vignette|Illustration tirée de l'édition par Karl Müller en 1855 des Geographi Graeci Minores Par l'expression savante dépassée de géographes grecs mineurs ou GGM ( en latin) ou de petits géographes grecs, on entend un ensemble de textes de géographes grecs anciens qui nous sont parvenus par diverses traditions byzantines entre les et les manuscrits des .

Une partie de ces traditions manuscrites (particulièrement celle représentée par le Palatinus Heidelbergensis graecus 398) est identifiée comme faisant partie de la « collection philosophique » ou « platonicienne », associée à la période dite de la renaissance macédonienne. Celle-ci serait attribuable à un cercle d’érudits et de copistes actifs à Constantinople dans la seconde moitié du (Marcotte 2012, ) ayant produit un résumé du savoir païen (Rashed 2002, ), entendu comme les connaissances précédant le christianisme, et « une sorte d’initiation aux nouvelles pratiques éditoriales » (Eleftheriou 2016, []).

Ce corpus géographique, mythographique, et épistolographique, constitué principalement d'itinéraire, de chorographie, de períodos, de périégèse ou de périple, est parfois fragmentaire. Certaines œuvres ont comme auteur Hannon, Isidore de Charax, Arrien, Marcien d'Héraclée, Denys de Byzance, Agathémère, Agatharchide de Cnide, Hippolytus, Denys le Périégète, d'autres ont une attribution incertaine ou sont anonymes.

Après les précurseurs Sigismund Gelenius et Lukas Holste, l'apport des publications de David Hœschel et de Jakob Gronovius, un recueil de ces œuvres a été édité par John Hudson entre 1698 et 1712, puis enfin par Karl Müller entre 1855 et 1861. La collection de Müller, bien qu'incomplèteUn troisième tome de textes aurait été envisagé, et un deuxième volume de carte n'a pas été imprimé., publié en deux tomes sous le titre de Geographi graeci minores et accompagnés d'un volume de carte, a fait autorité et est connue sous l'abréviation de GGM.

a, dans sa célèbre publication de 1952, recensé l'ensemble des traditions manuscrites des « géographes mineurs » et les diverses éditions de ces textes après la Renaissance. Depuis 2000, Didier Marcotte a entrepris une nouvelle édition, accompagnée d'une traduction française, des géographes grecs dans la Collection des universités de France. Certains textes fragmentaires doivent faire l'objet d'une édition dans la cinquième partie du Brill’s New Jacoby concernant la géographie grecque, prévu pour 2020.

Les qualificatifs vieillis de « mineurs » ou de « petits » (tous deux abandonnés par Marcotte) se disent en opposition avec les géographes grecs « majeurs » comme Strabon et Ptolémée, voire aussi comme Pausanias ou Étienne de Byzance.

Sommaire des GGM Table des matières chronologique des géographes grecs publiés par Müller en 1855 et 1861Il ne s'agit pas d'une table exhaustive des GGM (plusieurs textes ne sont plus considérés comme faisant partie du corpus), mais du recensement fait par Didier Marcotte des textes de géographes grecs de l'Antiquité, tel que l'on peut les considérer en 2000., revu par D. Marcotte (2000, p. XXIV-LV).

sigle de l'éd. des CUF | abréviation dans Diller | manuscrit | prolégomènes dans éd. de Müller | addenda et corrigenda | texte de l'éd. de Müller | autre éd. | inventaire MarcotteObs. : l'édition de référence actuelle est rarement celle du GGM, voir l'article en question pour plus de détails bibliogr.

