L'observatoire de Meudon est un observatoire astronomique situé à Meudon (Hauts-de-Seine, région Île-de-France, France), sur le site du château de Meudon. Fondée en 1876 par Jules Janssen, il est rattaché à l'Observatoire de Paris en 1927. Il abrite notamment la plus grande lunette astronomique d'Europe et est désormais spécialisé dans l'observation du soleil avec un spectrohéliographe et la tour Solaire. Il est l'un des trois sites de l'Observatoire de Paris, avec le site de Paris et l'observatoire radioastronomique de Nançay. L'ensemble du Domaine de Meudon, dont fait partie l'Observatoire, est protégé des monument historique en 1913, 1956 et 1972 et inscrit comme site en 1937 ; Il est classé en 2022 en tant que partie du Domaine National de Meudon, consulté le 24 septembre 2026.
Historique L'observatoire de Meudon a été fondé sur le site du château de Meudon. Un premier château a été construit au , sur l'actuelle terrasse, et détruit à la suite d'un incendie en 1795. Un deuxième château, dénommé Château-Neuf, et construit à partir de 1705 pour le Grand Dauphin, par Jules Hardouin-Mansart et les ouvriers de Versailles, sur le site d'une grotte du Le Primatice. Le château, occupé par une batterie prussienne en 1870 durant la guerre de 1870, est détruit par un incendie début 1871. Les murs du château résisteront mais aucun projet de restauration n'aboutira.
En 1876, l'ancien site du château de Meudon sera confié à Jules Janssen pour y établir un observatoire d'astrophysique. En effet, cette nouvelle branche de l'astronomie qui se développe par la découverte de l'analyse spectrale et par la technique de la photographie céleste nécessite un matériel d'observation spécifique. En opposition, l'observatoire de Paris continue a pratiquer l'astronomie d'observation plus classique dans le domaine de l'astronomie de position. Une partie du château sera détruite, seuls seront conservés le premier étage et l'élévation du corps central où est désormais installé la grande coupole de . Le château a été réaménagé par Constant Moyeux et la coupole a été conçue par Jansen et les établissement Cail. La Grande Lunette de Meudon, plus grande lunette astronomique de l'époque, est mis en fonction le . Les communs du château abritent alors un laboratoire d'analyse et de spectroscopie. Dans le même temps d'autres coupoles et d'autres instruments sont mis en place dans le parc de l'Observatoire comme le télescope de et une lunette de photographie solaire dans deux coupoles de , en , le spectrohéliographe, en , le grand sidérostat, en , la table équatoriale, en , la tour solaire, en , et un prototype du réseau de télescope Cherenkov, en .
L'Observatoire de Meudon a été rattaché à l'Observatoire de Paris en . Le site de Meudon reste un site majeur dans l'observation du soleil, notamment avec le spectrohéliographe qui permet d'avoir une collection quasi-ininterrompu d'observation du soleil depuis , et la mise en place du service d'observation systématique par d'Azambuja en .gauche|vignette|Coupole sur le château-neuf de Meudon.
Instruments
Grande Lunette de Meudon À l'écart de la capitale, sur une colline boisée, le Château Neuf de Meudon fut construit en 1705 pour le Grand Dauphin (fils de ). Il fut incendié en 1871 après la fin de la guerre contre les Prussiens. Jules Janssen qui disposait déjà d'installations astronomiques sur le site demanda que les ruines du château lui soient affectées, ce qui fut chose faite en 1879. Il entreprit alors la construction d'une grande lunette devant révolutionner les observations astronomiques en France.
La construction de la Grande Coupole commence en 1889 par les Établissements Cail. Parallèlement, la Grande Lunette commence à être assemblée sous l’échafaudage de la coupole et est opérationnelle dès 1893. Des essais commencent sous une coupole immobile. En 1896, la Grande Coupole est terminée et la Grande Lunette est réceptionnée par l'astronome J. Perrotin de l'Observatoire de Nice que Janssen a fait venir pour réaliser les observations de qualification de l'instrument.
