La réinsertion professionnelle représente la remise sur le marché du travail, après une longue période d'absence due aux congés de maternité, à l'éducation des enfants, au service militaire, à l'emprisonnement, etc.

Le traumatisme psychique se présente quant à lui comme la confrontation à une réalité insupportable qui atteint profondément l'esprit. Les psychologues appellent cela une blessure psychique..

Selon Dominique Lévy, présidente du groupe de travail « Reconversion des militaires blessés » du Comité Liaison Défense du MEDEF, il existerait deux catégories distinctes de blessures : les blessures physiques et les blessures psychiques.. Chez les militaires, la blessure dite physique s'apparenterait, selon elle, à « une blessure de guerre à la suite d'une explosion ou d'un échange de tirs sur un théâtre d'opération ». A priori, ce type de blessures peut survenir lors de l'entrainement. La blessure psychique, de son côté, « résulte d'un événement hors du commun confrontant directement le sujet à la mort ou à un équivalent symbolique. Elle s'explique à travers différents symptômes constitutifs d'un trouble de stress post-traumatique ».

La distinction entre ces deux catégories de blessures tient au fait que les blessures psychiques sont invisibles mais ont des conséquences dévastatrices sur la vie professionnelle, familiale ou sociale de la personne qui en souffre. De plus, comme le souligne le professeur Jean-Philippe Rondier, psychiatre à l'hôpital d'instruction des armées Percy, « ceux qui en souffrent n'en parlent pas spontanément ou très peu ». ce qui rend le diagnostic de ces blessures difficile à établir.

Malgré cette définition de la blessure psychique apportée par Mme Dominique Lévy, aucune définition officielle n'est encore consacrée, notamment par l'OMS, ce qui rend la compréhension de ce terme encore floue.

Il s'agira ici d'exposer les mécanismes de réinsertion dans la vie civile des militaires blessés psychiquement. En effet, la réintégration de la vie en société n'est pas sans conséquences pour ces blessés psychiques. L'intégration dans une entreprise reste difficile à entrevoir pour certains. Elle nécessite alors un réel encadrement et un suivi approfondi.

Histoire Selon la pensée générale du début du , si les soldats deviennent fous c'est parce qu'ils étaient disposés à le devenir.

En 1901, Joseph Babinski, développe le concept de « pithiatisme » et met en place des thérapies dites « pithiatiques ». pour soigner les militaires traumatisés pendant la guerre. Ces thérapies pithiatiques ont pour but d'utiliser la persuasion pour soigner certains troubles nerveux ou mentaux. Pour le neurologue Babinski, ces blessures psychiques apparaissent après un traumatisme affectif et peuvent être traitées par la persuasion. Ces blessures seraient causées directement par la volonté du malade.

D'autres médecins considèrent que ces troubles mentaux sont causés par des affections physiques. En effet, selon Max Gallo,il y a cette idée, par exemple, que « le souffle de l'obus aurait traumatisé les soldats par les compressions de l'air, qui auraient fait éclater les vaisseaux sanguins dans le cerveau »Max Gallo, France culture - Esprit public, 2013.. Cette idée que les troubles psychiques ne peuvent trouver leur origine que dans une affection physique est reprise dans l'étude des Maladies mentales de l'armée françaises des docteurs R. Mignot et A. Antheaume en 1909 qui parlent d'accidents psychiques constitutifs de traumatismes physiques..

Aux prémices de la Première Guerre mondiale, en , le ministère de la Guerre instaure la création de huit centres neurologiques régionaux afin de pouvoir soigner les blessés nerveux.. L'objectif est de traiter le plus rapidement possible les militaires souffrant de ces affections afin de pouvoir les envoyer à nouveau sur le front.

Le , l'historien Jean Yves Le Naourre vient discuter sur les troubles mentaux des poilus de la Première Guerre Mondiale dans L'Esprit public.. À cette occasion, il explique que la folie dans les armées est une honte puisque les militaires représentent leur patrie donc doivent être forts tant mentalement que psychologiquement. De même, il explique que les hommes souffrant de maladies mentales sont apparentés à des hommes fragiles, débiles et efféminés, les maladies mentales étant associées aux femmes. Cela explique donc la systématique dissimulation par les militaires de leurs blessures psychiques au départ et leur reconnaissance officielle aussi tardive.

En 1916, l'on a considéré que les soldats simulaient la folie pour ne pas être envoyés au front. Cette période est appelée « l'hystérie des tranchées » selon Michel Plouznikoff, médecin-chef en psychiatrie à l'hôpital militaire Bégin.. Ainsi, les autorités militaires ont mis en place une méthode dite « torpillage » consistant en des traitements choquants et violents tels que les traitements par chocs électriques. Les psychiatres sont cependant intervenus et ont finalement réussi à prouver qu'il ne s'agissait pas de simulations. Au sortir de la Première Guerre Mondiale a donc été introduite la question de la prise en charge des troubles psychologiques.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les médecins ont étudié les troubles du comportement. Lors de la guerre du Kippour le , près de la moitié des blessés recensés dans les 36 premières heures étaient des blessés psychiques. Cet événement va ainsi marquer un tournant dans la reconnaissance des blessures psychiques.

À la suite de ces deux guerres mondiales, puis notamment à la suite d'autres conflits au Vietnam ou encore en Algérie, une idée plus précise de "la nature et l'importance des troubles psychiques" a été observé "chez des soldats blessés ou mutilés, soit chez des rescapés, militaires ou civils, indemnes, mais quia avaient vécu leur situation comme traumatisante".. Il a été question de névrose pendant un temps.

