Danielle Gignoux dite Dany Gignoux, née le à GenèveDécès de Dany Gignoux, photographe culte des scènes de jazz et morte le à Plan-les-Ouates, est une photographe et reporter suisse.
Biographie
Formations, emplois et premiers voyages Dany Gignoux est née à Genève et elle y fait ses études primaires et secondaires. Entre 1962 et 1966, elle étudie à l’École de langues (allemand et anglais) afin de pouvoir partir voyager et elle réalise quelques séjours à l’étranger. En 1966, elle découvre la photographie lors de cours du soir chez Migros Loisirs.
En 1967, elle est employée au service d’information de la Ligue des Sociétés de la Croix Rouge (actuelle Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) où elle classe des clichés photos. Elle achète son premier appareil photographique, un Pentax.
En 1968 elle rencontre le photographe suisse Max Edwin Vaterlaus. Il lui prête son laboratoire pour développer des photographies ce qui incite et décide Dany Gignoux à devenir photo-reporter. Max Vaterlaus (1921-2004) deviendra son compagnon.
Entre 1968 et 1973, en parallèle à des travaux alimentaires, elle commence à suivre l’actualité, elle travaille comme pigiste et elle réalise des photographies pour les agences AGIP (Paris), Scope (Lausanne) et Bruell Press Bild (Zurich) spécialisée dans le sport.
En 1973, elle achète sa première voiture, une Citroën 2 CV, avec laquelle elle va voyager de la Scandinavie au Portugal. À cette époque, elle est invitée de presse et elle survole en avion le Zaïre, elle se rend aussi au Sénégal et en Amérique du Sud.
Journalisme et reportages En 1972, elle suit les préparatifs et le départ depuis l’Ile de Wight des courses de grands voiliers, les Tall Ships’Races. En 1973, elle suit à Rio de Janeiro un entraînement pour la dernière étape des voiliers concurrents de la première édition de The Ocean Race. Elle entame une collaboration avec l’agence photographique de presse française Gamma.
Entre 1976 et 1981, elle entreprend des reportages photographiques sur la religion et les cafés du Portugal, de Madrid, de Barcelone et du centre de l’Espagne, sur le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) dont le siège est à Meyrin (Suisse) et sur le nucléaire en Allemagne. Elle enquête également sur la musique folklorique et populaire en Suisse, le spiritisme au Brésil, la vie quotidienne et le ravitaillement durant l’hiver des phares et des balises de l’Île de Sein en Bretagne (France).
Entre 1981 et 1982, associée au journaliste de Maxime Châtenay, elle participe à des reportages pour le magazine L'Illustré. Elle réalise dans ce cadre des photographies sur les salles de concerts à Genève, sur le nouveau bâtiment de l'AMR (Association pour la musique improvisée), sur le carnaval de Bâle, sur les Africains à Genève et sur les vacances des Suisses en Italie.
En 1982, elle part en mission au Tchad pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et réalise un reportage sur la filière des émeraudes.
En 1983-1984, elle réalise des reportages sur les bistrots genevois, comme le Café Monney disparu en 1983, sur les motos Harley Davidson, sur les rites funéraires à Singapour et elle fait un séjour en Australie.
En 1985, elle est à nouveau en mission pour le CICR et elle part en Éthiopie où elle photographie les camps de réfugiés.. Elle fait un voyage à New York. Ses photographies sont utilisées pour une campagne publicitaire de la marque de bière suisse Cardinal.
Entre 1986 et 1987, elle fait des reportages photos durant les tournages de la série en intitulée "La Suisse au fil du temps" de la Radio Télévision Suisse., comme ceux sur la fête de la Saint-Martin., sur les bouchers ambulants et la boucherie traditionnelle dans le Bas-Valais. Elle suit la tournée du musicien de jazz Gil Evans et du Big Band Lumière, puis du trompettiste Miles Davis. En 1988, elle fait des reportages sur les tambourinaires du Burundi et au Japon sur les tambours du collectif Kodō.