Depuis sa réalisation, la Grande Lunette de Meudon est la lunette astronomique au monde en termes de diamètre (derrière celles des observatoires de Yerkes et Lick et devant celle de l'observatoire de Nice). C'est également la d'Europe. Elle est constituée de deux objectifs côte à côte : un objectif visuel de de diamètre (correction chromatique optimisée pour le jaune, focale de ) et un objectif photographique de (correction chromatique optimisée pour le bleu, focale de ). Elle repose sur une monture équatoriale, réplique de celle de la lunette de de diamètre de Nice.
La Grande Coupole est une demi-sphère d'un diamètre de et d'une masse d'environ . Dès 1919, Deslandres constate des fuites dans la coupole originellement en acier. Entre 1922 et 1924, il est décidé de revêtir la coupole de plaques de cuivre, moins sujettes à l'oxydation. De 1956 à 1964, Paul Muller, à l'instigation d'André Danjon alors directeur de l'Observatoire de Paris, réaménage complètement l'intérieur de la coupole en la dotant d'un grand plancher mobile qui couvre toute sa surface (à la place de la plateforme mobile originale). L'ensemble du système électrique archaïque est également revu.
En 1999, la coupole fut abimée sérieusement par la grande tempête de décembre alors qu'elle avait cessé de tourner depuis 1990. En 2005, il fut décidé de la restaurer. Depuis 2010, le dôme arbore une couleur chocolat qui laissera place à l'habituelle couleur verte d'ici une vingtaine d'années. En 2011, les trappes d'observation ont été remises en place à l'aide d'une grande grue.
Quand sa restauration sera complétée, l'instrument qui a régné sur un siècle d'astronomie sera alors destiné au public et à l'enseignement. Jusqu'à la fin des travaux, la Grande Lunette et la Grande Coupole restent inaccessibles.
À l'actif de l'instrument, nous pouvons signaler : les premières observations spectroscopiques, des révélations sur les planètes et en particulier la fin du mythe des canaux martiens grâce à Antoniadi, des études sur la polarisation de la lumière, des études de novae et des études sur les étoiles doubles.
Télescope de vignette|Télescope de de diamètre de l'Observatoire de Meudon. Le télescope de de diamètre et sa coupole émergèrent en face de la Grande Coupole de Meudon en 1891. Il observe dans le domaine visible. Initialement, ce télescope était en configuration dite de « Newton » et était donc très lumineux grâce à sa courte focale (). Vers 1969, il fut toutefois transformé en configuration Cassegrain et donc doté d'une focale beaucoup plus grande (). C'est la configuration qui est actuellement utilisée. Si, à l'origine, il était plutôt destiné à l'étude d'objets du ciel profond, sa nouvelle configuration l'a principalement destiné à l'étude des planètes.
Il est supporté par une monture équatoriale en berceau (et ne peut donc pas pointer le Nord). Son miroir primaire de diamètre pèse environ et l'ensemble des parties mobiles du télescope pèse environ . Si la monture est motorisée pour compenser le mouvement de rotation de la Terre, elle n'est pas automatique : le pointage du télescope s'effectue entièrement « à la main », c'est-à-dire soit en visant une cible lumineuse à l'œil, soit en effectuant un pointage aux coordonnées à l'aide des axes gradués.
Le télescope est surmonté par une lunette-guide de de diamètre pour environ de focale. Elle n'est actuellement plus utilisée.
De nos jours, la pollution lumineuse due à l'agglomération parisienne rend difficiles les observations astronomiques scientifiques à Meudon. Toutefois, ce télescope est encore parfois utilisé par l'IMCCE et le LESIA pour observer des occultations d'étoiles par des astéroïdes ou Pluton. L'utilisateur principal du télescope de reste toutefois l'Unité Formation-Enseignement de l'Observatoire dont les Masters comportent des TP qui s'effectuent en partie auprès de ce télescope.
