Les Causeries d’ʻAbdu'l-Bahá à Paris (en anglais : Paris Talks) est un livre recueillant les discours tenus par ʻAbdu'l-Bahá lors de son séjour à Paris en 1911, à propos des principes de Baháʼu'lláh.

La retranscription de ces entretiens est principalement basée sur les notes que prirent Lady Blomfield et ses filles lors des prises de parole d'ʻAbdu'l-Bahá à Paris.

Ce dernier est le fils aîné de Baháʼu'lláh, fondateur de la foi baháʼíe.

Contexte 'Abbâs Effendi succède à son père lorsque celui-ci meurt, le , et prend alors le titre d'ʻAbdu'l-Bahá (« Serviteur de Bahá ») : il est désigné dans le livre-testament Kitáb-i-‘Ahdí (le Livre de l’Alliance) laissé par Baháʼu'lláh, comme étant l'unique chef de la communauté bahá’íe, et l'unique interprète autorisé de ses écritsAlessandro Bausani et Denis MacEoin, « ʿAbd-al-Bahāʾ », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, 1, 1982 (lire en ligne)..

Bien qu'ayant été fait prisonnier par l'Empire ottoman, il réussit tout de même à contribuer à la propagation de la foi baháʼíe hors des frontières du Moyen-Orient, notamment grâce à un contact direct avec les premiers croyants occidentaux qui se rendaient alors en voyage en Palestine. En tant que nouveau chef de la communauté bahá’íe, ʻAbdu'l-Bahá avait pleinement conscience des responsabilités que lui incombaient, de son rôle, de son engagement à expliquer la vision de son père, et à la diffuser partout dans le monde. C'est ainsi qu'à sa libération en 1908, ʻAbdu'l-Bahá entreprit de voyager dans le but de présenter personnellement les principes de la foi baháʼíe au monde occidental.

Alors âgé de 67 ans, le chef bahá’í quitte la Palestine pour une série de voyages vers l'Ouest, qu'il effectuera entre les années 1910 et 1913. Après une halte en Égypte, il se rend en Europe où il pose ses bagages, tout d'abord à Londres, avant de continuer son périple vers Paris. Plus tard, il se rend également en Amérique du Nord.

Séjour à Paris ʻAbdu'l-Bahá arrive le à Paris, et y séjourne durant neuf semaines. Tout au long de cette période, il réside au 4 Avenue de Camoëns, près du Trocadéro. Dans la capitale française, il est aidé par Hippolyte Dreyfus-Barney et sa femme, Laura Dreyfus-Barney, ainsi que par Lady Blomfield venue de Londres.

Le couple Dreyfus-Barney a grandement participé à la réussite du séjour d'ʻAbdu'l-Bahá à Paris en s'attelant à faire connaître la foi bahá’íe notamment en France, et ce dès leur conversion : après avoir appris l'arabe et le persan, Hippolyte entreprit de traduire en français une grande partie des œuvres de Baháʼu'lláh, et Laura publia, à peine deux ans avant la venue d'ʻAbdu'l-Bahá à Paris, , un recueil de questions-réponses qui avait élargi l'horizon des chercheurs du monde entier sur l'Orient, et permis d'exprimer sa pensée dans une langue simple. La publication de ces différents ouvrages sur la foi baháʼíe facilitait la distinction entre les éventuelles catégories de personnes qui seraient intéressées par les questions spirituelles, et ainsi de mieux préparer la venue du chef bahá’í.

ʻAbdu'l-Bahá tint son premier discours à Paris le . Plus tard dans la même journée, il se rendit avec quelques-uns de ceux venus l'écouter un peu plus tôt, dans un quartier défavorisé de la banlieue parisienne où se trouvait une école pour orphelins tenue par M. et Ponsonaille, dont l'initiative fut abondamment louée par ʻAbdu'l-Bahá.

Entre le et le , le chef de la foi bahá’íe donna presque chaque jour une conférence — parfois même plusieurs par jour. Alors que la plupart de ses déclarations avaient été faites dans sa résidence en France, il prit également la parole au siège de la Société théosophique, à L'Alliance Spiritaliste, et le , à l'église de Charles Wagner, le « Foyer de l’Âme ».

