thumb|right|Bretons en costume traditionnel au festival de Cornouaille. En France, on nomme costume traditionnel ou costume régional ou guise l'ensemble des vêtements portés dans les différentes provinces ou régions françaises.
Généralité Supplanté par la puissante attraction du style de vêtements conçus suivant la mode dite internationale, le port du costume traditionnel est devenu anecdotique en France et ne se porte qu'à certaines rares occasions festives. Son port est aussi inversement proportionnel à la disparition de la ruralité, et proportionnel à l'attachement au terroir et à l'isolement des campagnes. Chargé toutefois toujours d'un puissant symbolisme, il est conservé surtout dans le domaine du folklore.
Par province ou région Alsace
Le costume alsacien est caractérisé par la coiffe féminine recouvert d'une bande de tissu croisé en énorme nœud dont les pans retombent dans le dos. Il donne naissance à l'imagerie typique du costume alsacien. Le costume traditionnel alsacien tel qu'il est exhibé dans le folklore contemporain, ou dans l'imagerie populaire, avec le grand nœud caractéristique n'est qu'un aspect épisodique du costume alsacien traditionnel, et date du début du . Mais la guerre de 1870, qui fait de l'Alsace un Land allemand, voit l'apparition furtive d'une petite cocarde tricolore sur ce ruban noué, en guise de forte contestation et d'attachement à la France. Depuis cet événement, la coiffe alsacienne à grand nœud noir, qui n'est que l'évolution ornementale d'une coiffe paysanne du Kochersberg, symbolise la spécificité alsacienne, c'est-à-dire un fort attachement à la France tout en revendiquant une culture locale très développée à distinguer de la germanité d'outre-Rhin. Cependant faisant partie de l'espace germanophone, l'influence des costumes de l'autre côté du Rhin y est forte. Les coiffes traditionnelles les plus courantes, entre le et le restent toutefois d'une forme moins connue du grand public, puisqu'il s'agit des coiffes à bec, ou Schnaeppenhub, et des bonnets à couture médiane, ou Schlupfkappen. Les coiffes à bec sont interdites en 1793 sous la Révolution française, qui les considère comme trop allemandes, dans le cadre de l'unification nationale. thumb|right|Costumes traditionnels de Kaysersberg. Dans la vie quotidienne, et en dehors du symbolisme, le costume traditionnel a évolué au fil des époques, selon les nombreux apports culturels dont l'Alsace a bénéficié. Bien qu'il soit malaisé de définir une date marquant le début d'une mode alsacienne, témoin d'une certaine unité culturelle, il est possible de corréler l'émergence d'un style local à la stabilité d'une population dans le temps. Pour l'Alsace, cette stabilisation aurait commencé durant l'ère de romanisation aux environs de 90 par la Pax Romana, avec le lent amalgame des diverses tribus celtes autochtones et la pérennisation des commerces, de l'artisanat et de l'agriculture, puis la naissance de la vigne alsacienne au . Ainsi, malgré l'invasion décisive des Alamans en 406, le dépeuplement gallo-romain qui s'ensuit, et l'incursion des Huns au qui laisse place à l'invasion franque, les pratiques locales perdurent et s'enrichissent, habillant l'Alsacien de synthèses des différents apports dans l'espace occidental du Saint Empire romain germanique. De fait s'il n'existe pas de style contemporain alsacien, faute de créateurs de mode locaux et à cause de l'internationalisation des tenues vestimentaires, le passé a montré l'existence de spécificités stylistiques, d'inventions, notamment au dans les grandes villes comme Strasbourg.
Au , la jupe devient un marqueur religieux selon sa couleur, sa décoration et sa taille. Ainsi, si la jupe des femmes catholiques, nommée Kutt, reste longue jusqu'aux chevilles, celle des protestantes luthériennes, la Rock, se raccourcit jusqu'à laisser apparaître le jupon sur . À partir de 1830, les protestantes porteront la jupe verte, bleue ou rouge, et les catholiques la jupe rouge garance. Une bordure de velours noir signera le deuil.
