Les aides sont les moyens de communication entre le cheval et le cavalier. En agissant sur le cheval, elles permettent au cavalier de lui transmettre ses volontés et de sentir comment il les interprète afin d'en tirer les conclusions qui s'imposent. Les aides permettent aussi au cavalier d'apprécier le caractère et le tempérament de sa monture. C'est grâce aux aides que le cavalier dirige son cheval.
Les aides sont l'assiette, les jambes, le talon, les mains qui agissent par l'intermédiaire des rênes, l'éperon, la gaule ou cravache, la caresse et la voix. Ces trois dernières aides sont qualifiées d'aides accessoires ou supplémentaires. L'assiette, les jambes, le talon, les mains et la voix sont dites aides naturelles par opposition à la cravache, la gaule ou l'éperon, qui créés par l'homme pour prolonger les aides naturelles, sont dites artificielles.
Le juste emploi des aides dépend principalement du cavalier qui seul peut apprécier le degré de soumission ou de résistance de sa monture. La part de l'instructeur, moniteur ou entraîneur est dans ce cas limitée car il ne peut pas être lui-même sur le cheval.
Utilité des aides Le cheval se meut en fonction des positions prises par les différentes parties de son corps et de l'impulsion dont il dispose. En conséquence, le cavalier doit, d'une part lui donner la position qui lui permettra d'obtenir le mouvement qu'il souhaite lui faire exécuter, et d'autre part régler l'impulsion qui lui est nécessaire pour qu'il réalise ce mouvement correctement.
Les aides produisent, entretiennent, augmentent ou diminuent l'impulsion. Elles déterminent le mouvement que l'on veut obtenir du cheval.
C'est par la répétition et la finesse des aides que se crée un véritable code entre le cheval et son cavalier. Plus les aides sont délicates et bien accordées, plus les chevaux sont légers et précis.
C'est en dosant l'usage des aides, en les employant au moment utile et en usant de l'intensité juste, que le cavalier parvient au tact équestre qui préside à l'économie de ses forces. Ainsi, il peut prévenir, ou mieux vaincre, les résistances du cheval.
En avant Un cheval est en avant quand il se propulse à la moindre indication des aides. C'est le deuxième but fixé par le général Lhotte dans sa formule : « Calme, en avant, droit ». Un cheval qui se jette en avant par affolement ou pour se libérer de son cavalier ne répond pas à cette formule qui implique plus une perméabilité aux aides et une obéissance franche et immédiate qu'une capacité d'aller vite.
Historique L'expression du « cheval qui est dans la main et dans les talons » apparait en 1612 dans La Pratique du cavalier de René de Menou, disciple de Pluvinel et écuyer ordinaire à la grande écurie. Dans sa progression, le cheval est d'abord mis dans la main d'un côté puis dans les talons, et enfin la main et les talons ensemble en faisant aller le cheval de côté, les épaules un peu en avant.
La "mise en main" est définie par Samuel Fouquet de Beaurepaire dans Le Modèle du parfait cavalier en 1665. En 1682, dans une académie parisienne, Imbotti de Beaumont affirme que l'important est de gagner la tête du cheval et de lui donner un bon appui car cela permet ensuite de s'adresser à l'ensemble du cheval. Le travail de la croupe et la mise sur la main sont théorisées par le comte d'Aure dans son Cours d'équitation de 1850 et par Steinbrecht, écuyer à Berlin et Dessau, dans son Gymnase du cheval en 1885.
L'assiette
L'assiette du cavalier est la partie du corps en contact avec le cheval par l'intermédiaire de la selle, soit le triangle périnée-ischions qui repose sur la selle, prolongé par la face interne des cuisses, genoux inclus. Elle lui procure stabilité et équilibre dans la selle, qualificatifs qui définissent aussi l'assiette. Le cavalier sent les réactions de son cheval, et plus particulièrement celles du dos et de l'arrière-main par l'intermédiaire de ses fesses et de ses cuisses qui adhèrent le plus possible au corps du cheval. L'assiette lui permet de faire intervenir le poids de son corps dans la conduite de sa monture et de ressentir la bonne transmission de l'impulsion.
Pour agir correctement et obtenir ce qui est qualifié de « bonne assiette », le cavalier doit être assis au milieu et en avant de sa selle tout en avançant sa ceinture. Par la liant de l'assiette obtenu grâce à la flexibilité du rein qui absorbe et accompagne les mouvements du dos du cheval, le cavalier lui transmet ses volontés par le chargement ou l'allégement de l'une ou l'autre des parties de son assiette. C'est de toutes les aides la plus discrète et la plus efficace.
La modification de la répartition du poids dans l'assiette déplace le centre de gravité de la masse cavalier-cheval. Ainsi le rassembler est obtenu par le chargement de l'arrière de l'assiette à la suite d'un engagement des lombaires du cavalier et à l'enveloppement du cheval par la face interne des cuisses et des mollets qui suscite le fléchissement des articulations et du rachis. L'allongement est provoqué par l'allégement de l'assiette et les déplacements latéraux par la pesée sur la face interne de la selle dans le sens du mouvement.
Instinctivement le cheval réagit en sens inverse à toute modification de son équilibre. En conséquence, le cavalier ne doit en aucun cas déplacer son assiette mais agir par chargement ou allègement. Les déplacements de son buste ne doivent que corriger les effets de l'inertie et maintenir le centre de gravité du cavalier à la verticale de celui du cheval. Ces déplacements accompagnent ceux de l'équidé, sans le précéder ni le suivre.
L'assiette permet au cavalier de percevoir les réactions du dos et de l'arrière-main de son cheval ainsi que son activité. À partir de ces ressentis, le cavalier peut discerner les résistances de sa monture et les corriger. Par le tact de l'assiette, il ressent aussi les mouvements des membres et peut alors rectifier ou modifier les allures lorsqu'il le juge nécessaire.
