Le sommet de l'OTAN Londres 2019 est le sommet de l'OTAN, conférence diplomatique réunissant dans la ville de Londres au Royaume-Uni, les 3 et , les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord et des alliés de l'organisation.

Contexte du sommet Un sommet sous le signe de fortes tensions entre alliés Soixante-dix ans après la fondation de l'Alliance atlantique, le sommet de Londres se tient à un moment où elle fait face à plusieurs difficultés importantes qui ont été mises en exergue par les propos tenus par le président français, Emmanuel Macron, dans l'interview qu'il a accordé à The Economist fin . Au-delà de l'expression choc employée, , les propos tenus visent en premier lieu le manque de coordination entre alliés en Syrie : . Sur le plan stratégique, dans la tradition de la politique étrangère du général de Gaulle, E. Macron craint que la garantie de sécurité des États-Unis vis-à-vis des Européens, conformément à l'Article 5 du traité. ne soit pas complètement assurée...

Quelle stratégie ? Bien que le Président américain centre ses propos sur les questions budgétaires, les questions sont nombreuses aussi autour d'une véritable unité stratégique de l'OTAN. La première interrogation, partagée par la plupart des Européens, a trait à la solidité ou non de l'engagement des États-Unis en Europe et de la pérennité ou non d'une politique américaine moins interventionniste, amorcée par Barack Obama, et davantage tournée vers la Chine et l'Asie en général.. Mais les points de vue divergent entre les Européens sur les réponses à apporter : certains, comme la Pologne ou les Pays baltes, veulent à tout prix continuer de s'appuyer sur les États-Unis pour leur sécurité, tandis que d'autres, la France en premier lieu, souhaitent que l'Europe développe son autonomie stratégique sans pour autant que cela signifie la fin de l'OTAN..

Étroitement liée au positionnement des États-Unis au sein de l'OTAN, la question des relations avec la Russie fait aussi l'objet d'un débat stratégique : faut-il considérer la Russie comme la principale menace à laquelle l'OTAN doit faire face et conserver une politique de fermeté dans la continuité de celle adoptée en 2014 lors des évènements en Ukraine, ou bien faut-il rechercher le dialogue avec la Russie et davantage l'associer à la mise en place d'une nouvelle architecture de sécurité en Europe, objectif maintes fois affiché lors de la fin de la guerre froide mais jamais concrétisé ? Certains pays comme la Hongrie et, plus récemment, la France souhaitent la reprise du dialogue, d'autres notamment parmi les autres pays de l'Est vivent toujours dans la crainte de la Russie.

Plus généralement, il s'agit pour la France de ne pas seulement discuter des budgets de défense mais aussi de s'interroger sur les finalités stratégiques de l'Alliance..

La Turquie La Turquie et les autres pays membres de l'Alliance s'opposent sur plusieurs sujets. Le rapprochement entre Ankara et Moscou à propos de la guerre civile en Syrie inquiète Washington comme les Européens. Sa traduction la plus spectaculaire en est la décision des Turcs d'acheter aux Russes le système de missile antiaérien S-400 Triumph, incompatible avec les systèmes de l'Otan, s'est traduit par la décision des Américains de les exclure du programme d'avion F-35. De même la politique islamique du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui soutient les Frères musulmans, et le fait que pendant la guerre menée par la coalition internationale contre l'État islamique et le Front al-Nosra en Irak et en Syrie, Ankara a toléré la circulation des djihadistes sur son territoire inquiète les Occidentaux. En , l'offensive turque contre les Kurdes au nord de la Syrie a été condamnée par les Européens qui se sont à cette occasion alarmés des hésitations américaines et du retrait de leurs forces sans concertation préalable au sein de l'Otan.

