Le diabète sucré (ou simplement diabète par abus de langage) est une maladie liée à une défaillance des mécanismes biologiques de régulation de la glycémie (concentration de glucose dans le sang) menant à une hyperglycémie chronique.

Cette maladie se manifeste par des symptômes propres au diabète (syndrome polyuropolydipsique) et par des lésions d'organes tels la rétine, les reins ou les artères coronaires, lésions dues à la toxicité de l'acétone produite lors d'une dégradation rapide des graisses arrivant en cas de défaillance de l'insuline menant à une hyperglycémie majeure.

Il y a trois types principaux de diabète sucré : le diabète de type 1 ; le diabète de type 2 ; le diabète gestationnel.

Étymologie Le terme latin diabetes mellitus est utilisé par la classification internationale des maladiesICD-10 Version 2010 Diabetes mellitus (E10-E14)., et dans divers pays. L'adjectif latin mellitus signifie « sucré comme le miel ».

Le mot diabète vient du grec ancien , « diabète », lui-même tiré du verbe grec , « traverser, franchir » + .. Les médecins grecs anciens, tels Arétée de CappadoceArétée, 52 a. et Oribase, avaient observé ce syndrome diabétique : les malades semblaient uriner aussitôt ce qu'ils venaient de boire, comme s'ils étaient « traversés par l'eau » sans pouvoir la retenir. Puis ils maigrissaient, malgré une nourriture abondante, et mouraient en quelques semaines ou moins.

Histoire Les médecins égyptiens avaient déjà découvert cette maladie à l'époque d'Amenhotep III entre le et le avant notre ère (date variable selon les égyptologues)Entre 1600 av. J.-C. et 1500 av. J.-C. selon Claire Lalouette, Thèbes ou la naissance d'un empire, Champs Flammarion, 1995 , 419.1390 selon Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne, Le Livre de poche Références-Arthème Fayard, 1988 , 265.. La maladie est décrite à la section Vases d'eau du corps, dans le Papyrus Ebers conservé à Leipzig, rédigé sous le règne d'Amenhotep III (ou Aménophis III en grec), où se trouvent toutes les sources de la médecine égyptienneClaire Lalouette, Thèbes ou la naissance d'un empire, 419-20.. Les médecins grecs de l'école d'Hippocrate de Cos ont donné son nom au diabète (nom tiré du grec ancien , « traverser, franchir »), et ont ensuite observé vers le ou le (selon les sources), C'est Praxagoras de Cos (384-322 ) disciple d'Hippocrate, qui évoqua pour la première fois la nocivité des humeurs sucréesJean-Charles Sournia, 65.. Dans certains cas les urines n'avaient pas de goût (diabète insipide), dans d'autres, les urines étaient sucrées (diabète sucré ou hyperglycémie).Sabatino Moscati, La Médecine grecque dans l'antiquité, Fernand Nathan, 1975, 71.. Au , les Chinois faisaient part de leurs observations et de leurs interprétations concernant les urines sucrées et proposaient un traitement proche des méthodes modernes qui recommandent aux diabétiques de s'abstenir de consommer de l'alcool et de l'amidon..

De nombreux timbres ont célébré certaines étapes majeures de l’histoire du diabète et de la diabétologie, qu'il s'agisse de l'Antiquité, de l'ère pré-insulinique ou de la découverte de l’insuline par le groupe de chercheurs de Toronto (Canada). L'histoire du diabète sous l’angle de la philatélie a notamment mis l'honneur Arétée de Cappadoce, Avicenne, Maïmonide, Paracelse, Claude Bernard, Oskar Minkowski, Nicolae Constantin Paulescu, Frederick Banting, Charles Best.

Physiopathologie

vignette|Graphique montrant l'évolution des taux sanguins de glucose et d'insuline durant la journée. La régulation de la glycémie par l'organisme est en grande partie liée à la capacité des cellules à absorber le glucose, faisant ainsi baisser sa concentration dans le sang. L'insuline est une hormone sécrétée par le pancréas, dont la fonction est d'augmenter l'entrée de glucose dans les cellules en cas d'hyperglycémie (d'où son action hypoglycémiante).