ʻAbdu'l-Bahá quitte la France le , et continue son voyage en Occident.

Écriture du recueil vignette|ʻAbdu'l-Bahá aux pieds de la Tour Eiffel lors de son deuxième voyage à Paris (1913).|240x240px On doit la publication de Paris Talks essentiellement aux que prirent en français quatre visiteurs venus de Grande-Bretagne : Lady Sarah Louisa Blomfield, ses deux filles — Mary Esther Blomfield et Rose Ellinor Cecilia Blomfield —, ainsi que Beatrice Marion Platt. Bien que le recueil compilant le texte des conférences données par ʻAbdu'l-Bahá ait été publié en anglais, ce dernier s'exprimait en persan, tandis qu'Hippolyte Dreyfus-Barney et sa femme traduisaient ses paroles en français. Ce n'est que plus tard que Lady Blomfield traduisit en anglais l'ensemble de la retranscription des discours prononcés par le chef de la communauté bahá’íe.

Lorsque les Causeries furent prêtes, le livre fut envoyé à ʻAbdu'l-Bahá afin qu'il l'apprécie et fasse d'éventuelles rectifications. Il le lut et fut ravi de la traduction anglaise. Il souhaita que le recueil soit publié sans délai : c'est ainsi qu'il parut en . Disponible tout d'abord auprès de l'agence Bahá'í Publishing Trust à Londres, l'ouvrage fut ensuite traduit en français par , en 1939 ; et contribuèrent à sa publication à Genève.

La version originale (publiée sous le nom de Talks by Abdul Baha Given in Paris) ne contenait alors que les discours d'ʻAbdu'l-Bahá dispensés à Paris entre les mois d'octobre et de . Une seconde édition, publiée en 1915, a été segmentée en trois parties, plutôt que deux ; la troisième partie étant consacrée à des discussions qui se tinrent en Grande-Bretagne.

Paris Talks fut aussi publié aux États-Unis sous le titre The Wisdom of ʻAbdu'l-Bahá.

Contenu

À partir de la seconde édition en anglais de Paris Talks, le recueil est divisé en trois parties, et non plus en deux parties.

Première partie La première partie des Causeries d’ʻAbdu'l-Bahá à Paris contient la retranscription des discours que tint le chef de la communauté bahá’íe entre le et le Dans un souci d'exactitude, le numéro des causeries citées ainsi que les traductions des versets dans les paragraphes Première partie et Deuxième partie, se fondent sur la traduction française de Paris Talks. L'édition ici utilisée est rapportée dans la section Bibliographie. Lorsque les numéros des causeries dans la version française correspondent à ceux dans la version en anglais (également rapportée dans la section Bibliographie), les dates auxquelles ces causeries ont été tenues, ont été précisées.. Ces notes traitent de sujets divers.

En voyage en Europe, et à la veille de la Première Guerre mondiale, ʻAbdu'l-Bahá adapte son discours à son auditoire et au moment où il est prononcé.

Dans ses premiers discours, le chef de la foi bahá'íe, évoque l'importance d'une union transnationale entre les individus, en rappelant les conséquences désastreuses que peuvent avoir les conflits. Il énonce différentes vertus qu'il est bon d'apprendre et de mettre en pratique, telles que la bonté, la sympathie et la solidarité.

Réalisant qu'il se trouvait dans un pays à tradition chrétienne, ʻAbdu'l-Bahá en vient à exposer la position bahá'íe en regard du christianisme et de la conception des temps messianiques de cette religion révélée ; il affirme à l'assistance que selon Baháʼu'lláh, Jésus-Christ était le Messie que les Juifs attendaient, même s'ils n'ont pas su le reconnaître en tant que tel. La foi baháʼíe considère que Baháʼu'lláh comble les attentes messianiques des religions antérieures à cette nouvelle religion. Ainsi, la Nouvelle portée par le Christ est en conformité avec la foi bahá'íe, qui ne fait qu'adapter la tradition abrahamique au contexte moderne (causerie , datée du ). ʻAbdu'l-Bahá évoque également tout au long des discussions suivantes, les apôtres, notamment lorsqu'il parle des deux natures de tout homme (causerie , datée du ).

