Johann Adolf von Thielmann, né le à Dresde dans l'électorat de Saxe et mort le à Coblence, est un militaire de l'armée saxonne, de l'armée impériale russe puis de l'armée prussienne qui combat dans les guerres de la Révolution et de l'Empire.

Origines Johann Adolph von Thielmann, né en 1765, élevé au rang de Freiherr (baron) en 1812, est le fils de Johann Friedrich von Thielmann (1705–1782), conseiller à la cour du prince-électeur de Saxe, et de Karoline Charlotte, née Seuffert (morte en 1795). De 1776 à 1779, il étudie au lycée de Saint-Afra à Meissen. En 1780, il entre en tant que junker au service du prince-électeur et, en 1782, devient enseigne dans l'armée saxonne, dans le régiment de chevau-légers Duc de Courlande à Grimma. En 1784, il est promu sous-lieutenant, et en 1791, lieutenant du nouveau régiment de hussards de Kölleda.

Guerres dans l'armée saxonne Il participe aux guerres de la Première Coalition contre la France révolutionnaire et, en 1798, est promu Stabsrittmeister (échelon inférieur à celui du Rittmeister, capitaine de cavalerie).

Pendant la guerre de la Quatrième Coalition, l'armée saxonne bat en retraite après la défaite de Saalfeld (). Thielmann combat du côté prussien à la bataille d'Iéna (). Le , il fait partie d'une délégation envoyée à Napoléon : rempli d'admiration pour l'empereur français, il contribue à faire passer la Saxe dans l'alliance de la France.

Avec la dissolution du Saint-Empire, l’Électorat de Saxe est alors transformé en royaume de Saxe sous Frédéric-Auguste et entre dans la confédération du Rhin sous tutelle française. En 1807, l'armée saxonne participe aux côtés des Français au siège de Dantzig, puis à la bataille de Friedland contre l'armée russe et les restes de l'armée prussienne.

Dans la guerre de la Cinquième Coalition en 1809, la Saxe est de nouveau alliée de la France contre l'empire d'Autriche. Thielmann participe aux opérations contre le corps autrichien du Feldmarschall-Leutnant qui était entré en Saxe, puis contre le corps franc Schwarze Schar qui continue la lutte en Westphalie après la défaite autrichienne de Wagram.

L'historien militaire Guillaume de Vaudoncourt cite Thielmann comme un officier exemplaire pour ses missions de reconnaissance dans la campagne de 1809Guillaume de Vaudoncourt, Journal des sciences militaires des armées de Terre et de mer, Volume 82,1846, p. 235-236 .

En 1810, Thielmann est promu Generalmajor (général de brigade). En 1812, il commande une brigade de cuirassiers dans le corps saxon de la Grande Armée pendant la campagne de Russie. Il combat à la bataille de la Moskova le , dans le corps de cavalerie du général Latour-Maubourg..

Sa conduite pendant cette campagne lui vaut le grade de Generalleutnant, le titre de baron et la croix de l'ordre militaire de Saint-Henri.

Changement de camp à Torgau thumb|Plan de Torgau en 1849. thumb|La Bäckertor à Torgau en 1807. Le , le roi Frédéric-Auguste confie à Thielmann la défense de la place de Torgau, sur l'Elbe, en lui ordonnant de garder une stricte neutralité entre les Français, dont la Grande Armée revient décimée de la retraite de Russie, et l'armée russe qui avance vers l'Allemagne.

Thielmann applique à la lettre cette consigne de neutralité. Le , un corps français en retraite de hommes se présente pour traverser le fleuve : il fait établir un pont de bateaux plutôt que de leur ouvrir le pont de la ville. Il refuse aussi d'admettre un régiment français venu de Wittenberg et qui devait renforcer sa garnison. Le , il refuse d'appliquer un ordre du maréchal Davout qui voulait faire remplacer les troupes saxonnes de Torgau par des troupes françaises. Ce zèle lui vaut, les , et , plusieurs lettres de félicitations de Frédéric-AugusteLt.-colonel Augonat, Relation de la défense de Torgau par les troupes françaises, en 1813, Paris, 1840, p. 6-7.. Thielmann espère qu'après le roi de Prusse, qui déclare la guerre à Napoléon le , le roi de Saxe et l'empereur d'Autriche vont se joindre au tsar de Russie dans la lutte pour la libération de l'Allemagne. Mais Napoléon, de retour en Allemagne avec une nouvelle armée, remporte la Bataille de Lützen le sur les Russo-Prussiens.

Le , le général français Reynier se présente devant Torgau avec hommes, avant-garde de l'armée du maréchal Ney. Frédéric-Auguste, passant outre à l'avis de ses conseillers, choisit le camp des Français et envoie l'ordre de leur ouvrir la place de Torgau. Thielmann et son chef d'état-major décident alors de passer dans le camp du tsar Alexandre. Thielmann écrit : Thielmann confie la forteresse à son commandant en second qui se charge de la remettre au général Reynier. En partant, Thielmann laisse un dernier mot pour son roi :G. H. Perz, Das Leben des Feldmarschalls Neidhardt von Gneisenau, Vol. 2, 1810 bis 1813, Berlin, 1865, p. 608-609 .