La polyurie-polydipsie (littéralement, « beaucoup uriner et soif intense ») est une conséquence de l'hyperglycémie (augmentation du taux de sucre sanguin). Les reins ne peuvent récupérer tout le glucose filtré, qui passe dans les urines et par osmose appelle l'eau de l'urine primaire et provoque une perte d'eau importante dans les urines, ce qui entraîne une déshydratation et une soif permanente. Les malades boivent donc parce qu'ils urinent trop et non l'inverse.

Diabète et hérédité Le risque de transmission du diabète n'est pas le même dans le ou le . Il est généralement considéré comme un risque assez important : il est de 5 % dans le diabète insulino-dépendant (). Dans le diabète insulino-résistant (), ce risque s'élève à 30 % si un seul parent est atteint, et à 50 % si les deux parents sont diabétiques.

Présentation commune Le diabète se caractérise par : une émission d'urine excessive (polyurie) entraînant une soif intense (polydipsie), soit un syndrome diabète proprement dit ; un appétit anormalement augmenté (polyphagie). Il a aussi pour conséquence un amaigrissement malgré une prise de nourriture abondante ; parfois une acidocétose diabétique avec dyspnée de Kussmaul.

D'autres symptômes peuvent apparaître, tels qu'une perte de poids, une fatigue et des troubles de la vision, ou encore une irritabilité.

Les analyses de sang et d'urine montrent : une glycémie (taux de sucre dans le sang) supérieure à à jeun ou (la valeur normale étant comprise de et , de à , il est plutôt question d'intolérance au glucose) ; parfois une acétonurie (présence d'acétone dans les urines, le seuil de passage de l'acétone dans les urines est une glycémie de /l) accompagnée d'une haleine de « pomme reinette » caractéristique ; une présence de sucre dans les urines (glycosurie, le seuil du passage de sucre dans les urines est une glycémie supérieure à ).

Classification Plusieurs défaillances existent et caractérisent des formes de diabète différentes. Les symptômes et les complications peuvent être variables selon le ou les mécanismes défaillants (Tima et Aissal, A).

Diabète de type 1

En France, cette forme de diabète représente près de 6 % des cas de diabète.. Autrefois appelé diabète insulino-dépendant (ou encore diabète juvénile), ce diabète apparaît le plus souvent de manière brutale. C'est la cause la plus fréquente de diabète chez l'enfant, mais il peut survenir à tous les âges.

Sa forme la plus fréquente est la conséquence d'une maladie auto-immune, c'est-à-dire la destruction de cellules bêta des îlots de Langerhans du pancréas (qui synthétisent l'insuline) par le système immunitaire, ce dont témoigne la présence d'anticorps dans le sang. Leur destruction a pour conséquence une absence d'insuline dans le sang. Le diabète de est le plus souvent un diabète insulinodépendant.

Les diabétiques de doivent s'injecter de l'insuline plusieurs fois par jour tout au long de leur vie et manger de manière équilibrée. Cet équilibre glycémique étant précaire, traitement et alimentation varient au jour le jour en fonction des circonstances : activités, émotions, horaires, maladies intercurrentes Le diabétique se doit donc d'être autonome dans la gestion de sa maladie.

Diabète de type 2

vignette|Dessin représentant une personne atteinte de diabète en train de s'habiller. Une pompe à insuline et un moniteur de glucose sont visibles sur son ventre. Des pompes à insulines utilisées sont visibles dans sa poubelle. Cette forme de diabète représente 90 % des cas de diabèteDiabète - Aide-mémoire N°312 - Janvier 2015, sur le site who.int.. Autrefois appelé diabète non insulinodépendant (ou diabète de l'âge mûr), ce diabète survient classiquement chez l'adulte de plus de quarante ans présentant, dans 80 % des cas, une obésité ou du moins un excès pondéral, et avec souvent des antécédents familiaux de diabète de . Chez la femme, cela a parfois été précédé de diabète gestationnel (diabète transitoire pendant les grossesses), ou plus souvent de gros bébés.

