La Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques s'est tenue du au à Glasgow, en Écosse, au Royaume-Uni. L'organisateur est le Royaume-Uni, en partenariat avec l'Italie.
Elle constitue la (désignée ), organisée par l'Organisation des Nations unies pour le Climat et réunissant les pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la réunion des parties au Protocole de Kyoto () et la troisième réunion des parties à l'Accord de Paris de 2015 (désignée ). Finalement, sont adoptées par la , 24 par la et 10 par la . La première décision de chacune de ces réunions est commune et s'intitule « Pacte de Glasgow pour le climat », obtenu avec de grandes difficultés et qui a conduit à une fin de la conférence avec un jour de retard.
Ce « Pacte de Glasgow pour le climat » comporte des avancées notables : plus de pays s'engagent à la neutralité carbone (dont pour la première fois, l'Inde, d'ici 2070). Les pays riches promettent de doubler le « financement de l'adaptation », devant aider les pays plus pauvres (PRFI) à faire face aux dégâts climatiques. Le marché du carbone sera mieux cadré, et plus de 400 entreprises du secteur financier annoncent un transfert de milliards de dollars vers des entreprises visant le zéro-émissions nettes. La diminution du charbon, et une sortie des subventions aux énergies fossiles sont pour la 1ère fois mentionnées. Deux alliances d'une centaine d'États prévoient respectivement de stopper la déforestation avant 2030, et de réduire de 30% les émissions mondiales de méthane avant 2030. Une (« coalition pour une haute ambition ») de s'engage sur pour atteindre l'objectif de 1,5 °C. La (BOGA qui regroupe ) s'engage à ne plus extraire ni pétrole ni gaz sur leur territoire. Un (GGI-OSOWOG ou « réseau vert : un soleil, une planète, un réseau ») allie pour construire un réseau interconnecté de centrales solaires.
Mais ce pacte est aussi qualifié d'accord ou car contenant des ambiguïtés et nombreuses faiblesses : désaccords sur les définitions, les détails et le financement de la mise en œuvre (ainsi, le texte appelle à réduire le charbon « sans relâche » mais il limite cet appel au charbon , or commente l'éditorialiste du journal Nature. La notion de zéro émissions nettes (net zero) n'a ni définition ni critères d'évaluation, faisant qu'. Aucun engagement n'a mobilisé tous les pays les plus pollueurs. Concernant l'aide aux pays vulnérables : ; les 80 milliards de dollars/an de annoncés par les pays riches aux PRFI sont dominés par des prêts, et ils incluent de l'aide classique au développement (financement d'écoles et d'accès à l'eau...) qui ne réduit pas directement les émissions de carbone.
Le groupe de recherche Climate Action Tracker a calculé que si tous les engagements de la COP26 sont tenus, les températures atteindront 2,4 °C en 2100, et non les 1,5 °C promis à Paris, ce qui serait catastrophique.
Chaque engagement sera évalué annuellement lors des prochaines COP, dont en 2022 où les pays présenteront des objectifs d'émissions plus ambitieux (alors que l'accord de Paris donnait 2025 comme date butoir pour cela).
Contexte et enjeux À la suite de l'échec de la précédente COP, à Madrid en 2019, des ministres belges de l'Environnement souhaitent que cette conférence internationale réponde aux ambitions de baisse de l'empreinte carbone en déclarant .
La COP26 aurait dû être présidée par Claire Perry, qui est relevée de cette tâche en , le gouvernement britannique alléguant qu'elle aurait manqué de diplomatie. Elle aurait notamment déclaré que l'accord de Paris serait « mort ». Elle est remplacée par Alok Sharma, le secrétaire d'État aux Entreprises, à l'Énergie et à la Stratégie industrielle. Une fois évincée, elle critique la politique du gouvernement britannique concernant la lutte contre le réchauffement climatique, estimant que Boris Johnson n'a pas tenu ses promesses.
L'événement est initialement prévu du au au . Du fait de la réquisition de ce lieu pour la lutte contre la pandémie de Covid-19, le , l’événement est décalé à l'année suivante.. Fin , elle doit se dérouler du au .. Après avoir annoncé sa venue à Glasgow, la reine Élisabeth II doit y renoncer pour raison de santé. ; en tant que chef d'État du pays organisateur, elle s'adresse néanmoins aux autres dirigeants dans un message vidéo diffusé en ouverture de la conférence..
Dans une vidéo diffusée le en réponse au nouveau rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Boris Johnson déclare que le Royaume-Uni a besoin que . Il déclare que le Royaume-Uni prendra des engagements dans quatre domaines spécifiques et encouragera le reste du monde à faire de même : (« charbon, voitures, argent, arbres »).. Ce slogan fixe ainsi quatre axes jugés essentiels pour la COP26..
Organisation et déroulement Présidence vignette|Les Premiers ministres italien Giuseppe Conte (à gauche) et britannique Boris Johnson (à droite) lors du lancement de la COP26 en . Initialement, la ministre d’État à l'Énergie et à la Croissance propre, Claire Perry, est nommée présidente de la conférence, mais elle est démise de ses fonctions le , plusieurs mois après avoir démissionné de son poste de députée..
