Le cimetière militaire britannique de Ranville est situé dans la commune française de Ranville (Calvados), sur la zone dite « Sword », l'un des sites du débarquement allié du 6 juin 1944. Après celui de Bayeux, c'est le plus grand cimetière militaire britannique de Normandie. Il est l'un des trois cimetières britanniques de la zone de Sword avec ceux d'Hermanville-sur-Mer et de Douvres-la-Délivrande.
À la droite de ce cimetière militaire, se trouve l'église de Ranville et son cimetière communal dans lequel se trouve une cinquantaine de tombes de soldats tombés au champ d'honneur, dont la description est traitée à la fin de cet article.
À deux kilomètres de ces cimetières, on trouve le Mémorial Pegasus à Ranville, qui retrace l'histoire d'un grand nombre de ces combattants.
Site
Localisation À onze kilomètres au Nord de Caen, situé sur la commune de Ranville, le cimetière se trouve rue du Comte Louis de Rohan Chabot. Il est de forme approximativement carrée, sur une superficie d'environ deux hectares.
Historique thumb|100px|Insigne de la division aéroportée. Dans la nuit du 5 au , les de la division britannique aéroporté ( Airborne) ont pour mission de sécuriser la zone située entre l'Orne et la Dives. Cette opération qui a pour nom Tonga, va ainsi préparer le débarquement des de la division d'infanterie britannique sur la plage de Sword, plus précisément sur les communes d'Hermanville-sur-Mer de Colleville-Montgomery à partir de du matin. La Airborne est composée de deux brigades parachutistes, et de troupes aéroportées qui vont se poser sur la terre française à l'aide de de grande capacité.
A , les parachutistes de la compagnie indépendante de parachutistes sont les premiers de tout le débarquement à se poser et placent des balises pour faciliter l'arrivée des soldats qui suivent.
Juste après, les six planeurs Horsa de la compagnie du major John Howard (appartenant au bataillon du Oxford and Buckinghamshire Light Infantry Regiment de la brigade aéroportée) se posent à côté du pont sur le canal de l'Orne de Bénouville, qui est rapidement pris ainsi que le pont sur l'Orne. C'est l'opération Deadstick.
A , le village de Ranville est libéré par les hommes du bataillon parachutiste de la brigade parachutiste, et devient ainsi le village libéré de France.
La batterie allemande de Merville est prise non sans difficultés par un effectif très réduit du bataillon parachutiste de la brigade parachutiste, emmenés par le lieutenant-colonel Otway.
Puis c'est la brigade parachutiste avec ses trois bataillons parachutistes (les et bataillons parachutiste britanniques et le bataillon parachutiste canadien) qui détruisent les ponts sur la Dives et la Divette des communes de Varaville, Robehomme, Bures-sur-Dives et Troarn.
La jonction avec les hommes débarqués sur la plage de Sword se fait à Bénouville à . Ces derniers sont emmenés par la brigade spéciale de Lord Lovat au son de la cornemuse de Bill Millin.
Ces combats et ceux qui ont suivi dans le secteur sur les deux mois suivants ont fait de très nombreuses victimes qui reposent dans ce cimetière. Il a été achevé en 1952, a été conçu par l'architecte britannique Philip Dalton Hepworth (1890 – 1963). Ce dernier a conçu de nombreux cimetières et mémoriaux britanniques pour la Commonwealth War Graves Commission qui gère l'ensemble de ces monuments dans le monde entier.
Le pont de Bénouville a été rebaptisé le Pegasus Bridge, en hommage à la Airborne dont l'insigne est le cheval ailé Pégase.
Administration thumb|upright=0.8 Le territoire du cimetière est une concession perpétuelle faite par la France à la Grande-Bretagne, comme il est d'usage pour les cimetières militaires.
Le cimetière est géré par la Commonwealth War Graves Commission (CGWC), autorité administrative indépendante créée en 1917, qui a la responsabilité de cimetières militaires dans le monde où reposent de soldats des États du Commonwealth tombés lors des deux guerres mondiales.
