Limage de Notre-Dame de Guadalupe ou la tilma de Juan Diego est une image acheiropoïète établie sur un tissu de par sur lequel est représentée l'image de Notre-Dame de Guadalupe. Ce tissu remonte au ; la tradition catholique (appuyée sur le Nican mopohua) indique qu'il est le fruit d'un miracle lors des apparitions mariales de Notre-Dame de Guadalupe à Juan Diego en 1531, devant l'évêque de Mexico Juan de Zumárraga. D'après le manuscrit daté du milieu du , l'image serait apparue sur la tilma de l'Indien, alors que celui-ci remettait à l'évêque Zumarraga des roses d'Espagne, en preuve des apparitions mariales dont il disait avoir été le témoin. Ces apparitions, ainsi que le ont fait l'objet d'une enquête officielle par l'Église catholique en 1666, et ils ont été officiellement reconnus par les autorités de l’Église en 1784.
Cette des événements a fait l'objet de publications un siècle après les . Seuls quelques codex et manuscrits mexicains sont quasi contemporains (à 20 ou 30 ans) des événements. Dès la fin du , des historiens ont mis en doute la version officielle, s'appuyant sur des écrits de religieux du milieu du accusant l'image d'être , une peinture réalisée par un artiste local. Ce débat historico-critique n'est aujourd'hui pas clos, entre des historiens argumentant que cette dévotion est un syncrétisme mis en place au début de la conquête espagnole appuyé par une image de facture humaine, et d'autres historiens et experts reconnaissant comme les manuscrits et codex, datés de la même période et rédigés en langue nahuatl.
L'image présente sur ce tissu est reprise comme de Notre-Dame de Guadalupe. La grande dévotion populaire au Mexique, depuis le , a amené de nombreuses personnes politiques, militaires et de simples citoyens à reproduire cette image sur des bannières et des drapeaux. Son comme étendard fut importante durant la guerre d'indépendance et les multiples révolutions que connut le pays jusqu'à la guerre des Cristeros dans les années 1920.
Pour abriter l'image, une série d'églises et de basiliques ont été construites sur et autour de la colline de Tepeyac, le lieu des apparitions mariales de Notre-Dame de Guadalupe en 1531.
Cette image, officiellement reconnue comme par l’Église catholique a reçu plusieurs signes de reconnaissance officiels, comme la reconnaissance de l'apparition en 1754 par Benoît XIV, le couronnement canonique de l'image en 1895. En 1966, le pape Paul VI, puis en 2013, le pape François ont offert une rose d'or à l'image de la Vierge. En 2016, lors d'une visite au sanctuaire, le pape François a offert personnellement une seconde couronne à la Vierge.
Depuis le , l'image a été l'objet de plusieurs études et analyses scientifiques, les dernières ayant lieu à la fin du . Si les résultats de ces études apportent des points de convergence et des consensus à certaines conclusions partielles, ces études font également, entre les chercheurs, l'objet de divergences profondes sur certains points, et surtout sur la conclusion finale. Parmi les points de convergence, nous pouvons citer : l'image a fait l'objet de retouches/restaurations partielles avec reprise de peinture (locale) au cours de l'histoire (la retouche la plus criante étant la disparition de la couronne à la fin du ), l'image n'a jamais été vernie et les zones retouchées montrent des marques d'écaillement de peinture. Parmi les points de désaccord, ou relevés par une partie des scientifiques seulement (les autres ne disant rien sur ce point ou étant contre), nous pouvons indiquer : la nature de la toile (faite en fibre d'agave pour les un ou en lin et coton pour un autre), la toile présente une couche d'amorce (ou non pour d'autres), les parties non retouchées de l'image sont dans un très bon état de conservation, sans écaillage ou pelage avec des valeurs de couleur une luminosité en bon état. Un phénomène optique d'iridescence de la surface de l'image aurait également été observé.