Du point de vue turc, Erdogan garde d'abord une rancœur à l'égard de l'attitude des Occidentaux qui ne se sont pas pressés de le soutenir lors de la tentative de coup d'État de 2016. Surtout, les Turcs ne comprennent pas de ne pas être soutenus sur la question kurde qui revêt pour eux une importance primordiale.. Les relations entre la France et la Turquie se sont envenimées depuis qu’E. Macron a reçu des représentants des Forces démocratiques syriennes, dominées par la milice kurde YPG, considérée par Ankara comme une extension de son ennemi, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)..

Le partage de l'effort de défense

+Dépenses de défense (% du PIB réel).ÈtatBudgetDéfense2018(M US$)2013201520182019 e6724,03 %3,52 %3,30 %3,42 % OTAN Europeet Canada3001,47 %1,43 %1,52 %1,57 %602,26 %2,05 %2,13 %2,14 %501,86 %1,78 %1,82 %1,84 %501,22 %1,18 %1,24 %1,38 %251,27 %1,07 %1,21 %1,22 %141,52 %1,39 %1,85 %1,89 %130,93 %0,92 %0,92 %0,92 % Durant le précédent sommet à Bruxelles en juillet 2018, Donald Trump a rappelé avec beaucoup d'insistance l'engagement pris par les États membres de l'OTAN lors de leur sommet de 2014 à Newport de consacrer au moins 2% de leur PIB au budget de la Défense, dont 20% minimum à l'investissement dans des équipements neufs. Même si rien ne permet de contraindre les pays membres à utiliser ce budget pour des dépenses liées directement à cette coopération : il ne s'agit que de la garantie d'armées souveraines modernes et fortes. Le partage de l'effort de défense a été le sujet central de ce sommet au détriment des autres enjeux comme la posture d'équilibre vis-à-vis de la Russie ou la Turquie, membre de l'OTAN depuis 1952, mais avec laquelle les relations étaient pourtant déjà un sujet de tensions entre les alliés..

Les données les plus récentes publiées par le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, montrent que les Européens continuent en 2018 et 2019 d'augmenter leurs dépenses de défense, mais qu'une majorité de pays demeure en deçà de la cible fixée au sein de l'OTAN.

En 2018, le budget de défense des États-Unis, d'un montant de 672 milliards US$ selon les données de l'OTAN est plus de deux fois supérieur aux 300 milliards que les pays européens membres de l'OTAN et le Canada consacrent à leur défense. Toutefois, selon une étude de l'IISS, la part consacrée par les États-Unis à La Défense de l'Europe est en 2018 d'environ 35 milliards US$, soit moins que chacune des trois plus grandes nations européennes.. +Europe OTAN et Canada - dépenses de défense(Évolution annuelle réelle, sur la base des prix et taux de change de 2015)2013201420152016201720182019 e -1,20 % -0,96 % +1,71 % +2,97 % +5,71 % +4,42 % +4,59 %

L'Otan, le traité FNI et le contrôle des armements

En , les États-Unis ont annoncé leur intention de dénoncer le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) au motif que ces dernières années, selon Washington, la Russie a mis au point, produit, testé et déployé un nouveau missile mobile à portée intermédiaire, le SSC-8/9M729. capable d'atteindre les capitales européennes avec des charges nucléaires.. L'extinction du traité FNI est effective depuis le . Les pays membres de l’OTAN publient ce jour-là une déclaration dans laquelle ils appuient pleinement cette décision, et attribuent « l’entière responsabilité » de l’extinction du traité à la Russie.

Après la fin du traité FNI, les Européens redoutent d’être otages de l’épreuve de force à laquelle se livrent Washington et Moscou à propos de leurs systèmes de missiles et souhaitent donc aborder cette question durant le sommet. Pour la première fois de l’histoire, les parties russe et américaine ne sont pas engagées dans une discussion de prolongation des accords existants ou de nouvelles mesures de contrôle pour couvrir la prochaine génération d’armements. Le risque existe que l'installation de nouveaux missiles américains et russes en Europe recréent une situation comparable à la crise des Euromissiles qui a secoué dans les années 1980 la solidarité atlantique, en raison notamment de la force des mouvements pacifistes.