La CGWC assure l'entretien du cimetière dont les jardins sont tenus de façon exemplaire.
Cimetière militaire
Entrée et croix L’entrée du cimetière est constitué d’un porche carré, muni d’un toit à deux pentes. On y trouve le registre des sépultures du cimetière militaire, ainsi que celui qui concerne la partie militaire du cimetière de l'église.
À travers les arcades du bâtiment de l’entrée, on aperçoit au centre du cimetière la célèbre Croix du Sacrifice (sur sa base octogonale). Elle a été dessinée par l'architecte britannique Sir Reginald Blomfield (1856-1942), et elle orne de nombreux mémoriaux britanniques.
Au fond du cimetière, se trouve un bâtiment d'accueil, où est accrochée au mur une plaque métallique décrivant le débarquement en Normandie et les opérations qui s'ensuivirent permettant la libération de la France, de juin à .
Sépultures Ce cimetière possède la particularité d’accueillir des tombes de soldats allemands.
Les sépultures sont au nombre de et se répartissent la façon suivante : : 2154 : 323 : 76 : 5 : 2 : 3 : 1 : 1 Inconnue : 2
Les du Commonwealth appartenaient aux corps suivants : Armée de terre : Armée de l'air : 37 Marine : 99 Marine marchande : 2
Parmi ceux-ci, 95 n'ont pas été identifiés.
Le soldat polonais, ainsi que le soldat belge appartenaient à l'armée de terre.
Quatre des cinq français appartenaient à la Marine.
Les allemands appartenaient aux corps suivants : Armée de terre : 318 Armée de l'air : 5 Parmi ceux-ci, 54 n'ont pas été identifiés.
Les stèles des soldats du Commonwealth sont blanches, de forme rectangulaire arrondie sur le dessus, alors que celles des soldats allemands possèdent deux pentes légèrement inclinées sur le dessus. Ces dernières sont positionnées dans deux carrés situés à l’arrière gauche et droite du cimetière. La stèle du soldat polonais a une partie supérieure en forme de triangle arrondi, alors que celle du soldat belge possède deux excroissances en haut de chaque côté. Sur les tombes des soldats français, on trouve une croix latine.
Beaucoup de ces soldats sont morts dans les jours qui ont suivi le débarquement. On dénombre des troupes alliées qui sont décédés le jour même du débarquement, le 6 juin 1944.
vignette|Logo du Régiment parachutiste. Ce cimetière est souvent évoqué comme celui des parachutistes, car 378 y reposent.
Parmi les des soldats de ce cimetière, ceux dont on dénombre le plus de tombes sont : division aéroporté : et brigades parachutistes: Le Régiment parachutiste (, , , et bataillons) dont le lieutenant-colonel Alexander Johnson, commandant le bataillon Bataillon parachutiste canadien brigade aéroportée : Devonshire Regiment ( bataillon) Oxford and Buckinghamshire Light Infantery ( bataillon) Royal Ulster Rifles ( bataillon) Black Watch (Royal Highlanders) Argyll and Sutherland Highlanders Queen's Own Cameron Highlanders Gordon Highlanders Seaforth Highlanders King's Shropshire Light Infantry dont son second lieutenant-colonel (après le ) Cecil Barlow Lincolnshire Regiment Royal Warwickshire Regiment Royal Marines
Ces régiments représentent la moitié des sépultures du cimetière.
Il est frappant de constater l'extrême jeunesse de l'ensemble des hommes disparus. En effet, 874 avaient moins de , dont 224 avaient entre . Le plus jeune combattant de ce cimetière est Robert E Johns, fils de Willian et Daisy Johns, né le , décédé le à l'âge de moins deux jours. Originaire de Portsmouth dans le Hampshire, il avait dissimulé son véritable âge pour s'engager dans l'armée. Il appartenait au bataillon du Régiment parachutiste rattachée à la brigade parachutiste de la division aéroporté. Sur sa tombe figure cette phrase : « HE DIED AS HE LIVED, FEARLESSLY » (« Il est mort comme il a vécu, sans peur »).
