Le wahhabisme (), aussi appelé salafismeLe terme salafisme est cependant polysémique et désigne non seulement le mouvement wahhabite, mais aussi d'autres mouvances, dont certaines sont cependant proches de celui-ci, est un mouvement fondamentaliste de réforme se réclamant de l'islam sunnite hanbalite, affirmant prôner « un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane du prophète Mahomet et ses premiers successeurs ou califes ». Il est étroitement lié au mouvement salafiste, dont il est souvent utilisé comme synonyme.

Le prédicateur et théologien Mohammed ben Abdelwahhab (1703-1792) est considéré comme le fondateur du mouvement vers 1740. Il s'allie avec Mohammed Ibn Saoud, le fondateur de la dynastie saoudienne, vers 1744-1745, alliance qui perdure encore aujourd'hui entre la famille de ses descendants, Al ach-Cheikh, et la dynastie Al Saoud.

L'un des principes centraux du wahhabisme est la qualité de Dieu où toute association d’être ou objet avec Dieu, telle que le « culte des saints », est considérée comme une forme de polythéisme (shirk).

Le wahhabisme est aujourd'hui la forme officielle de l'islam se réclamant du sunnisme hanbalite en Arabie saoudite et, sous une forme atténuée, au Qatar. Toutefois, les intéressés et officiels saoudiens récusent depuis hautement l'utilisation de ce terme à leur égard. : la doctrine qu'ils suivent est selon eux évolutive., contrairement à la doctrine wahhabite qui enseigne qu'une seule interprétation des textes religieux est possible et qu'il n'y aurait donc pas de place pour un pluralisme islamique.

Les estimations du nombre d'adhérents au wahhabisme varient selon les sources. Mehrdad Izady avance le chiffre de moins de de wahhabites dans la seule région du golfe Persique (contre de sunnites d'autres écoles, et de chiites). Avec l'envol de la manne pétrolière notamment (chocs pétroliers de 1973 et 1979), le mouvement s'est internationalisé à partir des années 1970. Le wahhabisme a été accusé d'être une source de terrorisme mondial, ou tout au moins d'inspirer l'idéologie salafiste djihadiste embrassée par Al-Qaïda et l'État islamique (Daesh).

Dans l'usage contemporain, le « wahhabisme » et le « salafisme » sont souvent considérés comme des termes synonymes pour désigner des mouvements d'origine différente ayant fusionné dans les années 1960. Ces mouvements se réclament d'Ibn Taymiyya et de Mohammed ben Abdelwahhab.

Dénominations D'un point de vue strictement historique, le terme « wahhabisme », forgé d'après le nom du fondateur du mouvement., est créé au par son propre frère, Suleyman ibn Abd al-Wahhab (mort en 1793), critique de son mouvement, « à qui on doit le néologisme wahhabiyya […] [et qui] a été l'un des premiers à rédiger, vers 1753, Les Foudres divines réfutant le wahhabisme »Le Pacte de Nadjd, , .. Ce pamphlet est alors diffusé par les Arabes du Hedjaz et les Égyptiens qui craignent l'expansion du premier État saoudien, avant d'être ensuite repris par les diplomates européens constatant l'apparition d'un contre-pouvoir face à l'Empire ottoman.

Une des premières apparitions attestée du terme dans la littérature diplomatique européenne remonte à 1803, sous la plume du consul de Russie à Constantinople ; cité par G. Steinberg, 2003, , ., lorsque les Saoudiens, après avoir pris Taëf, sont aux portes de La Mecque..

Le terme peut désigner à la fois le mouvement réformiste fondé par Ben Abdelwahhab et ceux qui le suivent, ou la forme d'islam officielle en Arabie saoudite..

Les wahhabites s'auto-définissent comme salafistes, même si tous les salafistes ne sont pas wahhabites.... Au moment de la fondation du mouvement, ceux-ci se définissaient comme mouwahiddines, le terme wahhabite étant alors utilisé par leurs adversaires, dont le frère de Mohammed ben Abdel Wahhab, Souleymane, puis au début du siècle, ils ont commencé à se définir comme wahhabites. En 1936, le roi Abdelaziz ben Saoud rejette le terme wahhabite et revendique celui de salafiste. C'est ensuite à partir des années 1970 que le terme a commencé à désigner ce mouvement, qui le revendiquait déjà à partir des années 1920. Dans le discours académique actuel, les deux termes sont utilisés comme synonymes, et sont parfois confondus. Cependant, tous les salafistes ne sont pas wahhabites, et tous les wahhabites ne sont pas Saoudiens..

