Alphonse Marie de Liguori (en italien, Alfonso Maria de' Liguori), né le à Naples (royaume de Naples) et mort le à (royaume de Naples) est un prêtre et évêque italien, fondateur de la congrégation du Très Saint Rédempteur, reconnu saint et Docteur de l'Église par l'Église catholique.

Il est fêté de chaque année.

En 1950, le pape Pie XII lui attribue le titre de « Patron céleste de tous les confesseurs et moralistes ».

Biographie Jeunesse Origines et enfance thumb|Localisation du royaume de Naples. Issu d'une famille aristocratique, la famille Liguori doit son titre de noblesse aux services rendus à l'administration royale du royaume de Naples, alors possession de la couronne Espagnole.

Don Joseph Félix de Liguori, le père d'Alphonse naît en 1670 à San Paolo, près de Naples. Il entre dans la marine espagnole de l'époque ayant grade d'enseigne dans les galères Royales. Les conditions de vies sont difficiles. Quand il prend sa retraite, il a le grade de capitaine commandant de la Galera Capitana, la galère-pilote de l'Escadron royal. Chez lui, il se comporte comme un tyran, refusant de se voir critiquer dans ses décisions. La mère d'Alphonse, née Anna Catarina Cavalieri, est issue d'une famille très pieuse : le frère aîné d'Anna Catarina, Emilio, devient religieux au sein de la Société missionnaire des Pieux Ouvriers, puis évêque de Troia. Deux de ses sœurs deviennent religieuses franciscaines à Naples. Un autre fils devient juge. Le père d'Anna, don Cavalieri, est alors ministre d'État au Conseil royal de Santa Clara.

Joseph de Liguori et Anna Catarina Cavalieri se marient en et s'installent dans la banlieue de Naples. Alphonse, l'aîné, naît le à Marianella, un faubourg de Naples. Le suivant, il reçoit le baptême en l'église Santa Maria dei Vergini et reçoit les noms de baptême d'Alphonse, Marie, Antoine, Jean, François, Cosme et Damien, Michel et Gaspard. Sept autres enfants naissent de leur union : Antonio en 1698, qui devient bénédictin à l'abbaye San Severino de Naples. Deux jumelles, Maddalena et Barbara, naissent en 1700, mais seule Barbara survit. Gaétan, autre frère né en 1701, devient prêtre. Anna et Teresa suivent. Barbara et Anna entrent au couvent Saint-Jérôme. Teresa se marie au duc de Praesenzano. Hercule, le dernier, naît en 1706.

Joseph de Liguori part pour des longues missions en mer, au sein des galères, afin de lutter contre les corsaires. L'éducation des enfants repose en grande partie sur l'autorité de leur mère, Anna qui se montre très pieuse : prières du matin, catéchisme, récitation du chapelet et confession hebdomadaire chez les pères de l'Oratoire. C'est auprès de sa mère qu'Alphonse développe une dévotion à la Sainte Vierge. Vers 1702, Alphonse est alors âgé de six ans, la famille déménage pour Naples afin d'éduquer les enfants. Alphonse est éduqué par un prêtre calabrais, Don Domenico Bonaccia. Il apprend le latin, le grec, le français, l'espagnol, l'italien, l'histoire, les mathématiques, mais aussi des notions de physique. Quelques années plus tard, un autre précepteur, Don Carminiello Rocco, initie Alphonse à la philosophie, puis à la peinture, l'architecture et sans doute à l'escrime, perfectionnant sa formation de convitto. Il apprend la musique après de Gaetano Greco et joue près de trois heures par jour du clavecin.

La formation spirituelle d'Alphonse se fait dès ses sept ans par un directeur de conscience, le père Thomas Pagano, membre de la congrégation de l'Oratoire fondée par saint Philippe Néri. C'est auprès de lui qu'il fait sa première communion à l'âge de neuf ans, et devient membre de la congrégation des jeunes nobles sous le patronage de Saint Joseph, au sein de laquelle il participe à des activités religieuses, mais aussi ludiques, en compagnie des pères. Il en reste membre jusqu'en 1715.