Au début de la maladie, la production d'insuline par le pancréas est normale (voire excessive). Mais, les cellules de l'organisme chargées de capter et d'utiliser le glucose deviennent insensibles à l'insuline, d'où une augmentation de la glycémie. Le diabète de est le plus souvent non insulinodépendant, mais un traitement par insuline peut être nécessaire pour la maîtrise de l'équilibre glycémique.

Le diabète de s'associe souvent à d'autres facteurs de risque cardiovasculaire, comme l'hypertension artérielle, la répartition androïde des graisses, l'hypertriglycéridémie et la baisse du taux du cholestérol-HDL, le syndrome métabolique. Son incidence augmente, en conséquence des modifications du mode de vie (sédentarité, alimentation hypercalorique, hyperlipidique). Jusqu'à , ce diabète touchait essentiellement des adultes, à partir de la trentaine, mais en raison de l'augmentation du taux d'obésité juvénile, il touche maintenant de plus en plus d'adolescents, voire d'enfants.

Le diabète de type 2, ou diabète de la maturité, s'observe le plus souvent chez des individus en surpoids ou obèses, aussi appelé « syndrome dysmétabolique » avec risque de stéatose hépatique (surcharge graisseuse du foie). On dit plus souvent que ce diabète est un diabète âgé.

Diabète gestationnel

Le diabète gestationnel est un diabète qui apparaît pour la première fois chez certaines femmes au cours de la grossesse. Il est caractérisé par une intolérance au glucose due à la production d'hormones placentaires, provoquant une insulinorésistance qui entraîne une hyperglycémie. Le diabète gestationnel peut être isolé (il ne survient que pendant les grossesses) ; celui-ci disparaît généralement après l'accouchement, cependant il augmente les risques pour la mère de développer durant les années qui suivent un diabète de Diabète : Quels sont les symptômes et traitements ?, Centre de Gastro-entérologie DDG ou peut être la première manifestation d'un diabète de .

Autres types spécifiques Il existe de nombreuses autres causes de diabète sucré, relativement rares. On peut citer : les anomalies de fonction des cellules bêta d'origine génétique : MODY de début habituellement précoce (avant 25 ans en général), et non insulinodépendant, avec transmission de type autosomique dominant, pouvant concerner les gènes HNF4 ( 4) alpha pour MODY 1, glucokinase (hexokinase hépatique) pour MODY 2, HNF1 alpha pour MODY 3, ou plus rarement IPF ()-1, HNF-1 beta, neuroD1, le diabète LADA – Latent Autoimmune Diabetes in Adults – un diabète de nature auto-immune d'évolution lente qui apparaît généralement chez des adultes âgés de plus de trente ans, souvent de poids normal et en bonne santé. Comme le pancréas produit encore parfois de l'insuline au moment du diagnostic de diabète, il arrive que le patient reçoive, à tort, un diagnostic de diabète de type 2, surtout s'il est âgé de plus de 40 ans et/ou en surpoids. Il devient cependant insulinodépendant lorsque la maladie évolue et un diabète LADA est alors constaté, parfois lors d'une hospitalisation pour acidocétose diabétique le diabète néonatal (avant six mois) transitoire ou permanent, les mutations de l'ADN mitochondrial, associées à une surdité de perception et caractérisées par une hérédité maternelle (syndrome de Ballinger-Wallace) ; les anomalies de l'action de l'insuline d'origine génétique : résistance à l'insuline type A, lepréchaunisme, syndrome de Rabson-Mendenhall, diabète lipoatrophique (lipodystrophie congénitale de Berardinelli-Seip, caractérisé par la disparition du tissu adipeux, avec insulino-résistance majeure, hyperlipidémie et stéatose hépatique) ; les maladies du pancréas exocrine : pancréatite chronique, traumatisme et chirurgie du pancréas, cancer du pancréas, mucoviscidose, hémochromatose ; les maladies endocriniennes : acromégalie, syndrome de Cushing, glucagonome, phéochromocytome, hyperthyroïdie, adénome de Conn ;