Ce n'est qu'avec le décret du décret du 10 janvier 1992. que les troubles mentaux sont officiellement reconnus comme blessures de guerreDécret du déterminant les règles et barèmes pour la classification et l'évaluation des troubles psychiques de guerre.. Ce décret détermine les règles et barèmes pour la classification et l'évaluation des troubles psychiques de guerre. Dans le même temps, il prévoit l'indemnisation des anciens Poilus atteints de ces troubles mentaux mais cette indemnisation intervient un peu tard, les soldats de la Première Guerre Mondiale étant pour la majorité déjà décédés. Ce décret a été abrogé par le décret décret . du prévoyant que les dispositions prévues par le décret de 1992 soient remplacées par celles correspondantes dans la partie réglementaire du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerreDécret n° 2016-1903 du 28 décembre 2016 relatif à la partie réglementaire du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre..

Bien que les blessures psychiques soient officiellement reconnues comme blessures de guerre et indemnisées, la réinsertion professionnelle des militaires qui en souffrent n'intervient que très tard. En effet, au départ les soldats souffrant de blessures psychiques étaient considérés comme des aliénés et étaient enfermés ou parfois même renvoyés au combat. La question de leur réinsertion n'est que très récente. Ce n'est qu'avec la création de la Cellule d'Aide aux Blessés de l'Armée de Terre (CABAT) par le chef d'État-Major de l'Armée de terre le que la question de la réinsertion des militaires commence à apparaître.. Le but de cette cellule tient principalement dans l'accompagnement individuel des soldats blessés en les amenant progressivement à une réadaptation professionnelle. Les soldats blessés, tant psychiquement que physiquement, sont ensuite envoyés dans le Centre de Ressources des Blessés de l'Armée de Terre (CReBAT) situé à Beuil dans le Mercantour. Ce centre a été créé en dans le sud de la France et propose des stages afin que les anciens militaires blessés puissent transposer leurs compétences militaires en ressources adaptées au milieu de l'entrepreneuriat.

Par arrêté du , l'agence de reconversion de la défense, appelée « Défense mobilité » voit le jourArrêté du 10 juin 2009 portant création de l'agence de reconversion de la défense.. Le but de cette agence est de proposer un accompagnement aux anciens militaires dans leur projet de transition professionnelle vers un emploi dans le secteur privé ou la Fonction publique.

En 2017, Geoffroy Roux de Bézieux, à l'époque vice-président du MEDEF, réunit des acteurs de la Défense, des associations ainsi que des chefs d'entreprise afin d'aider les militaires blessés à retrouver une vie professionnelle hors du monde militaire.

Le est lancé le quatrième Parcours défense entrepreneurs (PDE).. L'agence de reconversion de la défense, Défense mobilité, ainsi que le MEDEF se sont réunis pour mettre en place le , programme visant à contribuer au rapprochement du monde militaire et de l'univers de l'entreprise. Contrairement aux précédents lancements, le PDE de 2018 prévoit la possibilité pour les anciens militaires, accompagnés par Défense mobilité et d'un chef d'entreprise « mentor », de présenter leur projet entrepreneurial.

Symptômes Le trouble de stress post-traumatique, ou TSPT, désigne un type de trouble anxieux sévère qui se manifeste à la suite d'une expérience vécue comme traumatisante. Les souvenirs, les images, les odeurs, les bruits et les sensations assimilées à l'événement traumatisant peuvent dévaster la vie de la personne qui en souffre. Ainsi, plusieurs symptômes caractéristiques apparaissent à la suite de la survenance de l'événement traumatisant.

Le symptôme d'intrusion, manifesté par : flashback, angoisse, cauchemar, tension musculaire. Le militaire blessé revit les souvenirs qui le hantent. Le symptôme d'évitement, manifesté par : amnésie, marginalisation et détachement de sa famille et de ses proches, manque de communication. Le militaire blessé fuit et s'enferme dans une sphère négative liée aux événements qu'il a vécu. Le symptôme d'hyperstimulation, manifesté par : insomnie, irritabilité, énervement, peur, possible comportement violent. Le militaire blessé est en détresse psychique.

Les Acteurs au cœur de la réinsertion L’agence de reconversion de la défense / défense mobilité Défense mobilité, aussi appelée l’agence de reconversion de la défense participe amplement à la réinsertion des militaires dans le monde du travail.. En effet, cet organisme va permettre que, chaque année, plus de et civils des armées entament des démarches en vue d’une transition professionnelle ou d’un retour à l’emploi. Cette agence consent à orienter et accompagner les anciens militaires vers un projet professionnel adéquat. Ainsi, toute une procédure est mise en place pour leur permettre de retrouver rapidement un emploi dans le secteur public ou privé. Les candidats sont donc préparés tout au long d’un processus qui contient ’information, leur orientation, des formations financées par l’agence, des méthodes favorisant la recherche d’emploi (rédaction du CV et lettre de motivation, simulation d’entretiens d’embauche) et des prestations d’accompagnement vers l’emploi.

L’agence Défense mobilité est composée d’une direction installée à Paris Vincennes, ainsi que de six pôles régionaux présents à Bordeaux, Lyon, Marseille, Metz, Paris et Rennes. On compte répartis sur tout le territoire national mais aussi en outre-mer grâce à une antenne de proximité implantée dans les DROM/COM. Parmi ces , quarante sont experts dans l’accompagnement à la transition professionnelle des militaires blessés. De ce fait, un accompagnement adapté peut leur être proposé.

Défense mobilité détient également son propre centre de formation : le centre militaire de formation professionnelle (CMFP).. Il se situe à Fontenay-le-Compte. Parmi les candidats comptant au sein de l’agence, 20 % suivent une formation en ce centre.