Un livre est un document écrit formant unité et conçu comme tel, composé de pages reliées les unes aux autres. Il a pour fonction d'être un support de l'écriture, permettant la diffusion et la conservation de textes de nature variée.

Sur le plan matériel, un livre est un volume de pages reliées, présentant un ou des textes sous une page de titre commune. Sa forme induit une organisation linéaire (pagination, chapitres, etc.). Un livre comporte parfois des outils favorisant l'accès à son contenu : table des matières, sommaire, index. Il existe une grande variété de livres selon le genre, les destinataires, ainsi que selon le mode de fabrication et les formats, ou selon les usages. Sauf exception, tel le livre d'artiste, un livre est publié en plusieurs exemplaires par un éditeur, comme en témoignent les éléments d'identification qu'il comporte obligatoirement.

Œuvre de l'esprit conçue par un auteur, le livre sert d'interface avec un lecteur. Objet culturel lié à l'histoire humaine, il permet de transmettre du sens selon une forme matérielle particulière au-delà de l'espace et du temps. Pour le lecteur, Jorge Luis Borges, Conférences, p. 147, traduction Françoise Rosset, Gallimard, 1985  .. De manière imagée, l'expression est utilisée pour évoquer la fin d'une période.

On peut classer les livres selon leur contenu en deux grandes catégories : les livres destinés à une lecture séquentielle, la littérature et ses multiples genres, et ceux destinés à un usage de référence, les ouvrages de référence.

Définition vignette|gauche|redresse|Honoré Daumier, Le Lecteur (1860), collection particulière. Un livre est généralement défini comme une « réunion » ou un « assemblage de feuilles » dont la vocation est d'être lues (LittréDéfinition du Littré : ., Académie françaiseDéfinition du Dictionnaire de l'Académie française, acceptation I : .), ou a minima de consigner des informations (Académie françaiseDictionnaire de l'Académie française, acception II : .). Si à l'époque moderne la définition du livre est restreinte au papier et à des volumes reliés ou brochés, les matériaux comme le vélin, le parchemin, le papyrus et la forme comme la bande enroulée, le manuscrits pliés couvertes par le mot étaient plus variés par le passéDéfinition de Maurice Lechâtre dans son Nouveau Dictionnaire universel (édition de 1870) : .

En 1964, l’Unesco adopte une définition destinée à l'établissement des statistiques nationales de l'édition de livres et de périodiques : (consulté le 24 juin 2023).La définition exclut les brochures (5 à 48 pages) ainsi que les publications éditées à des fins publicitaires et distribuées gratuitement et où le texte littéraire ou scientifique ne prédomine pas (catalogues, prospectus, autres publications de propagande commerciale, industrielle et touristique) ; celles ayant un caractère éphémère (horaires, tarifs, annuaires téléphoniques, programmes de spectacles, d'expositions, de foires, statuts et bilans des sociétés, directives des entreprises, circulaires, calendriers, almanachs) ; les œuvres musicales où la notation musicale est plus importante que le texte ; la production cartographique..

Toutefois, aucune définition ne permet de décrire correctement l'ensemble des réalités couvertes par le terme « livre ».

Sciences du livre La science qui étudie le livre est appelée bibliologie. Elle porte sur son histoire, sa fabrication, sa diffusion, sa conservation ainsi que ses usages. L'étude du livre recouvre de nombreux aspects, notamment techniques, économiques, sociologiques, politiques et culturels. Elle s'intéresse aussi bien au livre en tant qu'objet matériel (fabrication, édition, diffusion, reliure, etc.) qu'en tant que support de transmission des connaissances et de la culture. La lecture, qui constitue sa principale finalité, relève également de la bibliologie à travers l'histoire et la sociologie des pratiques de lecture, ainsi que l'étude des bibliothèques.

D'autres disciplines contribuent à l'étude du livre, notamment la bibliométrie, qui analyse quantitativement les publications, la codicologie, consacrée aux manuscrits, et la paléographie, qui étudie les écritures anciennes.

