André Salmon, né le à Paris et mort le à Sanary-sur-Mer, est un écrivain français, poète, romancier, journaliste et critique d'art. Il fut l'un des grands défenseurs du cubisme avec Guillaume Apollinaire et Maurice Raynal.
Biographie André Salmon naît à ParisArchives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance , avec mention marginale du décès (consulté le 26 novembre 2012), quatrième enfant d'Emile Frédéric Salmon et de Sophie Julie Cattiaux (fille de François-Xavier Cattiaux). Il passe la fin de son adolescence à Saint-Pétersbourg où son grand-père, Théodore Frédéric Salmon, et son père, aquafortistes, graveurs et sculpteurs sont invités de 1896 à 1901. Ainsi parle-t-il couramment le russe.
De retour à Paris, il fréquente les soirées de La Plume et rencontre des figures déterminantes : Mécislas Golberg, qui l'influence beaucoup, Picasso, Max Jacob et Apollinaire, qui sont ses amis tout au long de sa vie.
En 1903, il fait partie de l'équipe qui participera à la création du Festin d'Esope dont Guillaume Apollinaire sera le rédacteur en chef.
En 1908, André Salmon s'installe au Bateau-Lavoir, qu'il quitte ensuite pour Montparnasse.
Bien qu’il soit dérouté par l’entreprise de Picasso avec son tableau Les Demoiselles d'Avignon, celui-ci est sa grande référence. C’est Salmon qui permet en 1916 de révéler l'œuvre au public en la présentant à l’exposition du « Salon d'Antin »L'Europe nouvelle, Paris, 6 avril 1918, — sur Gallica. ; c'est lui qui lui donne son titre définitif. En 1920, dans L’Esprit nouveau, il constate que cette œuvre, « cratère toujours incandescent d’où est sorti le feu de l’art présent […] commande le départ de la révolution cubiste. »
Il soutient aussi Henri Hayden en 1912, Moïse Kisling en 1919. Entretemps, en tant que critique d’art, Salmon mène une action défensive des plus importantes au sein de la presse contre la méfiance quasi générale de la critique. Il écrit tout d’abord, de 1909 à 1910, dans L’Intransigeant, puis cède sa place à Apollinaire. Il intègre alors Paris journal en 1910, sous le pseudonyme de La Palette. Il compose avec Georges d'Ostoya un numéro de L'Assiette au beurreL'Assiette au beurre du 10 septembre 1910, intitulé « Concours de chansons de route ».. En 1912, il contrebalance les propos du hargneux Louis Vauxcelles au sein du Gil Blas. De 1913 à 1914, il tient la chronique des Salons avec Apollinaire dans la revue Montjoie ! de Ricciotto Canudo.
Bien que réformé à l'issue des classes lors de son service militaire en 1901, André Salmon s'engage volontairement en 1914. D'abord brancardier au 294e Régiment d'infanterie, il rejoint sur volontariat le 26e Bataillon de chasseurs à pied. Durant le conflit, il est muté ensuite au 66e Bataillon de chasseurs à pied. Il participe notamment aux durs combats de l'Artois et de l'Argonne.
Ses premiers recueils, Poèmes et Féeries, bientôt suivis par un troisième en 1910, Le Calumet, sont les premiers publiés en volumes avant ceux de Max Jacob et d’Apollinaire. En 1912, il publie La Jeune Peinture française. C’est dans cet ouvrage, comprenant « Histoire anecdotique du cubisme », qu’est révélée pour la première fois l’existence des Demoiselles d’Avignon. En 1920 paraît un roman entièrement inspiré par la vie de Montmartre en 1907, La Négresse du Sacré-Cœur. La même année, il publie L'Art vivant, terme qui précède l'appellation école de Paris. Il préface le catalogue de la première exposition personnelle du jeune peintre japonais Ruytchi Souzouki à la Galerie Manuel Frères à Paris en 1922. Sous le pseudonyme de Pol de Comène, il publie de courts romans sentimentaux, dans la collection Le Petit livre (chez Ferenczi). vignette|redresse|gauche|Signature d’André Salmon (1950). Ami de Jean Moréas et de Edmond-Marie Poullain, il est le secrétaire de la revue Vers et Prose créée par Paul Fort. Il est avec Géo Norge, Pierre Bourgeois, Georges Linze, Claire et Yvan Goll, Maurice Carême, Edmond Vandercammen, René Verboom, ... l’un des fondateurs du Journal des Poètes, en 1931. Il crée la revue Les Nouvelles de la République des lettres. Il est également proche du galeriste Léopold Zborowski et de ses artistes, parmi lesquels Amedeo Modigliani, Marc Chagall, Moïse Kisling ou encore René Iché. Une amitié de soixante ans le lie au poète et critique Fritz-René Vanderpyl. À partir de 1933, lui et Salmon signent régulièrement dans le magazine Paris sex-appeal, puis dans Mon Paris. vignette|Tombe d'André Salmon à Sanary-sur-Mer, nouveau cimetière de la Guicharde|alt=Tombeau de granit noir marqué en lettres d'or des familles Merle et Salmon Salmon a, sous l'Occupation, continué à écrire au Petit Parisien pour lequel il travaille depuis plus de vingt ans. À la Libération, il est poursuivi et condamné à cinq ans d'indignité nationale, condamnation amnistiée peu après. On lui reproche alors certaines idées et, implicitement, ses reportages sur la guerre civile espagnole, côté franquiste.
