La rivière Chicoutimi est un cours d’eau de l’est du Québec (Canada), tributaire de la rivière Saguenay. Longue de , elle est le principal exutoire du lac Kénogami qui prend sa source d’un bassin versant de dans la Réserve faunique des Laurentides. Entièrement situé dans l'arrondissement Chicoutimi de Ville de Saguenay, c'est le cours d'eau le plus urbanisé et endigué du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Utilisée par les Montagnais du Saguenay avant l’arrivée des Européens, elle constitue à cette époque le premier portage de la principale voie d’accès au lac Saint-Jean. Au , elle est aménagée de sa source à son embouchure à des fins hydrauliques et hydroélectriques. En plus de constituer la source d’approvisionnement en eau potable des arrondissements Chicoutimi et Jonquière, cette rivière compte six barrages (dont 2 centrales hydroélectriques en fonction). Lors du Déluge du Saguenay en 1996, son déferlement cause des dégâts importants à Laterrière et Chicoutimi.

Étymologie

Le nom de la rivière se réfère à celui de l'établissement situé à son embouchure. Chicoutimi provient de eshko-timiou dans la langue montagnaise et signifie « ici finit l'eau profonde ». Son point de confluence marque la fin de la navigation sur la rivière Saguenay.

Géographie Cours et hydrogéologie thumb|La rivière Chicoutimi traversant des terres agricoles peu avant le barrage de Chute-Garneau thumb|150px|left|Localisation du cours de la rivière Chicoutimi dans l'arrondissement Chicoutimi La rivière Chicoutimi prend sa source au Portage-des-Roches, dans le secteur Laterrière de l'arrondissement Chicoutimi à d'altitude et s'écoule vers le nord-est en direction de Laterrière-Bassin où elle est enjambée par le pont du Père-Honorat. Quittant le socle rocheux et le relief abrupt du Portage-de-Roches, elle entre par la suite dans un plaine alluviale et semi-alluviale jusqu'au barrage de la Chute-Garneau où les paysages sur les deux rives alternent entre résidences et terres agricoles sur un peu plus d'une dizaine de kilomètres.

Le barrage de la Chute-Garneau est un ouvrage de retenue au fil de l'eau situé sur un socle rocheux. Un demi-kilomètre plus loin, la route 170 traverse la rivière qui entre alors dans un secteur plus urbanisé de l'arrondissement Chicoutimi. Après avoir contourné la pointe du Chien, elle passe sous l'Autoroute 70 et pénètre dans le parc industriel du Haut-Saguenay. La rivière franchit par la suite le barrage de Pont-Arnaud et amorce sa descente de plus en plus rapide vers le Saguenay à mesure que le relief devient de plus en plus abrupt. Après avoir passé sous le pont Ulric Blackburn (boulevard Barette) elle se jette dans le lac Dubuc ; le réservoir du barrage de la Chute-Blanchette. Cet ouvrage de retenue assèche le lit rocheux d'origine de la rivière pour la faire dévier vers une prise d'eau souterraine qui alimente la centrale S.P.C. (Elkem Métal). La rivière ressurgit ensuite dans le site historique de la Pulperie de Chicoutimi et continue de descendre jusqu'au bassin du barrage Chicoutimi. Enfin, elle se jette dans la rivière Saguenay.

La rivière Chicoutimi s’écoule principalement dans le graben du Saguenay, une vaste vallée surélevée qui surplombe les basses terres entourant la rivière Saguenay. Les sols de cette large dépression sont composés de sédiments marins du Quaternaire, comme du limon et de l'argile, déposés à la fin du Pléistocène et durant le début de l'Holocène par la mer de Laflamme. Au cours des trois derniers kilomètres à l’approche de la rivière Saguenay, à l’opposé du paysage de plaine alluviale de Laterrière, la rivière est encaissée dans une suite de ravinements dans lesquels elle s'enfonce jusqu'à . La composition des sols et la forte accélération du ruissellement causée par dénivellation dans ce secteur sont les principales causes faisant que la rivière a creusé, au travers de l’argile marine, une incision de 10 à jusqu’à la roche mère lui donnant l’allure d’un torrent.

