vignette|Le , littéralement « livre des hymnes » en finnois, recueil des hymnes de la liturgie de l'Église évangélique-luthérienne de Finlande. Une ou un hymne (nom féminin ou masculin) est généralement, dans le domaine religieux, un chant, un poème à la gloire des dieux ou des héros, souvent associé à un rituel.
Dans la liturgie catholique, une hymne signifie un poème religieux, chanté notamment pendant l'office divin. Il s'agit essentiellement du quatrain d'après la tradition ancienne, mais son verset et ses syllabes varient selon l'époque de leur composition. En particulier, l'hymne dédiée à la Vierge Marie se distingue en tant quhymne mariale, tel lAve Maris Stella.
Terme L'origine du terme latin hymnus, nom masculin, est celui du grec ancien , qui signifie : un chant ou un poème, surtout en l'honneur d'un dieu ou d'un hérosDictionnaire historique de la langue française, tome II, , Le Robert-Sejer, Paris 1998. Le verbe grec humnéin, quant à lui, exprime simplement chanter, célébrer, proclamerRobert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, , C.L.D., Chambray 1982..
Au Moyen Âge, les chrétiens reprirent ce mot afin de distinguer leurs chants liturgiques à la louange de Dieu, notamment pour les psaumes, mais le terme s'employait déjà très souvent au fémininEncore selon Le Bon Usage dit Grevisse, le dictionnaire de la grammaire française le plus précisé par Maurice Grevisse et André Goosse (, 2008) § 470 () : Selon l'étymologie, hymne (du masc. latin hymnus) est masc. La présence de l'e final, souvent jugé caractéristique du fém., explique que l'on a fait passer le mot du masc. au fém. ; l'élision de l'article devant h muet a favorisé ce changement… Mais, en dehors de ce sens particulier, la langue littéraire considère le fém. comme un substitut plus élégant, plus poétique. Dans un contexte religieux : CETTE hymne (Paul Claudel, lettre citée dans Œuvre poétiques., ). [À propos de son Hymne des saints anges, le commentateur, lui, écrit : CET hymne.] — Chaque personne de la famille a son hymne PRÉFÉRÉE (Valery Larbaud, dans le Figaro littérature, le 7 juillet 1951) — Leur [= des Gallois] chant national, « Pays de nos pères, » est en même temps une prière. Quand les deux équipes [de football] arrivèrent, toute la foule, hommes et femmes, […] chantèrent avant la bataille CETTE hymne au Seigneur. (Maurois, Silences du col. Bramble, ). — Honorons donc Bacchus comme l'ont fait nos pères. Offrons-lui l 'hymne ANCIENNE (traduction des Géorges, II, dans André Bellessort, Virgile, son œuvre et son temps, tome IV, 1 (1943). — TOUTE CETTE hymne [non religieuse] PLAINTIVE ÉPUISÉE, nous étions près de quitter le jardin (Sainte-Beuve), Œuvres, tome XVIII… ». Par ailleurs, au début du , le mot hymne masculin obtint le sens original du grec, d'abord avec l'écrit ine.. Puis, au , il y eut l'apparition du sens avec la valeur extensive chant, poème célébrant une personne ou une chose, par exemple ceux de Pierre de Ronsard, et il s'agit de l'origine du mot hymne nationale.
Dès le , le terme rétablit cependant le sens comme en latin ecclésiastique, adressé à Dieu, au Christ, à Notre Dame et aux saints. On l'utilise parfois au masculin selon le genre latin immodifiable, mais aujourd'hui l'Église l'emploie plus fréquemment dans la liturgie au féminin.
De nos jours, l'hymne se distingue du psaume et du cantique, en raison de son texte non biblique, et est exécutée soit dans le cycle quotidien, soit dans celui de l'année, en soulignant la tonalité propre.
