Jean-Louis Guez de Balzac, né le à AngoulêmeLe Robert historique donne 1595 et mort le dans la même ville, est un célèbre essayiste et polémiste français du , considéré comme le père de l'âge classique des lettres. Surnommé le « restaurateur de la langue française » par Malherbe, il est l'un des tout premiers immortels et le fondateur du prix d'éloquence de l'académie française.

Biographie Né dans une famille protégée par le duc d'Épernon, il est le fils du maire d’Angoulême, Guillaume Guez, et de Marie Nesmond, d'une des meilleures familles de la ville, d'où provient le fief de Balzac.

C'est dans une province particulièrement marquée par les intrigues et les affrontements politiques qu'il commence ses études, d'abord chez les jésuites, à Angoulême, plus brièvement à Poitiers puis à l’université de Leyde où il fut l'élève de Baudius et le condisciple et l'ami de Théophile de Viau.

C'est en Hollande qu'il rédige son premier essai politique, publié quelques décennies plus tard : Discours politique sur l'état des provinces unies, qui critique ouvertement la politique espagnole aux Pays Bas.

Secrétaire du duc d'Épernon à Metz, il passe au service d'un des fils du « demi Roi », à Rome de 1621 à 1623 et devient ainsi l'agent du cardinal de La Valette.

En 1624, paraît le premier volume de ses Lettres qui lui vaut d’emblée les plus grands éloges, et l'attention de plusieurs autres protecteurs. Balzac obtint la même année une pension sur le trésor, un brevet de conseiller d'État et une charge d'historiographe du Roi.

Surnommé « le grand épistolier », il devint une des personnalités les plus en vue de l’hôtel de Rambouillet, côtoyant Chapelain, Malherbe ou Boisrobert.

En prise avec un de ses anciens professeurs d'Angoulême, le jésuite François GarasseCelui-là même qui essayait de faire condamner Théophile au bûcher. Il y a d’ailleurs fort à croire que, comme pour Théophile, les mœurs de Guez n’étaient probablement pas étrangères au motif véritable de l’attaque dont il fut l’objet de la part du parti dévot., il est l'un des acteurs d'une querelle d'imprimés où s'affrontent en sous main partisans et adversaires de la politique de Richelieu.

Sa volonté de s'affranchir de la critique des anciens et des modernes le voit être attaqué par Jean Goulu, supérieur de l’ordre des Feuillants, dans son pamphlet Lettres de Phyllarque à Ariste de 1627, qui voit dans ses écrits un individualisme suffisamment subversif pour être libertin.

Après une brouille avec le cardinal de Richelieu, fidèle à l'idéal littéraire du Refuge, Balzac se retire en Angoumois, en 1631, tout en maintenant une correspondance soutenue. Appelé à siéger à l'Académie nouvellement créée au fauteuil 28, il ne s'y fera représenter qu'une décennie plus tard, en faisant lire, par la voix d'un de ses membres, l'un de ses discours.

Les œuvres de Guez de Balzac se composent de Lettres, adressées à Conrart, Chapelain, Descartes, et d'autres ; de Discours, d’Entretiens, de Dissertations littéraires, de petits traités, dont les principaux sont Aristippe ou la Cour, un traité de politique ; le Prince, essai satirique et apologie en demi-teinte de Louis XIII et de son ministreCf. notamment . ; Socrate chrétien, essai de doctrine et de morale religieuses ; de quelques poésies françaises et de vers latins.

La réputation actuelle de Balzac se fonde essentiellement sur ses Lettres dont un premier recueil parut en 1624 et un second en 1636. On y lit, selon les critiques, une élégance et une harmonie Les lettres de Balzac, qui connaissait également l’italien et l’espagnol, démontrent une véritable maîtrise du style en introduisant une prose française claire, précise, nouvelle, affranchie du latin.

Admiré et imité par Descartes qui fut son ami et son correspondant, Balzac meurt à Angoulême en 1654, et est enterré dans l'église des cordeliers.. Une plaque commémorative est toujours visible à l'entrée de l'Hôpital de Beaulieu, et son nom a été donné en 1962 au lycée Guez de Balzac d'Angoulême.

Après un relatif dédain dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'œuvre de Balzac a fait l'objet d'un regain d'intérêt littéraire aux XIXe et XXe siècles. Dans son Port-Royal, Sainte-Beuve la cite à plusieurs reprises comme parangon de la belle langue. Plus tardivement, dans le cadre de la querelle sur la paternité des pièces de Molière, Pierre Louÿs a émis l'hypothèse que le personnage de Vadius dans Les Femmes savantes n'était autre que Balzac lui-même (alors que l'opinion commune y voit une caricature du grammairien Gilles Ménage). Pierre Louÿs considérait en effet que Les Femmes savantes avaient été écrites par Pierre Corneille entre 1644 et 1648, et que ce dernier aurait voulu se venger du soutien apporté par Balzac aux détracteurs du Cid.

