Siwa (ou Sioua, Syouah, ou en berbère : ⵉⵙⵉⵡⴰⵏ Isiwan (Issiouane) ou Sali ; en Waḥa Siwa, en copte : ⲥⲓⲟⲩⲁϩ Siouah) est une oasis de l'ouest de l'Égypte, proche de la frontière libyenne et à du Caire.
Elle est la plus septentrionale des oasis égyptiennes, à des côtes méditerranéennes de Marsa Matruh. S’abreuvant sur les nappes souterraines, peuplée de près de Au recensement de 2016 par le CAPMAS, l'institution de la statistique égyptienne. Voir: http://www.capmas.gov.eg/Pages/StaticPages.aspx?page_id=7188. Au recensement de 2006 par le CAPMAS, on avait 22 000 habitants. majoritairement d’origine berbère, on la sait occupée depuis la haute Antiquité (sans être certain de la continuité de cette occupation). Aujourd'hui, la langue berbère y est parlée sous sa forme dialectale, le siwi (jlan en isiwan).
Dénominations et étymologie Siwa est à la fois le nom d’une région d’oasis et de la ville centrale (le suq) de cette petite région égyptienne située aux confins libyens, à de la frontière et de la dépression de Qattara.
« Siwa », « Sioua », « Syouah » ou « Siouah » sont des translittérations synonymes pour désigner cette oasis, également connue anciennement sous le nom d’« oasis d’Ammon » (ou Amon).
Siwa est le nom arabe de l'oasis appelée Sali en berbère. Il est aussi appelé Isiwan en berbère moderne.
Le nom de l'oasis utilisé en Égypte antique était sḫt jꜣmw, qui signifie « champ d'arbres ». Le toponyme autochtone libyen pourrait avoir été conservé dans l'égyptien « t̠ꜣ(j) n d̠rw « tꜣj » en marge » où « t̠ꜣ » transcrivait le nom local paléo-berbère « *Se » ou « *Sa » .. Ce nom a survécu dans les travaux de géographes musulmans comme Santariyyah.
L'étymologie du mot سيوة Siwah n'est pas claire. Champollion le fait dériver du copte ⲥⲟⲟⲩϩ (soouh) – une corruption du mot égyptien pour oasis, ⲟⲩⲁϩ (ouoh). Une autre preuve de l'origine égyptienne du nom de Siwa est un autre nom de lieu dans l'oasis de Kharga qui pourrait partager la même étymologie – S.t-wȝḥ, actuelle Deir el-Hagar). Basset le rattache à un nom de tribu berbère swh attesté plus à l'ouest au début de la période islamique, quand Ilahiane, suivant Chafik, le relie au mot chleuh asiwan, un type d'oiseau de proie, et donc de Amon-Rê, dont l'un des symboles était le faucon. Certains auteurs classiques se réfèrent au site en tant que « Ammonium».Howatson, M.C. Oxford companion to classical literature. 3rd ed. Oxford: Oxford UP, 2013, 626 .
On peut noter que la racine berbère WN donne dans certains dialectes du berbère du Nord le terme asawen qui signifie montée ou côte et dont le pluriel isiwanen peut signifier « ensemble de collines » en dialecte zayaneMohand Akli Haddadou. Publisher, Haut Commissariat a l'Amazighite, 2006. ISBN, 9961789989, 9789961789988..
Description vignette|redresse=1.05|Carte des principales oasis d'Égypte (Siwa en haut à gauche). Située dans une dépression, qui atteint −19 mètres (−62 pieds) sous le niveau de la mer, rendue fertile par le jaillissement de quelques centaines de sources artésiennes et d’un travail humain continu, Siwa est en bordure directe du plateau du désert Libyque. De fait, le plateau de calcaire (souvent coquillier) et des inselbergs issus de son érosion le long des dunes de sable créent des reliefs que les Isiwan (habitants de Siwa en berbère) qualifient de montagne (adrar en berbère, et djebel en arabe).
Avec l'oasis voisine de Qara, il s’agit du point le plus oriental de peuplement berbérophone.
Deux grands lacs salés sont alimentés par l'eau de drainage d'origine agricole. Deux vieilles forteresses de terre construites sur des inselbergs : shālī Siwa et shālī Aghurmi sont aujourd'hui en ruines.
L'agriculture est l'activité principale de Siwa. C'est essentiellement une agriculture oasienne irriguée de jardinage en palmeraie : du maraîchage et une arboriculture principalement tournée vers la culture des dattes et des olives, lesquelles sont en partie valorisées en huile.
Histoire Aucun lien n'est attesté entre Siwa et le reste de l'Égypte antique avant la . À cette époque, une nécropole y est construite.
C'est à proximité de Siwa qu'aurait disparu, dit la légende, vers l'armée de Cambyse II.
