L' est une pathologie accompagnée au mieux d'une gêne ou d'une inflammation et de douleurs. Le cerveau considère les bruits comme une nuisance ou une agression selon les cas.

Ses causes sont souvent inconnues et l'hyperacousie peut évoluer avec le temps, en s'aggravant avec l'exposition au bruit. Les souffrances décrites les plus fréquemment sont des douleurs (otalgies) et une intensification d'acouphènes préexistants et/ou de l'hyperacousie. Les fréquences touchées et le seuil de tolérance à l'intensité acoustique varient selon les personnes.

Il n'existe pas de traitement curatif. Différentes prises en charge existent, allant du port de protections auditives (ce qui n est pas recommandé en cas d acouphènes) à la thérapie cognitivo-comportementale, en passant par le suivi psychologique ou l'exposition progressive au bruit (thérapie sonore). Les résultats des thérapies sonores et leur innocuité ne sont pas démontrés.

Histoire

Le terme d'hyperacousie est issu des travaux de Henry B. Perlman en .

Définition Il existe dans la littérature scientifique plusieurs définitions de l'hyperacousie, sans que l'une en particulier ne fasse consensus. Selon les auteurs, l'hyperacousie est une augmentation de la sensibilité auditive. Pour plusieurs autres, l'hyperacousie est une intolérance Preves D 1995:34-40. ou une réponse exacerbée ou anormale aux sons ordinaires.

Il faut différencier : l'hyperacousie qui suscite une augmentation des acouphènes pendant des heures, jours, semaines, mois, une inflammation du canal auditif et des douleurs qui peuvent durer de quelques minutes à plusieurs jours. la phonophobie qui est une peur irrationnelle du bruit, terme qui a été proposé Dennis P. Phillips et Michele M. Carr en . Elle relève d'une thérapie psychologique. Le phonophobique craint le bruit qui pourtant ne lui cause aucun acouphène ni aucune douleur. La phonophobie est souvent confondue avec l'hyperacousie. la misophonie qui est une réponse émotionnelle à certains sons, terme qui a été proposé par Pawel J. Jastreboff en Jastreboff PJ, Jastreboff MM. « » ORL J Otorhinolaryngol Relat Spec. 2006;68(1):23-9; discussion 29-30. . La misophonie est très courante. Il n'est pas rare qu'une personne ne supporte pas certains bruits qui pourtant ne lui créent ni acouphènes, ni douleurs, ni hyperacousie. Par exemple, le son aigu d'un véhicule qui freine, d'ongles qui grattent une surface lisse, d'un chiffon que l'on frotte contre un mur en parpaings, de bruits de déglutition sont vécus comme quelque chose de désagréable. C'est un trouble psychologique qui relève d'une interprétation subjective et non d'un constat objectif. le recrutement qui est une hypersensibilité sonore chez les patients atteints de perte auditive neurosensorielle.

Synonymes On peut retrouver dans la littérature d'autres termes ou expressions synonymes de l'hyperacousie : « odynacousie », « hyperesthésie auditive », « dysacousie », « dysesthésie auditif » ou encore « allodynie auditive »..

Classifications Tyler de l'université de l'Iowa aux États-Unis proposent une classification de la sensibilité aux sons : hyperacousie d'intensité : les sons modérés sont perçus comme très bruyants ; hyperacousie de gêne : certains sons même modérés sont gênants ; hyperacousie de peur : les patients ont peur de certains sons (modérés ou forts) ; hyperacousie de douleur : la douleur accompagne la perception sonore. Le () propose de distinguer. : hyperacousie cochléaire : la plus courante, à savoir l'intolérance aux sons ; hyperacousie vestibulaire : la personne peut éprouver des sentiments de vertige, des nausées ou une perte d'équilibre face au bruit.

Description L'hyperacousie se caractérise par un seuil de tolérance au bruit anormalement bas ; certains sons ou niveaux sonores, qui ne sont pas perçus comme forts ou désagréables par les personnes présentant une audition normale, sont pénibles et/ou douloureux pour l'hyperacousique. Ces sons peuvent, en outre, aggraver le niveau d'hyperacousie, créer des acouphènes ou augmenter leur intensité s'ils sont déjà présents. L'hyperacousie est le plus souvent bilatérale mais dans 10 % des cas, elle ne touche qu'une seule oreille. L'hyperacousie peut être associée à des acouphènes, nausées, à des vertiges, à des douleurs neurogènes permanentes, otalgie, céphalées, ou à de la fatigue permanente. Ces souffrances sont généralement soulagées par le repos dans un environnement sonore modéré.