La Chine À la demande de Donald Trump, la Chine est pour la première fois à l'ordre du jour d'un sommet de l'Otan. Les préoccupations américaines sont de deux ordres. Le premier sujet est la place de plus en plus importante de la Chine dans le développement des technologies nouvelles et les craintes qui lui sont associées qu'elle exploite à son profit leur maîtrise, y compris le cas échéant pour porter atteinte à la sécurité des États-Unis et des Alliés. L'interdiction faîte à Huawei de vendre sa technologie 5G sur le territoire américain est une illustration très visible des questions que se posent les Occidentaux.. Le deuxième sujet est l’acquisition par Pékin d’armements ultramodernes, dont des missiles intercontinentaux capables d’atteindre l’Europe et les Etats-Unis. Les Américains veulent impliquer les Chinois dans les négociations relatives aux futurs traités sur la maîtrise des armements, et Donald Trump compte sur le soutien des membres de l'Otan..

Thèmes de discussion et décisions Malgré les dissensions entre les Alliés, les 29 membres de l'OTAN adoptent à la fin du sommet une déclaration commune affirmant leur solidarité, leur unité et leur cohésion.. Les principales positions et décisions prises lors du sommet sont regroupées dans la qui comporte neuf points..

La déclaration couvre les principaux aspects suivants :

Réaffirmation du lien transatlantique (Point 1) : , . La déclaration fait une référence explicité à la clause de solidarité entre les Alliés inscrite dans le traité de 1949 : . Augmentation des dépenses de défense (Point 2) : En termes généraux et sans engagement de date, la déclaration prend acte du fait que et assure que les membres de l'Otan continueront de renforcer leur capacité individuelle et collective de résistance à toute forme d'attaque. Menaces auxquelles l'Alliance fait face (Point 3) : La déclaration identifie explicitement les menaces émanant des et du . Dissuasion nucléaire et contrôle des armements (Point 4) : La déclaration réaffirme la stratégie nucléaire de l'Otan : ainsi que son attachement . Le texte fait à nouveau le constat de et en fait porter la responsabilité exclusive sur la Russie. Nouvelles technologies : cyber, 5G, espace (Point 6) : L'espace est dorénavant considéré comme le cinquième domaine opérationnel de l'OTAN, aux côtés de la terre, de l'air, de la mer et du cyber. Plus généralement, en matière de technologies nouvelles, la déclaration finale met en exergue la nécessité . En rapport avec cette thématique des nouvelles technologies, la déclaration mentionne la Chine dont . Réflexion stratégique (Point 7) : Les Alliés donnent suite aux propositions allemandes et françaises d'améliorer la coordination stratégique et politique de l'Otan en ces termes : .

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a donné son accord à l'adoption de ce texte car il condamne le terrorisme et le considère comme . En contrepartie, Erdogan a accepté l'adoption des nouveaux plans de sécurité régionaux pour la Baltique, la Pologne, la Turquie et le flanc sud de l'Alliance, a annoncé Jens Stoltenberg.. Le président français E. Macron voit son souhait exaucé et que l'Otan reste ouvert , même si cette déclaration finale de Londres identifie clairement la Russie comme la principale menace à laquelle l'Alliance doit faire face.

Pays participants et représentants OTAN et États membres – Edi Rama, Premier ministre – Angela Merkel, Chancelière – Sophie Wilmès, Premier ministre – Roumen Radev, Président – Justin Trudeau, Premier ministre – Andrej Plenković, Premier ministre – Mette Frederiksen, Premier ministre – Pedro Sánchez, Premier ministre – Jüri Ratas, Premier ministre – Donald Trump, Président – Emmanuel Macron, Président – Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre – Viktor Orbán, Premier ministre – Katrín Jakobsdóttir, Premier ministre – Giuseppe Conte, Premier ministre – Egils Levits, Président – Gitanas Nausėda, Président