André Chandernagor, né le à Civray (Vienne) et mort le à Aubusson (Creuse), est un haut fonctionnaire et homme politique français. Député de la Creuse (1958-1981), il est ministre des Affaires européennes (1981-1983) puis premier président de la Cour des comptes (1983-1990).
Biographie Origines et formation André Chandernagor naît dans une famille modeste du Poitou, son père possède une petite affaire de coutellerie. Son patronyme est celui d'un aïeul d'origine indienne, Charles François Chandernagor, dit « Bengale », né entre 1743 et 1748 à La Réunion. Jeune esclave recueilli en 1757 par le maréchal de Bussy, compagnon d'armes de Joseph-François Dupleix, alors gouverneur des établissements français des Indes, l'adolescent est affranchi, baptisé et reçoit le nom de « Chandernagor », du nom de ce comptoir français des Indes, il meurt en 1821 à Civray . dans la Vienne.
Excellent élève dès l'école primaire, André Chandernagor obtient le baccalauréat avec mention Bien. Élève boursier, il s'inscrit en à l'école coloniale du lycée Henri-IV à Paris. Il suit des études de droit, et, titulaire d'une licence de droit, passe le concours de l'École nationale de la France d'outre-mer où il est admis le . Il est élève administrateur des services civils de l’Indochine en 1943. La guerre l'empêchant de se rendre en Indochine, il encadre des travailleurs indochinois dans le Cher puis à côté de Toulouse. En parallèle, il est diplômé en droit public et en économie politique. Il est administrateur adjoint de la France d'Outre-mer en 1945.
Il adhère à la SFIO en 1944. Il a une première expérience politique en 1946 comme attaché au cabinet de Marius Moutet, ministre (SFIO) de la France d'outre-mer.
En 1949, il s'inscrit à la classe préparatoire aux concours de la haute fonction publique de l'Institut d'études politiques de Paris, et passe avec succès le concours interne de l'École nationale d'administration (ENA), dont il est major. Il étudie à l'ENA au sein de la promotion Europe, aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing et Marceau Long, et est classé dixième à l'issue de sa scolarité, en 1951.
Parcours dans la haute fonction publique André Chandernagor sort dans la botte de sa promotion à l'ENA, et rejoint le Conseil d'État en . Il est fait maître des requêtes au Conseil d'État en 1957 et devient un spécialiste du droit public ; il occupe cette fonction jusqu'en 1978.
André Chandernagor est nommé premier président de la Cour des comptes en . Premier président honoraire depuis , il devient membre, le , du Comité d'honneur du bicentenaire de la Cour des comptes, présidé par le premier président d'alors, Philippe Séguin.
Carrière politique L’entrée en politique active s'effectue en 1953, à l'occasion de son élection en tant que maire de Mortroux (Creuse), commune d'origine de son épouse. Il connaît un échec provisoire à son implantation locale en 1955, lors des élections cantonales. Il est battu par le conseiller général sortant (Radical)Élu au conseil général en 1949, Jean Pinton représentera le canton de Bonnat jusqu'en 1979. sur dans le canton de Bonnat. Il attend 1961 pour faire son entrée au conseil général de la Creuse, prenant la succession de Gaston Chazette, ancien sénateur, dans le canton de Bourganeuf. Dès lors, son ascension sera continue. Durant ses mandats creusois, André Chandernagor est notamment l'un des défenseurs d'un aménagement de ce qui devient la route Centre-Europe Atlantique, aux côtés du maire de Mâcon Louis EscandeLa Montagne - André Chandernagor, l'un des pères fondateurs de la RCEA: « les initiatives doivent venir d'en bas», 16 janvier 2011.. Au décès de Paul Pauly, en 1973, il est élu président du conseil général de la Creuse.