Depuis plus de 2 000 ans, le nom de l'oasis de Siwa est associé à celui d'Alexandre le Grand. En effet, c'est au temple d'Amon au cœur de cette oasis, qu'en 331 avant notre ère l'un des plus célèbres oracles de l'Antiquité méditerranéenne aurait confirmé, selon la légende, là encore, la nature divine d'Alexandre, déclaré fils du dieu Amon, le confortant dans son statut de pharaon.
En 708, les arabo-musulmans se heurtent à la résistance de cette oasis berbère dont la population ne s'est d'ailleurs pas convertie à l'islam avant le .
La commercialisation des produits du palmier dattier par les caravanes de marchands (sur les routes transsahariennes) est très ancienne. Siwa a connu un isolement relatif : on y venait commercer sans vraiment y séjourner. Depuis l'établissement en 1984 d'une route goudronnée reliant l’oasis à Marsa Matrouh (sur le littoral à ), on note un début d’ouverture au tourisme égyptien et international. Ces dernières années, l'oasis a changé : les motos remplacent les ânes, le tourisme domestique se développe et de nombreux Égyptiens viennent désormais séjourner à Siwa (il n'y avait que des touristes étrangers auparavant) ; plusieurs Égyptiens se sont même installés là-bas et l'influence de la télévision (l'électricité n'a été établie qu'en 1987) a contribué à changer les mentalités.
Tourisme Siwa obtient en 2023 le label Meilleurs villages touristiques de l'Organisation mondiale du tourisme.
Un hôtel, l’hôtel Adrère Amellal, façonné d’argile et de sel, peut accueillir les visiteurs. C'est un hôtel de luxe mais sans électricité : ni lampes, ni télévision, ni climatisation, ni Wi-Fi, un écolodge. D'autres hôtels existent, l’oasis étant désormais inscrite dans le circuit de certains tour-opérateurs. Un musée est consacré à la photographe Lee Miller, un autre à un autre photographe américain, Peter Beard.
Galerie centré|vignette|redresse=5|Panoramique de l'oasis de Siwa depuis la montagne de Dakrur.
Climat
Transports
Art et coutumes
Dans la culture populaire Assassin's Creed Origins, jeu vidéo dont une partie de l'action se passe dans l'oasis de Siwa, d'où est originaire le héros Bayek. Dans le jeu vidéo Pharaon, l'oasis de Siwa est l'une des villes avec lesquelles la cité du joueur peut établir des échanges commerciaux.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Charles Dalrymple Belgrave, Siwa, the oasis of Jupiter Ammon, John Lane The Bodley Head Ltd., Londres, 1923 (réimprimé par DARF Publishers dans les années 2000). Disponible en ligne sur Archive.org. Frank Bliss, Artisanat et artisanat d’art dans les oasis du désert occidental égyptien, , Veröffentlichungen des Frobenius-Instituts, Cologne, 1998. Frank Bliss, Siwa - Die Oase des Sonnengottes. Leben in einer ägyptischen Oase vom Mittelalter bis in die Gegenwart, Politischer Arbeitskreis Schulen, Bonn 1998. Ahmed Fakhry, Siwa Oasis, American University in Cairo Press, Cairo, Egypt, 1990. Alain Blottière, L'Oasis, éditions Payot, 2002 (Petite Bibliothèque Payot / Voyageurs). Vincent Battesti, « De l’habitation aux pieds d’argile, Les vicissitudes des matériaux (et des techniques) de construction à Siwa (Égypte) », Journal des Africanistes, 2006, tome 76, fascicule 1, . (Lire en ligne pdf archives ouvertes; lire en ligne sur le site de la revue.) Vincent Battesti, « De Siwa au Caire, la fabrique du patrimoine se nourrit du désir des autres », Égypte/Monde arabe, 3e série (5-6), 2009, p. 69-101, doi: 10.4000/ema.2893. (Lire en ligne pdf archives ouvertes; lire en ligne sur le site de la revue.) en ligne: Vincent Battesti, « Pourquoi j’irais voir d’en haut ce que je connais déjà d’en bas ? » Centralités et circulations : comprendre l’usage des espaces dans l’oasis de Siwa », Égypte/Monde Arabe, n° 3, série, semestre 2006, p. 139-179. (Lire en ligne pdf archives ouvertes; lire en ligne sur le site de la revue.) Vincent Battesti, « L’agrobiodiversité du dattier (Phoenix dactylifera L.) dans l’oasis de Siwa (Égypte) : entre ce qui se dit, s’écrit et s’oublie ». Revue d'ethnoécologie, vol. 4, 2013, doi: 10.4000/ethnoecologie.1538. (Lire en ligne pdf archives ouvertes; lire en ligne sur le site de la revue.)
Articles connexes Oasis
Liens externes
Galerie de photos sur Siwa. vbat.org, de Vincent Battesti Présentation du livre consacré à Siwa, par Alain Blottière
Catégorie:Oasis en Égypte Catégorie:Ville en Égypte Catégorie:Berbères en Égypte Catégorie:Dépression (géographie)