Krasnoïarsk (en , ) est une ville russe, située en Sibérie orientale, et le centre administratif du kraï de Krasnoïarsk. La ville forme sa propre subdivision en tant qu'okroug urbain au sein du kraï, et elle est divisée en sept arrondissements. La ville est l'une des plus anciennes de Sibérie et est divisée par le grand fleuve Ienisseï.
Fondée en 1628 par les cosaques du Ienisseï, elle est alors un fort russe sur des terres kètes. Subissant plusieurs fois les attaques des tribus locales, y compris des Ienisseï kirghizes, la localité accède au statut de ville en 1690. Au début de la période impériale, la ville est connectée aux principales voies de communications sibériennes, même si Ienisseïsk reste alors la plus importante ville de la région, qu'elle finit par dépasser au siècle suivant, devenant la plus grande ville du Ienisseï. En 1773, la ville est ravagée par un incendie qui la détruit presque entièrement. Elle obtient le statut de capitale du gouvernement du Ienisseï au début du , devient un grand centre commercial prospère avec la ruée vers l'Or en Sibérie, et s'industrialise à la fin du siècle. Pendant la révolution russe de 1905, elle est lieu de la brève république de Krasnoïarsk, et elle est prise en pendant la guerre civile par les bolcheviks. La population explose pendant l'après-guerre, mais ses usines sont impactées par la dislocation de l'URSS.
Forte de en 2023, elle est la huitième ville du pays, la ville millionnaire de Russie la plus orientale, et la quatrième de Sibérie. Son agglomération est la treizième de Russie, avec . La ville se trouve sur les deux rives du puissant fleuve sibérien Ienisseï, à la jonction de la plaine de Sibérie occidentale, du plateau de Sibérie centrale et des monts Saïan, dans une gorge formée par les contreforts les plus septentrionaux du Saïan oriental. Ses colonnes forment un parc national au sud de la ville.
Centre scientifique, éducatif, culturel et sportif de Sibérie orientale, la ville universitaire compte plus de , possédant entre autres l'Université fédérale de Sibérie, un centre de la branche sibérienne de l'Académie des sciences de Russie ou encore l'Université aérospatiale sibérienne d'État. La ville est le siège de nombreuses institutions culturelles, dont le musée régional et le musée d'État des Beaux-Arts Vassili Sourikov. La ville a perdu une partie de son patrimoine, mais conserve un centre historique notable, avec des monuments comme la cathédrale de l'Intercession, plus ancien édifice de la ville, l'église de la Transfiguration ou la cathédrale de la Sainte-Trinité.
La ville est le centre économique de la région économique de Sibérie orientale, avec comme secteurs importants la métallurgie, l'hydroélectricité, l'industrie spatiale, la chimie et l'industrie du bois et l'éducation. Elle est un centre logistique, historiquement étape importante du Transsibérien, et désormais centre de routes vers l'Ouest, vers l'Est, vers la Mongolie et vers le Nord. Elle est un port sur le fleuve Ienisseï, et possède un important aéroport international. Sur le domaine politique, elle est le siège de la troisième cour d'appel d'abitrage. Elle est récipiendaire depuis 1978 de l'Ordre de la révolution d'Octobre.
Géographie
Situation Krasnoïarsk est situé en plein centre de la Russie, dans le kraï de Krasnoïarsk, troisième plus grande subdivision au monde, et deuxième plus grand sujet russe, qui est un kraï russe au centre de la Sibérie. La ville fait ainsi partie du district fédéral sibérien, se situant à à l'est-nord-est de Novossibirsk, la capitale du district, à à l'ouest-nord-ouest d'Irkoutsk, tandis que la capitale Moscou est à à l'est-nord-estDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques. Le fuseau horaire est l'heure de Krasnoïarsk (MSK+4, UTC+07:00).
La ville proprement dite, forme une subdivision de l'oblast sous le nom dokroug urbain de Krasnoïarsk (un okroug urbain). La ville est subdivisée en 7 arrondissements.
La ville s'étend d'ouest en est sur le long de la rive gauche du Ienisseï, et jusqu'à le long de la rive droite. Dans ses limites actuelles, la ville couvre une superficie de .