André Chandernagor devient ensuite président du conseil régional du LimousinIl s'agissait alors de l'établissement public régional (EPR), « ancêtre » de la région. Cette dernière devient une collectivité territoriale à part entière avec les lois sur la décentralisation, au début des années 1980. en 1974. Ce cumul de mandats fait de lui l'homme fort du département de la Creuse, du début des années 1970 au milieu des années 1980. Élu de la Creuse à l'Assemblée nationale le , il y siège jusqu'au . En 1967-1968, il est vice-président de l'Assemblée nationale. Il est à ce jour le « recordman » de longévité dans la représentation de la Creuse à l'Assemblée nationale (23 ans). Durant ses mandats successifs, il est un des principaux porte-parole du groupe socialiste. Il intervient au nom du groupe dans les domaines diplomatiques, économiques et financiers. Passionné par la défense des droits du Parlement, il est président du Conseil de l'Union interparlementaire de 1968 à 1973. Il écrit l'ouvrage : Un Parlement pour quoi faire ?.
Il est proche de Guy Mollet, dont il fut membre de son cabinet en 1956-1957André Chandernagor et Paul Pauly étaient les deux principaux molletistes creusois des années 1950. ; en 1958, Mollet le charge de participer au comité des experts qui prépare une nouvelle Constitution. Fermement anti-communiste, il a longtemps été hostile à l'Union de la gauche, lui préférant une alliance avec le centre.
André Chandernagor est membre du comité directeur de la SFIO, puis du PS. Il a été momentanément suspendu du PS en 1970 pour avoir soutenu Alain Poher à l'élection présidentielle et on lui prêta longtemps l'intention de créer un nouveau parti social-démocrate dissident. Après le congrès d'Épinay en 1971, il est proche de Pierre Mauroy. Son poids politique et son expérience le conduisent à entrer au gouvernement en 1981 après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.
En 2017, âgé de 96 ans, André Chandernagor préside le comité de soutien à Jean-Baptiste Moreau, candidat La République en marche aux élections législatives en Creuse.
Après la mort d'André Fanton le , il est le dernier député de la législature de la république encore en vie.
Famille André Chandernagor épouse en 1944 Éliane Bernardet (1924-2004), fille du maçon Élie Bernardet (1890-1974) et de Marguerite Bétin (1904-1978), avec laquelle il aura trois enfants : Françoise, maître des requêtes au Conseil d'État et écrivaine, vice-présidente de l'Académie Goncourt, une autre fille Dominique (1946-2018), et un fils Thierry (né en 1950), qui fut président du conseil départemental de la Creuse, conseiller général de Saint-Sulpice-les-Champs et maire de Mortroux.
Mort thumb|La tombe d'André Chandernagor au cimetière de Palaiseau (Essonne) André Chandernagor meurt le à Aubusson dans la Creuse à l'âge de . Il est inhumé dans le caveau de la famille de son épouse au cimetière de Palaiseau (Essonne)..
Mandats Synthèse des fonctions et des mandats
Mandats locaux 1953 - 1983 : maire de Mortroux 1961 - 1983 : conseiller général du canton de Bourganeuf 1973 - 1983 : président du conseil général de la Creuse 1974 - 1981 : président du conseil régional du Limousin
Mandats parlementaires 1958 - 1962 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson) 1962 - 1967 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson) 1967 - 1968 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson) 1968 - 1973 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson) 1973 - 1978 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson) 1978 - 1981 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson) 1981 - 1981 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)
Fonctions ministérielles - : Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes - : Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes - : Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes (démission)
Carrière ministérielle
Période Portefeuille Cabinet au Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures (Claude Cheysson), chargé des Affaires européennes Gouvernement Mauroy I au Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures (Claude Cheysson), chargé des Affaires européennes Gouvernement Mauroy II au Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures (Claude Cheysson), chargé des Affaires européennes Gouvernement Mauroy III
Œuvres Un Parlement, pour quoi faire ?, Gallimard, 1967, collection Idées Réformer la démocratie, Balland, 1977 avec Alexandre Sanguinetti Les maires en France, . Histoire et sociologie d'une fonction, Fayard, 1993 La Liberté en héritage, Pygmalion, 2004
Décorations Who's Who in France 1990-1991. en 2021. (grand officier en 2012).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Politique dans la Creuse Liste des députés de la Creuse
Liens externes
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