Certains sujets présentent par ailleurs une difficulté à échantillonner les sons : un faible bruit perturbe la perception d'un bruit pourtant plus fort. Ainsi, par exemple, il leur est difficile de suivre une conversation dans un environnement bruyant, comme un restaurant. Les personnes atteintes d'hyperacousie présentent généralement un audiogramme tout à fait normal.

Épidémiologie Peu d'études épidémiologiques à grande échelle ont été effectuées mais l'hyperacousie pourrait toucher 9 % des Suédois et 15,2 % des Polonais Fabijanska A, Rogowski M, Bartnik G, Skarzynski H. , 1999: 569-71.

L'hyperacousie dans ses formes plus sévères atteindrait 2 % de la population.

Le patient typique atteint d'hyperacousie est relativement jeune ; l'âge moyen étant d'environ 10 ans inférieur à la population de patients souffrant d'acouphènes ou de perte auditive due au bruit Anari M, Axelsson A, Eliasson A, Magnusson L. 1999; 28: 219-230..

Musiciens L'hyperacousie est fréquente chez les musiciens professionnels. S'ils peuvent continuer à pratiquer leur métier, il s'agit d'hyperacousie légère. S'ils ne peuvent plus continuer à pratiquer leur métier, il s'agit d'hyperacousie sévère. L'hyperacousie devient sévère lorsqu'au fil des petits traumatismes, elle empire. L'aggravation peut être telle que le musicien doit arrêter son métier : une étude chez les musiciens, par l'association des orchestres anglais, a révélé que 25 % d'entre eux souffrent ou ont souffert d'hyperacousie. ; une étude a montré que 32 % des personnes touchées d'hyperacousie sont des musiciens professionnels. ; au Brésil, une étude menée auprès de musiciens d'orchestre militaire a montré que 37 % d'entre eux souffraient d'hyperacousie.

Enfants vignette|L'hyperacousie chez l'enfant : elle peut être détectée par une analyse du comportement de l'enfant dans le bruit. Par exemple, ils se bouchent les oreilles dans des environnements sonores forts ou modérés.

La prévalence de l'hyperacousie dans la population des enfants (mesuré sur ) de 11 ans du Royaume-Uni est estimé à 3,7 %. Une étude menée au Brésil sur 506 enfants âgés de sept à douze ans a montré que 3,2 % étaient atteints d'hyperacousie. Cette pathologie peut être difficile à détecter chez l’enfant. Elle peut aussi être associée à d'autres états ou symptômes comme les acouphènes, l'autisme, le syndrome de fatigue chronique, la dépression, le syndrome de Williams…

L'étude du comportement de l'enfant permet de détecter l'hyperacousie car ils peuvent manifester des comportements de gêne aux bruits (colère, angoisse, panique...). Ils se bouchent souvent les oreilles et/ou évitent les endroits bruyants. Dans leur scolarité, ils peuvent manifester des difficultés d'attention dans une salle de classe bruyante. Pour les cas sévères, cela peut aller au refus d'aller à l'école. L'hyperacousie doit donc être détectée et l'enfant suivi par un médecin spécialiste afin d'en identifier les causes et de mettre en place un traitement adapté..

Personnes atteintes d'acouphènes L'hyperacousie est accompagnée dans 86 % des cas d'acouphènes. La présence d'acouphènes précède l'hyperacousie dans 78 % des cas. + Prévalence de l'hyperacousie chez les personnes acouphéniques Prévalence (%) Échantillons (n) Auteurs/Pays 40 % 500 Jastreboff PJ 1996, États-Unis Jastreboff PJ, Gray WC, Gold SL. « Neurophysiological approach to tinnitus patients » Am J Otol. 1996 Mar;17(2):236-40. Review. . 60 % 189 Andersson 2001, Suède Andersson G, Vretblad P, Larsen HC, Lyttkens L. . 2001 Feb;127(2):175-9. . 34 % 47 Guzek 2002, Pologne Guzek WJ, Sułkowski WJ, Kowalska S, Makowska Z. « [] » Med Pr. 2002;53(6):461-4. . 60 % 250 Herráiz 2003, Espagne Herráiz C, Hernández Calvín J, Plaza G, Toledano A, de los Santos G. « [] » Acta Otorrinolaringol Esp. 2003 Nov;54(9):617-22. . 79 % 249 Dauman R & Bouscau-Faure F. 2005, France. Les proportions sont différentes selon les auteurs, cela s'explique surtout par le choix des paramètres retenus pour caractériser l'hyperacousie. D'après le tableau, la prévalence moyenne de l'hyperacousie chez les acouphéniques est de 54 %. Elle est donc une pathologie qui atteint fréquemment les personnes acouphéniques.

