Les Renault R41xx et R42xx sont une gamme d'autocars et autobus, construite à partir de par la division autobus du constructeur français Renault qui deviendra, en 1955, SAVIEM LRS.
Histoire
Contexte Avant , Renault n'était qu'un acteur mineur dans le paysage français : le carrossier Chausson et le constructeur Somua du groupe Schneider étaient bien plus importants. C'est à partir de que la STCRP, l'ancêtre de la RATP, abandonne le constructeur Somua au profit de Renault et de ses petits autobus KX1 pour 25 passagers. La STCRP se rend vite compte que le prix d'achat est trop élevé et que le nombre de passagers transportés est insuffisant. Les véhicules vont finir leur vie sur des lignes de banlieue dès et resteront en service jusqu'en . Mais la future RATP et Renault resteront toujours très intimement liés.
C'est en 1958 que la Régie autonome des transports parisiens (RATP) et l'Union des Transports Publics Urbains et Régionaux, l'UPTUR unirent leurs efforts pour élaborer le cahier des charges d'un nouvel autobus urbain unifié qui sera davantage connu sous le nom de bus standard qui aboutira, en 1961/62, au premier prototype du futur SC10. Il faudra toutefois attendre pour que sa présentation officielle soit faite à Vienne, en Autriche. Mais ce n'est que le que le premier véhicule de la série sortira d'usine.
Gamme R 4000 À la suite du succès inespéré remporté avec la série ZP, premier autocar de série à conduite avancée sorti en 1934, Renault devient le premier constructeur français d’autocars. Quatre ans plus tard, Joseph Besset révolutionne la technique de construction avec l’Isobloc à structure autoportante. Les constructeurs de châssis tout comme les carrossiers industriels s’inquiètent de ce nouveau concept. Renault n’a d’autre choix que d’emboîter le pas et lance l'étude d'un modèle avec moteur placé à l'arrière dont quelques prototypes voient le jour au début de l’occupation allemande. Les difficultés pour adapter un moteur à l'arrière apparaissent rapidement, il doit être léger, donc peu puissant, ce qui limite la taille et la capacité du véhicule. De plus, cette disposition compromet le développement de versions urbaines avec porte arrière. Les ingénieurs explorent alors une autre piste, le moteur couché dans l'empattement.
Compte tenu de la réglementation de l'époque en matière de longueurs et de poids des autocars, la capacité est fixée à 45 places. Renault étudie donc un nouveau moteur horizontal développant 100 ch à , un 6 cylindres (105x120). Ce sera le R.568 de . C’est faible mais, en poussant le régime à , les ingénieurs en obtiennent 105 ch. Très satisfaite de ce résultat, la direction de Renault prend la décision de refondre sa gamme camion autour de ce même moteur horizontal. L’étude de la caisse est basée sur la standardisation des versions urbaines et interurbaines. Le prototype est testé à la fin de l'année 1948. Son moteur couché est donc installé dans l'empattement entre les deux essieux, sous le plancher qui se situe à une hauteur d'un mètre.
L'autocar a une allure sobre, harmonieuse avec des surfaces vitrées généreuses pour l'époque, un pare-brise descendant assez bas, la carrosserie donne l’impression d’un véhicule spacieux. Son nom, R4190, signifie Renault diesel, les versions avec moteur essence sont baptisés R.2x, le nombre 190 est attribué arbitrairement. Le modèle définitif de série est présenté au salon de Paris, en .
Directement concurrent du modèle Chausson APH1 de 1948, la lutte entre les deux constructeurs ne sera plus seulement de la concurrence mais deviendra vite une rivalité farouche qui va durer plus de dix ans. Le Chausson a son moteur à l’avant, solution devenue obsolète, mais il offre au client le choix parmi trois moteurs de marques et puissances différentes. Le Chausson est pénalisé par sa silhouette « nez-de-cochon » à côté de laquelle le Renault paraît bien plus moderne.
En cette époque faste du transport en autocar, où les véhicules de ligne quittent les gares bondés, les transporteurs passent commande souvent sans même essayer le modèle, du moins ceux qui n’affichent pas leur hostilité à la marque nationalisée.
L’accès au poste de conduite est dégagé, la position et la visibilité sont idéales. Le levier de vitesses est au volant. Le freinage pneumatique est très efficace, trop vif même, est un progrès énorme par rapport aux modèles précédents mais, dès les premiers kilomètres, des chocs contre la galerie rappelle immédiatement au conducteur que le véhicule est beaucoup plus haut que les autres, 3,28 m ! hauteur incompatible avec le réseau routier français. Chez certains transporteurs, l'autocar ne peut même pas franchir l’entrée du garage ou de l’atelier. De très nombreux clients réclament la reprise immédiate de leur véhicule. Le constructeur prend alors l’affaire très au sérieux et une version abaissée de 127 mm voit le jour dès le mois de . La hauteur libre intérieure passe de 2,06 m à 1,89 mètre. La version haute reste toutefois au catalogue.
Quelques améliorations sont apportées avec le retour d'expérience des utilisateurs. En , la première évolution concerne l’amélioration de la commande de freinage, le système Bendix remplace le Westinghouse et se traduit par un changement de type, devenu R4191. Après les problèmes de hauteur et de freinage, Renault est assailli de plaintes à propos du moteur. Au régime de , le véhicule n'avance qu’à une allure réduite. La position couchée du moteur et sa faible puissance lui valent le surnom « fainéant », un sobriquet qui va coller à l'autocar. En charge et à la moindre côte, il sollicite la puissance maximale à . La lubrification imparfaite à haut régime et la fragilité du moteur engendrent une véritable hécatombe de casse de vilebrequins, grave panne qui fâche nombre de clients, car rarement prise en charge par la garantie. Les ventes du concurrent Chausson, dont la version à moteur Somua de fait merveille, s'envolent.