Histoire

L'histoire du livre est celle d'une suite d'innovations techniques qui ont permis d'améliorer la qualité d'accès à l'information, la portabilité, et le coût de production. Mais considéré du point artistique ou de la collection, le livre ressort de la bibliophilie, passion qui remonte sans doute à l'antiquité.

Antiquité vignette|Papyrus. L'écriture est le préalable à l'existence du texte et donc du livre. Il s'agit d'un codage permettant de transmettre et de conserver des notions abstraites.

Les premiers écrits ont pour support des tablettes d'argile ou de pierre. Celles-ci ont été remplacées par le rouleau de papyrus ou volumen, plus léger et donc plus facile à transporter. Le volumen est enroulé sur lui-même dans le sens horizontal. Dans les usages liturgiques, comme pour la Torah, il est enroulé autour de deux axes verticaux en bois. Au plan de la lecture, il ne permet qu'un usage séquentiel : on est obligé de lire le texte dans l'ordre où il est écrit et il est impossible de poser un repère pour accéder directement à un endroit précis. À cet égard, il est comparable à nos vidéocassettes. De plus, le lecteur a les deux mains occupées à tenir les axes verticaux et ne peut donc pas écrire en même temps qu'il lit.

À partir du , le parchemin commence à être utilisé en concurrence avec le papyrus. Réalisé à partir de peaux animales, il permet une meilleure conservation dans le temps.

Le codex, qui se répand à Rome au cours du , entraînera une révolution comparable à celle de l'invention de l'écriture. Le texte n'est plus disposé sous la forme d'un rouleau continu, mais est distribué sur un ensemble de feuillets reliés au dos. De ce fait, le lecteur peut accéder directement à un endroit précis du texte et comparer différents points d'un même ouvrage, ce qui est très utile pour l'étude des textes. Le codex est également plus facile à poser sur une table, ce qui permet au lecteur de prendre des notes en même temps qu'il lit.

Au , le papier est inventé en Chine, où il se développe. Il est alors fabriqué à partir de fibres végétales telles que celles du lin ou bien d'écorces telles que le mûrier à papier. Se développe en parallèle l'usage de l'encre de Chine et du sceau à base d'encre, prémisse de l'imprimerie. Ces technologies sont alors répandues au Vietnam, puis dans ce qui est aujourd'hui la Corée et le Japon dans les environs du ou . Le plus ancien exemplaire imprimé sur papier connu est le Sūtra du Diamant, datant du , imprimé à l'ouest de la Chine, découvert à Dunhuang et conservé à la British Library de Londres.

Moyen Âge La forme codex s'améliore avec la séparation des mots, les majuscules et la ponctuation, qui facilitent la lecture silencieuse, puis avec les tables des matières et les index, qui facilitent l'accès direct à l'information. Cette forme est tellement efficace, qu'elle est encore celle du livre, plus de après son apparition.

Époque moderne

Le papier remplace progressivement le parchemin à partir du . Moins cher à produire, il permet une diffusion plus large. C'est alors un papier produit à base de vieux tissus bouillis et pressés, d'où le nom de « papier chiffon ».

L'imprimerie marque l'entrée du livre dans l'ère industrielle. Le livre n'est plus un objet unique, écrit ou reproduit à la demande. L'édition d'un livre devient une entreprise, nécessitant des capitaux pour sa réalisation et un marché pour sa diffusion. En contrepartie, le coût de chaque exemplaire baisse très fortement, ce qui augmente considérablement la diffusion du livreVoir reliure industrielle.. Le livre de format codex et imprimé sur papier, tel qu'il existe encore aujourd'hui, date donc de la fin du .

Les livres imprimés en Europe avant le sont appelés « incunables ».

Époque contemporaine

Aucune innovation majeure n'intervient dans la production du livre entre la fin du . En revanche, de nouveaux types de documents apparaissent au : photographie, enregistrements sonores et cinéma.