La main La main permet d'indiquer par l'intermédiaire des rênes qui agissent sur la bouche du cheval par l'entremise du mors. Le rapport entre la main du cavalier et la bouche du cheval, appelé contact, doit être confiant, moelleux et permanent, grâce à des rênes ajustées par le cavalier et tendues par le cheval sous l'effet de l'impulsion. Les mains agissent uniquement de bas en haut et par fermeture des doigts. Les poignets du cavalier sont soutenus. Elles cèdent à propos en suivant le mouvement de l'encolure et résistent quand nécessaire. Dès avant que le cheval cède, les mains en font autant. La main reste fixe par rapport à la bouche du cheval. "La main fixe suffit à tout" écrit Beudant.
La main est dite douce lorsque le contact se limite au seul poids des rênes.
La main permet de régler l'impulsion. En agissant simultanément sur les deux rênes, elles peuvent faire ralentir, arrêter ou reculer le cheval. Le demi-arrêt, action brève et nette de la main exécutée les doigts fermés sur les rênes suivie du relâchement progressif des doigts et d'une cession de la main, permet de ralentir le cheval et de le rééquilibrer en reportant du poids sur l'arrière-main.
La vibration des doigts sur les rênes permet de décontracter la mâchoire.
Les mains permettent de régler la position de l'avant-main du cheval en agissant par l'intermédiaire de la bouche sur la tête, l'encolure et les épaules. Elles permettent ainsi de déplacer ces parties du corps du cheval, les unes par rapport aux autres et par rapport à l'ensemble du corps, ou bien encore de déplacer l'arrière-main en donnant aux épaules une position qui oblige les hanches à changer de direction.
En fonction du niveau de dressage du cheval, le cavalier détermine le placer du cheval grâce aux mains : la main intérieure lui permet de fixer le degré de placer du chanfrein et la main extérieure, toujours plus soutenue que la main intérieure, fixe l'altitude de la nuque. Des rênes égales permettent de conserver la rectitude.
Les doigts jouent et badinent sans jamais tirer. Les mains n'agissent jamais vers l'arrière.
L'appui L'appui est le degré d'intensité du contact entre la main du cavalier et la bouche du cheval par l'intermédiaire des embouchures et des rênes. La finesse de l'appui est déterminé par celle de la main. Une main dure et mobile amène le cheval à fuir le contact ou, au contraire, à s'appuyer sur la main. Il est indispensable, même si cela est difficile, d'arriver à une liaison entre la main et la bouche où n'interviennent ni forces, ni poids.
La tension donnée par le cheval aux rênes ajustées, appelée appui, doit, en équitation académique, être le plus léger possible et se limiter au simple contact qui ne doit jamais être perdu pour autant; les rênes longues sans aucun contact sont réservées au repos.
Les effets de rênes
Définition et controverse Une classification des actions de rênes en six effets fut enseignée et a prévalu dans la deuxième moitié du siècle. Alors que les anciens n'utilisaient que la "rêne du dedans" pour diriger, la "rêne de dehors" pour soutenir, ainsi que le demi-arrêt pour alléger et rassembler, ces six effets ont eu pour conséquence de causer raideur et lourdeur à nombre de chevaux qui ne furent montés qu'avec l'aide des mains.
Lors de l'utilisation des effets de rênes, les jambes du cavalier demeurent toujours présentes et agissent dès lors que l'impulsion faiblit. Le maintien de l'impulsion doit demeurer la préoccupation constante du cavalier.
effet : la rêne directe d'ouverture La rêne directe d'ouverture est une rêne isolée qui entraine la tête, l'encolure et les épaules du côté où elle agit. Cette rêne est utilisée pour tourner. En portant son poignet vers le côté où il veut tourner, les ongles au-dessus, le cavalier attire la tête du cheval dans la direction où il souhaite se diriger. L'encolure suit la tête, puis les épaules suivent l'encolure, et le cheval tourne dans la direction indiquée dès lors que le mouvement est entretenu.
effet : la rêne contraire ou d'appui Cet effet de rêne permet de tourner large en dirigeant le cheval dans un sens contraire à son action. La rêne est dite d'appui car elle s'appuie sur le côté de l'encolure. Pour tourner vers la gauche, le cavalier porte le poignet droit en avant et à gauche tout en attirant le bout du nez du cheval à droite ce qui a pour conséquence d'infléchir l'encolure et de porter le poids sur l'épaule gauche. En accentuant le mouvement du poignet tout en entretenant l'impulsion, le cavalier obtient une rupture d'équilibre vers la gauche qui lui permet de tourner.
effet : la rêne directe d'opposition La rêne d'opposition s'oppose au mouvement en avant. Elle permet de ralentir, d'arrêter et de reculer. Par une résistance de la main, les doigts serrés sur les rênes tout en maintenant l'impulsion, le cavalier donne à une rêne une direction parallèle à l'axe du cheval ce qui ralentit le mouvement de l'épaule correspondant à cette rêne (épaule droite pour la rêne droite par ex.). Les hanches dévient sur le côté opposé.
effet : la rêne contraire d'opposition en avant du garrot Cet effet de rêne est utilisé pour tourner court. En maintenant l'impulsion, le cavalier oriente la rêne droite d'avant en arrière vers l'épaule gauche du cheval tout en la conservant en avant du garrot et en poussant les épaules en arrière et à gauche. Le cheval est obligé de dévier ses hanches en sens contraire, légèrement vers la droite, et tourne à gauche en ralentissant son allure.
effet : la rêne contraire d'opposition en arrière du garrot