Le mouvement est également parfois appelé najdisme..

Histoire Débuts et ascension Le fondateur du mouvement, Mohammed ben Abdelwahhab, est probablement né en 1703While there is some consensus over these details, the opinion is not unanimous over the specifics in regard to his place and date of birth. Seemingly his recognition with the Banu Tamim tribe thought is in line with the justification by some scholars of being the inheritor of the teachings of Ibn Taymiyyah.Philby 1930: 8 dans la tribu sédentaire des Banu TamimGlassé 2003: 470 à Uyayna, un village de la région centrale du Nejd dans l'actuelle Arabie saouditeEI1: 1086. Il a étudié à Bassorah (dans ce qui est aujourd'hui l'Irak)Tarikh Najd by 'Husain ibn Ghannam, vol. 1, 'Unwan al-Majd fi Tarikh Najd, by 'Uthman ibn Bishr an-Najdi, vol. 1, , et peut-être à La Mecque et à Médine alors qu'il effectuait le HajjShaikh Muhammad ibn 'Abd al-Wahhab, by Judge Ahmad ibn 'Hajar al-Butami, Pg. 17–19Muhammad Ibn 'Abd al-Wahhab: His Da'wah and Life Story, by Shaikh ibn Baaz, Pg. 21. Après ses études et une expatriation à BagdadEBO Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb 2011 puis à Ispahan, le jeune homme rentre dans son village Uyayna, oasis du Nejd, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Riyad et situé hors de l'espace ottoman. Devenu puritain et prônant une stricte application de l'islam, il se met à prêcher auprès des habitants. Son intégrisme est mal perçu et il se voit obligé de quitter les lieux après avoir ordonné l'exécution publique par lapidation d'une femme adultère.

Il se rend dans l'oasis de Dariya, à une demi-journée de marche vers le sud. Là, l'émir local, Mohammed Ibn Saoud, s'intéresse à son discours et conclut avec lui un pacte en 1744-1745, qu'il scelle en lui donnant sa fille en mariage. L'islam, comme professé par Mohammed ben Abdelwahhab, serait suivi par l'émir et son peuple, alors que le gouverneur s'engage à répandre cette version de l'islam (jihad).

Il est mort en à Médine et a été enterré au cimetière Al Baqi.

Après avoir étudié la jurisprudence de l'école de droit hanbalite, ainsi que les enseignements du théologien médiéval Ibn Taymiyya, de l'école d'Ahmad ibn Hanbal., il va élaborer son idéologie permettant la domination des Al Saoud sur les tribus arabes voisines en leur donnant une légitimité religieuse. Grâce au prêche (dawa) du cheikh, ainsi qu'à l'autorité et à la puissance du prince, ils réussirent ensemble à unifier les tribus arabes, ce qui permit à Mohammed Ibn Saoud de devenir l'imam du premier État saoudien et de transmettre cette fonction de l'imamat à ses descendants. Charles Saint-Prot présente Mohammed ben Abdelwahhab comme le précurseur du réformisme salafiste qui se développera avec Jamal al-Din al-Afghani, Mohammed Abduh, Mohammed Rachid Rida et Abd al-Rahman al-Kawakibi à la fin du et au début du .

Au , le wahhabisme devient la religion officielle du royaume saoudien, lui conférant ainsi le monopole idéologique...

Alliance avec la maison des Saoud vignette|170px|droite|Le premier État saoudien (1744-1818). vignette|170px|droite|Le deuxième État saoudien (1850). vignette|droite|170px|Le royaume d'Arabie saoudite après unification en 1932.