Les textes de la tradition des deux corpus byzantins D et A [a1] Hannon, PéripleLa traduction française de Périple d'Hannon est accompagnée en regard du texte grec établi par Wolfgang Aly, en 1927, dans Jehan Desanges, Recherches sur l'activité des Méditerranéens aux confins de l'Afrique ( siècle avant J.-C. - siècle après J.-C.), Rome, 1978, (Publications de l'École française de Rome, 38) (en ligne). (A) : GGM I, prolég. p. XVIII-XXXIII ; Une transcription partielle du Périple a été faite, entre 1998 et 2002, par Ulrich Harsch dans sa bibliotheca Augustana. ; éd. Wolfgang Aly, dans Hermes, 62, 1927, ; Marcotte, p. XXIV-XXVI [a2] ps.-Scylax, Périple (D) : GGM I, p. XXXIII-LI ; CXXXVII-IX ; 15-95Voir Pseudo-Skylax : le Périple du Pont-Euxin, éd. et trad. fr. par Patrick Counillon, Bordeaux, 2004 (en ligne) : en introduction, , Patrick Counillon précise que « le texte adopté s'aligne le plus souvent sur celui de K. Müller, l'apparat critique qui accompagne cette édition ne relève, en plus des leçons du manuscrit, que les divergences entre son édition est la mienne ». On peut aussi consulter une transcription partielle de l'éd. de Karl Muller faite, en 2006, par Ulrich Harsch dans sa bibliotheca Augustana. ; Marcotte, p. XXVI-XXVII [a3] Héracl. Cr. = qualifie cet Héraclide (du Pont ?) de Crétique, ce que certains ont lu comme Héraclide le Critique (G. Fr. Unger, « Herakleides Pontikos der Kritiker », dans Rh.M., 38, 1883, . Voir aussi R. Däbritz, « Herakleides », dans RE, XV, 1912, col. 484 ; Alexander Arenz, « Herakleides Kritikos (2022 = 369A) », dans FGrH V (en-tête en ligne). Cf. Marcotte, 2000, p. XXIX, n. 52), ce qui ne fait pas de lui un crétois : Éric Perrin, « Héracleidès le Crétois à Athènes : les plaisirs du tourisme culturel », dans Revue des Études Grecques, 107, 1994, (en ligne). (Périégèse de la GrèceVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes.) ; GGM I, et FHG II, ; éd. Friedrich Pfister, Die Reisebilder des Herakleides, Vienne, 1951Une transcription partielle de l'éd. de Friedrich Pfister a été faite, en 2010, par Ulrich Harsch dans sa bibliotheca Augustana. / Dion. Call. = Dionysios, fils de Calliphon (Description de la GrèceVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes.) ; GGM I, ; éd. Marcotte, 1990Le poème géographique de Dionysios, fils de Calliphon, édition, traduction et commentaire par Didier Marcotte, Louvain-Bruxelles, 1990 (Mémoires de l'Académie Royale de Belgique, Classe des Lettres, Fonds Draguet) . / = Fragments des poèmes géographiques du pseudo-Dicéarque ou du pseudo-Scymnos (D) : GGM I, prolég. p. LI-LIII et LXXX ; add. p. CXXXIX-CXLI ; Marcotte, p. XXVIII-XXX [a4] Periodos = Periodos iambique dite de ScymnosVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes. (D) : GGM I, p. LXXIV-IX ; CXLI ; 196-237 ; Marcotte, 1-102 et éd. 103-307 [a5] Isid. = Isidore de Charax, Mansiones ParthicaeUne transcription partielle de la traduction anglaise par Wilfred H. Schoff a été faite, avant 2017, par K. E. Eduljee dans heritageinstitute.com. (DE) : GGM I, p. LXXX-XCV ; CXLI ; 244-256 ; FGrH 781Voir « Isidoros of Charax (781) » dans l'Alphabetical lists of ancient Greek fragmentary historians de la Müller-Jacoby Table of Concordance. ; éd. , Parthian Stations by Isidore of Charax, Philadelphie, 1914Une transcription partielle de l'éd. de Wilfred H. Schoff a été faite, en 2019, par Ulrich Harsch dans sa bibliotheca Augustana. ; Marcotte, p. XXX [a6] Érythr. = Périple de la mer Érythrée (A) : GGM I, p. XCV-CXI ; CXLI-IV ; 257-305 ; Marcotte, p. XXX-XXXI [a7] Arr., Pér. = Arrien, Périple du Pont-Euxin (A) : GGM I, p. CXI-V ; CXLIV ; 370-401 ; Marcotte, p. XXXI-XXXII [a8] Eux. = (A) : GGM I, p. CXV-XXII ; CXLIV-V ; 402-423 ; FHG V, p. XIX-XXII et (avec un tableau toponymique) ; éd. Diller, Tradition, 102-146 ; Marcotte, p. XXXII-XXXIV [a9] Marc. Hér. = Marcien d'HéracléeVoir Bianca Maria Altomare, « Géographie et cosmographie dans l’Antiquité tardive : la tradition grecque et les modèles latins », dans Dialogues d'histoire ancienne, 39-1, 2013, (en ligne). (D) : GGM I, p. CXXIX-CXXXVII ; CXLV ; Ext. = Périple de la mer ExtérieureVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes. (515-562) ; Épit. Mén. = Épitomé du Périple de Ménippe (563-573 ; éd. Diller, Tradition, 147-164) ; Épit. Art. = Épitomé d'ArtémidoreVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes. (574-576) ; Marcotte, p. XXXIV-XXXVII [a10] Dion. Byz. = Denys de ByzanceVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes. (A) : GGM II, p. I-XIV ; 1-101 ; FHG V, 188-190 ; éd. Rudolf Güngerich, Dionysii Byzantii Anaplus Bospori, Berlin, 1927 ; Marcotte, p. XXXVIII-XXXIX [a11] Agathém. = Agathémère, Hypotyposes GeographieaeVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes. (A) : GGM II, prolég. p. XLI-XLIII ; p. 471-487 ; éd. , « Agathemerus, Sketch of Geography », dans , 16 (1975), p. 59–76 ; Marcotte, p. XXXIX-XL [a12] Hypotyp./ Diagn. = Hypotyposis anonyme (A) : GGM II, p. XLI-II ; 494-509 ; Diagnosis anonyme (B) : GGM II, p. XLI ; 488-493 ; Marcotte, p. XL-XLII [a13] Fluv. = pseudo-Plutarque, De FluviisVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes.Voir Pseudo-Plutarque, Nommer le monde : origine des noms de fleuves, de montagnes et de ce qui s’y trouve, trad. par Charles Delattre, Lille, 2011 . Une transcription partielle de la trad. française par Dominique Ricard de 1783-1795 a été faite dans remacle.org. (A) : GGM II, p. LII-LVII ; ; éd. E. Calderón Dorda, et al., Pseudo-Plutarque, Fiumi e monti, Naples, 2003 ; Marcotte, p. XLII-XLIII [a14] Chrest. = ChrestomathiesVoir les manuscrits dans le catalogue du CNRS pinakes.Voir Didier Marcotte, « Priscien de Lydie, la géographie et les origines néoplatoniciennes de la Collection philosophique », dans Journal des savants, 2014, , (en ligne). de Strabon (AE) : GGM II, 529-636 ; éd. , Strabons Geographika, IX, Epitome und Chrestomathie, Göttingen, 2010, ; Marcotte, p. XLIII-XLV

