Arthur Richard Dillon, né le Acte naissance archives 78 () à Saint-Germain-en-Laye et mort à Londres le , est un prélat français, évêque d'Évreux puis archevêque de Toulouse, enfin dernier archevêque de Narbonne. Refusant le serment constitutionnel, il émigre et refuse aussi le Concordat.

Biographie Parenté

Fils d'Arthur Dillon (-), gentilhomme irlandais devenu général au service du roi de France, et de Christina Sheldon (), il était l'oncle d'Arthur et Théobald Dillon, ainsi que de Thérèse-Lucy de Rothe, l'épouse d'Arthur, il est aussi apparenté à la comtesse de Boigne par la mère de celle-ci, née Éléonore Dillon ainsi qu'à la marquise de La Tour du Pin née Henriette-Lucy Dillon et à sa demi-sœur Elizabeth Françoise Dillon dite Fanny qui fut l'épouse du Général Bertrand, Grand maréchal du palais de Napoléon.

Carrière Diplômé en Sorbonne, il entra dans le sacerdoce et fut successivement abbé commendataire d’Élan, près de Mézières, vicaire général de Pontoise () puis évêque d'Évreux (), archevêque de Toulouse ()Dillon était archevêque de Toulouse lorsqu'éclata l'affaire Calas, mais il semble n'y avoir joué aucun rôle., enfin archevêque de Narbonne et primat de la Gaule narbonnaise (), et, grâce à cette charge, président-né des États de Languedoc. Il obtint en Saint-Étienne de Caen (la prestigieuse abbaye aux Hommes), et en fut le dernier abbé commendataire.

Fait commandeur de l’ordre du Saint-Esprit par en , il présida en l’Assemblée du clergé. Archevêque de Toulouse, il avait été élu mainteneur de l’Académie des Jeux floraux ().

La Marquise de la Tour du Pin, nièce d'Arthur Richard, l'accompagnait souvent lors de ses voyages en Languedoc et, dans ses mémoires, elle nous a laissé un tableau vivant de son oncleJournal d'une femme de cinquante ans, éd. Chapelot, Paris, 1913 Pages 43 à 55 .

Réalisations Administrateur visionnaire et entreprenant, en relation avec les physiocrates et les encyclopédistes, grand seigneurDans ses Mémoires (éd. Bouquins, 2007, ) Talleyrand le cite en exemple comme un de ces hommes du clergé de la fin d'Ancien régime et note aussitôt : . Quant à la comtesse de Boigne (Mémoires, éd. E. Paul, Paris, 1921-23, tome I, ) elle rapporte que . Sur la vie à Hautefontaine, voir aussi ., il se consacra beaucoup moins à la direction spirituelle de son diocèse qu'à son bien-être temporel. Il fit réaliser de nombreux travaux d'utilité publique, des ponts, des canaux, des routes, des ports, etc ; il créa des chaires de chimie Devic C., Vaissète J., Histoire générale de Languedoc, tome XIII, Toulouse, Privat, 1877, . (confiées à Chaptal) et de physique à Montpellier et à Toulouse et il essaya de réduire la pauvreté, en particulier à Narbonne.

Il a laissé son nom à une promenade de la ville de Toulouse qu'il avait fait aménager : le cours Dillon, et un quai à Narbonne, qui longe le canal de la Robine. Sur son intervention, les États de Languedoc décidèrent le la mise à exécution du vieux projet élaboré par Vauban en et qui consistait à , c'est-à-dire unir la Robine au canal du Midi par la création du canal de Jonction. Il fit dresser en un projet pour l'achèvement de la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, ..

Il fit aussi publier le dernier missel narbonnais en , d'inspiration néo-gallicane, fortement influencé par celui de Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc pour l'Église de Paris, en faisant disparaître une grande partie de la liturgie propre à l'Église de NarbonneMichaud J., Cabanis A., Histoire de Narbonne, Privat, Toulouse, 1981, ..

Du pouvoir à l’exil vignette|gauche|Tombe d'Arthur Richard Dillon dans la cathédrale de Narbonne. vignette|Monument d'Arthur Richard Dillon au quai de canal de la Robine à Narbonne. Il fut l'un des rares dignitaires de la cour de Versailles à approuver le traité d'alliance avec la Cochinchine négocié par Pigneau de Behaine en Gilles van Grasdorff, La Belle histoire des missions étrangères 1658-20088, Paris, éd. Perrin, . Peu présent dans sa métropole ; comtesse de Boigne, Mémoires, éd. E. Paul, Paris, 1921-23, tome I, ., il ne jouit pas d'une bonne réputation auprès de son clergé, avec qui il entra en conflit dès son installation sur le siège épiscopal, lorsqu'il avait tenté de lui imposer comme grand archidiacre un membre d'une famille irlandaise exilée en France. Ce manque de popularité explique qu'en il ne fut pas élu député aux États généraux.

