Urho Kekkonen ( ), né le à Pielavesi et mort le à la villa de Tamminiemi à Helsinki, est un homme d'État finlandais et le huitième président de la république de Finlande.

Kekkonen maintient la politique de neutralité du président Juho Kusti Paasikivi, qui est connue sous le nom de « Ligne Paasikivi-Kekkonen ». Il fut président sans interruption pendant 25 ans de 1956 à 1981. Il fut aussi Premier ministre à cinq reprises .

Biographie Son ascendance familiale left|thumb|200px| La maison de naissance du président Kekkonen à Pielavesi. Sa famille est une famille de fermiers modestes sans être spécialement pauvres. Il a été raconté que Kekkonen avait vécu dans une ferme pauvre sans cheminée. Cependant, il fut démontré plus tard que la photographie utilisée comme preuve avait été retouchée et que la cheminée en avait été effacée. La maison appartenait en fait à la famille. Ses ancêtres sont durant au moins 12 générations d'anciens ouvriers agricoles de l'est finlandais. Son grand-père paternel Eenokki fait cependant partie des paysans sans terre dont le nombre a beaucoup augmenté au et doit assurer sa subsistance par des travaux occasionnels et en travaillant comme valet de fermeNuori Urho, . Eenokki Kekkonen se marie avec Anna-Liisa Koskisen, ils auront 4 garçons : Taavetti, Johannes, Alpertti et Juho. En 1878, Juho Kekkonen quitte son village de Koivujärvi, dans la commune de Pielavesi, il sera le père de Urho Kekkonen.

Son grand-père maternel Aatu Pylvänäinen, cultivant le domaine Tarkkala de Kangasniemi, se marie pendant l'été 1878 avec Amanda Manninen. Ils auront 3 filles : Emilia, Elsa et Tyyne et 2 garçons, Siilas et Eetu.

Son père, Juho Kekkonen, fils d'une famille démunie, doit partir pour les travaux forestiers et arrive en 1898 à Kangasniemi. Il y rencontre Emilia, la fille aînée du domaine Tarkkala, qui en gardait le troupeau. Ils font connaissance et se marient en 1899. Les jeunes mariés s'installent à Otava près de Mikkeli, où Juho Kekkonen a trouvé un emploi à la scierie de bouleaux . Plus tard, Juho devient contremaître forestier. Le couple s'installe à Pielavesi où ils achètent un chalet qu'ils aménagent et agrandissent petit à petit pendant les 6 ans qu'ils y passent. À cause de l'aulnaie située à l'arrière de la maison, on appelle celle-ci le chalet de l'aulnaie (en ). Dans les bâtiments attenants, il y a un dans lequel Urho Kekkonen naît le . Sa sœur Siiri y voit le jour en 1904. La famille déménage pour Kuopio en 1906, puis à Lapinlahti en 1908. La famille mène une vie modeste mais ne manque de rien. , le benjamin de la famille, naît en 1910.

Sa jeunesse Né en Savonie, c'est dans le Kainuu qu'il passe la plus grande partie de son enfance. Urho Kekkonen dit de sa jeunesse : Le jeune Urho commence l’école à Lapinlahti pour trois ans, puis un an à Iisalmi suivi de Kajaani en 1911. Il n’était pas un élève modèle mais plutôt intenable. Il est à la direction du comité des élèves et est l’éditeur de la revue Mielikki de l’école. Il lit avec beaucoup d’enthousiasme des œuvres historiques et littéraires. À 12 ans, il aide son père dans ses travaux de flottageNuori Urho, . Urho est un écrivain enthousiaste, ses premiers textes sont publiés mi-1914. Ses parents ont les moyens de payer ses études au lycéeHaataja & Friman 2001, .. Il a deux sœurs, Siiri Kekkonen (1904–1969) qui sera secrétaire en assurances et (1910–1962), major et directeur général . En 1949, quand Kekkonen se prépare à devenir président, on retouche les photographies de la maisonnette de jeunesse en en faisant disparaître la cheminée pour lui donner une image de fils du peuple qui s’est civiliséHaataja & Friman 2001, . . Dans ses années de lycée, Kekkonen adhère à la Garde Blanche de Kajaani et participe au commandement du . Il participe aux combats entre autres à Kuopio, Varkaus, Mouhu et à Viipuri et commande l’exécution de 13 miliciens rouges à Hamina Juhani Saarinen, Myös Kekkonen osallistui teloituksiin, Helsingin Sanomat, 2007, Numéro 137, page A 6.