Le prix littéraire Guez de Balzac, attribué par l'Académie française, récompense depuis 2021 Il a entre autres été attribué à Michel Deguy.

Notes

Références Jean Goulu, Recueil des pièces touchant l’éloquence, et les différends entre Narcisse, Phylarque & Aristarque, Paris, 1628 François Ogier, Apologie pour Monsieur de Balzac, 1627, Saint-Étienne : Publications de l’Université de Saint-Étienne, 1977

Œuvres

Œuvres diverses (1644). Paris, Honoré Champion, 1995 Le Barbon (1648), pamphlet fustigeant les pédants Les entretiens (1657), Éd. Bernard Beugnot, Paris, M. Didier, 1972 (2 vol.) Aristippe, ou De la cour (1658) Les entretiens de feu monsieur de Balzac (1657) Les premières lettres de Guez de Balzac, 1618-1627, Paris, E. Droz, 1933-1934 Œuvres (1665) Genève, Slatkine Reprints, 1971 Œuvres choisies, Paris, Larousse, 1936 Le prince, Éd. Christian Leroy. Paris : Table ronde, 1997 Épîtres latines Sous la direction de Jean Jehasse, préface de Bernard Yon, Saint-Étienne, Presses Universitaires de Saint-Étienne, 1982 ASIN 2867240115 Socrate chrestien par le Sr De Balzac et autres œuvres du mesme Autheur. Amsterdam, Pluymer, 1662. In-12, [1 (titre frontispice)], [1 bl.], [22 (avant-propos, table)], 271 (en réalité 281 puisqu’une erreur typographique ajoute dix pages à l’ouvrage : , puis ), [1 bl.], 126, [22 (table)].

Source partielle

Annexes Bibliographie Jean Louis Guez de Balzac de l'Académie française, dans Charles Perrault, Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, chez Antoine Dezallier, 1697, tome 1, (lire en ligne) Bernard Beugnot, Les débuts littéraires de Guez de Balzac, Torino, Società editrice internazionale, 1968 Bernard Beugnot, Jean-Louis Guez de Balzac : bibliographie générale, Saint-Étienne, Université de Saint-Étienne, 1967 Bernard Beugnot, J.L. Guez de Balzac. Bibliographie générale. Supplément I, PUM, Montréal, 1973 Bernard Beugnot, J.L. Guez de Balzac. Bibliographie générale: Supplément II, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 1979 Bernard Beugnot, Fortunes de Guez de Balzac : actes du colloque de Balzac, 16-, Paris, H. Champion, 1998 Bernard Beugnot, Guez de Balzac, Paris, Memini, 2001 Mathilde Bombart, Guez de Balzac et la querelle des Lettres. Ecriture, polémique et critique dans la France du premier XVIIe siècle, H. Champion, 2007 Gustave Cohen, Écrivains français en Hollande dans la première moitié du 1879-1958, Paris, Champion, 1920 Joseph Declareuil, Les idées politiques de Guez de Balzac, Paris, V. Giard & E. Brière, 1907 Gaston Guillaumie, J.L. Guez de Balzac et la prose française ; contribution à l’étude de la langue et du style pendant la première moitié du siècle, Paris, A. Picard, 1927 C. Hippeau, Étude sur Jean-Louis Guez de Balzac, Paris, Académie française, 1850-1859 Jean Jehasse, Guez de Balzac et le génie romain : 1597-1654, Saint-Étienne, Université de Saint-Étienne, 1977 Ulrike Michalowsky, L’usage du « je » et la peinture du moi dans les lettres de Guez de Balzac. Thèse pour le doctorat de l’université de la Sarre, 1994 Jean-Émile Sabrazès, Les propos aigres-doux de Guez de Balzac sur Montaigne, Bordeaux, A. Destout, 1933 Jean-Baptiste Sabrié, Les idées religieuses de J.-L. Guez de Balzac, Paris, F. Alcan, 1913 Jean Sabrazes, Les pensées de Guez de Blazac ; notes et remarques, Bordeaux, A. Destout, 1934 F. E. Sutcliffe, Guez de Balzac et son temps ; littérature et politique, Paris, A.G. Nizet, 1959 Youssef Zobeidah, Polémique et littérature chez Guez de Balzac, Paris, A.G. Nizet 1972 Roger Zuber, Les « Belles infidèles » et la formation du goût classique. Perrot d’Ablancourt et Guez de Balzac, Paris, A. Colin, 1968

Liens internes

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