Jacques Cartier, né vers 1491Ou en 1493. Voir paragraphe sur ce point. à Saint-MaloErwan Chartier-Le Floc'h, Saint-Malo, au vent de l’histoire, article en ligne depuis le 8 juillet 2009, sur le site de la revue ArMen : armen.net (consulté le 31 juillet 2010). où il meurt le , est un navigateur et explorateur français de Bretagne. Mandaté par le roi de France , il atteint en le golfe du Saint-Laurent et explore les territoires alentour, auxquels il donne le nom de « Canada », tiré du mot iroquoien kanata (« village ».). Il y effectue un second voyage en 1535-1536, et un troisième en 1541-1542 qui constitue l'une des premières tentatives de colonisation française des Amériques.
Auteur de cartes aujourd'hui perduesLes cartes qu'il a dressées sont perdues, mais le neveu de Cartier, Jehan Nouel, parle . — Lettre à John Growte, 1587, publiée avec la troisième relation de Cartier par Richard Hakluyt, The Principal Navigations[…], Londres, G. Bishop, 1600. et de Relations, récits de ses voyages, Jacques Cartier est le premier Européen à décrire et dénommer cette région et ses habitantsJacques Cartier se croit arrivé en Asie. Les gens qu'il y rencontre et qu'il décrit ont d'ailleurs certains traits asiatiques. Le mot « canada » signifierait « amas de cabanes » — soit : « village entouré de pieux » ou « bourgade [palissadée] » — dans la langue des Iroquoiens, qu'il a rencontrés l'été sur les bords du golfe, à Gaspé, et qui disent passer l'hiver en amont, dans leur « bourgade » (canada) de Stadaconé. — Dans la Deuxième relation de Jacques Cartier (celle portant sur les années 1535 et 1536, et publiée en 1545, un lexique (voir tout à la fin du « Brief recit de la navigation faicte es ysles de Canada ») de la langue , nous apprend qu’. Cette « ville » que, d’après Cartier, ces Iroquoiens nomment canada, c’est Stadaconé. Ces deux établissements, Cartier les dit chacun « royaume » car ils sont chacun gouvernés par un seul grand chef (tel en France, le roi). L’expression « Nouvelle-France », Verrazzano l’utilisait en 1524 (en latin), et Cartier l’utilise ici pour désigner l’ensemble des établissements d’hiver allant de Stadaconé (alias Canada) à Hochelaga, inclusivement. Et il nomme, explicitement, « Canadiens » leurs habitants., à une époque où les Espagnols sont déjà installés dans les îles Caraïbes, au Mexique et en Amérique centrale, et commencent la conquête du Pérou.
Généalogie Registres paroissiaux concernant Cartier Les registres paroissiaux de Saint-Malo manquent de 1472 à 1494, mais une copie en est conservée aux Archives départementales à RennesAD 35 en ligne ( > Registres paroissiaux et état civil. Demander « Saint-Malo/1494 à 1494/Baptêmes » > registre coté 10 NUM 35288 153 Saint-Malo 1494-1494 (de lecture difficile).. Un autre document disponible est la publication des bans de son mariage avec Catherine des Granges (Granches), en .
Débat sur la date de naissance Certains placent la date de sa naissance le Frédéric Joüon des Longrais, Jacques Cartier : documents nouveaux, Paris, Alphonse Picard, 1888, , qui a, le premier, établi la naissance du pilote malouin en 1491 d'après les propres déclarations de Cartier.. D'autres placent la date de naissance et le baptême de Cartier le , mais en raison de multiples erreurs et oublis du prêtre tenant le registre, il ne s'agit que d'une hypothèseFrédéric Joüon des Longrais, Jacques Cartier Documents nouveaux, Paris, Alphonse Picard, 1888, .Un document inédit : « L’acte de baptême de Jacques Cartier », de Robert de Roquebrune, paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, volume 7, , 1953, , apporte sa contribution à la prétendue absence d'acte de baptême.. D'autres sources contredisent aussi cette information.