Dans la liturgie catholique Histoire Aux premiers siècles Même en Occident, la célébration de l'Église était exécutée en grec, dans les premiers trois siècles. Sous influence de la liturgie hébraïque, c'était le soliste qui y chantait après la lecture. Leur répertoire se composait essentiellement des textes bibliques, psaumes et cantiques. Ainsi, l'usage des versets du psaume 63 (62) et du psaume 141 (140) fut redécouvert dans la tradition ancienne de l'Église..
Donc, les textes non bibliques, notamment les hymnes, furent composés plus tard. La tradition de l'hymne connaît ses deux branches d'origine, celle de l'hymne en prose et celle de l'hymne versifiée.
L'hymne en prose se distingue surtout de la Gloria in excelsis Deo. C'est un chant assez particulier. D'abord, cette hymne se commence par un texte biblique () selon lequel l'Église romaine ne l'exécutait qu'à la messe de la nuit de Noël. Ensuite, tout comme la Te Deum, il s'agit également d'une grande doxologie qui signifie parole de gloire, notamment en raison de sa principale caractéristique, une louange à la sainte TrinitéRobert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, , C.L.D., Chambray 1982.. Pendant longtemps, elle fut encore réservée à l'évêque, pour les grandes fêtes de l'année. Enfin, son ancienneté est indiscutable dans la tradition. Il semble que la version primitive en grec puisse remontrer au . La traduction en latin aurait été exécutée au début du . Le texte ne se stabilisa finalement qu'au . Après cette Gloria, l'Église romaine ne conserve que les deux hymnes en prose, Te Deum ainsi que Te decet laus de saint Benoît de Nursie.
D'ailleurs, il semble que la tradition des hymnes ait été développée, d'abord, auprès de l'église d'Orient. La plus ancienne hymne qui soit parvenue jusqu'ici est la Phôs hilaron (Lumen Hilare en latin), composée entre la fin du et le début du , mais certains considèrent qu'elle remonte au . S'il n'est pas certain que l'Église occidentale connût cette hymne du lucernaire, l'office actuel en français l'adopte en tant que Joyeuse lumière de la sainte gloire. En Occident, il est vrai que Tertullien († vers 220), le premier auteur qui ait employé le terme Trinitas, écrivit aussi : https://www.tertullian.org/french/g3_13_ad_uxorem2.htm IX. Nonobstant, aucune œuvre de l'époque ne se retrouva jusqu'à nos jours.
Il est probable que les répertoires byzantins comptaient alors un certain nombre d'hymnes grecques. Certes, de nos jours encore ses formes liturgiques manquent de détails. Mais il est hors de doute que, comme les psaumes et cantiques, il s'agît du style in directum, à savoir sans refrain, destiné aux solistes et aux chœurs, donc spécialistes.
Toutefois, c'était auprès de l'Église occidentale que l'hymne devint florissante. Il s'agit des hymnes versifiées.
Ambroise de Milan et hymne Cette forme liturgique de l'Orient fut importée à Milan, pour la première fois dans l'Église occidentale, par saint Ambroise de Milan († 397). Saint Augustin d'Hippone († 430) précisait cette adoption dans les Confessions (Livre IX, Chapitre VII, 1). Dans cette optique, il existait la schola auprès des basiliques de Milan, à partir de la fin du . Parfois, il s'agissait de deux, la schola des virgines et celle des clercs. L'existence des deux scholæ aussi suggère l'influence de la tradition byzantine, le chant à deux chœursŒuvres choisies de saint Augustin, vol. 3, (pdf ) note ..
À dire vrai, pour ses fidèles milanaises, saint Ambroise avait considérablement modifié cette psalmodie importée. En répondant au chant du soliste, les paroissiens pouvaient désormais chanter un court verset, à savoir refrain facilement mémorisable pour le texte, et, autant que possible, sur une mélodie déjà connue. Il fallait également des chants complets de la même manière, de sorte que Alors, la première composition des hymnes latines se commença par saint Ambroise, et saint Augustin lui succéda. Il est vraiment important que, grâce à saint Ambroise, les fidèles pussent dorénavant répartir les chants lors de la célébration, tout comme de nos jours.