* Costume masculin Dans sa version traditionnelle de la région de Strasbourg, il est utilisé pour les événements folkloriques et les représentations de bloosmusik. Il se caractérise par une profusion de boutons dorés, entre 60 et 70 selon la richesse de celui qui le porte. chapeau à larges bords en feutre noir pantalon noir garni de 5 boutons dorés du côté extérieur veste noire garnie de boutons dorés gilet rouge croisé chemise blanche avec un galon noir noué au cou
* Costume féminin Celui-ci est beaucoup plus complexe, une coiffe composée d'un bonnet noir et d'une bande de tissu de 3,60 mètres de longueur que l'on croise pour obtenir un nœud, il est cousu sur le bonnet. Il forme des pans retombant à l'arrière de la tête. chemisier blanc en broderie anglaise jupe avec un corselet blanc et plastron tablier noir brodé châle rouge vert panty et jupon
Anjou
L'homme angevin porte un pantalon, une veste blanche, un gilet et une cravate en nœud, avec un chapeau de feutre noir et des chaussures de cuir. Certains portaient une montre à gousset.
La femme porte une robe généralement foncée, un tablier, un châle, des chaussures de cuir. À ce costume s'ajoute un collier ras-du-cou orné d'une croix. Selon les régions, un plastron en dentelle ou mousseline s'ajoute à la tenue. La particularité des tenues des femmes angevines sont les coiffes : Angevine : bonnet de dentelle à tuyaux, orné d'un nœud pontant vers le haut. Fond brodé. Maugeoise : ressemblant beaucoup à l'angevine mais avec de plus petits tuyaux, elle dégage les deux côtés de la tête. Pont-de-céaise : Fond brodé se marquant d'un pli. Les tuyaux rabattent vers le sol, le devant est large et incliné et surmonté d'un nœud. Saumuroise : appelée également , se retrouve en Touraine. Composée d'une partie plate sur le dessus de la tête, elle forme des tuyaux de la grosseur d'une aiguille. On ajoute un nœud plat est posé sur la nuque.
Antilles
Aquitaine En Aquitaine, coiffes et costumes sont connus notamment à travers les cartes postales anciennes, comme celle de cette élégante Clairacaise, vers 1900. vignette|Clairac (Lot-&-Garonne). Coiffure du pays
Auvergne thumb|center|Bourrée auvergnate en costume traditionnel En Auvergne, le costume traditionnel varie selon les villes et les villages. D'une manière générale, les femmes mariées portent une robe généralement de couleur sombre, rouge, verte ou bleue, parfois noire. Ces dames portent, à tout âge, une coiffe blanche brodée qui enveloppe les cheveux, lesquels sont liés en chignon pour ne pas être visibles. À l'âge adulte, et pour sortir, elles portent un chapeau de paille à sommet aplati souvent agrémenté de fleurs ou fruits séchés. Sous la robe, il y a un jupon blanc et, souvent, un panty fendu entre les jambes. Elles portent un châle, avec une bavette si elles sont mariées ou une collerette blanche brodée si elles ne le sont pas.
Les hommes, eux, portent une veste dans les mêmes tons que la robe de leur épouse, à manches longues noires ou sans manches au-dessus d'une chemise claire. Ils ont sur la tête un chapeau de feutre noir à larges bords. Le pantalon est noir uni et droit. Autour du cou est noué un foulard rouge et jaune, aux couleurs symboliques de l'Auvergne ; il est utilisé à l'occasion de danses traditionnelles, notamment des bourrées.
Basque (Pays) thumb|center|Costumes basques du Le costume basque est représenté par l'emblématique béret porté par les hommes. L'espadrille est quant à elle la chaussure basque par excellence.
* Costume masculin L'homme basque porte une chemise blanche à manches longues, un pantalon blanc, un foulard et une ceinture rouge, sans oublier le célèbre béret
* Costume féminin La tenue traditionnelle féminine est souvent composée d'une chemise blanche, d'un corset noir, d'une jupe rouge ou colorée agrémentée de bandes noires, et parfois d'un tablier. Les femmes portaient un bonnet ou un foulard blanc.
