La chapelle Saint-Clair est un édifice religieux disparu, affecté au culte catholique et situé sur la balme Saint-Clair, au bord du Rhône, dans le 1 arrondissement de Lyon en France. Attestée au , c'est une dépendance de l'abbaye Saint-Pierre. Une recluserie s'y adjoint avant de disparaître au début de l'époque moderne. Utilisée comme aumônerie à partir du , elle est détruite à la Révolution française.

Une chapelle du même nom est construite vingt ans plus tard sur la commune de Caluire-et-Cuire, et change ainsi de paroisse. Elle est remplacée au par l'église Saint-Clair sur la même commune.

Son nom s'étend à toute la balme lyonnaise, puis baptise ensuite le quartier Saint-Clair et plusieurs de ses lieux et édifices.

Saint Clair

Saint Clair est un abbé catholique qui a vécu au . Célébré à Lyon le , jour férié dans toutes les cours de la ville, il est protecteur des verriers. En 1619, ces derniers s'associent aux peintres, protégés par saint Luc, pour remplacer la première chapelle à gauche de l'église Saint-Bonaventure, dédiée à Marie, par leurs patrons. Ils sont remplacés deux cents ans plus tard par saint François d'Assise.

Histoire vignette|Restitution de la chapelle par Rogatien Le Nail, avec le rempart et les moulins. Une chapelle dédiée à sainte Blandine est attestée au sur le terrain de l'abbaye Saint-Pierre. Une recluserie dite de Saint-Irénée s'installe à côté, l'ensemble prend ensuite le vocable de saint Clair. Le nom est parfois orthographié Saint-Cler, et composé sous la forme Saint-Clair du Griffon ; le Griffon était un quartier proche. Cette recluserie, une des plus célèbres parmi les onze qui existent à Lyon au Moyen Âge, est connue pour guérir principalement les maladies de la vue ; Jeanne de la Boisse y est installée comme recluse en 1258. Saint Clair est ainsi patron secondaire de l'abbaye.

Les neuf recluseries lyonnaises situées à l'intérieur des remparts, actives principalement entre les , n'existent plus au . Dans un acte de 1618, la chapelle Saint-Clair est mentionnée comme ancienne recluserie, dite Saint-Irénée. C'est à cette époque une simple chapelle de dévotion où l'on ne pratique aucun service fixe. Elle est tout de même reconstruite en 1656. Vers le milieu du , elle est utilisée comme aumônerie, fonction qui se maintient jusqu'à la Révolution française.

Pour faire face à de grandes dépenses d'extension et de réfection de leur église, les religieuses de l'abbaye Saint-Pierre vendent une partie de leur propriété. L'accord est conclu le avec Breton, Desraisses, Léonard Milanais et Jacques-Germain Soufflot, pour la somme de . Il inclut le . La chapelle doit cependant rester en l'état jusqu'à ce que l'on puisse effectuer la translation du culte, ou sinon la reconstruire dans des dimensions identiques. Elle est démolie à la Révolution.

Description La chapelle lyonnaise se trouvait au nord de la place Saint-Clair, avant le rempart de la Croix-Rousse, près du bastion Saint-Clair. Cette place s'appelle aujourd'hui Louis Chazette. Sur un plan cadastral des années 1755 ou 1756, la surface au sol de la chapelle mesure 45 pieds de longueur sur 19 de largeur.

Postérité Le nom Saint-Clair de la recluserie et de la chapelle a été donné à la porte qui perçait les remparts vers le port, au port lui-même et au bastion voisin. Dans la deuxième moitié du , Jacques-Germain Soufflot aménage la place Tolozan et la place Saint-Clair et, sur le bord du Rhône, le quai Saint-Clair. Le pont Morand, au niveau de la place des Terreaux, est appelé Saint-Clair à son ouverture. Le pont Louis-Philippe, construit en face de la place Saint-Clair en 1846, est renommé pont Saint-Clair en 1848.

Après la démolition de la chapelle, les habitants du quartier demandent un nouveau lieu de culte : une autre chapelle Saint-Clair est construite sur un terrain à Caluire-et-Cuire, à au nord-est de l'ancienne recluserie, et dépend alors de la paroisse de Caluire : elle est bénie le . Devenue trop petite, l'église Saint-Clair est érigée sur la même commune, entre 1887 et 1926, par Louis Sainte-Marie Perrin. La paroisse donne son nom au quartier Saint-Clair, dans lequel se trouvent la Grande Rue de Saint-Clair, ainsi que la gare de Lyon-Saint-Clair.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

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