D'ailleurs, la totalité des répertoires grecs dans l'Église occidentale avaient été passés en latin entre les . Donc dès la fin du , il était nécessaire que le répertoire des hymnes latines soit amélioré. L'hymne Te Deum, faussement attribuée à ces deux saints de Milan, fut sûrement composée à cette époque-là, mais par plusieurs auteurs.
Après avoir profondément touché le cœur de saint Augustin, les hymnes de saint Ambroise établirent une immense réputation dans l'histoire de la liturgie. Auprès des monastères, elles se trouvent dans la règle de saint Césaire, puis celle de saint Benoît. Vers 1108, lors de la première réforme cistercienne, l'abbé Étienne Harding de Cîteaux envoya des moines à Milan, afin d'y recopier les hymnes de saint Ambroise. Enfin, il est probable qu'elles furent à nouveau autorisées dans le rite romain au . En dépit de son ancienneté, un certain nombre d'hymnes ambrosiennes sont de nos jours sans contredit attribuées à saint Ambroise. Cette authenticité fut établie grâce à, soit l'existence permanente dans le rite ambrosien (trois hymnes), soit leurs citations dans les sources sûres de l'époque, ou à toutes les deux raisons. De plus, elles se distinguent de leur haut niveau des qualités littéraire et théologique ainsi que de la caractéristique typique y compris leurs huit strophes. Æterne rerum Conditor (matines) Deus, Creator omnium (vêpres) Jam surgit hora tertia Splender paternæ gloriaæ (laudes) Veni Redemptor gentium Le futur pape Célestin était un témoin, car il s'aperçut que saint Ambroise faisait chanter la Veni Redemptor gentium à ses fidèles, lors de son long séjour à Milan. Plusieurs citations de saint Augustin sont les plus importantes. Surtout, les deux premières strophes de la Deus, Creator omnium était citées dans les Confessions, sans modification : Livre IX, Chapitre XII, 5.
Au début du Moyen Âge Quelques hymnes d'Aulelius Prudentius Clemens († avant 410), dit Prudence, aussi connaissent plus de d'histoire et d'utilisation. Son œuvre des hymnes, le Liber Cathemerinon, est de nos jours considéré comme le premier livre d'heures dans la liturgie de l'Église, en dépit de sa simplicité. Elles furent composées pour les six temps liturgiques : hymne au chant du coq et celle du matin ; hymnes avant et après le repas ; hymne pour l'heure où l'on allume la lampe (lucernaire) et hymne avant le sommeil. Le livre assurait et aidait également la liturgie pour Noël, l'Épiphanie, la période du jeûne ou les obsèques. (dans le Liber Cathemerinon, fac-similé auprès de la BNF, voir ligne 10). Par ailleurs, l'un de ses manuscrits copiés à la fin du fut acquis par Jean-Baptiste Colbert en 1680, puis accueilli à la Bibliothèque du roi en 1732, actuellement Bibliothèque nationale de France. Grâce à ce livre, l'auteur de deux hymnes dans le bréviaire romain, toujours chantées, fut identifié : Ales diei nuntis et Nox et tenebræ composées par Prudence. Ses hymnes furent effectivement exécutées à partir du jusqu'au , notamment adoptées par saint Césaire d'Arles puis Aurélien d'Arles.
À cette époque-là, la ville de Poitiers connaissait deux auteurs importants des hymnes. Il s'agit d'une part de saint Hilaire de Poitiers († 367), l'un des premiers auteurs, non seulement de la théologie dans la région mais aussi des hymnes occidentales, juste avant saint Ambroise. Les œuvres de saint Hilaire sont plus savantes que celles de ce dernier. Mais elles ne restent plus dans l'usage de la liturgie. D'autre part, saint Venance Fortunat († 609) se distingue de son soutien pour la reine sainte Radegonde ainsi que de son écriture. Surtout, ses hymnes Pange Lingua. et Vexilla Regis. pour la sainte croix sont des répertoires importants dans la liturgie actuelle de l'Église romaine.