Mohammed Ibn Saoud, dirigeant la cité voisine, Dariya, invite Mohammed ben Abdelwahhab à se joindre à lui, et en 1744 un pacte a été conclu entre les deux hommes. Aux termes de ce pacte, Mohammed Ibn Saoud devrait protéger et propager les doctrines de la dawa wahhabite, tandis que Mohammed ben Abdelwahhab « soutiendrait le dirigeant, en lui fournissant « gloire et puissance ». « À celui qui a défendu son message », Mohammed ben Abdelwahhab a promis qu'il « règnera, par ce moyen, sur les terres et les hommes ». Ibn Saoud abolirait la zakat sur les récoltes locales, et en retour, Dieu le dédommagerait avec le butin de la conquête et la zakat correspondante qui excéderait celle à laquelle il renonce. L'alliance entre la dawa wahhabite et la famille Al-Saoud a « perduré pendant plus de deux siècles et demi », « survivant aux défaites et aux effondrements. Les deux familles se sont mariées à plusieurs reprises au cours des années et dans l'actuelle Arabie saoudite, le ministre du culte est toujours un membre de la famille de l'Al ash-Sheikh (c'est-à-dire un descendant de Mohammed ben Abdelwahhab).

Selon la plupart des sources, Mohammed ben Abdelwahhab a déclaré le djihad contre les tribus voisines, pour éradiquer les pratiques d'intercession à travers les saints, de visite des tombes et mosquées spéciales, qu'il croyait être l'œuvre des idolâtres / mécréants.. Selon Natana DeLong-Bas, Mohammed ben Abdelwahhab se serait borné à exhorter, à combattre, tous ceux qu'il percevait comme des incroyants, préférant prêcher et persuader plutôt que l'offensive militaireAt various times Ibn Abd al-Wahhab either waged not jihad but only qital (fighting) against unbelievers… … did not give his blessing to Ibn Saud's campaign of conquest, : . Ce serait seulement après la mort de Mohammed Ibn Saoud en 1765 que, selon DeLong-Bas, le fils et successeur de Mohammed ibn Saoud, Abdul-Aziz bin Muhammad, a recouru à l'approche « convertir ou mourir » pour élargir son domaine, et lorsque les wahhabites auraient adopté les idées de takfir de Ibn Taymiyya.

Cependant, divers chercheurs, incluant Simon Ross Valentine, ont vivement rejeté une telle vision de Mohammed ben Abdelwahhab, arguant que « l'image de Mohamed ben Abdelwahhab présenté par DeLong-Bas doit être considérée pour ce qu'elle est, à savoir une ré-écriture de l'Histoire qui va à l'encontre des faits historiques ». La conquête a été étendue à toute la péninsule arabique jusqu'à ce qu'il conquit La Mecque et Médine au début du . (C'est à cette époque que, selon DeLong-Bas, les wahhabites ont embrassé les idées de Ibn Taymiyya, qui permettent au musulman d'auto-procéder à l'excommunication de quiconque ne suit pas la loi islamique, afin de justifier leurs belligérances et conquêtes contre les chérifs musulmans du Hedjaz.)

Une de leurs attaques les plus notables et les plus controversées était sur Kerbala en 1802. Là, selon un chroniqueur wahhabite `Uthman ben `Abd ben Bishr : « Les musulmans », comme les wahhabites aimaient à se définir eux-mêmes, ne ressentaient nullement le besoin de se distinguer des autres musulmans, au point qu'ils ne les croyaient même pas musulmans :

Les wahhabites ont également massacré la population masculine et réduit en esclavage les femmes et les enfants de la ville de Taëf au Hedjaz en 1803.

L'Empire ottoman a finalement réussi à contre-attaquer. En 1818, ils ont défait les Saoud, atteignant la capitale Dariya, exécutant l'émir Al-Saoud, bannissant le leadership politique et religieux de l'Émirat, à défaut de parvenir à éradiquer non seulement la Maison des Saouds, mais également la dawa wahhabite. Un deuxième, plus petit État saoudien (émirat du Nejd) a duré de 1819 à 1891. Ses frontières étant dans le Nejd, le wahhabisme a été protégé de nouvelles campagnes ottomanes ou égyptiennes par l'isolement du Nejd, le manque de ressources précieuses, et les moyens de communication et de transport limités à cette époque.