Paramount Pictures Corporation, plus connue sous le nom de , est une des plus grandes sociétés américaines de production cinématographique. Paramount Pictures est issue de la fusion en 1916 de la , créée en 1913 par Adolph Zukor et de la Jesse L. Lasky , qui absorbent la Paramount Pictures Corporation, une petite société fondée en 1914. C'est le plus ancien studio de cinéma américain encore en activité. Filiale du conglomérat Paramount Global, son siège social se situe sur Melrose Avenue à Hollywood, en Californie, au sein de Paramount Studios. Le plus grand succès du studio est le film Titanic de James Cameron qui a récolté 2,2 milliards de dollars au box-office mondial.

Histoire Naissance du Studio voit le jour en 1913 avec la création de la société par Adolph Zukor. Cependant, c'est en 1916 que la est officiellement créée avec la fusion de la société de Zukor avec celle de Jesse L. Lasky, la Jesse L. Lasky .

En 1913, Adolph Zukor, un ancien fourreurLe public n'a jamais tort, 42.Le Royaume de leurs rêves : la saga des juifs qui ont fondé Hollywood, 25 à 29. d'origine hongroiseLe public n'a jamais tort, 35., 1699. qui s'est lancé dans le divertissement avec des NickelodéonsLe Royaume de leurs rêves : la saga des juifs qui ont fondé Hollywood, 33., se lance dans le cinéma. Alors associé avec Marcus LoewLe Royaume de leurs rêves : la saga des juifs qui ont fondé Hollywood, 38., le futur fondateur de la , Zukor songe à mettre sur pied des films plus longs que ceux réalisés à cette époqueLe public n'a jamais tort, 15.Le Royaume de leurs rêves : la saga des juifs qui ont fondé Hollywood, 36. et qui sont arbitrairement limités à une ou deux bobines par la , le consortium contrôlant l'industrie naissante du cinémaLa Fabuleuse histoire de la , 7, seconde colonne..

Distribution d'un premier long métrage vignette|gauche|Edwin S. Porter, futur réalisateur en chef de la , informa Adolph Zukor de la fabrication d'un film français en quatre bobines. Lors d'une conversation, Adolph Zukor apprend d'Edwin S. Porter que Louis Mercanton, un réalisateur français veut réaliser un film en quatre bobines mais, que faute d'argent, le projet est sur le point d'être retardéLe public n'a jamais tort, 66.. Zukor voit alors en cette situation l'opportunité d'assouvir son obsession de long métrage et prend contact avec l'agent américain de Mercaton. Après négociation et la vente de ses parts de la société de LoewLe public n'a jamais tort, 69., Zukor acquiert les droits de distribution du film pour les États-Unis pour quarante mille dollars et avance l'argent nécessaire pour la reprise du tournageLe public n'a jamais tort, 67.. Le film terminé, se pose le problème de le diffuser. Adolph Zukor entre en contact avec Daniel Frohman, un producteur et propriétaire de théâtres de BroadwayLa Fabuleuse histoire de la , 8, première colonne.Le public n'a jamais tort, 71. afin de lui proposer d'organiser une projection de La Reine Élisabeth avec Sarah Bernhardt en vedette. Projeté au Lyceum Theatre le , le film rencontre un grand succèsLe Royaume de leurs rêves : la saga des juifs qui ont fondé Hollywood, 41.Chronique du cinéma, 133. et marque un tournant pour les comédiens de l'époque. Avant La Reine Élisabeth, il était indigne pour eux de jouer dans un film, le cinéma étant considéré comme la distraction des incultes et voué à disparaîtreLe public n'a jamais tort, 62.. La présence de Sarah Bernhardt dans un film change la mentalité des comédiens qui estiment désormais qu'un tel choix n'est finalement pas déshonorant.