En 1989, elle suit la troupe ambulante de Mir Caravane pendant cinq semaines durant la tournée européenne. Elle vend des photographies pour un catalogue des montres Tudor et la revue Die Schweiz. À cette époque, elle vend également des clichés pour l'illustration de pochettes de disques ou les livrets intérieurs. Des cartes postales sont aussi éditées par News productions (Baulmes).
Elle expose dans différentes institutions telles que le Musée d'ethnographie de Genève, le Musée de l'Élysée à Lausanne, la Nikon-Galerie à Zurich, le Musée de Berthoud, la Galerie FNAC de Paris et des écoles romandes.
Tout au long de sa carrière de journaliste et photo-reporter, Dany Gignoux va contribuer et travailler pour les journaux genevois tels que le Journal de Genève, Le Temps, la Tribune de Genève, les journaux de la Suisse romande comme L'Hebdo, Le Nouveau Quotidien, Le Matin, L’Illustré, Le Nouvelliste, Walliser Bote, Le Confédéré, La Liberté et de la Suisse comme Du., la Weltwoche, la revue des Chemins de fer fédéraux suisses Die Schweiz = Suisse = Svizzera = Switzerland : offizielle Reisezeitschrift der Schweiz., Femmes suisses et le Mouvement féministe., La Lutte syndicale, la Gazette Swissair, les Cahiers d’ethnomusicologie, Vibrations, mais aussi des revues comme Nikon News, Swing Journal (Japon) Kodak Professional Time, le Nouvel Observateur (France), Der Spiegel (Allemagne), l’International Herald Tribune (États-Unis).
Photographies de concerts et de musiciens Dès 1974, amatrice de musique en général et passionnée de jazz en particulier, elle s’intéresse à la photographie de concerts et des musiciens. Elle se rend à des festivals à Genève comme le Festival de la Bâtie ou les manifestations organisées par l'AMR, en Suisse aux festivals Jazz in Willisau., Estival Jazz Lugano, Cully Jazz Festival. En France, elle se rend au Midem à Cannes, au Jazz à Juan (Juan-les-Pins), au Nice Jazz Festival, au Jazz in Marciac. Elle va aussi voir des concerts au club le New Morning à Paris, entre autres.
En parallèle, elle entretient des rapports privilégiés avec des festivals suisses. Elle va suivre le Montreux Jazz Festival dès 1974 et ses photographies sont utilisées par les organisateurs pour leurs publications. Elle couvre le festival le Paléo Festival Nyon depuis 1976 et ses photographies sont publiées dans les publications sur la manifestation. Une de ses photos est choisie pour l'affiche du festival de 1982..
Dès lors, elle va côtoyer la scène musicale mondiale, des artistes, des interprètes, des musiciens de jazz lors de concerts ou d'événements privés. Elle sera invitée et amenée à accompagner les artistes en tournée où elle réalise des photographies tant en noir-blanc qu’en couleurs. Elle suit Gil Evans en Italie dans sa tournée « on the road », les Tambourinaires du Burundi au Japon, David Murray à Cuba en 2001 pour l'enregistrement de l'album , mais encore l’Art Ensemble of Chicago ou Miles Davis..
Grâce à son réseau et ses relations privilégiées avec les artistes, elle va pouvoir photographier des centaines musiciens, tels que Chet Baker, Manu Dibango, Lionel Hampton, Keith Jarrett, Bob Dylan, Joan Baez, Dee-Dee Bridgewater, Ella Fitzgerald, les guitaristes Bo Diddley ou Chuck Berry, la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, le musicien brésilien Joao Gilberto, des artistes français comme le trompettiste Maurice André, Barbara, Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Bernard Lavillers, le chanteur belge Arno etc. Des maisons de disques, des journaux, des revues vont utiliser les photographies qu’elle réalise pour des illustrations, des pochettes de disques, des reportages, des affiches, des journaux.
De son côté, elle réalise des ouvrages à compte d’auteur. Elle suit les tournées et le parcours de Dizzy Gillespie entre 1975 et 1993 et elle publie un livre sur lui en 1993. Il en va de même avec Claude Nougaro qu'elle suit et photographie entre 1975 et 2002 et qui sera l'objet d'une publication.