Relief et hydrographie La ville se situe à la jonction du plateau de Sibérie centrale, sur la rive gauche du Ienisseï, et des monts Saïan au sud. Elle se situe à la confluence du petit fleuve Katcha et du grand fleuve sibérien le Ienisseï.
Climat Krasnoïarsk possède un climat très continental avec des hivers très froids et assez secs et des étés brefs et assez chauds (type Dfc selon la classification de Koppen). L'amplitude thermique entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid est de . La neige recouvre le sol en moyenne par an.
Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année: 166 Nombre moyen de jours de pluie dans l'année: 120 Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année: 24 Nombre moyen de jours avec du blizzard dans l'année: 38
Environnement, flore et faune La ville se distingue par des alentours naturellement très riches, avec plusieurs parcs et réserves, des paysages de montagnes et de la taïga sibérienne. La plus importante aire protége est le parc national des colonnes de Krasnoïarsk (nommé avant 2019 réserve naturelle de Stolby). La réserve, qui s'étale sur une superficie de plus de , contient des élévations rocheuses dans les contreforts des monts Saïan orientaux.
La flore du parc national comprend de plantes vasculaires supérieures, dont plus de sont classées protégées. Les espèces d'arbres prédominantes dans la réserve sont le bouleau, le cèdre, l'épicéa, le mélèze, le pin, le sapin et le tremble. Quant à la faune, elle est représentée entre autres par d'animaux vertébrés et d'oiseaux. La faune représente à la fois la faune de la taïga et la faune de la steppe boisée.
La ville possède aussi le parc de la flore et de la faune Roïev Routcheï, qui abrite plus de sauvages, oiseaux, reptiles et poissons. Parmi elles, d'animaux et d'oiseaux sont répertoriées dans le Livre rouge de Russie. Enfin, la ville possède le plus ancien arboretum du kraï de Krasnoïarsk, l'arboretum de l'Université technologique d'État de Sibérie, fondé en 1948. Il occupe une superficie de et compte représentant les flores d'Europe, d'Asie centrale, de Sibérie, d'Extrême-Orient, de Chine, du Japon et d'Amérique du Nord.
Urbanisme
Voies de communication et transports La ville de Krasnoïarsk, positionnée au centre du pays et en Sibérie orientale, agit comme une plaque tournante des transportes, avec de nombreux moyens de transport. Elle relie la Russie européenne et plus largement l'Europe à la région d'Asie-Pacifique. Ainsi passent à Krasnoïarsk le chemin de fer transsibérien, la route transsibérienne et le fleuve Ienisseï.
Métro thumb|Le futur réseau de métro Un réseau souterrain de trois lignes est planifié depuis plusieurs années à Krasnoïarsk. Les trois premières stations ne sont pas encore ouvertes, mais plusieurs sites de construction sont visibles dans la ville. Aucune date pour l'inauguration n'a encore été annoncée.
Chemin de fer thumb|Gare de Krasnoïarsk et ancienne locomotive Krasnoïarsk est une étape importante du Transsibérien, au kilomètre 4098 depuis Moscou.
Aéroport Krasnoïarsk est desservi par l'aéroport international Yemelyanovo, situé à au nord-ouest de la ville.
Réseau routier La ville est connectée à deux autoroutes : lien=R255_(autoroute_russe)|40x40px se dirigeant vers Novossibirsk ou Irkoutsk et la lien=R257_(autoroute_russe)|40x40px vers la frontière mongole. La R255 agit comme un périphérique au nord de la ville. Il y a aussi la route du Ienisseï (04K-044) qui relie la ville à Ienisseïsk au nord.
Histoire thumb|left|Une maison ancienne thumb|left|Maison de style « néo-classique » dans le centre-ville thumb|Hôtel de ville de Krasnoïarsk
Krasnoïarsk a été fondée en et était à l'origine un ostrog (forteresse de frontière). Des militaires, commandés par le cosaque Andreï Doubenskoï, arrivèrent au confluent de la rivière Katcha et du fleuve Iénisseï et construisirent une fortification afin de se protéger des Tatars alors présents sur les rives du fleuve Iénisseï. La forteresse fut baptisée « Krasny Iar » (Красный Яр, le ravin beau, Krasny signifiait à l'époque beau et non rouge comme aujourd'hui), du nom du lieu de sa construction. Le nom « Krasnoïarsk » a été adopté lorsque la localité reçut son statut de ville.
