Nicolas-Jean Hugou de Bassville, né le à Abbeville et mort assassiné le à Rome, est un journaliste et diplomate français.
Biographie Sa carrière
Hugou de Bassville collabore à divers journaux politiques et publie plusieurs ouvrages, parmi lesquels une biographie de François Lefort et des Mémoires de la Révolution.
Il est secrétaire de la délégation française à Naples, sous la Convention. Le , il est chargé d'une mission particulière à Rome, alors capitale des États pontificaux : outre la protection des artistes français menacés par l'Inquisition par leurs opinions et leur absence de foi, il est également tenu de se substituer au directeur déchu de l'Académie de France au palais Mancini..
Les états pontificaux ont alors des relations diplomatiques extrêmement tendues avec le gouvernement français : la déchéance de la monarchie et de son représentant, la constitution civile du clergé — qui a fait fuir jusqu'en Italie les prêtres qui ne voulaient pas s'y soumettre —, et la présence de la flotte française sur la côte sont autant de points de friction.
Hugou de Bassville reçoit en décembre de nouvelles instructions : il doit substituer, sur les murs du palais Mancini comme sur ceux du consulat de France à Rome, les emblèmes de la République aux armes royales. Les tensions avec la population romaine sont alors exacerbées à la fois par la mise en œuvre de ces projets et par les démonstrations outrancières des pensionnaires du palais.
Son meurtre Le , l'épouse de Hugou de Bassville et son fils, accompagnés du diplomate Amaury Duval et du major Flotte, sortent de l'immeuble que la famille de Bassville occupe, pour une promenade sur le Corso ; les cocardes tricolores qu'ils arborent irritent ceux qu'ils croisent, qui forment une troupe menaçante autour de leur voiture. Celle-ci revient au palais, mais la foule décide de le prendre d'assaut. Le major Flotte prend la fuite par une fenêtre, la famille de Bassville se réfugie au grenier, et plusieurs pensionnaires de l'Académie (Lafitte, Girodet et Léonor Mérimée) sont pris à partie. Hugou de Bassville fait également face à la foule ; il reçoit un coup d'arme blanche au ventre. Il décède le lendemain«L’historien dispose des différentes relations : celle, officielle, de la secrétairerie d’État, celle des médecins, et bien d’autres. Selon les partis, Bassville était ou non en train de se défendre avec un pistolet ; il fut ou non traîné par les cheveux par la foule jusqu’au corps de garde, où il fut soigné par un chirurgien du pape ; il mourut en ayant abjuré le serment civique et en s’étant réconcilié avec la religion, à moins que ces pieuses dispositions finales ne soient une invention de propagande de la Curie», PELLETIER, Gérard. Chapitre XVIII. «Le tournant de l’hiver 1792-1793 : la grande peur romaine» In : Rome et la Révolution française : La théologie politique et la politique du Saint-Siège devant la Révolution française (1789-1799) [en ligne]. Rome : Publications de l’École française de Rome, 2004 (généré le 29 mai 2021). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/efr/395>. . DOI : https://doi.org/10.4000/books.efr.395. . «Les tensions diplomatiques avec les agents français débouchent sur la mort d’Hugou de Bassville du fait de la fureur populaire», selon l'historien Gérard PelletierPELLETIER, Gérard. Chapitre XVIII. «Le tournant de l’hiver 1792-1793 : la grande peur romaine» In : Rome et la Révolution française : La théologie politique et la politique du Saint-Siège devant la Révolution française (1789-1799) [en ligne]. Rome : Publications de l’École française de Rome, 2004 (généré le 29 mai 2021). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/efr/395>. . DOI : https://doi.org/10.4000/books.efr.395. .
Après sa mort Le 2 février 1793, la mort de Nicolas-Jean Hugou de Bassville est annoncée à la Convention nationale par Jean-Jacques Bréard (député de Charente-Inférieure). Sur motion de Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant (député du Calvados), au nom du Comité de défense générale, la veuve de Hugou de Bassville perçoit 1 500 livres de rente viagère.
Le ventôse an V (le ), le traité de Tolentino, signé entre le Directoire et les États pontificaux, prévoit d'accorder une indemnité à la veuve et au fils de Hugou de Bassville : Article 18 : Sa Sainteté fera désavouer, par un ministre à Paris, l’assassinat commis sur la personne du secrétaire de légation Bassville. Il sera payé par Sa Sainteté, et mis à la disposition du gouvernement français, la somme de 300,000 livres, pour être répartie entre ceux qui ont souffert de cet attentat.À la mort de l'épouse de Hugou de Bassville, une ordonnance royale de Louis-Philippe du reverse la somme de 333 francs en rente viagère à son fils, alors officier au régiment de hussards. Nommé maréchal de camp en 1846, commandant le département des Hautes-Pyrénées, il meurt à Versailles le .
Publications Comme auteur — Paru sous l'anonymat. L'adresse de Philadelphie est fantaisiste (l'ouvrage a été imprimé à Paris par François-Ambroise Didot). Réédité sous le titre : — Concerne le roman de Mme de Genlis. Paru sous l'anonymat. Semble avoir été imprimé par Samuel Fauche, libraire à Neuchâtel. — Paru sous l'anonymat. . — Rééd. chez d'autres éditeurs en 1804 et 1816. . — Rééd. à Lausanne, chez F. Grasset, en 1786. . . — Cet hebdomadaire parut du au ; il fut remplacé par Révolutions de l'Europe et Mercure national réunis (1790), qui devint Mercure national et Révolutions de l'Europe : journal démocratique (1790-1791). N.-J. Hugou de Bassville contribua aux trois séries. — Concerne les élections municipales. — Il existe, sous la même date, une édition en 2 vol. Cet ouvrage a été traduit en anglais (1790). . . . .
Comme éditeur . . . — Précédemment paru sous le titre Guerre des confédérés, en six chants ; le sixième chant ne figure pas dans cette édition.
Pour approfondir Bibliographie .
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Notes et références
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