À partir des différentes études scientifiques, de leurs résultats et de l'analyse historico-critique des sources documentaires, les experts et commentateurs tirent des conclusions diamétralement opposées : soit toute l'image est l’œuvre d'une création humaine par un peintre du , soit l'image est d'une origine non explicable humainement ayant fait l'objet de retouches ponctuelles (voire maladroites) au cours des siècles.
Description Description de l'image vignette|Visage de la Vierge, les yeux mi-clos. L'image montre les éléments suivants.. : une représentation intégrale d'une fille métisse ou d'une jeune femme avec des pommettes saillantes, des traits délicats et des cheveux noirs, lisses et sans carrure, simplement séparés au milieu qui encadrent son visage. Yves Chiron ajoute : . Le sujet est dans une posture présentée dans une prière contemplative avec les mains jointes, le petit doigt séparé, la tête légèrement inclinée ; elle regarde avec des yeux à forte paupière un point situé en dessous, à droite ou à gauche suivant le point de vue de l'observateur. Elle porte, du cou aux pieds, une robe rose et une cape bleu-vert céruléenne, un côté plié dans les bras, ornée d'étoiles à huit branches et d'une ceinture noire nouée à la taille. Au cou, elle porte une broche décorée d'une croix de style colonial. La robe est constellée d'un petit motif en or à quatre-feuilles d'or orné de vignes et de fleurs, ses manches atteignant ses poignets où apparaissent les poignets d'un sous-vêtement blanc. Le sujet se trouve sur un croissant de lune, tout noir, qui aurait été coloré en argent dans le passé. vignette|L'ange sous les pieds de la Vierge. Un ange (chérubin) ayant deux ailes avec plumes, aux bras tendus, porte la robe sur ses pieds nus qui ne sont pas colorésYves Chiron indique lui que la Vierge a le pied droit, .. L'ange n'est visible que jusqu'à la ceinture, et ses pieds semblent se perdre dans la nuée qui nimbe toute l'image. Des rayons de soleil, alternant rayons droits et ondulés se projettent derrière la Vierge et sont enfermés dans une mandorle. Au-delà de la mandorle, à droite et à gauche, se trouve une étendue non peinte de couleur blanche avec une légère teinte bleue. La femme éclipse le soleil dont les rayons l'entourent .
L'image montre la trace d'un déversement accidentel d'acide nitrique en 1791 en haut à droite. Cet accident n'a pas affecté l'auréole du sujet.
L'image respecte une correspondance harmonique entre les parties individuelles et le tout, entre les espaces et les volumes, connu sous le nombre d'or.
Description de la tilma exposée dans la basilique vignette|La tilma originale de Juan Diego, suspendue au-dessus du maître-autel de la basilique de Guadalupe. La couronne suspendue au sommet de l'image remonte à son couronnement canonique le . L'image est protégée par un verre à l'épreuve des balles. L'image est dessinée sur un support de tissu en matériaux naturels constitué de deux pièces (trois à l’origine) réunies. La jointure est clairement visible (sur l'image) comme une couture passant de haut en bas, avec le visage et les mains de la Vierge ainsi que la tête de l'ange sur la pièce de gauche. La jointure passe par le poignet gauche de la Vierge. L'épaule gauche de la Vierge, ainsi que le bras gauche de l'ange étant sur la pièce droite du tissu..
Le tissu est fixé sur une grande feuille de métal sur laquelle il est collé depuis un certain temps. L'image est actuellement placée dans un cadre massif protégé par un verre pare-balles. Le cadre est légèrement incliné sur le mur de la basilique derrière l'autel. Il existe un large intervalle entre le mur du sanctuaire et le support, ce qui facilite la visualisation de l'image par les pèlerins circulant sur les allées piétonnièresLes sont des tapis roulants installés devant l'image, afin d'assurer un défilement fluide des pèlerins, et éviter le stationnement ou les mouvements de foule. Les tapis roulants transportent les personnes sur une courte distance dans les deux sens. situées sous le niveau principal de la basilique. Vue depuis le corps principal de la basilique, l'image est située au-dessus et à droite de l'autel. L'image est rétractée la nuit dans une petite niche (accessible par des marches) encastrée dans le mur.. Une couronne métallique complexe conçue par le peintre Salomé Pina selon les plans de Rómulo Escudero et Pérez Gallardo, et exécutée par l'orfèvre parisien Edgar Morgan, est fixée au-dessus de l'image par une tige et un immense drapeau mexicain est drapé autour et en dessous le cadre..