Répondant à l'invitation de son ami peintre Edmond-Marie Poullain, Salmon se réfugie en 1946 à Bréhal.
Il est enterré au cimetière de Sanary-sur-MerCimetières de France et d'ailleurs.
Famille André Salmon est le grand-oncle de l'éditeur Jean-Jacques Pauvert. Son épouse Jeannot Salmon a été portraiturée par Marie Laurencin en 1923Huile sur toile, , musée d'art moderne de la ville de Paris. Il épouse par la suite Léo (née Angèle Miey), qui avait été la compagne de Roger Vitrac. Pierre Mac Orlan a été le témoin de Salmon à son mariage avec Léo, laquelle est morte le à l'âge de 95 ans.
Prix 1964 : grand prix de poésie de l'Académie française.
Publications Poésie Poèmes, Vers et prose, 1905 Féeries, Vers et prose, 1907 Le Calumet, Falque, 1910 Prikaz, Paris, Éditions de La Sirène, 1919 C'est une belle fille ! Chronique du vingtième siècle, Albin Michel, 1920 Réédition chez Stock, 1922; puis aux Nouvelles Éditions Debresse, coll. « Les Introuvables », Paris, 1956 Le Livre et la Bouteille, Camille Bloch éditeur, 1920 L'Âge de l'Humanité, Paris, Gallimard, 1921 Ventes d'Amour, Paris, À la Belle Édition, chez François Bernouard, 1922 Peindre, Paris, Éditions de la Sirène, 1921. Avec un portrait de l'auteur par Picasso Créances 1905-1910 (Les Clés ardentes. Féeries. Le Calumet). Paris, Gallimard, 1926 Métamorphoses de la harpe et de la harpiste, Éditions des Cahiers Libres, 1926 Vénus dans la balance, Éditions des Quatre Chemins, 1926 Tout l'or du monde, Paris, Aux éditions du Sagittaire, chez Simon Kra, coll. Les Cahiers nouveaux 36, 1927 Carreaux 1918-1921 (Prikaz. Peindre. L'Âge de l'Humanité. Le Livre et la Bouteille), Paris, Gallimard, 1928 Saints de glace, Paris, Gallimard, 1930 Troubles en Chine, René Debresse éditeur, 1935 Saint André, Paris, Gallimard, 1936 Odeur de poésie, Marseille, Robert Laffont, 1944 Les Étoiles dans l'encrier, Paris, Gallimard, 1952 Vocalises, Paris, Pierre Seghers, 1957 Créances, 1905-1910, suivi de Carreaux 1918-1921, Paris, Gallimard, 1968 Carreaux et autres poèmes, préface de Serge Fauchereau, Paris, Poésie/Gallimard, 1986
Romans et nouvelles Tendres canailles, Paris, Librairie Ollendorff, 1913 Paris, Gallimard, 1921 Monstres choisis, nouvelles, Paris, Nouvelle Revue Française, 1918 Mœurs de la Famille Poivre, dessins de Conrad Moricand, Genève, Éditions de L'Éventail / Kundig, 1919 Le Manuscrit trouvé dans un chapeau, Société littéraire de France, 1919 Paris, Stock, 1924 La Négresse du Sacré-Cœur, Paris, Gallimard, 1920, 2009 Bob et Bobette en ménage, illustré par H.S. Ciolkowski, Paris, Albin Michel, 1920 C'est une belle fille, Paris, Albin Michel, 1920 L'Entrepreneur d'illuminations, Paris, Gallimard, 1921 L'Amant des Amazones, Éditions de la Banderole, 1921 Archives du Club des Onze, Nouvelle Revue Critique, 1924 Une orgie à Saint-Pétersbourg, Paris, Aux éditions du Sagittaire, chez Simon Kra, Collection de la Revue européenne, 13, 1925 Donat vainqueur, ou Les Panathénées du , avec 50 dessins de Touchagues, André Delpeuch éditeur, 1928, collection Le roman de Paris, Comme un homme, Figuière Noces exemplaires de Mie Saucée, Jonquières Sylvère ou la vie moquée, Paris, Gallimard, 1956. Le Monocle à deux coups, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1968