Le livre de poche apparaît en France le , commercialisé par Hachette à l'initiative d'Henri Filipacchi. Par son coût relativement peu élevé, il permet une véritable démocratisation du livre. Mais le format « poche » existe depuis le , notamment pour les ouvrages interdits qui se doivent d'être discrets : ouvrages protestants en France, livres libertins… Le format « poche » se généralise au (nombreuses éditions romantiques. Éditions Lemerre, par exemple).

Dans les années 1990, le numérique modifie le paysage de l'édition : d'un côté, l'hypertexte concurrence le codex en améliorant l'accès direct à l'information, et de l'autre, les systèmes de télécommunications tel Internet font baisser son coût de production et de diffusion. Ainsi, le contenu destiné à un accès direct et non à une lecture séquentielle, comme les encyclopédies, existe de moins en moins sous forme de livre et de plus en plus en ligne.

Malgré l'apparition du livre numérique, porté par le développement de la tablette et de la liseuse, la forme du codex demeure pour tout ce qui nécessite une lecture séquentielle ou pour les livres qui sont autant de beaux objets que des supports d'information : romans, essais, bandes dessinées, livres d'art, etc.

Structure du livre Formats

Le livre existe en divers formats, selon le nombre de plis de la feuille de papier à imprimer, qui est appelée selon ses dimensions : « Colombier », « Jésus », « raisin », « Carré / Coquille » ou « Couronne ».. Chacune de ces feuilles de tirage est susceptible d’être pliée une fois (in-folio), deux fois (in-quarto ou in-4), trois fois (in-octavo ou in-8), quatre fois (in-16) ou plus, de telle façon que les pages se présentent au lecteur dans l’ordre où elles doivent être lues et constituent un cahier. Lorsque le livre est exceptionnellement composé de feuilles entières, il porte le nom d’« in-plano ». Il est donc de très grande taille, mais ne peut pas être relié tel quel. Les feuilles doivent d'abord être réunies en cahiers, soit par collage sur un onglet, soit par surjetage. (couture spécifique).

Le tableau ci-dessous indique les dimensions moyennes (en cm) créées par la combinaison des formats : Nom des feuilles in-plano in-folio in-4 in-8 in-16 in-18 Colombier 90 x 63 63 x 45 45 x 31,5 30 x 21 22,5 x 15,7 21 x 15 Jésus 70 x 54. 54 x 35 35 x 27 27 x 18 17,5 x 13,7 18,3 x 11,6 Raisin 65 x 50 49 x 32 32 x 24 24 x 16 16,2 x 12,5 16,6 x 10,8 Coquille ou Carré 56 x 45 44 x 28 28 x 22 22 x 14 14 x 11,2 15 x 9,3 Écu 52 x 40 40 x 26 26 x 20 20 x 13 13 x 10 13,3 x 8,6 Couronne 46 x 36 37 x 23,5 23,5 x 18,5 18,5 x 11,7 11,7 x 9,2 12,3 x 7,8

Divers formats de papier peuvent être compris dans ces formats de livres. Toutefois, d’autres formats dits « bâtards » existent, notamment l'« Univers », le « Grand Monde », le « Grand aigle », le « Colombier », le « Soleil », le « Cavalier », la « Cloche », la « Tellière ».. Les livres dont la hauteur est plus petite que la largeur sont dits de format ou « À l'italienne ».

Parties d'un livre vignette|upright=2|Parties d'un livre imprimé. La pratique de la reliure impose aux livres un certain nombre de caractéristiques matérielles identifiées de la manière suivante : couverture : partie contenant les feuilles, et ayant à la fois un but de présentation (titre, illustration, paratexte) et de conservation (protection des feuilles) ; plat : grande partie de la couverture ; un livre a deux plats, un devant, un derrière, première de couverture : page avant extérieure, deuxième de couverture : page avant intérieure, troisième de couverture : page arrière intérieure, quatrième de couverture : page arrière extérieure, souvent appelées à tort « dos », dos : partie de la couverture protégeant la reliure et permettant d'identifier le livre lorsqu'il est rangé debout sur une étagère,