Le dopage dans l'athlétisme consiste, pour les athlètes, à faire appel à des substances ou à des pratiques interdites dans le but d'améliorer leurs résultats en compétition.
Les sportifs qui se sont avérés avoir utilisé de telles substances interdites, que ce soit par le biais d'un test de dépistage de produits dopants, d'un système de passeport biologique, d'une enquête ou d'une admission publique, peuvent faire l'objet d'une interdiction de compétition pour une durée correspondant à la gravité de l'infraction. Les athlètes qui sont en possession de substances interdites, ou qui altèrent ou refusent de se soumettre à un test de dépistage peuvent également recevoir une interdiction de sport. Des interdictions de compétition peuvent également être infligées aux athlètes dont le test de dépistage de produits dopants ou stimulants sont interdits, avec effet d’amélioration de la performance (même très faible) pour les compétiteurs. L’organisme sportif mondial chargé de déterminer quelles substances sont interdites en athlétisme est l’Agence mondiale antidopage (AMA), l’organisme sportif français chargé de déterminer quelles substances sont interdites en athlétisme est l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD).
Les affaires Ben Johnson en 1988, Marion Jones en 2003, Tyson Gay en 2013 et la Russie en 2015, sont souvent citées dans la presse parmi les affaires de dopage les plus connues liées à l'athlétisme.
Histoire
Le premier cas révélé de dopage dans l'athlétisme lors de Jeux olympiques d'été est celui de la Polonaise Danuta Rosani, lanceuse du disque, qui utilise des stéroïdes anabolisants lors des Jeux olympiques d'été de 1976 à Montréal, au Canada. Aucun athlète n'est contrôlé positif à l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1980 à Moscou, en Union soviétique malgré le fait que ces Jeux auraient pu être appelés les «Jeux des pharmaciens».
Durant l'année 2014, l'athlète russe Yuliya Stepanova et son mari Vitaliy, révèlent un vaste scandale de dopage systématique des athlètes de leur pays, qui aboutit à la suspension de la Fédération russe d'athlétisme (ARAF) et de russes l'année suivante. Cette situation force le couple à s'exiler d'abord en Allemagne puis en Amérique du Nord. En , l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) suspend la Russie pour raison du vaste scandale de dopage institutionnel révélé par Stepanova. Certains athlètes russes sont tout de même autorisés à concourir sous drapeau neutre s'ils sont jugés irréprochables par un panel de l'IAAF. Le 11 du même mois, Lamine Diack, président de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) pendant 16 années, démissionne de son poste car il se voit accusé de couvrir des cas de dopage contre rémunération, ou indirectement, en étant obnubilé par la performance sportive et en oubliant trop souvent d’autres valeurs du sport.
Le , le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne, en Suisse, rejette le recours présenté par 68 athlètes russes qui souhaitent participer aux Jeux olympiques d'été ayant lieu à Rio de Janeiro, au Brésil. Darya Klishina, spécialiste du saut en longueur, est la seule et première athlète russe autorisée à participer comme athlète neutre autorisé (ANA).
