avertissement, dans laquelle le compositeur expose sa démarche, la voici avec l'orthographe de cette époque :

Représentations L’œuvre a été représentée dansée le sans le chaos.

Le chaos fut joué par l’Académie Royale de Musique, seul et non dansé, les 17 et à la suite de pièces chantées d’autres compositeurs. D’après le bref compte-rendu du Mercure de France de , l’audace harmonique de la composition ne semble pas avoir rebuté :

Le chaos et des extraits des éléments furent encore joués dans un concert de . Après deux siècles d’oubli, le ballet fut représenté en 1950 sur une chorégraphie de Serge Lifar par un orchestre dirigé par Roger Désormière. Depuis, la symphonie est périodiquement exécutée en version instrumentale par des ensembles baroques et des orchestres symphoniques.

Références

Bibliographie

Catherine Cessac, « Les elemens » (1737–1738) de Jean Fery Rebel : spécificité et nouveauté d'une symphonie de danse (thèse). Université Paris IV, Paris 1990.

Liens externes

« Le Cahos » Musica Antiqua Köln dirigé par Reinhard Goebel

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