Le développement de la ville commença après la construction de 1735 à 1741 de la liaison routière reliant Krasnoïarsk à Moscou, aux villes voisines d'Atchinsk et de Kansk et au reste de la Russie. Cette liaison fut stimulée par la découverte d'or dans la région et par l'arrivée dans la ville de la première liaison ferroviaire en 1895.
Pendant la période impériale, Krasnoïarsk était l'un des relais politiques du pouvoir.
Au , Krasnoïarsk fut le centre du mouvement cosaque de Sibérie. En 1822, elle reçut le statut de ville et devint le chef-lieu du gouvernement du Ienisseï et à la fin du , la ville possédait plusieurs usines et ateliers ferroviaires.
Sous l'Empire russe, Krasnoïarsk fut l'un des lieux de relégation des exilés politiques. Après l'échec de la révolte des décabristes en 1825, huit décabristes furent par exemple exilés de Saint-Pétersbourg vers Krasnoïarsk. Les tombes de certains se trouvent au cimetière de la Trinité.
Pendant la révolution russe de 1905, la ville fut le lieu de la brève république révolutionnaire de Krasnoïarsk.
Après la révolution russe de 1917, les plans quinquennaux ont permis à la ville de se développer grâce à la construction d'infrastructures et d'importantes usines : des chantiers navals, un port fluvial, une grande usine de papier ainsi que le barrage hydro-électrique de Krasnoïarsk, aujourd'hui cinquième barrage hydroélectrique le plus important au monde et le second en Russie.
En 1934, le krai de Krasnoïarsk fut créé, qui est la deuxième plus vaste division administrative du pays. Krasnoïarsk fut choisie comme capitale.
Pendant la période du stalinisme, la ville fut un important centre du Goulag. Le camp de travail le plus important était le Kraslag ou Krasnoïarskyi ITL (1938-1960) comprenant deux unités basées à Kansk et Rechioty.
Durant la Seconde Guerre mondiale, une douzaine d'usines furent transférées d'Ukraine et de Russie occidentale vers Krasnoïarsk et ses environs, stimulant ainsi le développement industriel de la ville. Après la guerre, de nouveaux sites industriels virent le jour, comme l'usine d'aluminium Rusal de Krasnoïarsk et l'usine métallurgique 'KrasMaj'.
thumb|left|Vue du centre de Krasnoïarsk (2003). À la fin des années 1970, l'Union soviétique fit construire une station radar à Abalakova (région de Krasnoïarsk), qui fut par la suite transférée à Komsomolsk-sur-l'Amour, après que l'URSS eut admis, en 1989, que cette installation violait le traité ABM.
Après la dislocation de l'Union soviétique, les industries locales furent privatisées et rachetées par quelques oligarques ou bien firent faillite. La transition économique eut pour résultat une augmentation massive du chômage et de nombreuses grèves.
Krasnoïarsk fut également le théâtre du scandale financier le plus connu de la seconde moitié des années 1990. Celui-ci éclata après qu'un homme d'affaires de la ville, Anatoli Bykov, fut accusé du meurtre de son partenaire financier et subit ainsi l'annulation de son achat de l'usine locale d'aluminium. Ces accusations se sont par la suite révélées infondées.
Sous l'impulsion du maire Piotr Pimachkov, la ville connaît depuis 1996 une amélioration sensible de son environnement urbain : les anciens bâtiments historiques ont été restaurés et de nombreuses places et fontaines ont été construites. Aujourd'hui, la ville garde seulement quelques traces de son passé soviétique.
Politique et Administration Krasnoïarsk est divisée en sept raïons administratifs (arrondissements) : Kirovski : en 2002 Leninski : Oktiabrski : Sovetski : Sverdlovski : Tsentralny : Jeleznodorojny :