Étude de droit thumb|Représentation du Castel Capuano de Naples, gravure du .Une fois ses humanités finies, Joseph de Liguori demande à Alphonse de poursuivre ses études à l'Université de Naples en vue de faire une carrière de juriste. Âgé de treize ans, en , il passe l'examen d'entrée. Quelques jours plus tard, il suit une leçon inaugurale de Giambattista Vico, philosophe et métaphysicien, avec qui Alphonse discutera au cours de ses études.

Alphonse étudie le droit romain, dans un climat anti-romain, . Le droit napolitain se développe sous la forme du , qui vise au contrôle de l'Église par l'État. L'un des principaux juristes de l'Université est Domenico Aulisio qui inspire Pietro Giannone dans un mouvement anti-papal. Alphonse de Liguori étudie et discute avec ses professeurs de renom, partisans du contrôle du pouvoir papal. L'enseignement reçu par Alphonse à l'Université se fait dans un climat anti-romain, qui attire régulièrement les foudres du Saint-Office. Bien que certains professeurs soient en partie contre le pouvoir temporel de la papauté, au profit d'un droit divin pour les monarques, le climat au sein de l'Université reste très religieux, et la pratique très importante, même pour ceux qui s'opposent au pape.

Pendant toutes ces années, Alphonse reste très impliqué dans l'Oratoire : sacristain, maître des novices, responsable des nouveaux arrivants et peut maintenant pratiquer des exercices de mortification, pratique courante pour les plus anciens.

À l'âge de dix-sept ans, le , il a fini d'étudier le Droit et passe le doctorat, en bénéficiant, comme bon nombre de ses camarades, d'une dispense, l'âge réglementaire étant fixé à vingt-et-un ans. Il reçoit le titre de Docteur, ce qui permet à Alphonse de rejoindre la corporation puissante des clercs.

L'acquisition du doctorat ne signifiait pas la pratique immédiate de sa charge. Il fut assistant auprès de deux avocats : Don Andrea Giovene et Don Luigi Perrone. Ce ne fut qu'à la fin de cette période de formation qu'il put porter la toge. Vers l'âge de dix-neuf ans ou vingt ans, il commença sa charge d'avocat. On ne sait que très peu de choses sur cette partie de la vie d'Alphonse. La justice de Naples de cette époque était largement corrompue, en faveur des riches et des nobles. Alphonse rédige un code de conduite personnelle en tant qu'avocat, en grande partie écrit en réaction à la corruption de la justice napolitaine, et qui montre un très haut idéal d'intégrité1. Ne jamais accepter de causes injustes qui puissent troubler ma conscience ou compromettre mon intégrité. 2. Ne pas employer de moyens injustes pour la défense d'une cause. 3. Ne pas occasionner de dépenses superflues à mon client. 4. Défendre la cause de mon client avec le même soin que si sa cause était la mienne. 5. Étudier la cause avec soin pour la connaître à fond. Un point mal maîtrisé pourrait sérieusement compromettre l'issue de la cause. L'avocat qui perd un procès du fait de sa négligence est tenu à compenser le client pour les dommages subis. 6. Un avocat ne doit pas accepter la charge d'une cause pour laquelle il ne se sent pas assez préparé ou s'il n'a pas le temps nécessaire pour s'y consacrer totalement. 7. Un avocat doit avoir le plus grand respect pour la justice et l'honnêteté. Il doit être digne de confiance, sincère, diligent et régulier. 8. L'avocat ne doit pas négliger d'appeler Dieu à son aide tant que dure le procès. Dieu est la source de toute vraie justice..

Un avocat brillant Jeune avocat, Alphonse participe à la vie normale d'un jeune noble de la société napolitaine : réunions mondaines, soirées de gala avec musique, théâtre... Le père d'Alphonse, Don Joseph, dirige la vie familiale avec fermeté : les garçons doivent dormir à même le sol une fois par semaine, les sœurs sont éduquées dans des couvents, chose habituelle à l'époque.

