Claude Le Petit, né à Paris en (Poitiers ?) et exécuté au bûcher à la Place de Grève à Paris le (23 ans), est un écrivain et poète français.

Biographie

Rejet de son éducation religieuse

Fils d’un tailleur d’habits, il fait ses études chez les jésuites puis quitte le collège pour une correction qui lui a été infligée. S’étant pris de querelle avec un moine, il se cache dans son église, le poignarde avant de s’enfuir à l'étranger.

Pour se faire oublier, il voyage en Espagne, en Italie, en Bohème, en Autriche, en Hongrie, aux Pays-Bas et en Angleterre où il passe sept à huit ans avant de revenir en France.

Avocat et écrivain libertin

Il s'installe à Paris où il fait des études de droit, vit d’une plume souvent intéressée et se livre à « toutes sortes de débauches », notamment dans le genre de celles de Chausson à la mémoire duquel il rédige en 1661 un sonnet louant sa force d’âme durant son supplice pour sodomie.

Cela ne l'empêche point de s'inscrire au barreau de Paris. Il rédige alors son chef-d'œuvre, « Le Bordel des Muses » ou « Les neuf pucelles putains, caprices satyriques de Théophile le Jeune ». Ces pages, a priori, ne sont destinées qu'à divertir ses amis, mais elles sont, pour son malheur, proposées à l'impression.

Arrestation et procès

Selon certains, un jour d’, ayant négligé de fermer sa croisée, il aurait laissé le vent faire envoler ses papiers, au nombre desquels une chanson impie qu’il a composée sur la Vierge. Le « poème blasphématoire », est aussitôt ramassé par un prêtre qui s’empresse de le porter au procureur du roi. Pour d’autres, l’imprimeur qui doit procéder à l’impression de son Paris ridicule aurait dénoncé à la justice, à la suite d’une querelle, le libraire qui aurait, à son tour, livré l'auteur.

Quoi qu'il en soit, une descente de police a lieu chez les frères Rebuffé, imprimeurs à Paris, rue Saint-Germain, près du Pont-Neuf. Les policiers saisissent et détruisent les feuilles et les morasses de l'ouvrage qui est sous presse. L'auteur est arrêté et incarcéré tout de suite après. Une perquisition ordonnée à son domicile découvre le brouillon de chansons pernicieuses qui sont diffusées manuscrites dans Paris.

Athée, libertin et libre-penseur, Claude Le Petit passe rapidement en procès, non toutefois pour ses licences verbales, ses vers gaillards ou ses portraits libidineux et luxurieux, mais pour la mise en cause des mœurs de la famille royale et de leur premier ministre, le cardinal Mazarin.

Dès le , le lieutenant civil Daubray écrit au chancelier Séguier (membre de la famille du prévôt de Paris, supérieur de Daubray) qu'il faut faire un exemple. L'instruction de son procès et l'arrêt de la Chambre criminelle du Châtelet sont rapides : l'accusé est condamné à être brûlé vif en place de Grève après avoir eu le poing coupé par le bourreau. L'appel du poète est rejeté, la Cour du Parlement l'auditionne le et confirme la sentence le lendemain. Les parlementaires statuent seulement que le condamné sera discrètement étranglé avant d'être livré aux flammes. Il monte sur le bûcher le .

François Colletet rapporte :

L'édition posthume thumb|Poème de Claude Le Petit au Pont Neuf 1668. En 1663, paraît à Leyde une édition posthume du Bordel des Muses. Le poète a fait parvenir à l'un de ses amis, le baron de Schildebeck, une copie de son manuscrit. Celui-ci le fait imprimer, en sa mémoire ; un exemplaire est archivé à la Bibliothèque nationale sous la cote Ye 4920.

Ce document disparaît au milieu du , peu après que des copies en aient été faites par les dénommés Édouard Tricotel et Alfred Bégis. C'est grâce à leur travail que peut paraître, en 1910, les Œuvres libertines de Claude Le Petit, éditées par Frédéric Lachèvre à 200 exemplaires.

Les rares privilégiés découvrent que ses vers fustigeent les amours d'Anne d'Autriche et de son premier ministre, les « tendances italiennes sinon socratiques » du jeune Louis XIII, ou l'intempérance de l'abbé Pansier, bâtard de Henri IV.

D'après sa table des matières, Le Bordel des Muses est composé de soixante et treize sonnets, stances, chansons, rondeaux, madrigaux et épigrammes plus cinq grands poèmes consacrés à des capitales : Paris ridicule, Madrid ridicule, Londres Ridicule, Vienne ridicule et Venise ridicule. Seuls huit des petits poèmes et deux grands (Paris et Madrid) ont pu être conservés.

Selon Pascal Pia :

Une poésie à découvrir

Sonnet foutatif Foutre du cul, foutre du con, Foutre du Ciel et de la Terre, Foutre du diable et du tonnerre, Et du Louvre et de Montfaucon.

Foutre du temple et du balcon, Foutre de la paix et de la guerre, Foutre du feu, foutre du verre, Et de l'eau et de l'Hélicon.

Foutre des valets et des maistres, Foutre des moines et des prestres, Foutre du foutre et du fouteur.

Foutre de tout le monde ensemble, Foutre du livre et du lecteur, Foutre du sonnet, que t'en semble ?Virelay Si la fille point ne fille, Ny n'enfle point sa roupille Et ne cause ny soupçon, Ny murmure, ny bisbille, Ny querelle, ny castille, Dans une honneste famille, Une telle péccadille Ne vaut pas qu'on sourcille : Le garçon est pour la fille, La fille pour le garçon. Qu'on me frotte, qu'on m'étrille, Qu'on me berne, qu'on me quille, Qu'on me brusle, qu'on me grille, Qu'on me pende ou me pendille, Je diroy cette chanson : Le garçon est pour la fille, La fille pour le garçon.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie .

Contient : L’Escole de l’Interest et l’Université d’Amour ; L’Heure du berger, demy-roman comique ou roman demy-comique ; Le Bordel des Muses ou les neuf pucelles putains ; Paris ridicule ; Madrid ridicule. . .

Contient trois textes de François La Mothe Le Vayer, Adrien de Monluc et Claude Le Petit.. .

Articles connexes Littérature et sexualité

Littérature française : Moyen Âge - – - - - -

Liens externes

L'heure du berger (demy-roman comique ou roman demy-comique)(1662) Sélection dans Paris ridicule et burlesque du (1859)

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