Autres textes, autres traditions [b1] Agatharch. = Agatharchide de Cnide : GGM I, p. LIV-LXXIII ; (Sur la mer ÉrythréeVoir la trad. de , On the Erythraean Sea, Londres, 1989 (Works issued by the Hakluyt Society. 2nd ser., 172) (en ligne).) ; FHG III, ; éd. Dieter Woelk, Agatharchides von Knidos. Über das rote Meer [Thèse, 1965], Bamberg, 1966 ; Marcotte, p. XLV-XLVIII [b2] Arrien, Des traductions françaises du traité Sur l'Inde d'Arrien ont été faites par Pierre Chantraine en 1927 - sa thèse - et en 1952 (lisible 14 jours) dans la CUF, puis en 1984 par Pierre Savinel d'après l'éd. de Brunt (Cf. Laurent Pernot 1985). La traduction anglaise de 1933, par Edgar Iliff Robson d'après l'éd. de Dübner, est accessible sur fordham.edu. La dernière traduction anglaise est de et (2013). (ÖNB, Hist. gr. 4, fol. 137r°-160v°Voir la notice du manuscrit dans le catalogue du CNRS pinakes.) : GGM I, p. CXI ; ; éd. et , Flavius Arrianus [vol. II], Scripta minora et fragmenta, Leipzig, 1968, Une transcription partielle de l'Ινδική, peut-être d'après le texte grec établi par Karl Müller en 1855, a été faite dans wikisource. En 1846, Friedrich Dübner avait, avec la collaboration de Müller, édité l'Indica accompagnée d'une traduction latine (repr. de 1877 en ligne). Le texte établi par (1928), corrigé par (1968 - aussi dans archive.org ; repr. 2013) dans le vol. II des œuvres connues d'Arrien de la Bibliotheca teubneriana (tome 1242), fait depuis autorité. Cette dernière édition a été revue et traduite par Peter Astbury Brunt en 1983 dans la Loeb Classical Library (Cf. Supplément critique au Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1929, Henri Tonnet 1974, Georges Nachtergael 1977 et Richard Bodéüs 1985). ; Marcotte, p. XLVIII-XLIX