L'affaire Bernard Rouhalde est une affaire criminelle française ouverte après la mort de Françoise Ferreyrolles, le , à Clermont-Ferrand, par un commando mafieux calabrais. L'enquête révèlera que l'assassinat a été commandité par son mari Bernard Rouhalde, avec la complicité d'une amie, Christiane Seguin.
Faits Dans la procédure de divorce, Françoise Ferreyrolles demandait à son mari une prestation compensatoire de et une pension alimentaire de . Par l'intermédiaire de Salvatore Caruso, Bernard Rouhalde engage alors trois tueurs de la mafia calabraise, pour supprimer son ex-femme.
Il invite les trois hommes chez une amie, Christiane Seguin, une veuve de soixante ans, dans un petit village d'Auvergne (trois cents habitants).
Christiane Seguin sera accusée d´avoir hébergé, puis conduit sur les lieux du crime, le commando venu d'Italie.
Le , le commando assassine Françoise Ferreyrolles à l'aide d'un Beretta muni d'un silencieux. L'exécutant tire quatre balles, trois dans la tête, et une dans le poumon.
Elle sera retrouvée morte dans l'entrée du petit pavillon qu'elle occupait avec ses deux enfants de quatorze et seize ans..
Enquête La première fausse piste se base sur une autre histoire criminelle. Mais rapidement, les enquêteurs se concentre sur le divorce à l'origine du contentieux.
Première piste : Fabio Franscico Filho Dans cette première piste, les enquêteurs suspectent Fabio Franscico Filho, un lycéen de Vichy, ayant déjà tué trois personnes. Ils abandonnent rapidement cette piste.
Seconde piste : le divorce Les enquêteurs se renseignent sur la vie privée de la victime ; elle les conduit vers le mari : un différend financier, dans le cadre du divorce, s'était installé entre eux.
Le témoignage de Salvatore Caruso Salvatore Caruso décida d'apporter son témoignage aux enquêteurs. Il demanda une protection policière, le statut des repentis, et une compensation financière. Il reconnaît avoir recruté les tueurs à gages au bénéfice de Bernard Rouhalde, explique son rôle dans le déroulement du crime, celui de Bernard Rouhalde, de Christiane Seguin, des trois mafieux, et donne des informations sur la guerre entre deux organisations mafieuses responsables de . Il explique que le parrain dirigeant les tueurs à gages aurait accepté la requête de Bernard Rouhalde en échange de de lires, soit (environ ). Cet argent devait permettre à la mafia d'acheter des Kalachnikov et des missiles...
Eléments à charge contre les suspects Contre Christiane Seguin Les tueurs de Calabre ont témoigné que Christiane Seguin leur avait donné l'arme du crime (Beretta, ). La police a retrouvé dans son armoire l'étiquette jaune d'une boîte de cartouches de 7,65mm. Elle a hébergé pendant trois jours les trois « touristes » italiens. Ils lui ont confié le jour du meurtre un paquet qui ressemblait fort à un pistolet. Elle les a conduits à 500 mètres du lieu du crime.. Salvatore Caruso a témoigné qu'elle était au courant de la préparation du crime.
Lors du procès, Christiane Seguin n'a cessé de nier les faits.
Contre Bernard Rouhalde Un mobile possible était le différend financier entre la victime et son ex-mari, en instance de divorce.
Le témoignage de Salvatore Caruso désignait le mari comme responsable de la demande d'assassinat.
Contre les trois tueurs à gages Ils étaient considérés comme de par la police italienne, impliqués dans de nombreux assassinats.
Sentences rendues à l'égard des protagonistes Les tueurs à gages italiens ont été jugés en Italie : Antonio Sorrento, le tireur de 27 ans, est condamné à la perpétuité. Ses deux complices (Santo Asciutto et Roberto Reitano), du même âge, écopent respectivement de 24 et 23 ans de réclusion criminelle.
Salvatore Caruso, le recruteur des tueurs à gages, est condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Grâce au marché conclus lors de son témoignage, il bénéficia d'une protection judiciaire. Il fut surnommé le « mort qui marche », à cause de la vengeance éventuelle de la mafia.
Le mari, Bernard Rouhalde fut retrouvé pendu dans sa cellule, en Italie, le , dix-huit mois après le meurtre de sa femme.
Christiane Seguin fut condamnée, en , à 16 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises du Puy-de-Dôme, malgré ses dénégations. ; elle ne fit pas appel de sa condamnation.
Notes et références
Documentaires télévisés « Bernard Rouhalde, Le mari, la mafia, la mamie » le dans Faites entrer l'accusé présenté par Christophe Hondelatte sur France 2. « Meurtre à l'italienne » (deuxième reportage) dans « ... à Clermont-Ferrand » le 3, 10 et , 22 et et dans Crimes sur NRJ 12.
Émission radiophonique « Le mari, la mamie et la mafia » le dans L'Heure du crime de Jacques Pradel sur RTL.
Articles connexes Liste d'affaires criminelles françaises depuis 1900
Rouhalde, Bernard Catégorie:Assassinat par arme à feu en France Catégorie:Féminicide en France