Guerres dans les armées russe et prussienne thumb|La bataille de Kulm, toile d'Alexandre von Kotzebue, 1843. Thielmann participe du côté russe à la bataille de Kulm () puis prend la tête d'un corps franc qui opère sur les arrières des Français dans la région de Naumburg et Weißenfels. Le tsar lui confère le grade de lieutenant-général de l'armée russe. Il livre plusieurs combats aux troupes françaises de Lefebvre-Desnouettes en septembre et Augereau en octobre.

L'historien militaire Maurice-Henri Weil résume la tactique appliquée par Thielmann pendant ses raids :

Lors de la bataille de Leipzig, il sert dans l'armée de Bohême sous les ordres du maréchal autrichien Ignácz Gyulay, et participe aux combats de Lindenau puis à la poursuite de l'armée française en retraite ; il tente, sans succès, de leur couper la route. Le roi de Saxe ayant finalement rejoint la Sixième Coalition, Thielmann est chargé de réorganiser l'armée saxonne. En , il commande un corps dans l'armée du Nord du prince Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach qui opère aux Pays-Bas contre l'armée française du général Maison : il prend part à la bataille de Courtrai (). L'abdication de Napoléon, le , met fin aux hostilités.

Thielmann supporte mal l'inaction du temps de paix et lors du retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il s'engage dans l'armée prussienne en . Il reçoit le commandement du prussien de l'armée de Basse-Rhénanie avec Carl von Clausewitz comme chef d'état-major. Il participe à la bataille de Ligny () face à Napoléon puis commande l'arrière-garde qui affronte les Français de Grouchy à la bataille de Wavre (18-).

Après le retour de la paix, Thielmann reçoit un commandement à Münster en Westphalie puis à Coblence en Rhénanie où il meurt le des suites des lésions subies en Russie.

Vie privée Thielmann était franc-maçon, initié à Dresde dans la loge « Zu den drei Schwertern » (« Aux Trois Épées »).

Le , il épouse Wilhelmine von Charpentier (1772–1842), fille du géologue Johann Friedrich Wilhelm Toussaint von Charpentier. Ils ont 11 enfants dont : Franz ( - 18.), officier de cavalerie Karl ( - ), officier de cavalerie Julie (née le ), chanoinesse Wilhelmine est la sœur de Juilie, qui a été fiancée au plus célèbre poète du premier romantisme allemand, Novalis (Friedrich von Hardenberg)

Fiction Le duo d'écrivains français Erckmann-Chatrian, dans le roman Histoire d’un conscrit de 1813 (1864), présente les souvenirs d'un vétéran de la Grande Armée. Celui-ci décrit Thielmann comme un chef de guérilla :

Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, Paris, 1864, p. 183 .

Gérard Valin a mis en scène les relations entre les familles, Charpentier, Thielmann et Novalis dans sa pièce Novalis à Freiberg.

Références dans sa version du .

Bibliographie Albrecht von Holtzendorff, Beiträge zu der Biographie des Generals Freiherrn von Thielmann und zur Geschischte der jüngst vergangenen Zeit, Leipzig, 1830

Lt.-colonel Augonat, Relation de la défense de Torgau par les troupes françaises, en 1813, Paris, 1840, p. 6-7

Frank Bauer: Johann Adolf Freiherr von Thielmann. General in drei Armeen (Kleine Reihe Geschichte der Befreiungskriege 1813–1815, Sonderheft 9 (Doppelheft)) als e-book, Altenburg 2017. K. von Hüttel (Hrsg.): Der General der Kavallerie Freiherr von Thielmann. Eine biographische Skizze mit authentischen Aufschlüssen über die Ereignisse zu Torgau vom Januar bis zur Mitte des Mais 1813. Verlag Laue, Berlin 1828. Julius Klaproth: Kurze Erläuterungen und Berichtigungen der Irrthümer, welche in der biographischen Skizze des königlich preußischen Generals der Cavallerie Frhr. von Thielmann, hrsg. von K. von Hüttel, bis zu des Generals Übertritt zu den Truppen der hohen Alliierten im Jahre 1813 enthalten sind. Verlag Arnoldi, Dresden 1829. August von Minckwitz: Die Brigade Thielmann in dem Feldzug von 1812 in Russland. Dresden 1879. Herman von Petersdorff: General Johann Adolph Freiherr von Thielmann. Ein Charakterbild aus der napoleonischen Zeit. Hirzel, Leipzig 1894 (Digitalisat) Kurt von Priesdorff: Soldatisches Führertum. Band 3, Hanseatische Verlagsanstalt Hamburg, o. O. [Hamburg], o. J. , , S. 458–466, Nr. 1215. Gothaisches genealogisches Taschenbuch der freiherrlichen Häuser. Band 18, S. 899, Digitalisat Nachkommen Gothaisches genealogisches Taschenbuch der freiherrlichen Häuser., 1876. Band 26, S.806 Gérard Valin, Novalis à Freiberg, préface de Geneviève Bideau-Edition Novalis, Paris, 2015

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