Le constructeur national doit réagir, mais la marge de manœuvre pour améliorer la puissance du moteur est bien faible. Il doit revoir l'amortisement des vibrations, la lubrification des paliers du vilbrequin, augmenter la pression d’injection du carburant de 160 à 165 kg et la quantité de carburant injectée, pour atteindre la puissance de à . Le moteur est amélioré et reconfiguré après ces interventions. Le moteur R.568 est de nouveau plus puissant et renommé R.572 et le type "Renault R4191" devient, en , le R4192. Il en sera fabriqué presque jusqu’à sa transformation en ZR20 en 1958.
Trolleybus R 4231 Cette version spécifique a été réalisée pour les transports en commun de Madrid.
Gamme ZR20, SC1 et SC2
Les autocars ZR20, et autobus "SC1 et SC2" sont des véhicules appartenant aux gammes précédentes, qui bénéficient d'améliorations esthétiques sans modifications techniques fondamentales. Il leur est notamment appliqué une nouvelle face avant avec un pare-brise panoramique et une calandre redessinée et une face arrière restylée.
Sous la marque SAVIEM, ZR20, entre août et ; SC1, produit entre et , dénomination de l'autocar ZR20 à la suite de l'accord entre SAVIEM et Chausson, exemplaires produits; SC2, produit entre et , version autobus du SC1.
Gamme S45 S53 et S105
Sous la marque Saviem puis Renault,
Saviem S45 / S53 et S105 à partir d', rebadgés Renault en 1980; et enfin S45R / S53R et S105R en 1977.
Dans sa version interurbaine, le véhicule était équipé d'une galerie de toit et d'une échelle d'accès à l'arrière droit. À l'époque, il n'y avait pas de soute à bagages sous le plancher, à cause de l'emplacement du moteur couché situé entre les essieux.
Une version trolleybus a été également proposée sous la marque Saviem, en 1956.
Connu sous les marques Renault, Saviem LRS, Saviem, Saviem-Chausson et enfin Renault-RVI, il est souvent reconnu comme le autocar Renault. On estime qu'environ exemplaires, tous modèles confondus de la gamme, auraient été produits entre 1949 et 1993.
Caractéristiques Caractéristiques générales Première génération Modèle R4190 R4191 R4200 R4210 R4230 Illustration 150px 150px 150px 150px 150px Période de production à à à à à Évolution / Remplace le R4190 / / / Usage Autocar interurbain ou de tourisme - Autobus urbain- Autocar interurbain ou de tourismeVersion courte du R4190 Autobus urbain à un agent Autobus urbain à deux agents Quantité produite
Disposition des portes
303 133 ou 333 403 ou 433
Seconde génération Modèle R4192 R4201 R4211 R4231 Illustration 150px 150px 150px 150px Période de production à à à à Évolution Remplace le R4191 Remplace le R4200 Remplace le R4210 Remplace le R4230 Usage Autocar interurbain ou de tourisme - Autobus urbain- Autocar interurbain ou de tourismeVersion courte du R4191/R4192 Autobus urbain à un agent Autobus urbain à deux agents Quantité produite
Disposition des portes 103 303 033 et 333 403 et 433
Versions spécifiques Modèle R2191 R2200 Illustration 150px 150px Période de production
Évolution
Usage Autocar à moteur essence dérivé du R4190 conçu pour l'armée françaiseL'armée de l'air avait choisi Chausson, l'armée de terre Renault. Mais à l'époque, l'armée utilisait encore les GMC américains et les Ford-Simca. Les casernes ne disposaient que d'une soute à essence et plutôt que d'investir dans la distribution de gazole rien que pour les nouveaux autocars, l'armée obtient de Renault une version à moteur essence, le R2191 qui sera fabriqué de 1955 à 1960.. Quantité produite Faible quantité comptabilisée dans les statistiques « secret défense ». Disposition des portes
Motorisation Diesel 105 ch pour les R4190, R4191, R4200, R4210 et R4230 ; Diesel 120 ch pour les R4192, R4201, R4211 et R4231 ; Essence pour les R2191 et R2200 de l'armée.
Production IllustrationRéseauModèleNombreNumérosLivraisonRemarques150x150px Lyon - OTLR421131051-1053, p. 55-57150x150px71654-1660150x150px31661-1663150x150px121664-1675150x150px Paris - RATPR4190 1022150x150pxR4191 10224
Matériel préservé ListeIllustrationEntitéRéseau d'origineModèle et sérieNuméro(s) (série)RemarquesStandard 216 – Histo Bus Grenoblois Régie des Transports du RhôneSAVIEM R4192.Association Autocars Anciens de France (Conservatoire des Transports) Transports Aimé Albugues de Lauzerte (Tarn-et-Garonne)Renault R4192
Notes et sources
Notes
Bibliographie Monographies
Articles
Références
Voir aussi
Articles connexes SAVIEM ZR20
Catégorie:Autobus Renault Catégorie:Autobus SAVIEM Catégorie:Autocar SAVIEM Catégorie:Poids lourd des années 1950