À la suite de ce qu'il ressentit comme un affront, il quitta Narbonne pour Paris et son domaine de Hautefontaine. Bien que peu après l'adoption de la Constitution civile du clergé les Narbonnais eussent obtenu (contre Carcassonne) que l'évêque du département de l'Aude siégeât dans leur ville, et qu'ils pressassent leur pasteur de les rejoindre, Dillon s'y refusaIls lui mandent : , à quoi il répond : . Quelques mois plus tard, il leur écrit encore : . Le procureur syndic du département réplique à la municipalité de Narbonne : In Michaud J., Cabanis A., Histoire de Narbonne, Privat, Toulouse, 1981, ..

Il n'accepta pas plus de prêter le serment constitutionnel et dut finalement émigrer à Coblence en . À Narbonne, il fut remplacé par un évêque constitutionnel, Guillaume Besaucèle. Peu après, il se rendit à Londres, où il vécut jusqu'à sa mort, en , en refusant le Concordat qui avait supprimé son siège archiépiscopal. Il s'éteignit semble-t-il réconcilié avec sa foi chrétienne Phrase citée sans référence par J. Michaud in Michaud J., Cabanis A., Histoire de Narbonne, Privat, Toulouse, 1981, ..

Ses restes, à l'origine inhumés au cimetière de l'église de Londres, puis exhumés lors de travaux pour l'extension de la gare ferroviaire internationale de St PancrasVoir un article sur l'analyse de son dentier retrouvé à cette occasion (en anglais) (www.gifford.uk.com, furent transférés à Narbonne le dans un caveau de la chapelle Saint-Martin, à l'intérieur de la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, à l’issue de cérémonies officielles, en présence de Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, et du cardinal Lustiger, archevêque émérite de ParisPatrick Clarke de Dromantin : Mgr Arthur Richard Dillon (1721-1806). De la gare de Saint-Pancrace de Londres à la cathédrale de Narbonne, n.d. (voir en ligne) sur le site de l’Académie MontesquieuNarbonne. Dillon : hommage à l’évêque bâtisseur, ladepeche.fr, 20 février 2007 (voir en ligne).

Succession apostolique Arthur Richard Dillon a ordonné les évêques suivants : Évêque Martial-Louis de Beaupoil de Saint-Aulaire (1759) Évêque Jean-Antoine de Touchebœuf de Beaumont des Junies (1759)

Œuvres Discours des députés de l'Assemblée du clergé au Roi / [par M. l'archevêque de Narbonne], 178? : . Discours prononcés à la dernière séance de l'Assemblée des notables tenue à Versailles le , dans lesquels on verra le précis & le résultat de toutes les questions qui y sont discutées, & les intentions de Sa Majesté, 1787 : .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Audibret L., Le dernier président des États de Languedoc, , archevêque de Narbonne, Bordeaux, 1868.

Léon Dutil, « Un prélat d'Ancien Régime. Arthur-Richard Dillon, archevêque de Toulouse d'après des témoignages contemporains », Annales du Midi 53-209, 1941, p. 51-77. Numérisé sur persee.

Michaud J., Cabanis A., Histoire de Narbonne, Privat, Toulouse, 1981, . Sabarthès (Abbé Antoine Auguste), Arthur Richard Dillon, dernier archevêque de Narbonne, 1943. Sapori J., « Qu'est devenue la bibliothèque de l'archevêque Dillon ? », Annales historiques compiègnoises, /84, automne 2001. Burke's genealogical and heraldic history of the Peerage, baronetage and knightage (...), 1953, . Laurence Turetti, Ces Audois qui ont fait l'histoire, Arthur-Richard Dillon, le flamboyant archevêque. Éditions Le Papillon Rouge, Villevayrac 2024, p.36 à 39

Sources

Comtesse de Boigne, Mémoires, Mercure de France, Paris, 1971. Devic C., Vaissète J., Histoire générale de Languedoc, tome IV, Toulouse, Privat, 1876 L'Histoire générale de Languedoc a deux courtes notices sur Arthur Richard Dillon, dans la liste des archevêques de Narbonne () et dans celle des archevêques de Toulouse (), toutes deux par Émile Mabille. On constate des divergences sur les dates, une erreur manifeste dans la notice de Narbonne (Mabille fait mourir Dillon en 1790) et éventuellement une autre, lui faisant présider l'assemblée du clergé non en 1788 mais en 1785. On doit donc prendre avec prudence les renseignements qui y sont donnés, en particulier qu'il a été fait abbé commendataire de Saint-Jean-des-Vignes en 1766, et de Signi en 1787. Marquise de La Tour Du Pin, Mémoires, Mercure de France, Paris, 1989, sq.

Iconographie Anonyme, Portrait de Arthur Richard Dillon, archevêque de Narbonne, peinture, Conservée dans l'ancienne cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne. Classée monument historique. Anonyme, Portrait de Arthur Richard Dillon, archevêque de Narbonne, peinture (huile sur toile), Conservée au Musée d'art et d'histoire de la ville de Narbonne.

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