Elisabeth Schumacher, née Elisabeth Hohenemser le à Darmstadt et morte le à la prison de Plötzensee à Berlin, est une graphiste et une résistante allemande au nazisme, membre d'un groupe de résistants nommé l'Orchestre rouge par la Gestapo.

Biographie vignette|gauche|Stolperstein, Werner-Voß-Damm 42, Berlin-Tempelhof. Elisabeth Hohenemser est née le à Darmstad. Elle est la fille de l'ingénieur Fritz Hohenemser, d'une famille membre de l'Église protestante réformée, auparavant une famille de banquiers juifs de Francfort-sur-le-Main, et d'une mère chrétienne de Thuringe. La famille déménage en 1914 de Strasbourg à Francfort. Le père d'Elisabeth meurt sur le front de la première guerre mondiale en , la famille part alors pour Meiningen.

Elle revient à Francfort en 1921 et suit des études d'art à Offenbach puis à Berlin, dans la classe d'. Elle travaille ensuite au de Charlottenbourg où elle fait la connaissance de Libertas Haas-Heye. À partir de 1935, les lois de Nuremberg font qu'elle est considérée comme demi-juive, ce qui l'empêche d'occuper un emploi stable et la contraint à travailler de façon indépendante.

En 1934, elle épouse le sculpteur (1905-1942). Le couple intègre un groupe d'amis regroupés autour de Libertas et Harro Schulze-Boysen, un des groupes que les Nazis désigneront par la suite sous le terme « orchestre rouge ». Pendant la guerre civile espagnole, des documents confidentiels de l'armée de l'air allemande circulent dans le groupe et Elisabeth Schumacher se charge de les copier et les miniaturiser Gert Rosiejka, Die Rote Kapelle. „Landesverrat“ als antifaschistischer Widerstand. Avec une introduction de Heinrich Scheel. ergebnisse, Hambourg 1986, , p. 37.. Le groupe distribue également des tracts, activité alors illégale, et travaille à répertorier et documenter les crimes commis par le régime nazi. Elle-même distribue des tracts anti-nazis et tente de sauver des Juifs de la déportation.

Au printemps 1941, le couple Schumacher participe à une tentative du groupe d'informer l’Union soviétique de l'imminence de l'opération Barbarossa. En , elle essaie avec d'empêcher le suicide de son oncle le musicologue et de sa femme Alice qui mettent fin à leurs jours, désespérés par les persécutions dont les Juifs sont victimes. Après le début de la guerre contre l'Union soviétique, elle reçoit un code radio et de l'argent du représentant de l'ambassade soviétique Alexandre Korotkov. En , le couple Schumacher accueille le communiste , un allemand vivant en Union soviétique depuis les années 1930, agent du NKVD et parachuté au-dessus de l'Allemagne pour aider le groupe de résistance à transmettre des informations à l'Union soviétique. Elle le met en contact avec Harro Schulze-Boysen et Hans Coppi.

En , les réseaux berlinois sont démantelés et leurs membres arrêtés. Kurt Schumacher est arrêté à Poznań. Elisabeth Schumacher est arrêtée dans leur appartement le et emmenée au quartier général de la police de l'Alexanderplatz à Berlin. Le , comme son époux, elle est condamnée à mort par le Reichskriegsgericht, présidée par le juge , pour « préparatifs de haute trahison », « trahison nationale » et autres crimes politiques. Ils sont exécutés le à la prison de Plötzensee, lui par pendaison, elle par guillotine.

Lors de ce procès, Harro Schulze-Boysen, Libertas Schulze-Boysen, Arvid Harnack, John Graudenz, , , Hans Coppi et Kurt Schulze sont également condamnés à mort. Erika von Brockdorff et Mildred Harnack sont condamnés respectivement à 6 et 10 ans de prison. Adolf Hitler n'accepte pas ces peines de prison et ordonne un nouveau procès pour les deux femmes, à l'issue duquel elles sont également condamnées à mort.

Hommages

Une plaque commémorative est apposée sur la maison de la Schulstrasse 4 à Meiningen, où Elisabeth Schumacher a vécu avec sa mère et ses frères et sœurs de 1915 à 1921. En 2019, cette rue est renommée « Elisabeth-Schumacher-Strasse » À Francfort-sur-le-Main, une plaque de bronze est apposée le sur la maison où Elisabeth Schumacher a vécu de 1921 à 1924, Kettenhofweg 46. En 1969, elle est honorée à titre posthume de l'Ordre soviétique de la guerre patriotique, première classeNeues Deutschland, 23 décembre 1969. Des rues portent son nom à Darmstadt et Leipzig. Un stolperstein est apposé en son hommage, devant son ancien domicile, Werner-Voss-Damm 42, à Berlin-Tempelhof en 2015.

Bibliographie , Hochschule der Künste, Berlin: Kunst, Macht, Politik. Die Nazifizierung der Kunst- und Musikhochschulen in Berlin. Elefanten Press, Berlin 1988, . Luise Kraushaar, Deutsche Widerstandskämpfer 1933 bis 1945. Berlin 1970, vol. 2, pp. 230 et suiv.

Notes et références

Catégorie:Naissance en avril 1904 Catégorie:Naissance à Darmstadt Catégorie:Décès en décembre 1942 Catégorie:Décès à Berlin-Plötzensee Catégorie:Décès à 38 ans Catégorie:Résistante allemande Catégorie:Orchestre rouge Catégorie:Condamné à mort exécuté en Allemagne au XXe siècle Catégorie:Condamné à mort guillotiné Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich Catégorie:Stolpersteine Catégorie:Résistance allemande au nazisme Catégorie:Condamnée à mort exécutée