Hydrographie Le bassin versant de la rivière Chicoutimi occupe une superficie de , répartie principalement dans la Réserve Faunique des Laurentides et partagée entre deux régions administratives : le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Capitale-Nationale. Le territoire du bassin regroupe des sections de 6 territoires non-organisés, la municipalité dans quatre MRC.

thumb|300px|Carte de la rivière Chicoutmi Coulant du sud vers le nord, la rivière Chicoutimi prend sa source à l’est du lac Kénogami par le barrage Portage-des-Roches dans l’ancienne ville de Laterrière (aujourd’hui arrondissement Chicoutimi à Saguenay). Ce cours d'eau est contrôlé artificiellement sur de distance et de dénivellation depuis un siècleLe premier barrage sur la rivière Chicoutimi étant érigé en 1906 pour augmenter le niveau du lac Kénogami ().

La première section, délimitée par les barrages de Portage-des-Roches et Pont-Arnaud, représenterait une partie en amont de la rivière d’une longueur de près de . Située dans la plaine de Laterrière, au sud de Chicoutimi, cette section comporterait une dénivellation d’à peine et formerait un méandre et un réservoir retenu par les barrages de Pont-Arnaud et Chute-Garneau.

En aval de Pont-Arnaud, la deuxième section possède une dénivellation de pour environ de distance. Les barrages de Chute-Blanchette (Elkem Métal) et Chicoutimi (Abitibi-Consolidated) furent construits respectivement sur des chutes de 84,1 et et expliquent en grande partie cette descente abrupte vers le Saguenay. L’érosion de la rivière, peu visible en amont, devient très apparente en aval parce que celle-ci s’est creusée, au fil du temps, dans le granit du fjord, une petite vallée jusqu’à la rivière Saguenay. La rivière n’est influencée par la marée qu’en aval du barrage Chicoutimi où elle forme un bassin.

Bassin versant Désignation officielle du bassin En premier lieu, il est important de préciser que bassin hydrographique de la rivière Chicoutimi inclut celui du lac Kénogami depuis le jugement Letellier en 1911. Ce jugement désigne la rivière Chicoutimi comme principal exutoire du lac au détriment de la rivière aux Sables. Les apports journaliers des déversements du lac Kénogami dans ces rivières suivent les proportions suivantes : 2/3 vont à la rivière Chicoutimi et 1/3 à la rivière aux SablesDécrété le par le jugement Letellier (Québec, Cour supérieure, 1911).

Description générale thumb|La Réserve faunique des Laurentides, source du bassin hydrographique du lac Kénogami et de la rivière Chicoutimi Le bassin versant de la rivière Chicoutimi, d’une superficie de , détient, avec ceux qui lui sont voisins, le record québécois de précipitations sur son territoire (environ d’eau par année). Située principalement dans la région montagneuse (40 % de sa superficie est à plus de d’altitude. Du Parc des Laurentides, le bassin suit, à plusieurs endroits, des pentes prononcées. Ce dernier engloberait également trois sous-bassins (rivières Pikauba, Cyriac et aux-Écorces), deux réservoirs (Kénogami et Pikauba) et une partie du territoire de chacune des 5 anciennes villes de Chicoutimi, Laterrière, Lac-Kénogami, Arvida et Jonquière qui font aujourd’hui partie de la ville de Saguenay.

Le bassin de la rivière Chicoutimi est également un sous-bassin de celui de la rivière Saguenay qui se jette à son tour dans le fleuve Saint-Laurent pour finir dans l’Atlantique qui draine la plupart des rivières de l’est du Québec.