Berry
Bourbonnais
Bourgogne
Bresse
Bretagne
Corse
Franche-Comté
Landes
Limousin
Lorraine
Lorraine vers 1870
Morvan Le costume morvandiau masculin de la fin du XIXe siècle est constitué d'un chemise de toile ou de coton avec un ruban de velours sur laquelle est enfilée une biaude noire, bleue ou blanche, et d'un pantalon de velours cotelé noir ou marron, ou d'un pantalon de toile noire portant un filet blanc, et retenu par une ceinture de flanelle bise ou grise. L'homme est coiffé d'un chapeau noir et chaussé de sabots à brides. Le costume féminin est constitué d'un chemisier blanc ou écru en coton, avec dentelles ou broderies, et boutonné sur le devant, par dessus lequel est enfilé un caraco noir sans manches avec boutons de bois, et d'une jupe longue unie à bande de velours noir ou d'une robe de couleur, avec un tablier blanc ou noir à bavette en coton noué dans le dos. La femme porte une coiffe blanche simple à barbes ou pointue, ou ronde à dentelle, ou noire à porter soit directement soit sur une coiffe blanche. Elle est chaussée de sabots à brides.
Nord - (Flandres françaises & belges : Dunkerque, Gand, Lille)
Pas-de-Calais - (Haute Picardie : Boulogne-sur-mer) - (Gohelle-Ostrevent : Lens) vignette|267x267px|Première tenue traditionnelle. Elle demeure jusqu'aujourd'hui le symbole de fierté de ce territoire. Boulogne-sur-Mer possède deux tenues traditionnelles distinctes, la forme, aujourd'hui, n'a pas varié depuis 1875.
La première tenue du boulonnais se distingue par un châle de soie écru brodé à longues franges, appelé « mouchoir de mariage ». Il est principalement porté lors des mariages ou des grandes cérémonies. En dehors de ces occasions, le châle est généralement confectionné en soie multicolore, imprimée ou brodée de fleurs, ou ornée de motifs cachemire, d’inspiration romantique et impressionniste. On en trouve également des variantes en indienne ou en rouennerie, réalisées en coton, lin, chanvre, laine ou soie.
À noter : les châles de grandes occasions étaient généralement longs et descendaient jusqu’aux chevilles. À Boulogne, on a toutefois préféré conserver la mode des châles plus courts, s’arrêtant le plus souvent aux hanches. vignette|Coiffe "Soleil", fin 19's, à 4 rangées d'abeilles.|288x288px Le casaquin ou juste, coupé à la flamande, perceptible dans ses manches ajustées, ornées d’un parement de dentelle au bas. Il est souvent confectionné dans un tissu jacquard sombre damassé ou en brocart, assorti à une jupe plissée ou froncée sur le tour, dans le même ton. Un tablier bleu nuit(couleur sombre) en moiré, parfois en dentelle écru, ivoire, blanche, en tulle brodé ou en sergé de laine, vient compléter l’ensemble.
La coiffe dite “Soleil” se compose soit d’un fond en broderie anglaise écru, ivoire ou blanc, soit d’un fond uni en coton ou en linon, surmonté d’un tissu de dentelle ou de tulle brodé. Son auréole, en tulle de coton (ou en linon), est bordée d’une dentelle de coton ou de lin, à l'origine en dentelle de Valenciennes, Bruges ou de Calais, tuyautée et amidonnée au fer à tuyauter.
La coiffe se noue soit sous le menton, sur le crâne, soit à la nuque à l'aide de liens. Des épingles peuvent être utilisées pour en assurer la tenue.
Le « Soleil » de Boulogne-sur-Mer a connu une grande popularité et s’est diffusé dans d’autres territoires, comme le Calaisis, le Ponthieu ou le Vimeu. Ces variantes se distinguent principalement par la forme de l’ouverture : le « Soleil » de Boulogne-sur-mer présente un cercle presque parfait, tandis que ceux portés dans les autres territoires, notamment dans le Calaisis, se caractérisent par une ouverture plus fermée.
À noter : le plus souvent, les femmes portent un fond de coiffe sous la coiffe « Soleil », afin d’éviter qu’elle ne glisse.