Don Joseph met ses espoirs sur Alphonse, et contrôle et oriente pendant près de dix ans les activités de son fils. Vers 1715, Alphonse quitte la confrérie des Jeunes nobles chez les Oratoriens et rejoint la confrérie de Notre-Dame de la Visitation sous la direction du Père Pagano. Cette confrérie, outre la pratique de dévotion, consacre du temps aux plus pauvres, à l'hôpital Santa Maria del Popolo (Sainte Marie du Peuple). Pendant près de huit ans, Alphonse se montre fidèle dans la visite et le soin aux pauvres de l'hôpital. Son père, Don Joseph, qui malgré sa sévérité dédiait une partie de son temps aux œuvres de charité, le fit entrer dans la congrégation de la Misericordiella, œuvre composée de laïcs, qui avait pour mission de pourvoir aux besoins matériels et spirituels des clercs dans les prisons ecclésiastiques de Naples, mais aussi d'assurer aux pauvres une sépulture décente. Alphonse est admis dans la congrégation en 1716.

La situation des Liguori s'améliore, et Don Joseph ramène des galères des domestiques musulmans prisonniers. Alphonse se montre très proche d'eux, et prend la défense d'un des serviteurs qui n'avait pas rempli sa tâche selon son père. L'un des serviteurs au contact d'Alphonse, tombant malade, demande à être baptisé. Don Joseph cherche à marier son fils auprès de personnes de haut rang. Les diverses tentatives échouent. La première avec Thérèse.

Dès l'adolescence, Alphonse veut être prêtre, tiraillé entre le devoir d'obéissance à son père, qui veut le marier, et son désir d'être prêtre, son souci de garder sa chasteté tourne rapidement aux scrupules. Il est complexé face aux femmes.

Il est peu douteux que le jeune Alphonse avec ses qualités d'esprit et sa force de caractère se soit senti ardemment attaché à sa profession et qu'il était en voie d'être corrompu par le succès et la renommée qu'il apportait. Vers l'année 1722, alors qu'il avait vingt-six ans, il commença à fréquenter constamment le monde, à négliger la prière et les pratiques pieuses qui avaient occupé une part importante de sa vie et à prendre du plaisir à voir l'attention avec laquelle partout il était reçu.

Échec et conversion vignette|left|202x202px|Christ en croix peint par Alphonse de Liguori vers 1718.Lors de la Semaine Sainte 1722, Alphonse fait une retraite qui le marque profondément. Au cours de la retraite, le Père Pagano médite sur l'enfer. Cette retraite marque profondément Alphonse, même s'il montre le visage d'un Dieu vengeur, sa psychologie, marqué par une grande crainte de pécher conduit Alphonse à changer de comportement : « Les banquets, les divertissements, le théâtre, a-t-il écrit plus tard, ce sont les plaisirs du monde, mais des plaisirs amers comme la bile et pointus comme des épines. Croyez-moi : je les ai éprouvés et j'en pleure maintenant. »Alphonse de Liguori Visite du Saint Sacrement, éditions Saint-Paul, Paris Fribourg, 1990, . Il va communier plusieurs fois par semaine, va régulièrement à la confession et développe une dévotion à l'adoration eucharistique. C'est au cours de cette retraite qu'Alphonse prend la décision de devenir prêtre.

L'année suivante, en 1723, Alphonse est à l'apogée de sa carrière. Ses relations familiales lui permettent d'être l'avocat d'un procès retentissant entre un noble napolitain, dont le nom ne nous est pas parvenu et le grand-duc de Toscane Cosme III, dans lequel était en jeu une propriété estimée à ducats. Alphonse était un des avocats principaux.

Le jour du procès, Alphonse fait un discours inaugural et s'assied confiant dans sa victoire. Le procès complexe était fondé sur des droits de successions dont Alphonse dénonçait la validité, notamment celui d'un document créant un . Les intrigues de pouvoir, et sans doute l'importance des personnalités en jeu, conduisent néanmoins les juges à avoir un point de vue contraire. Le jugement n'est pas favorable aux clients d'Alphonse, qui est alors humilié. Alphonse s'enferme dans sa chambre pendant plusieurs jours, refuse de manger, et ne veut plus être avocat. Son père, furieux de la prestation de son fils se montre très sévère envers lui.

Alphonse commence alors une vie monacale. Un jour à la suite d'un prêche dans l'église de la Mère de Dieu, Alphonse décide de se consacrer à la vie religieuse.