Le revirement d'opinion vis-à-vis du cinéma, et son bénéfice de soixante mille dollars lors de la revente de ses droits, alimentent un peu plus l'ambition d'Adolph Zukor : faire des films avec de grands acteurs jouant leurs meilleurs rôles théâtraux, comme l'a déjà fait la Comédie-Française. C'est ainsi que Zukor donne naissance au studio ayant pour devise : (« Comédiens connus dans des pièces connues »). Son équipe est alors composée de Edwin S. Porter en tant que réalisateur en chef et responsable de la photographie, Al Lichtman qui est chargé de vendre le film La Reine Élisabeth à travers le pays, B. P. Schulberg qui est le responsable de la publicité et Albert KaufmanAlbert Kaufman est souvent cité dans l'autobiographie d'Adolph Zukor. Il semblerait que Kaufman était le bras droit, voir l'homme de main, de Zukor. qui prend la fonction de directeur général.

Premières productions et premières vedettes vignette|gauche|Mary Pickford, la première vedette de la . Pour lancer sa nouvelle société, Adolph Zukor décide de faire des versions filmées de deux succès théâtraux : Le Comte de Monte-Cristo et Le Prisonnier de ZendaLe Royaume de leurs rêves : la saga des juifs qui ont fondé Hollywood, 44.. Un budget de cinquante mille dollars est mis à disposition de Edwin S. Porter et Hugh Ford pour faire Le Prisonnier de Zenda, ce qui représente presque quatre fois le budget d'un film de cette époqueLe public n'a jamais tort, 86.. Suivent alors plusieurs productions qui mettent en avant des vedettes de la scène telle que Lillie Langtry ou Minnie Maddern Fiske. Après ses premiers succès, Adolph Zukor oriente ses choix d'acteurs vers de plus jeunes. Il lance alors la carrière cinématographique de John Barrymore, un talent de Broadway de , dans le film de J. Searle DawleyLe public n'a jamais tort, 111.. Dans cette optique de rajeunir le casting de ses films, Zukor engage une jeune actrice de vingt ans et déjà reconnu dans le métier : Mary Pickford. Le premier film de Pickord pour la est Un bon petit diable mais Zukor, estimant le résultat peu convaincant, choisit de le sortir après les trois films suivants de l'actrice (, Caprice et ). Malgré cette manœuvre, les premiers films de Mary Pickford sont des déceptions au . C'est finalement avec le film suivant, Tess au pays des tempêtes, que Pickford devient la star de ZukorLe public n'a jamais tort, 107.La Fabuleuse histoire de la , 8, seconde colonne.. Le studio, qui s'appelle désormais , compte dans ses rangs un vivier de talents avec Marguerite Clark, Pauline Frederick, Marie Doro, Harold Lockwood ou encore Jack Pickford (le frère de Mary).

Jesse L. Lasky vignette|Jesse L. Lasky, l'un des pionniers du divertissement aux États-Unis. Jesse L. Lasky, un ancien joueur de cornet à pistons, se lance dans le spectacle en devenant producteur de . Ses prospections à travers le pays lui font découvrir des futurs stars telles que Ruth Saint Denis ou Al JolsonLa Fabuleuse histoire de la , 9, seconde colonne.. Cependant il fait faillite après avoir lancé un cabaret inspiré de celui des Folies BergèreLe public n'a jamais tort, 17.. En 1912, son parcours le mène finalement à produire une opérette écrite par Cecil B. DeMille Fiche de Jesse L. Lasky sur (page consultée le 7 février 2009).. Ceci marque le début de leur collaboration. La réussite d'Adolph Zukor avec La Reine Élisabeth la même année, donne une nouvelle perspective à Lasky avec la possibilité de faire des films aussi longs que des pièces.

