Guiorgui Gakharia (en ), né le à Tbilissi, est un homme d'État géorgien. Ancien membre de Rêve géorgien (RG), il est Défenseur public des droits des entreprises, secrétaire du Conseil économique du Premier ministre, membre du Parlement de Géorgie, ministre de l'Économie et du Développement durable et ministre des Affaires intérieures, avant de devenir Premier ministre, un poste qu'il occupe entre le et le .
Né dans une famille mingrélienne, Gakharia grandit en Géorgie mais finit ses études à Moscou, où il travaille dans le secteur privé jusqu'à sa transition dans une carrière politique et son retour dans son pays natal. En 2013, après un changement de gouvernement, le nouveau parti au pouvoir, Rêve géorgien, le nomme Défenseur public des droits des entreprises, puis secrétaire du Conseil économique du Premier ministre en 2014.
Devenu une « étoile montante » de la politique géorgienne, il rejoint le Parlement éphémèrement à la suite des élections parlementaires de 2016, avant de devenir ministre de l'Économie et du Développement durable (2016-2017). En tant que ministre, il devient un champion du marché libre, signe un accord historique de libre-échange avec la Chine et lance des négociations pour un accord similaire avec l'Inde. Sous sa tenure, le tourisme devient l'une des principales artères économiques du pays et il négocie avec des dizaines de compagnies aériennes pour augmenter le nombre de vols directs vers la Géorgie, tout en sécurisant l'élection de Zourab Pololikachvili comme secrétaire-général de l'Organisation mondiale du tourisme. Produce in Georgia, une entreprise d'État créée par Gakharia, devient l'une des principales sources d'investissements du pays.
Au ministère des Affaires intérieures (2017-2019), Gakharia devient d'abord symbole de réformes importantes pour augmenter l'efficacité de la police et promouvoir les droits de l'homme, puis aussi d'une lutte contre le crime organisé. Toutefois, un nombre de controverses, tel que les manifestations anti-policières de 2018, les meurtres de la rue Khorava, la crise politique de 2019-2020, qui se focalise sur des demandes pour sa démission, endommage la popularité du gouvernement RG. Il est néanmoins nommé Premier ministre, cinquième du gouvernement RG, à la suite de la démission de son prédécesseur, et prend en charge le gouvernement d'une république parlementaire. Son gouvernement continue la politique pro-occidentale de son prédécesseur et annonce un programme pour la candidature de la Géorgie dans l'Union européenne en 2024, tandis que son mandat coïncide avec une crise diplomatique avec l'Ukraine en 2020, l'annulation du contrat pour la construction du port profond géopolitiquement stratégique d'Anaklia, des tensions avec la compagnie pétrolière Frontera Resources, une guerre au Nagorno-Karabakh et la pandémie du Covid-19, dont il est lui-même infecté.
Le RG remporte les élections législatives de 2020 mais est accusé de fraude électorale par l'opposition, menant à un boycott parlementaire de plusieurs partis politiques. En , il forme un second cabinet et assiste à des bouleversements au sein du parti au pouvoir avec le départ de son dirigeant Bidzina Ivanichvili. Avec une nouvelle crise politique liée à la condamnation du chef d'opposition Nika Melia, Gakharia annonce sa démission le .
Il entre dans l'opposition et fonde le parti Pour la Géorgie, avant de s'impliquer activement dans les mouvements de protestation antigouvernementaux durant les années qui suivent.
Situation personnelle Origines familiales et vie privée La famille Gakharia tire ses origines de la région de Mingrélie, en Géorgie occidentale. Ethniquement mingréliens, les Gakharia viennent de la province de Tchkhorotsqou, adjacente de l'Abkhazie. Le père de Guiorgui, Zaour Gakharia, vient lui-même de la ville de Senaki et a longtemps travaillé comme professeur dans les dernières années de l'Union soviétique, avant de devenir un entrepreneur. Sa mère, Mzia Lejava, a travaillé de nombreuses années dans les Archives nationales de Géorgie. Ses deux parents sont connus en Mingrélie comme des nationalistes géorgiens qui soutiennent durant les années 1980 l'indépendance de la Géorgie puis, dans les années 1990, comme des partisans du président déchu Zviad Gamsakhourdia. Zaour est ainsi coordinateur du mouvement populaire Samegrelo.
Guiorgui Gakharia est né le à Tbilissi. Sa jeunesse est marquée par le mouvement nationaliste géorgien des années 1980. Il a une sœur, Tamar Gakharia, qui vit aujourd'hui à Tbilissi avec son fils, Alexandre, depuis la mort de son époux. La presse géorgienne a décrit le Premier ministre géorgien comme protecteur envers son neveu. Guiorgui est marié à Marika Pantsoulaïa (née le ), elle-même native de Senaki, directrice de bactériologie de la Clinique Aversi à Tbilissi. Le couple a une fille, Anna, née à Moscou en 2010.
Gakharia parle le géorgien, l'anglais et le russe. Il est connu pour maintenir sa vie privée très discrète, contrairement aux autres membres du gouvernement géorgien. Le journal géorgien Kviris Palitra a noté que la seule photographe hors du cercle politique de Gakharia depuis son arrivée au gouvernement géorgien est une du Premier ministre avec son chien.
