Lucienne Augustine Clément de l’Épine (Paris, - Vincennes, ) est une catholique française, couturière, qui travaille au sein de l'organisation clandestine dirigée par l'Organisation internationale des femmes sionistes (WIZO) de Paris entre 1942 et la Libération. Elle sauve juifs. Elle est nommée Juste parmi les nations en 1990.
Biographie Lucienne Augustine Gagnier est née le à Paris ( arrondissement).
Elle travaille dans la haute couture. En 1931, elle épouse Robert Édouard Clément de l'Épine, un pharmacien de Vincennes. Le couple a un fils né peu avant la Seconde Guerre mondiale . À partir de 1932, elle réside 22 rue de la Liberté à Vincennes.
Sauvetage des enfants juifs Lucienne Clément de l’Épine est catholique mais s'oppose au silence du Vatican. Elle s'insurge contre le statut des Juifs promulgué par Pétain le . Elle aide des amis juifs à mettre leurs enfants à l'abri en les conduisant chez une nourrice dans la Sarthe. Elle est ensuite contactée par l'Union générale des israélites de France, un organisme mis en place par le Gouvernement de Vichy qui, entre autres, gère des maisons d'enfants juifs et la Women International Zionist Organization (WIZO, Union internationale des femmes sionistes).
Lucienne Clément de L'Épine devient dès lors la cheville ouvrière d'un important réseau dirigé par la WIZO, dédié au sauvetage d'enfants juifs. Elle va régulièrement chercher les enfants à l'orphelinat de l'UGIF, rue Lamarck, et les conduit dans les familles d'accueil, à la campagne : la Seine-et-Oise, l'Orne et surtout la Sarthe où elle place dans une soixantaine de familles réparties sur trente communes. Elle intervient aussi plus ponctuellement pour d'autres sauvetages, comme lors de la rafle de la rue du Chevalier-de-la-Barre dans le arrondissement de Paris où elle parvient à sauver une soixantaine d'enfants.
Elle serait membre du réseau Garel.
Elle consigne dans un cahier à spirale les coordonnées des enfants (la fausse identité qu'on leur a procurée, en fait) et des informations sur leur état de santé ou leur moral et de leurs familles d'accueil et des autres personnes ayant contribué au sauvetage des enfants, constitue une importante source d'information. Elle rédige aussi un rapport, non daté sur la surveillance des enfants cachés depuis le .
On ne sait pas comment les familles d'accueil sont recrutées, peut-être par l'intermédiaire de la Résistance, très active dans la Sarthe, ou par les maires des communes. Céline Rattier rapporte plusieurs témoignages indiquant que Lucienne Clément de L'Épine bénéficiait de complicité du réseau de résistance des chemins de fer qui lui évitent des contrôles.
Lucienne Clément de L'Épine déplace beaucoup, pour conduire les enfants, prendre de leurs nouvelles et payer les familles d'accueil (elles reçoivent entre 450 et par mois payés par la WIZO). Pour l'aider, la famille d'un des enfants lui offre une bicyclette. Elle est arrêtée deux fois par les allemands mais est libérée.
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Le réseau implique de très nombreuses personnes : familles d'accueil, instituteurs ou institutrices, employés de mairie, travailleurs sociaux. Certaines sont engagées activement, d'autres participent au succès de l'opération en gardant le silence.
Après la guerre Après la Libération, Lucienne Clément de L'Épine est active à la WIZO jusqu'en 1946. Après cela, elle travaille dans une biscuiterie sur les marchés, puis comme marchande de couleurs. Elle ressent de la tristesse de n'avoir pas de nouvelles de "ses" enfants :
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La mère d'Henri Szpilberg, un de ces enfants, est pourtant à la recherche de la femme qui l'a sauvée ainsi que son fils mais dont elle ne connaît pas le nom, et finit par la retrouver. D'autres, comme Roger Kajman retrouvent sa trace de Lucienne Clément de L'Épine alors déjà décédée.
Henri, puis dix-neuf autres enfants lui sont restés fidèles et peuvent témoigner pour elle.
Hommage Le , Lucienne Clément de L'Épine est reconnue Juste parmi les Nations par la fondation Yad Vachem, grâce au témoignage d'Henri Szpilberg. Elle reçoit la Médaille à la Mairie de Vincennes, où elle réside, au printemps 1991 et fait le voyage à Jérusalem en et peut dévoiler elle-même la plaque gravée à son nom sur le mur du souvenir.
Son cahier est conservé aux Archives du CDJ/Mémorial de la Shoah
Le , longtemps après son décès, la ville de Vincennes inaugure une plaque commémorative en hommage à Lucienne Clément de L'Épine sur l'immeuble où elle habitait, rue de la Liberté .
Bibliographie Patrick Cabanel. Histoire des Justes en France. Armand Colin, 2012. , Lire en ligne. Céline Rattier, Lucienne Clément de L'Épine et le sauvetage des enfants juifs dans le département de la Sarthe (1939-1945) dans Revue d'histoire de la Shoah , 2002, Lire en ligne Limore Yagil, Typologie du sauvetage des juifs dans le département de la Sarthe, dans No. 236, Guerres et après-guerres , , 23 p. , Presses Universitaires de France Lire en ligne
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Réseau Garel Organisation internationale des femmes sionistes Liste des Justes à Paris
Liens externes
Page dédiée à Lucienne Clément de L'Épine sur Yad Vashem Extraits du Cahier de Lucienne Clément de L'Épine sur le site de Yad Vashem
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