D'après une étude de l’ conduite auprès de 112 personnes atteintes d'acouphènes et d'hyperacousie : 53 % trouvent l'hyperacousie plus difficile à vivre que les acouphènes, 36 % les mettent sur un pied d'égalité dans la gêne occasionnée et 16 % trouvent les acouphènes moins gérables que l'hyperacousie, 6 % restent incertains..

Étiologie Causes Bien que l'on en connaisse les éléments déclencheurs, les causes de l'hyperacousie demeurent dans la plupart des cas inconnues.

Causes liées à des traumatismes Exposition actuelle ou ancienne à des bruits trop élevés (traumatisme sonore). : par exemple, cinq ans après l’explosion de l'usine AZF à Toulouse, une étude de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) et de l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) effectuée sur un échantillon de impactées a montré que 26 % des hommes et 35 % des femmes exposés souffrent d'hyperacousie. Syndrome du choc acoustique : dans les centres d'appels téléphoniques, des employés rapportent divers symptômes auditifs liés à leur métier : otalgie, audition altérée, la plénitude de l'oreille, déséquilibre, acouphènes, hyperacousie, aversion ou même peur des bruits forts en raison des symptômes que ce dernier provoque (acouphènes, hyperacousies, douleurs, ...), et l'anxiété et/ou dépression. D'après une étude de 2013, l'hyperacousie est présente dans 32 % des cas du syndrome du choc acoustique.. Syndrome post-commotionnel. Traumatisme crânien Ceranic BJ, Prasher DK, Raglan E, Luxon LM. « Tinnitus after head injury: evidence from otoacoustic emissions » J Neurol Neurosurg Psychiatry 1998 Oct;65(4):523-9. PubMed Central PMCID: PMC2170278.

Causes liées aux systèmes nerveux centraux, au système nerveux périphérique Syndrome tonique du muscle tenseur du tympan (STMTT) Westcott, M. « Tonic Tensor Tympani Syndrome - an explanation for everyday sounds causing pain in tinnitus and hyperacusis clients » Proceedings of IXth International Tinnitus Seminar, Gothenburg 2008, Poster, Dysfonctionnement du nerf facial Chirurgie : par exemple une compression microvasculaire du du tronc cérébral.. Sclérose en plaques Autisme : la prévalence de l'hyperacousie est évaluée à 18 % Syndrome d'asperger où la prévalence de l'hyperacousie est de 69 %DANESH, Ali A. et KAF, Wafaa. Putting Research into Practice for Autism Spectrum Disorder. The Hearing Journal, 2015, , , .. Paralysie faciale périphérique Arch Otolaryngol. 1978;104(6):303-6. Migraine ; la prévalence de l'hypersensibilité aux bruits peut atteindre de 60 à 100 % durant la crise. Syndrome d'alcoolisme fœtal (SAF) Anévrisme cérébral Syndrome de Landau et Kleffner Syndrome de stress post-traumatique Algoneurodystrophie Démence sémantique La maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) : dans un cas l'hyperacousie a été la première manifestation de la maladie. Hémorragies : hémorragie pontique unilatérale., hémorragie au niveau du corps géniculé médian. Intolérance environnementale Idiopathique aux rayonnements électromagnétiques (IEI-CEM) Syndrome de douleurs faciales atypiques : un cas est présenté dans une étude scientifique avec amélioration de l'hyperacousie à la suite d'un traitement associant des médicaments Épilepsie.

Causes liées à la consommation de médicaments, de stupéfiants et produits dopants