Il est possible de voir ce télescope lors des visites de l'Observatoire et d'observer avec lors des journées annuelles d'observations grand public.
Table équatoriale vignette|Coupole de la Table équatoriale de l'Observatoire de Meudon. La coupole de la Table équatoriale est la plus récente des quatre coupoles de l'Observatoire de Meudon. L'installation, dont les travaux ont débuté en 1927, entre en service en 1932. La « Table » est un grand plateau circulaire de de diamètre pouvant supporter plusieurs instruments astronomiques. Elle est supportée par un gros pilier orienté parallèlement à l'axe de rotation terrestre et dont les fondations descendent jusqu'à de profondeur pour en assurer la stabilité. La coupole mesure de diamètre, elle coiffe un élégant bâtiment de pierres en couches alternativement crème et roses. L'accès à la coupole s'effectue par deux grandes portes en bronze ornées de motifs aux comètes.
La coupole est équipée d'un plancher mobile qui couvre toute sa surface, supporté par quatre vis sans fin actionnées par un moteur électrique. Ce plancher d'une amplitude de mouvement vertical d'un peu plus d'un mètre permet d'avoir l’œil en permanence à portée de l’oculaire d'un instrument placé sur la Table.
Au cours de sa carrière, la Table équatoriale de Meudon a été équipée de nombreux instruments. En 1932, elle supporte une lunette guide de de diamètre, deux chambres avec objectif et une chambre prismatique, le tout étant essentiellement destiné à l'étude des comètes. Nous pouvons également citer le coronographe de Lyot de , temporairement installé sur la Table avant son transfert à l'Observatoire du Pic du Midi. En 1960, l'étude des comètes laisse la place à celle des supernovae et la Table équatoriale est dépouillée de ses instruments remplacés par un télescope de Schmidt de de diamètre pour de focale et par un télescope Cassegrain de de focale pour un diamètre de .
Si la monture est motorisée pour compenser le mouvement de rotation de la Terre, elle n'est pas automatique : le pointage du télescope s'effectue entièrement « à la main », c'est-à-dire soit en visant une cible lumineuse à l'œil, soit en effectuant un pointage aux coordonnées à l'aide des axes gradués.
Aujourd'hui, la Table équatoriale est équipée d'un télescope Cassegrain de de diamètre et de de focale. Cette installation sert essentiellement à l'unité formation-enseignement de l'Observatoire dont les Masters comportent des TP qui s'effectuent en partie auprès de ce télescope.
Il est possible de voir ce télescope lors des visites de l'Observatoire et d'observer avec lors des journées annuelles d'observations grand public.
Télescope Infrarouge de vignette|À gauche : coupole du télescope de de diamètre. À droite : coupole du télescope de de diamètre. La coupole jumelle de celle du télescope de de diamètre abrite actuellement un télescope de de diamètre qui opère dans le domaine infrarouge. Au lieu d'un oculaire, on utilise donc un détecteur infrarouge refroidi à l'aide d'un cryostat alimenté à l'azote liquide. Ceci permet d'observer en particulier les nuages de gaz et de poussières qui foisonnent dans la Galaxie.
Ce télescope a précédemment été embarqué sur un avion Caravelle pour réaliser des observations en infrarouge en altitude et s'affranchir ainsi de l'épaisseur de l'atmosphère et de ses larges bandes d'absorption dans ce domaine de longueurs d'onde.
Le télescope est monté sur une monture en berceau similaire à celle du télescope de . Comme pour ce dernier, la monture est motorisée pour compenser le mouvement de rotation de la Terre mais elle n'est pas automatique : le pointage du télescope s'effectue entièrement « à la main », c'est-à-dire soit en visant une cible lumineuse à l'œil à l'aide d'un télescope guide Celestron C8 classique, soit en effectuant un pointage aux coordonnées à l'aide des axes gradués.