2019: maintien de la suspension de la Russie et fin du Nike Oregon Project (NOP) Le , 42 athlètes russes sont autorisés à concourir par le comité d'examen du dopage de l'IAAF sous la bannière neutre. Le , l'IAAF décide de maintenir la suspension de la Russie pour les Championnats du monde d'athlétisme ayant lieu à Doha, au Qatar. La participation de la Russie aux Jeux olympiques d'été ayant lieu à Tokyo, au Japon est également compromise faute d'explications valables. En , Ifrane au Maroc se retrouve dans le viseur de l'IAAF. La ville marocaine est suspectée d'être une plaque tournante du dopage d'athlètes français en stage.. Le , l'Américain Alberto Salazar, ex-entraîneur du coureur britannique Mohamed Farah et actuel de la coureuse néerlandaise Sifan Hassan, tout juste titrée sur le 10 000 mètres, est suspendu pendant quatre ans après quatre années d'enquête par l'Agence américaine antidopage (USADA) pour contravention des règles. Une cellule d'enquête indépendante conclut que le coach s'est rendu notamment coupable de trafic de testostérone. Jeffrey Brown, un endocrinologue payé par Nike, travaillant avec Salazar et soignant ses athlètes écope également de quatre ans de suspension.. Salazar est également accusé d'avoir injecté à ses athlètes de l'acide aminé L-carnitine au-delà des doses autorisées et d'avoir tenté de s'opposer à une collecte d'informations par l'USADA. Deux de ses athlètes, Clayton Murphy et Donavan Brazier se qualifient pour la finale du 800 mètres.. À la suite des problèmes causés par Salazar et son Nike Oregon Project (NOP), le PDG de Nike, Mark Parker, se défend dans un document interne en indiquant que .. Cette affaire inquiète également Thomas Bach, le président du Comité international olympique (CIO). Il déclare à l'issue d'une réunion que . Des résultats aux Jeux olympiques pourraient aussi être selon Bach.. Kara Goucher, ancienne athlète entraînée jadis par Salazar dans le cadre du NOP, devenue lanceuse d'alerte, estime que ce programme devrait être fermé.. Le , Mark Parker, annonce la fin du NOP. Il déclare que ... Le , Iouri Ganous, le directeur de la RUSADA, annonce que . Cela laisse à entendre que la Russie ne participera probablement pas aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyohttps://www.ouest-france.fr/jeux-olympiques/dopage-la-russie-privee-des-jeux-olympiques-2020-et-des-jeux-d-hiver-2022-6578737.
Instances Plusieurs instances sont chargées d'encadrer, de contrôler et de sanctionner les cas de dopage aux niveaux mondial et/ou national. L'Athletics Integrity Unit.(AIU) est chargée de la lutte contre le dopage pour l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF). Mondiales Agence mondiale antidopage (AMA), ou World Anti-Doping Agency (WADA)
Nationales Agence américaine antidopage, United States Anti-Doping Agency (USADA) Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) Agence russe antidopage, Russian Anti-Doping Agency (RUSADA)
Laboratoires Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD)
Le , le LAD annonce avoir mis au point une nouvelle méthode de détection du dopage sanguin qui ne nécessite qu'une goutte de sang recueillie au bout du doigt et séchée sur du papier buvard. L'échantillon peut ensuite être transmis par simple envoi postal au laboratoire, où l'analyse ne prend que quelques heures. Cette méthode doit cependant être validée par l'AMA..
Affaires de dopage
Ci-après une liste non-exhaustive de cas révélés de dopage dans l'athlétisme. L'année mentionnée est celle de l'annonce de la suspension de l'athlète. Certains de ces athlètes se sont vu retirer leurs médailles ou annuler leurs records de manière rétroactive. Pour certains athlètes, il existe même des cas de récidives avec une suspension souvent plus lourde la seconde fois.
1984
Ánna Veroúli, championne d'Europe (1982) du lancer du javelot, disqualifiée des Jeux olympiques d'été de 1984 (nandrolone).
1988 Ben Johnson (1), champion olympique (1988) et champion du monde (1987) du 100 mètres, suspendu 2 ans (stanozolol).
1993
Ben Johnson (2), suspendu à vie (testostérone)..
1996
Iva Prandzheva (2), championne d'Europe en salle (1996) du triple saut, suspendue 2 ans (stéroïdes anabolisant).
1998
Randy Barnes, champion olympique (1996) du lancer du poids, suspendu à vie (androstènedione)..
1999
Irina Korzhanenko (1), suspendue 2 ans.
2000
Iva Prandzheva (2), championne d'Europe en salle (1996) du triple saut, suspendue à vie (stéroïdes anabolisant).
2001 Justin Gatlin (1), suspendu 1 an (amphétamine). Andrei Mikhnevich (1), suspendu 2 ans. Natalya Sadova (1), championne du monde (2001) du lancer du disque perd son titre (caféine).
2003
Dwain Chambers, champion européen (2002), suspendu 2 ans (THG). Calvin Harrison, suspendu 4 ans (modafinil). Regina Jacobs, suspendue 2 ans (THG).
2004
Irina Korzhanenko (2), championne olympique (2004), du lancer du poids, suspendue à vie (stanozolol). Anastasiya Kapachinskaya (1), championne du monde (2003) du 200 m, suspendue 2 ans (stéroïdes anabolisant). Vita Pavlysh, championne du monde (2004) du lancer du poids, suspendue à vie (stéroïdes anabolisant).