Gestion du débit La rivière Chicoutimi, au cours du , a vu son niveau augmenter de façon importante à la suite de la construction de nombreux barrages qui la firent passer du stade de rivière à celui d'un succession de bassins entre le lac Kénogami et le Saguenay. Pour ce qui est du contrôle du débit, quatre entités s'occupent de la gestion des barrages : Ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec (Barrage Portage-des-roches) Ville de Saguenay (Chute-Garneau et Pont-Arnaud). Elkem métal (Chute-Blanchette) Abitibi-Bowater (Chicoutimi)

Depuis le début du , plusieurs travaux sur le lac Kénogami permirent de régulariser le débit de la rivière Chicoutimi et de la rivière aux Sables qui se partagèrent cette même source. Afin d'assurer un apport constant aux industries en aval des rivières, des parts d'eau étaient fournies selon la demande qui différait entre les villes de Chicoutimi et Jonquière. Cette manière de faire déclencha des conflits parce que la capacité de fournir de l’eau du lac Kénogami variait selon les saisons et les niveaux des différents ouvrages ne permettaient pas un partage équitable des débits. Cette situation fut portée au tribunal en 1911 résultant par le jugement Letellier qui partagea les apports des deux principales sorties du lac Kénogami à 2/3 à la rivière Chicoutimi et 1/3 à la rivière aux Sables. Malgré les modifications dans la gestion, cette règle est toujours en vigueur aujourd'hui. L'année suivante, en 1912, la construction de la centrale de Pont-Arnaud se termine.

Le rehaussement majeur des eaux du lac Kénogami et la construction d'ouvrages de retenue est envisagée dès 1918. Ce mandat est donné à la Commission des eaux courantes de Québec qui projette la construction du barrage Portage-des-Roches qui sera réalisé avec les barrages Pibrac Est et Ouest entre 1923 et 1924.

Gestion pro-riverains versus gestion pro-industries La gestion du débit de la rivière Chicoutimi est dépendante de deux facteurs : La sécurité des riverains, la protection contre les inondations et le développement récréo-touristique du lac Kénogami et de la rivière Chicoutimi. Les besoins en eau des installations hydroélectriques et des prises d'eau au fil de la rivière

Barrages Barrage de Portage-des-RochesVolume du réservoirHauteur de l'ouvrageHauteur Max.225px (Été)Superficie du réservoirLongueur de l'ouvrageHauteur Min. (été)Installations dépendantes : Toutes les installations de la rivière Chicoutimi

Barrage Chute-GarneauVolume du réservoirHauteur de l'ouvrageHauteur Max.225px (été)Superficie du réservoirLongueur de l'ouvrageHauteur Min.Fil de l'eau (été)Installations dépendantes : Prise d'eau de l'arrondissement Jonquière, Pont-Arnaud, Chute-Blanchette, Chicoutimi

Barrage Pont-ArnaudVolume du réservoirHauteur de l'ouvrageHauteur Max.225px (été)Superficie du réservoirLongueur de l'ouvrageHauteur Min. (été)Installations dépendantes : Prise d'eau de l'arrondissement Chicoutimi, prise d'eau de la compagnie Rio Tinto, Chute-Blanchette, Chicoutimi

Barrage Chute-BlanchetteVolume du réservoirHauteur de l'ouvrageHauteur Max.225px ? m (été)Superficie du réservoirLongueur de l'ouvrageHauteur Min. ? m (été)Installations dépendantes : Prise d'eau de la centrale Elkem Métal, centrale Elkem Métal, Pulperie de Chicoutimi, Barrage Chicoutimi

Barrage ChicoutimiVolume du réservoirHauteur de l'ouvrageHauteur Max.225px ? m (été)Superficie du réservoirLongueur de l'ouvrageHauteur Min. ? m (été)Installations dépendantes : Centrale Abitibi-Price Chicoutimi

Principales crues (1971 à 1996) Débit (/s) Année Saison11001996Été3401986Printemps3171974Printemps3131979Printemps3101983Printemps3101994Été2971985Printemps2881982Printemps2861971Été2801975Printemps2671976Printemps2651981Printemps2551986Été2551995Printemps2451985ÉtéSource: BAPE.

Environnement Faune

Flore

Pollution

Histoire Le poste de traite Les premières installations européennes permanentes dans la région du Saguenay furent construites à la confluence de la rivière Chicoutimi et du Saguenay. Construit en 1676 sur les vestiges d’un campement amérindien préhistorique, le poste de traite de Chicoutimi, qui comprenait un entrepôt commercial et une chapelle, connut son apogée à la fin du . Celui-ci ferma ses portes en 1856.

L’industrie de la pulpe Les moulins thumb|Chutes de Chicoutimi, vers 1890