Le , le secrétaire aux affaires, à l’énergie et à la stratégie industrielle, Alok Sharma, est nommé président de la COP, simultanément à sa fonction ministérielle, puis à temps plein à compter du . Le président assure les fonctions de direction des préparatifs de la COP et de présidence du comité du de mise en œuvre de l’action climatique pour coordonner l’action gouvernementale vers la neutralité carbone d’ici 2050..
Participants Vingt-cinq mille délégués de 200 pays sont présents et environ 120 chefs d'État. Parmi les participants figurent le président américain Joe Biden, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron, le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le Premier ministre israélien Naftali Bennett, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le Premier ministre indien Narendra Modi, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président indonésien Joko Widodo. L'animateur et historien de la nature anglais David Attenborough, qui a été nommé Défenseur du peuple de la COP26, a pris la parole lors du sommet.
Déroulement Des déclarations pessimistes du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, du Premier ministre britannique, Boris Johnson, et du président de la COP26, Alok Sharma, précèdent l'ouverture de la conférence et affirment que le contexte géopolitique et la crise sanitaire rendent « définitivement plus difficile » de mettre les 197 parties d’accord pour avancer sur l'agenda.
Après avoir envisagé de boycotter la manifestation., la militante écologiste Greta Thunberg se rend finalement à la COP26, au moins accompagnée de deux autres militantes pour le climat (l'Ougandaise Vanessa Nakate et la Polonaise Dominika Lasota), afin d'.
L'ONG britannique dénonce la présence à la COP26 de 503 lobbyistes de l'industrie fossile, au sein de 27 délégations de pays participants..
L'éditorialiste de la revue Nature déplore que les organisateurs de la conférence aient souvent interdit aux chercheurs présents d'accéder aux salles des négociations, alors que l'ONU leur permet habituellement d'observer directement les négociations pour en tirer des enseignement pour la Recherche ou pour produire des études de cas. Le bureau de la Convention des Nations-Unies sur le climat s'est engagé à examiner comment cette obstruction s'est produite. commente l'éditorialiste de Nature juste après la COP.
Sécurité Près de policiers sont déployés dans la ville pour la durée de la conférence..
Clôture La conférence s'achève le à 23h27, avec 29,5 heures au-delà de l’heure de clôture officielle (contre un dépassement de 44 h à la COP 25, de 30,5h à la COP 24, de 13 h à la COP 23, de 9 h à la COP 22 et de 30 h à la COP 21).
Manifestations Le , au début de la conférence, l'activiste du changement climatique Greta Thunberg critique le sommet lors d'une manifestation à Glasgow avec des membres de l'organisation Fridays for Future, en déclarant : « Cette COP26 est jusqu'à présent exactement comme les précédentes COP et cela ne nous a mené nulle part. Elles ne nous ont mené nulle part »
Le , une manifestation de Fridays for Future lors de laquelle Thunberg prend la parole rassemble des milliers de personnes, en grande partie des écoliers. Les participants se prononcent en faveur d'une action plus immédiate et de plus grande envergure sur le changement climatique. Le conseil municipal de Glasgow et la plupart des conseils voisins déclarent que les élèves ne seraient pas punis si les parents informaient l'école de leur absence. Le , Journée mondiale d'action pour la justice climatique, près de participent à une marche à Glasgow, des transports en autocars et des randonnées à vélo en groupes ayant été organisés pour permettre aux participants de venir de tout le Royaume-Uni. Ces manifestations sont les plus importantes à Glasgow depuis les marches contre la guerre en Irak en 2003. Une marche attire à Londres quant à elle selon la police et selon les organisateurs. Une centaine d'autres marches ont lieu ailleurs dans le pays, avec un total de dans , selon The Guardian.
Vanessa Nakate et des militants autochtones prononcent des discours à Glasgow. Les problèmes soulignés par les manifestants comprennent la mise en avant des intérêts des entreprises et l'incapacité des politiciens à aborder l'urgence climatique avec l'urgence requise ainsi que ses causes sous-jacentes. Des Mohawks de Kahnawake, des scientifiques écologistes, des militants végétaliens, des syndicalistes et des socialistes sont présents lors des marches.
Objectifs et engagements généraux Atténuation : limitations du réchauffement climatique Objectifs de l'accord de Paris vignette|redresse=1.2|alt=Graphes représentant les scénarios d'émissions estimés jusqu'en 2100. L'accord de Paris limite entre 2,5 et le réchauffement global. |Scénarios d'émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si tous les pays respectent leurs engagements actuels dans le cadre de l'accord de Paris, le réchauffement moyen d'ici 2100 dépasserait toujours l'objectif maximal de fixé par l'accord. L'accord de Paris prévoit de ne pas dépasser 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle à l’horizon 2100. Il est mis en œuvre par le biais des politiques nationales.
Or de multiples rapports arrivent à la conclusion que, quels que soient les scénarios, cet objectif ne pourra pas être maintenu. En 2021, une étude utilisant un modèle probabiliste a conclu que les taux de réduction des émissions devraient augmenter de 80 % au-delà des contributions déterminées au niveau national (CDN) pour atteindre probablement l'objectif des , et que les probabilités que les principaux émetteurs respectent leurs CDN sans une telle augmentation sont très faibles. Elle a estimé qu'avec les tendances actuelles, la probabilité de rester en dessous de de réchauffement est de 5 % .
Un des mandats de la COP est de « garder en vie » cet accord et de maintenir cet objectif.
Accord de 49 pays : « coalition pour une haute ambition »