Par ailleurs, le cimetière accueille la tombe d'Émile Servais Corteil, du bataillon de parachutistes britannique, tué alors qu'il avait 19 ans, et de son chien Glen, un berger allemand, habile comme sentinelle et détecteur d'explosifs. Leurs dépouilles ont été retrouvées au fond d'un trou d’obus. L'enterrement d'un soldat avec son chien était habituellement interdit mais les autorités ont finalement accédé de façon exceptionnelle aux demandes de la mère du soldat et d'autres militaires Marie-Béatrice Baudet, « Des chameaux de Napoléon aux chiens parachutistes du Débarquement, ces animaux enrôlés dans la guerre au fil de l’histoire », lemonde.fr, 3 août 2026..
Enfin, notons la présence de cinq français dont quatre appartenaient au bataillon de Fusiliers Marins Commandos du capitaine de corvette Philippe Kieffer (qui furent les seuls français à débarquer le 6 juin 1944). Ce bataillon était rattaché au Commando de la brigade des services spéciaux de la division d'infanterie britannique. Ces quatre soldats sont : Robert Croizier, Lucien Fourer, Pierre Vinat et le Guy Laot. Le était le poète Jean-Claude Diamant-Berger.
Cimetière communal
De nombreuses sépultures de soldats britanniques sont situées en dehors des cimetières militaires, près de l'endroit où ils sont morts au combat, en respectant ainsi une longue tradition. En effet, dans le Calvados, on trouve plus de de soldats du Commonwealth dans 95 de ces lieux.
C'est pourquoi le cimetière communal de Ranville, autour de l'église, comporte britanniques et une tombe allemande de soldats qui sont tombés principalement les 6 et et n'ont jamais été déplacés dans le cimetière militaire adjacent. Ces tombes sont alignés le long du mur extérieur du cimetière.
Parmi celle-ci, on trouve celle du lieutenant Herbert Denham Brotheridge, sous les ordres du major John Howard, qui tomba sous les balles allemandes en franchissant le Pegasus Bridge lors de l'opération Deadstick. Il est le soldat britannique ayant perdu la vie lors du débarquement.
On trouve le registre de ce cimetière avec celui du cimetière militaire, sous le porche d'entrée du cimetière militaire.
À la droite des tombes des soldats tués au débarquement, figurent quatre tombes de soldats français du Commando Kieffer décédés après la guerre entre 1946 et 2007 : l’aumônier René de Naurois, Juste parmi les nations, le peintre Guy de Montlaur, Pierre Tanniou et Roger Spinetta.
Notes et références
Bibliographie
Articles connexes Débarquement : Seconde Guerre mondiale Bataille de Normandie Débarquement de Normandie Jour J Plages du débarquement allié en Normandie Sword Beach
Forces en présence : 6e division aéroportée (Royaume-Uni) 3rd Parachute Brigade :en:8th (Midlands) Parachute Battalion :en:9th (Eastern and Home Counties) Parachute Battalion :en:1st Canadian Parachute Battalion 5th Parachute Brigade :en:7th (Light Infantry) Parachute Battalion :en:12th (Yorkshire) Parachute Battalion :en:13th (Lancashire) Parachute Battalion 6th Parachute Brigade :en: Devonshire Regiment :en: Oxford and Buckinghamshire Light Infantry :en:Royal Ulster Rifles :en:Black Watch (Royal Highlanders) :en: and Sutherland Highlanders :en:Queen's Own Cameron Highlanders :en:Gordon Highlanders :en: Highlanders :en:King's Shropshire Light Infantry :en:Lincolnshire Regiment :en:Royal Warwickshire Regiment :en:Royal Marines
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