En 1984, elle est invitée à New York pour recevoir le deuxième prix décerné conjointement par Nikon News et la revue bâloise Jazz pour des photos. En 1988, le magazine (Varsovie) lui décerne le Grand prix pour la série Jazz sur Michel Petrucciani.
En 1997, Pro Helvetia publie dans la revue Passages ses photographies pour illustrer un numéro spécial sur la musique. Dany Gignoux y commente son travail de photographe Cette intuition de la croissante difficulté pour les photographes d'accéder de près à leur sujet, ici les musiciens, est confirmée avec le temps. En 2015, le journaliste et photographe français Pascal Kober évoque cette même difficulté qu'il nomme "l'ultraréglementation du travail des photographes".
Elle travaille tout au long de sa carrière la photographie de scène, qui nécessite une concentration tant sur le sujet de la photographie (l'artiste) que sur les éléments qui l'entourent et qui peuvent être intégrés à la photographie.
Depuis les années 2008, elle ne fait plus de photographies à titre professionnel. L’atelier contenant son laboratoire, ses fonds photographiques, ses originaux, ses négatifs et ses archives personnelles et sa documentation a été maintenu par ses proches. En 2019, la Bibliothèque de Genève a acquis l'ensemble des fonds qui est maintenant conservé au Centre d’iconographie.
Publications à titre d'auteur et de photographe Non exhaustif, par ordre de parution
: elle signe l’introduction de ce livre et il y a une photographie d’elle avec Dizzy Gillespie : version française revue et complétée
Publications à titre de photographe Non exhaustif, par ordre de parution
: ses photographies sont publiées dans plusieurs éditions 1977, 1989, 1991 : ses photographies sont publiées dans plusieurs éditions 1979, 1988, 1989, 1990
Dictionnaire historique de la Suisse, Hauterive, G. Attinger, 2002-2014 : 9 de ses photographies illustrent des articles
Articles de presse (article sur la vallée du Lötschental dans le Valais) (Dany Gignoux signe le texte de l'article sur le lieu culturel du Grand-Cachot dans la vallée de la Brévine) (reportage photographique sur la boucherie en Bas-Valais) (photographies des tambourinaires du Burundi)
(deux photographies de 1998 de l'écrivaine et journaliste Laurence Deonna dans son bureau et de la comédienne et metteuse en scène Anne Bisang)
Affiches et publicité
Nyon Folk Festival, 22-25 juillet 1982, Nyon, Paléo, 1982. Lionel Hampton Big Band, Grand Casino Genève, samedi 24 mai 86, Genève, Radio Plus, 1986. JazzOnze+, Festival Lausanne, Compagnie Linga & Olivier Clerc, Compagnie Nomades & Claude Tchamitchian, Peppermint Soda Quatuor, Irène Schweizer & Pierre Favre Duo, Paul Motian Electric be bop band & Steve Swallow, La Fanfare du Loup, Silvano Bazan Trio, Eddie Palmieri Group, Popol Lavanchy solo, Jean-François Bovard solo, Christophe Fellay, Lausanne, JazzOnze+, 1997.
Illustrations de couvertures ou de pochettes de disques Non exhaustif, par ordre de sortie.
de Stan Getz (Concord Records, 1982), couverture
de Gil Evans avec le Big Band Lumière de Laurent Cugny (EmArcy, 1988), couverture
Canaille, International women's festival of improvised music, Rote Fabrik Zürich, (Intakt Records, 1988), photographies.
de Paul Bley (, 1991), photographies
Tell it like it is (Dis-toi que ça existe) de Eddy Mitchell de Neville Brothers (Polydor, 1991), couverture
de Franz Koglann, (, 1991), photographies
The use of Memory de Franz Koglann, (, 1991), photographies
du John McLaughlin Trio, (Verve Records, Polygram Jazz, 1992), photographies
A Night in Englewood de Paquito D’Rivera, (Messidor, 1994)
de Ray Anderson, Han Bennink et Christy Doran, (, 1995), photographies
de Miles Davis, (Warner Bros. Records, 1996), couverture et photographies dans livret
de Lee Konitz, Don Friedman et Attila Zoller, (, 1996), couverture
Piazzolla & Amelita Baltar de Astor Piazzolla et Amelita Baltar, (Bella Musica, 1998), couverture