ʻAbdu'l-Bahá aborde également la place de la spiritualité dans des sociétés modernes telles que les sociétés européennes (causeries à 23, dispensées entre les 2 et ).

Enfin, il invoque Baháʼu'lláh, son histoire et les principes désignés comme éléments fondateurs de la foi baháʼíe (notamment dans les causeries et 25). Dans les discours suivants, ʻAbdu'l-Bahá s'adresse à son auditoire tels qu'à des fidèles bahá'ís et leur prodigue nombre de conseils et de recommandations dans leur mise en pratique des principes bahá'ís (tel que dans la causerie , « il faut que les bahá'ís s'efforcent de tout leur cœur d'améliorer la condition de l'humanité » ou dans la causerie , « ne vous découragez pas d'être en petit nombre »). Bien que la plupart des causeries aient été dispensées à sa résidence lors de son séjour à Paris (au 4, avenue Camoëns), il prit également la parole dans l'atelier d'un artiste (causerie datée du ), au siège de l'Alliance Spiritualiste (causerie , datée du ) et au Foyer-de-l'Âme (causerie , datée du ). Ces endroits avaient été soigneusement sélectionnés pour permettre au dirigeant de la foi bahá'íe en voyage en Europe, de prôner la paix entre les religions.

Cette première partie s'achève alors qu'ʻAbdu'l-Bahá, se trouvant à la Société théosophique, lors de la journée du , énonce et détaille brièvement les onze principes de Baháʼu'lláh : premier principe : recherche de la vérité ; deuxième principe : unité du genre humain ; troisième principe : religion cause d'amour et d'amitié (nommé en anglais : la religion, cause d'amour et d'affection) ; quatrième principe : unité de la religion et de la science ; cinquième principe : abolition des préjugés (nommé en anglais : les préjugés de religion, de race ou de secte détruisent les fondations de l'humanité) ; sixième principe : égalisation des moyens d'Existence (nommé en anglais : opportunité égale aux moyens d'existence) ; septième principe : égalité des hommes devant la Loi (nommé en anglais : l'égalité des hommes — égalité devant la Loi) ; huitième principe : paix universelle ; neuvième principe : non-ingérence de la religion dans la politique (nommé en anglais : que la religion ne devrait pas se préoccuper de questions politiques) ; dixième principe : éducation des femmes (nommé en anglais : éducation et instruction des femmes) ; onzième principe : puissance de l'Esprit Saint (nommé en anglais : la puissance de l'Esprit Saint, par lequel seul le développement spirituel est réalisé).

Le titre donné à chacun des principes ci-dessus cités, diffère parfois du celui attribué à leur détail quelques chapitres plus loin dans le texte en anglais comme en français. Que le titre ait pu être modifié à la suite d'une précision faite par ʻAbdu'l-Bahá au moment de son discours détaillé sur les différents Principes, ou qu'il s'agisse d'une négligence de la part de l'éditeur du recueil, il est tout de même important de faire remarquer ces différences.

Deuxième partie Après avoir énuméré succinctement à la Société théosophique les Onze Principes que Baháʼu'lláh avait énoncés comme fondements de la foi bahá'íe, ʻAbdu'l-Bahá les détaille un à un dans la deuxième partie des Causeries. Ces explications sont données entre les 10 et , au domicile de séjour d'ʻAbdu'l-Bahá, à l'avenue Camoëns.

Premier principe : recherche de la vérité : L'homme doit rechercher la Vérité, commune à toutes les religions. Les différences qui peuvent apparaître entre les nations, n'ont pour origine que leur attachement aux préjugés, c'est pourquoi l'homme doit se défaire de tout préjugé afin de découvrir la Vérité. Deuxième principe : unité du genre humain : Tous les hommes et femmes ont la même origine : ils descendent tous d'Adam. Ils sont tous égaux devant Dieu qui ne fait aucune différence entre eux. Quelle que soit la nation à laquelle appartient chaque homme, il a été créé par un même Dieu unique, par conséquent il n'y a pas lieu d'établir des divisions entre les uns et les autres. La seule différence pouvant exister entre les hommes est celle de leur condition : il y a ceux qu'il faut guider et instruire, et ceux dont il faut prendre soin (malades...).