Lieu de naissance Jacques Cartier est né dans l'une des trois anciennes paroisses, devenues communes, Saint-Malo, Saint-Servan et Paramé en 1789 qui forment, depuis la fusion de 1967, l'actuelle commune de Saint-Malo. Ces trois anciennes communes se disputent l'honneur de l'avoir vu naître, sans qu'on puisse avoir de certitude. L'hypothèse d'une naissance intra-muros semble la moins fondée ; les arguments en faveur de Saint-Servan et de Paramé ne permettent pas de les départager.
Famille Depuis la seconde moitié du , les historiens considèrent Jacques Cartier comme le fils de Jamet Cartier et de Jesseline (ou Geseline) Jansart., bien qu'aucun document d'archives ne l'attesteM. C. Desmazières de Séchelles, « Appendice à la généalogie de Jacques Cartier… », dans Édouard Charton, Documents sur Jacques Cartier, Transactions of the Literary and Historical Society of Quebec, vol. V., partie 1 (mai 1862), , 135-137 ; Harvut, Jacques Cartier. Recherches sur sa personne et sur sa famille, Nantes, Imprimerie Vincent Forest et Émile Grimaud, 1884, ; Paul Paris-Jallobert, Anciens registres paroissiaux de Bretagne : Baptêmes-Mariages-Sépultures, tome VII (Saint-Malo), Rennes, Sajef, 2004 , . Selon le généalogiste Michel Josseaume, le prénom de sa mère était « Geffline », et non pas Jesseline, . Josseaume, « Autour de Jacques Cartier », Mémoires de la société généalogique canadienne-française, vol. 21 (janvier-mars), 1970, note 14..
S'il est bien le fils de ces derniers, il a eu deux frères, Lucas et un autre (de prénom inconnu) né en 1494, et une sœur, BertelineHarvut, ibid. ; Paris-Jallobert, ibid..
Son testament daté du Voir Frédéric Joüon des Longrais, Jacques Cartier…, . Il a été parrain de trois des enfants de celle-ci, épouse de Jehan Nouel. Voir Paris-Jallobert, Anciens registres…, . cite une autre sœur nommée Jehanne. Selon Frédéric Joüon des Longrais, il faudrait ajouter à la liste de sa fratrie un Jehan Cartier qui a deux enfants dont Jacques Cartier est le parrainFrédéric Joüon des Longrais, Jacques Cartier…, ..
Mariage et descendance Au début d', Jacques Cartier épouseFrédéric Joüon des Longrais, Jacques Cartier…, . Une autre version de l'acte de mariage de Cartier a été publiée par Desmazières de Séchelles (voir l'étude citée ci-dessus), document communiqué par Ch. Cunat, et qui indique la date du . À moins d'une erreur d'écriture, il ne peut s'agir du puisque le jour de Pâques de cette année-là était le . Il est à souligner que ce document n'a pas été reproduit ni commenté par Joüon des Longrais (1888), ni par Henry P. Biggar (1930). Il y a donc parmi les historiens consensus autour de l'hypothèse de Joüon des Longrais, relativement à la date de mariage : au début d'. Voici la transcription de cet acte : , Desmazières des Séchelles, ibid., . Bien que ce document identifie les parents de Cartier, il donne incorrectement le prénom du père de Catherine. Catherine des Granges, fille de Jacques des Granges, connétable de la ville de Saint-Malo, et de Françoise Du MastOlga Obry, Catherine du Brésil, Nouvelles Éditions latines, 1953, .Ibid., ..
Ce mariage améliore considérablement la condition sociale de l'époux, car la famille des Granges est une des familles les plus considérables de la ville à cette époque.
De cette union ne naîtra aucune descendanceDans l'ordonnance de saisie des biens de Catherine prononcée après son décès et datée du , il est écrit que : . Frédéric Joüon des Longrais, Jacques Cartier…, ..
vignette|Médaillons représentant Jacques Cartier et son épouse Catherine des Granges. Façade d'une maison du centre historique de Saint-Malo, en haut de l'escalier de la Grille..
Biographie Formation
Jacques Cartier a probablement fait, comme tout fils de pêcheur malouin morutier, un apprentissage de mousse et de matelot..
En 1520, lors de son mariage, il est présenté dans le contrat comme « Jacques Cartier, maistre pillote ès port de Saint-Malo ».