Formation et secteur privé En 1992, Gakharia commence ses études supérieures à l'Université d'État de Tbilissi, en tant qu'étudiant d'histoire. Ses études coïncident avec la guerre civile géorgienne et en 1994, il part vivre en Russie, où il reçoit un diplôme de maîtrise en sciences politiques de l'Université d'État de Moscou en 1999. En 2004, il reçoit une maîtrise en administration des affaires de l'École supérieure de commerce de la même université. Il reste à Moscou par la suite et continue sa carrière auprès de l'Université d'État de Moscou, où il sert comme Professeur invité en biotechnologie appliquée de à .
thumb|Gakharia travaille pour Lufthansa Service Holding AG de 2008 à 2013. En , il devient Directeur du développement des affaires et des relations gouvernementales pour l'Europe, la Russie et la CEI de Lufthansa Service Holding AG, la société de restauration pour les compagnies aériennes, une position qu'il préserve jusqu'à sa nomination au gouvernement géorgien et qui le fait vivre entre la Russie et l'Allemagne. En Russie, il obtient la citoyenneté russe et réside à Moscou jusqu'à son départ pour la Géorgie en février 2013.
Sa possession d'une maison dans la capitale russe, ainsi que le fait que Gakharia préserve sa citoyenneté russe jusqu'en 2016, est une source de critique par l'opposition anti-gouvernementale géorgienne, qui l'accuse d'être un « homme de Moscou », une version toutefois critiquée par le professeur d'affaires internationales Torniké Charachenidzé, pourtant un critique régulier du futur Premier ministre. Certains membres de l'opposition alléguent de même que la relation entre Gakharia et Bidzina Ivanichvili date de sa carrière en Russie, une prétention niée par Gakharia. En 2017, il est le quatrième ministre le plus riche du gouvernement géorgien, avec une fortune de plus de 5 millions de laris.
Ascension politique
Nouveau gouvernement thumb|left|Bidzina Ivanichvili En , après près de neuf ans au pouvoir, le parti Mouvement national uni (MNU), mené par le président Mikheïl Saakachvili, est vaincu dans des élections parlementaires qui amènent à la tête du pays Bidzina Ivanichvili, l'homme le plus riche de Géorgie et dirigeant du parti Rêve géorgien (RG). Ivanichvili devient Premier ministre dans un nouveau système semi-parlementaire et change la composition du gouvernement. En , un mois après son retour en Géorgie, Guiorgui Gakharia est nommé Défenseur des droits du contribuable, une position qui devient Défenseur des droits des entreprises en . Dans sa nouvelle position, Gakharia est chargé des relations entre le gouvernement et le secteur privé et de représenter les intérêts du marché privé devant les autorités.
Durant ce mandat, Gakharia est connu pour avoir été un grand partisan du marché libre contre les réglementations économiques imposées par son propre gouvernement. En , il est ainsi le seul membre du RG à s'opposer à un projet de loi suspendant les saisies immobilières jusqu'en 2014, mettant en garde contre ses conséquences négatives sur le climat d'investissement. Quand près de 500 mineurs de charbon à Tkibouli entrent en grève pour demander de la compagnie Sakhnakhchiri GIG une augmentation de salaire de 40 % en , il est envoyé comme négociateur du gouvernement et parvient à mettre un terme aux manifestations avec une promesse d'augmentation de 5 %. En 2014, il intervient pour mettre un terme aux enquêtes huissières sur M.R. Shavit, un groupe de bijouterie israélien au centre d'un problème entre le gouvernement et la Chambre de commerce israélo-géorgienne. Durant ses trois ans de mandat, Gakharia réclame régulièrement l'implication des industries lors de débats parlementaires sur des réformes régulatoires.
Selon Gakharia lui-même, il ne rencontre Bidzina Ivanichvili qu'une fois durant son mandat en tant que Défenseur des droits des entreprises, lors de sa nomination. Toutefois, il admet au moins une autre rencontre, qui eut lieu en 2016, lors de l'Affaire Okouachvili : dans ce scandale, Zaza Okouachvili, un homme politique de l'opposition pro-russe et un large entrepreneur dans l'industrie du tabac, accuse Ivanichvili et Gakharia de l'avoir menacé dans le but de recevoir des pots-de-vin en échange d'un règlement de sa dette envers les autorités ; ce scandale devient un large thème pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2018 et est nié par Gakharia, mais aussi par Levan Kipiani, le lobbyiste d'Okouachvili, qui admet avoir participé à la fabrication de preuves contre le RG.
Guiorgui Gakharia devient rapidement présent de plus en plus au sein de la politique économique du gouvernement RG. Il est ainsi nommé pour représenter le gouvernement au sein du Conseil des investisseurs, une alliance entre les autorités et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Le , le Premier ministre Irakli Gharibachvili le nomme Secrétaire du Conseil économiqueEn tant que Défenseur des droits des entreprises, Gakharia est déjà membre du Conseil économique du Premier ministre depuis sa création en décembre 2013. pour remplacer le controversiel Roman Tchkhenkeli. Sous sa direction, le Conseil économique, qui est néanmoins critiqué par le président Guiorgui Margvelachvili, entreprend une série de réformes déréglementaires, tout en approuvant une obligation d'assurance automobile pour les véhicules importés. En , le Conseil économique organise le remplacement de 100 000 de lampadaires à travers Tbilissi par des lumières LED. L'influence de Gakharia est souligné quand la presse locale le considère comme future Ministre de l'Économie lors de la démission du gouvernement en 2015.
thumb|Guiorgui Kvirikachvili Lors des élections parlementaires de 2016, le Premier ministre Guiorgui Kvirikachvili annonce la formation d'une « nouvelle équipe politique » au sein du RG et Gakharia est présenté le comme cinquième dans la liste éléctorale du RG. L'un des 30 nouveaux venus au sein de la direction du parti, il est élu le député à la Séance du Parlement de Géorgie. Son seul acte au sein de la législature est sa participation à la session inaugurale du , durant laquelle il vote pour Irakli Kobakhidzé comme Président du Parlement.
Ministre de l'Économie Confirmation