Critique, essais, mémoires La Jeune Peinture française, Paris, Albert Messein, 1912, Collection des Trente Oluf Hartmann, Dix Eaux-Fortes, avec une notice biographique de Ernst Goldschmidt Histoires de Boches, ornées de dessins (clichés aux traits) par Guy Dollian. Paris, Société littéraire de France, 1917 La Jeune Sculpture française, Paris, Albert Messein, 1919, Collection des Trente L'Art vivant, Paris, Georges Crès, 1920 Propos d'atelier, Paris, Georges Crès, 1922 La Révélation de Seurat, Bruxelles, Éditions Sélection, 1921 Cézanne, Paris, Stock, 1923 André Derain, Paris, Gallimard, 1924 Modigliani, Les Quatre chemins, 1926 Kisling, Éditions des Chroniques du Jour, 1927 Henri Rousseau, dit le Douanier, Paris, Georges Crès, 1927 Émile Othon Friesz, Éditions des Chroniques du Jour, 1927 Le Drapeau Noir, À la Cité des Livres, 1927 Chagall, Éditions des Chroniques du Jour, 1928 L'Art russe moderne, Éditions Laville, 1928 Léopold-Lévy, Éditions du Triangle Ortiz de Zarate, Éditions du Triangle Picasso, Éditions du Triangle L'érotisme dans l'art contemporain, Éditions Calavas, 1931 Le Drapeau noir, 1927 Léopold Gottlieb, 1927 Voyages au pays des voyantes, Paris, Éditions des Portiques 1894. L'Affaire Dreyfus, Collection "Le Crime dans l'Histoire et la Vie", Emile-Paul Frères, 1934 Le Vagabond de Montparnasse : vie et mort du peintre A. Modigliani, 1939 L'Air de la Butte. Souvenirs sans fin, Paris, Les Éditions de la Nouvelle France, 1945 Paris tel qu'on l'aime, préface de Jean Cocteau, collectif, 1949 Montparnasse, Editions André Bonne Paris 1950 Jean Couy, Éditions Galerie Breteau, 1950. Souvenirs sans fin, 3 volumes : Première époque (1903-1908), Paris, Gallimard, 1955 Deuxième époque (1908-1920), Paris, Gallimard, 1956 Troisième époque (1920-1940), Paris, Gallimard, 1961 Le Fauvisme, Paris, Éditions Aimery Somogy-Gründ, 1956 La Vie passionnée de Modigliani, 1957 La Terreur noire, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1959. L'Échappée, 2008 Claude Venard, 1962 Henri Rousseau, 1962 Baboulène, 1964 Modigliani le roman de Montparnasse, 1968 À propos de Marc Chagall, 2003 Léon Léhautier, anarchiste pur, Lenka lente, 2015
Théâtre Natchalo (avec René Saunier), mise en scène Henri Burguet, théâtre des Arts, Deux hommes, une femme (avec R. Saunier) Sang d'Espagne (avec R. Saunier)
Œuvres sur papier 1908 : Portrait de Monsieur Picasso, aquarelle sur papier ; SDdh ; dim : H : × L : (Paris, musée Picasso n° inv. : MP3611, dation des héritiers Picasso)
Bibliographie Pierre Berger, André Salmon, Paris, Seghers, coll. Poètes d'aujourd'hui 53, 1956. « André Salmon », Cahiers bleus 21, Troyes, 1981. Quaderni del novecento francese, n spécial, Rome, Bulzoni-Nizet, 1987. Marilena Pronesti, Polvere di Storia: André Salmon giornalista, 1936-1944, Rome, Bulzoni editore, 1996. Maria Dario, André Salmon. Alle origini della modernità poetica, Venise, Istituto Veneto di Scienze Lettere e Arti, 2001. Jacqueline Gojard, « André Salmon », dans Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours (dir. Michel Jarrety), Paris, PUF, 2001. André Salmon, poète de l'Art vivant., actes du colloque organisé par le laboratoire Babel les 2-3- à Toulon et Sanary, textes réunis par Michèle Monte avec la collaboration de Jacqueline Gojard, La Garde, USTV, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Laboratoire Babel, coll. "Var et poésie", , 2010.
Notes et références
Liens externes
« André Salmon à Jean Follain », par Jacqueline Gojard, spécialiste de l'œuvre d'André Salmon Site sur l'œuvre d'André Salmon
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