La mesure du tissu a été réalisée par José Ignacio Bartolache le en présence de Joseph Bernardo de Nava, notaire public. Le résultat fourni était : hauteur , largeur .En décembre 2001, l'ouvrage, dédié à la Vierge de Guadalupe, donnait des valeurs très légèrement différentes : hauteur de 178 par .. La hauteur d'origine (avant sa première protection derrière une vitre à la fin du , date à laquelle la partie non peinte située au-delà de la tête de la Vierge a dû être coupée) était de ..
Interprétation religieuse de l'image Pour les catholiques L'iconographie de la Vierge est entièrement catholique. : Miguel Sanchez, auteur de la publication Imagen de la Virgen María en 1648, la décrit comme la femme de l'Apocalypse du Nouveau Testament () : . Elle est décrite comme étant une représentation de l'Immaculée Conception..
Et le verset 14 indique . Les ailes d'aigle de l'ange peuvent également faire référence à ce passage de l’Apocalypse.
Pour les Aztèques vignette|Mise en avant des constellations du ciel mexicain sur le manteau de la Vierge. Virgil Elizondo écrit que l'image avait également plusieurs niveaux de signification pour les peuples autochtones du Mexique, qui associaient son image à leurs divinités polythéistes, ce qui contribuait encore à sa popularité... Son manteau bleu-vert était la couleur réservée au couple divin Ometecuhtli et Omecihuatl ; sa ceinture est interprétée comme un signe de grossesse ; et un glyphe en forme de croix, symbolisant le cosmos et appelé nahui-ollin, est inscrit sous la ceinture de l'image.Ce dessin est situé à hauteur de l'utérus de la jeune fille, ce qui a amené certains commentateurs à dire qu'elle (et dans une optique chrétienne Jésus-Christ).. Elle s'appelait ., à l'origine de boisson sacrée du pulque.. Pulque était également connu comme .. Les rayons de lumière qui l'entourent représentent également des épines maguey.
Les , au dessus de l'ange, font référence à la mythologie aztèque, où l'aigle triomphe du serpent..
Historique Translations et protection de l’œuvre D'après la traditionCette fait bien sûr débat parmi les historiens, et elle est sujet à controverse. Voir le chapitre sur les #Contestations., la précieuse image est reçue au par l'évêque Juan de Zumárraga et installée dans son oratoire personnel. Après quelques jours où une foule nombreuse se rend quotidiennement à l'évêché pour y admirer l'image, celle-ci est officiellement déplacée et installée dans la cathédrale de la ville pour pouvoir y être admirée plus facilement.. Une première petite chapelle (ou oratoire suivant les sources) est immédiatement mise en construction au pied de la colline de Tepeyac. Le jour de Noël, la construction est terminée et le , l'image est officiellement transportée, dans une grande procession festive, jusqu'à sa nouvelle demeure. Le voyant Juan Diego Cuauhtlatoatzin, s'installe à côté (dans un ermitage) et en assure la garde, tout en enseignant les pèlerins qui se rendent nombreux sur ce lieu de dévotion..
En 1609, l'archevêque Juan Pérez de la Serna décide la construction d'une nouvelle église pour accueillir la relique. Ce sera l'église . Les travaux sont terminés en 1622 et l'image de Notre-Dame de Guadalupe est officiellement installée dans la nouvelle construction... En 1647, l'image est mise sous vitre pour la protéger de l'humidité et de la fumée des cierges..
vignette|Translation de l'oeuvre en 1709, dans la nouvelle église. Manuel Arellano, 1709.