2005
Tim Montgomery, champion olympique (2000) et champion du monde (1999) du 4 × 100 mètres, suspendu 2 ans (EPO, insuline, THG). Chryste Gaines, championne olympique (1996) du 4 x 100 m, suspendue 2 ans (THG).
2006 Justin Gatlin (2), champion olympique (2004) du 100 mètres et champion du monde du 100 mètres et du 200 mètres (2005), suspendu 4 ans (testostérone). Natalya Sadova (2), championne olympique (2004) du lancer du disque, suspendue 2 ans (méthandrosténolone). Kelli White, championne du monde (2003) du 100 m et 200 m, suspendue 2 ans (THG, EPO).
2007
Marion Jones (1), championne olympique (2000), suspendue deux ans (Affaire Balco).
2008
Lyudmyla Blonska, vice-championne olympique (2008), suspendue à vie (stéroïde anabolisant). Igor Erokhin (1), suspendu 2 ans (EPO). Darya Pishchalnikova (1), vice-championne du monde (2007) du lancer du disque, suspendue 2 ans et 9 mois. Josephine Onyia, suspendue 2 ans (méthylhexanamine)..
2009
Jerome Young, champion du monde (2003) du 400 m, suspendu à vie.
2011 Josephine Onyia, suspendue 2 ans (méthylhexanamine).
2012 Hassan Hirt, suspendu 2 ans (EPO). Marina Nichișenco, suspendue 2 ans (stanozolol). Diego Palomeque, champion d'Amérique du Sud (2015, 2017, 2019), suspendu 2 ans (testostérone). Svetlana Krivelyova, championne olympique (1992), championne du monde (2003) et championne du monde en salle (2004) du lancer du poids, retrait de médaille olympique par le CIO et suspendue 2 ans (stéroïdes).
2013 Aslı Çakır Alptekin, championne olympique (2012) du 1 500 m, suspendue 8 ans et déchue de ses médailles gagnées entre 2010 et 2012 (irrégularité du passeport biologique). Igor Erokhin (2), suspendu à vie.. Lyudmyla Yosypenko, vice-championne d'Europe (2012) de l'heptathlon, suspendue 4 ans (irrégularité du passeport biologique). Darya Pishchalnikova, vice-championne du monde (2007), du lancer du disque, suspendue 10 ans (oxandrolone). Andrei Mikhnevich, champion du monde (2003) du lancer du poids, suspendu à vie.. Natallia Mikhnevich, championne d'Europe (2006) du lancer du poids, suspendue 2 ans (stanozolol). Tatyana Kotova, déchue de ses médaillées obtenues en 2005 et 2006. Alex Schwazer, champion olympique (2008) du 50 km marche, suspendu 3 ans et 9 mois (EPO). Tyson Gay, champion du monde (2007) du 100 mètres, du 200 mètres et du 4 × 100 mètres, suspendu 1 an (stéroïde anabolisant). Andrei Mikhnevich (2), spécialiste du lancer du poids déjà suspendu en 2001 pour deux ans, est disqualifié à vie par l'IAAF, en raison d'échantillons prélevés lors des Championnats du monde d'athlétisme 2005, à Helsinki, en Finlande, et réexaminés plusieurs années plus tard. Tous ses résultats obtenus depuis sont annulés (clenbuterol, méthandrosténolone et oxandrolone).
2014 Nadzeya Astapchuk, championne olympique (2012) et championne du monde (2010) du lancer du poids, déchue de ses médailles gagnées entre 2005 et 2012 (turinabol et tamoxifène). Quentin Bigot, vice-champion du monde (2019) du lancer du marteau, suspendu 4 ans dont 2 avec sursis (stanozolol). Rita Jeptoo, vainqueur du marathon de Boston (2013, 2014) et du marathon de Chicago (2013, 2014), suspendue 2 ans (EPO). Liliya Shobukhova, vainqueur du marathon de Chicago (2009, 2010, 2011) et du marathon de Londres (2010), suspendue 2 ans (irrégularités du passeport biologique) mais sanction raccourcie à 7 mois car elle collabore avec l'AMA, interdite à vie sur les World Marathon Majors.
2015