En 1913, Jesse L. Lasky est convaincu par Samuel GoldwynÀ cette époque, Samuel Goldwyn portait encore le nom de Samuel Goldfish., son beau-frèreLe public n'a jamais tort, 18., de se consacrer complètement à une carrière dans le cinémaLa Fabuleuse histoire de la , 11, seconde colonne.Le Royaume de leurs rêves : la saga des juifs qui ont fondé Hollywood, 49.. C'est ainsi que Jesse L. Lasky et Cecil B. DeMille, après une hasardeuse rencontre, proposent à Dustin Farnum d'être la tête d'affiche d'un film qui durerait plus d'une heure. Le film en question serait une adaptation d'une pièce à succès d'inspiration « westernienne » de 1905 Fiche du Mari de l'Indienne sur le site officiel de Cecil B. DeMille (page consultée le 13 avril 2010)., Chronique du cinéma, 141., 13.Cecil B. DeMille, 37. écrite par Edwin Milton Royle dont Lasky a obtenu les droits d'adaptation pour le cinéma pour quinze mille dollarsLa Fabuleuse histoire de la , 10, première colonne.. C'est ainsi qu'est créé la avec Lasky en tant que président, DeMille comme directeur général et Samuel Goldwyn, qui a investi vingt mille dollars dans le capital de la nouvelle société, devient administrateur général.

Le premier long métrage hollywoodien

vignette|gauche|affiche promotionnelle pour le film Le Mari de l'Indienne. Dustin Farnum accepte la proposition de Lasky et DeMille mais refuse de prendre 25 % des parts de la société préférant la somme fixe de cinq mille dollarsLe public n'a jamais tort, 129.. Le tournage du film est d'abord envisagé dans le New Jersey mais l'endroit semble peu approprié pour un film de et d'indiensLa Fabuleuse histoire de la , 10, seconde colonne.. Finalement, tandis que Jesse L. Lasky et Samuel Goldwyn restent à New York, Cecil B. DeMille part avec son équipe pour Flagstaff, en Arizona. À leur arrivée ils sont alors pris par une tempête de neige poussant l'équipe à continuer son chemin vers Hollywood, bourgade accueillant déjà le réalisateur D. W. Griffith Biographie de D.W. Griffith sur (page consultée le 7 février 2009).. C'est ainsi que le , DeMille loue une grange (connue aujourd'hui sous le nom de ), au coin des rues et , aménagée en studio par la pour par mois Frise chronologique de Marc Wanamaker (historien du musée) sur le site du (page consultée le 7 février 2009). « » par Gary Wayne sur (page consultée le 7 février 2009). ( selon une autre source). Le débute le tournage de ce qui sera le premier long métrage hollywoodien. Pendant le tournage, Lasky arrive de New York pour observer le travail qui est fait. Les comptes rendus qu'il fait à Goldwyn sont si enthousiastes que celui-ci fait en sorte d'obtenir une avance de soixante mille dollars (quarante mille dollars selon une autre source) sur les futurs droits de diffusionsLa Fabuleuse histoire de la , 11, première colonne..

Le Mari de l'Indienne, finalement réalisé en et principalement par Oscar Apfel du fait de l'inexpérience cinématographique de DeMille, sort en 1914. C'est un franc succès, qui rapporte dix fois plus que son coût de production. Cette réussite permet à la compagnie de lancer de nouvelles productions après l'agrandissement du studio. Un agrandissement qui permet de faire plusieurs films simultanément. À la suite du succès du film, Jesse L. Lasky reçoit de nombreux messages de félicitations dont un provenant d'Adolph ZukorLe public n'a jamais tort, 130.. Lasky invite alors Zukor à déjeuner, une rencontre qui marque le début d'une longue amitié.

Le cinéma comme un art vignette|Cecil B. DeMille en 1914, travaillant à un scénario devant l'affiche du Mari de l'Indienne. Après Le Mari de l'Indienne, la compagnie enchaîne les productions. Oscar Apfel réalise huit des dix films suivants, soit un toutes les trois-quatre semaines, tandis que Cecil B. DeMille en réalise deux. Avec ses deux réalisations, DeMille explore une voie plus artistique qu'à l'accoutumée. En effet, avec son directeur de la photographie, il joue avec les nuances de la lumière afin de donner un ton plus dramatique aux films. Quand Samuel Goldwyn voit pour la première fois le résultat de ce travail inédit, il se plaint à DeMille qu'il ne pourra jamais vendre un film aussi sombre. Cecil B. DeMille rétorque : « Dites-leur que c'est un éclairage à la Rembrandt »Cecil B. DeMille, 44.. Goldwyn vend finalement les droits plus chers pour « extra artistique ».