Carrière maritime avant 1532 vignette|redresse|gauche|Buste de son musée-manoir de Limoëlou de Saint-Malo. Aucun autre document connu n'évoque sa carrière de pilote avant les années 1530. Et, dans la mesure où l'on ne connaît pas le ou les auteurs des récits relatant les voyages de CartierIbid., note 25., il serait vain d'y chercher quelques indices sur sa personnalité et sa carrière maritime avant 1530.
Plusieurs historiens pensent qu'il a pu accompagner avant 1532 une campagne de pêche vers Terre-Neuve, car cette zone était fréquentée des pêcheurs basques et bretons.
Certains suggèrent aussi qu'il a pu participer à l'un des voyages d'exploration de la côte brésilienne par les marins normands sous pavillon dieppois, étant donné que : Cartier fait de fréquentes comparaisons, dans ses récits de voyage, entre les Amérindiens de la Nouvelle-France et ceux du Brésil ; il connaît le portugais, intervenant à plusieurs occasions comme interprète de langue portugaise durant ses années de retraite après 1542.
vignette|redresse|Mappemonde ancienne de l'époque, de son musée-manoir de Limoëlou de Saint-Malo. Par ailleurs, les Dieppois ont organisé en 1508 une expédition vers le fleuve Saint-Laurent, avec les capitaines Jean Cousin, Thomas Aubert et Giovanni da Verrazzano, qui ont donné au fleuve ce nom de « Saint-Laurent »Charles Desmarquets, Mémoires chronologiques pour servir l’histoire de Dieppe et celle des navigations françaises, Paris, Éditions Desauge, 1785..
Cartier reçoit une commission de François Motifs du choix de Cartier par le roi vignette|gauche|Instruments de navigation d'époque, compas de navigation, astrolabe, sablier marin, et loch. Pour expliquer la genèse du premier voyage de 1534, et connaître les circonstances entourant le choix de Cartier par , deux documents postérieurs aux événements et relatant les faits de façon différente, sont utilisés par les historiens. Le premier, le plus anciennement connu, est tiré de lHistoire de la Nouvelle France de l'avocat Marc Lescarbot. Selon lui, c'est Jacques Cartier qui, en 1533, aurait proposé ses services à l'amiral de France Philippe Chabot, qui . Lescarbot est le seul à donner cette version des faits, mais il y a des arguments qui la soutiennent. En effet, Jacques Cartier avait donné le nom de l'amiral à l'île Brion, située dans le golfe du Saint-Laurent, et qui a préservé ce toponyme honorifique jusqu'à aujourd'hui. Parmi les raisons qui poussaient les chefs d'expédition à nommer un nouveau territoire, il y avait celle d'honorer les principaux maîtres d'œuvre du voyage.
Circonstances de sa nomination vignette|redresse|, une illustration du Codex canadensis, par Louis Nicolas, .
En 1532, alors qu'une guerre éclate entre la couronne du Portugal et les armateurs normands au large du Brésil, il est présenté à par Jean Le Veneur, évêque de Saint-Malo et abbé du Mont-Saint-Michel, qui évoque des voyages que Cartier aurait déjà faits « en Brésil et en Terre-Neuve », pour affirmer qu'il était à même « de conduire des navires à la découverte de terres nouvelles dans le nouveau monde »Baron de La Chapelle, « Jean Le Veneur et le Canada », Nova Francia, vol. 6, 1931, , d'après un texte généalogique de 1723..
Recevant cette commission du roi de France, il devient et succède ainsi à Giovanni da VerrazzanoM. Trudel, Les vaines tentatives…, ..
Le premier voyage (1534) vignette|gauche|redresse=1|Carte du premier voyage de Jacques Cartier. Après seulement vingt jours de traversée (du au ), Cartier atteint Terre-Neuve, avec ses deux navires et un équipage de . Il explore minutieusement le golfe du Saint-Laurent à partir du Quelques événements du 10 juin.. À noter cependant que le calendrier est alors en retard de sur le calendrier grégorien instauré en 1582, et donc un anniversaire exact du début de la traversée tomberait le au lieu du , pour ne donner qu'un exemple.
vignette|Modèle réduit d'un des navires caraques de Jacques Cartier, variante de la Santa María de la première expédition de 1492 de Christophe Colomb. Manoir de Limoëlou.