Études et débuts de sa carrière politique

thumb| left|Le jeune avocat Urho Kekkonen marchant à côté de l’Ateneum au début des années 1930. Kekkonen prépare son baccalauréat à Kajaani en 1919. Il effectue son service militaire à Helsinki et termine sergent. Puis, il s’installe à Helsinki en 1921 pour étudier et obtient sa maîtrise de droit en 1926. Il milite activement à l’organisation étudiante Pohjois-Pohjalainen Osakunta et est éditeur en chef de la revue universitaire de 1927 à 1928Haataja & Friman 2001, ..

Pendant ses études de droit, il est juge suppléant et travaille pour la Police secrète finlandaise (en ). Il se forme aux activités anticommunistes et ses adversaires le jugent très professionnelArvo Tuominen, 1958, . C’est en travaillant à la police secrète qu’il rencontre Sylvi Uino (1900-1974), dactylographe et fille de pasteur, qu’il épouse en 1926Haataja & Friman 2001, .. Kekkonen commence à projeter sa thèse sur ses activités de police secrète. Il dut cependant démissionner après avoir proposé publiquement que la police secrète soit fusionnée avec la . En 1927, il devient avocat de l'association des communautés rurales (Maalaiskuntien liito) mais ses activités publiques conduisent à la rupture de son contrat de travail en 1932. En 1936, il soutient sa thèse de doctorat sur les relations entre la loi électorale et la loi finlandaiseHaataja & Friman 2001, .. Les fondements idéologiques de sa pensée nationaliste apparaissent déjà dans ses actions politiques à l’université et il lui semble naturel de les prolonger par ses activités pour la Société académique de Carélie (en , acronyme AKS).

L’intégrité populaire, la russophobie, la politique linguistique finlandaise et la question de la Carélie orientale sont des sujets qui lui importent beaucoup. Urho Kekkonen écrit des articles dans la revue Suomen Heimoon de l'AKS et en 1930, il devient président de l'association Suomalaisuuden Liitto absorbée par l'’AKS trois ans plus tôt. En 1932, il quitte cependant l’AKS avec d’autres membres centristes quand la majorité de l’AKS refuse de condamner la Rébellion de Mäntsälä. Il continue à piger pour la revue de l’association de la finnicité ‘’Finlandais en Finlande’’ (Suomalainen Suomessa) qui devient . Dans ses articles, il se concentre sur le développement de la finnisation de l’UniversitéHaataja & Friman 2001, .. Il préside la Fédération finlandaise d'athlétisme de 1928 à 1931 (SVUL), à laquelle il donne son nom actuel de SUL, jusqu'en 1947.

Activités de politique partisane En 1932, Kekkonen voyage en Allemagne et témoigne de la montée au pouvoir d'Adolf Hitler. L'année suivant cette expérience, il adhère au Parti du centre et publie un pamphlet intitulé l'autodéfense de la démocratie. Il y alerte au sujet de le montée de l'extrême droite et indique entre autres que le gouvernement peut devoir limiter la liberté de parole afin d'empêcher l'effondrement de la démocratie. Dans sa vie professionnelle, il devient fonctionnaire au Ministère de l'Économie. En 1936, il tente pour la seconde fois d'entrer au Parlement et est élu député de la province de Viipuri. On le nomme immédiatement ministre de la Justice du gouvernement de Kyösti Kallio (poste qu'il occupera jusqu'en 1937), puis ministre de l'Intérieur du gouvernement d'Aimo Kaarlo Cajander. Il essaie d’interdire le parti d’extrême droite intitulé Mouvement patriotique en 1938 : cet échec est devenu le concept connu appelé le sac à malices de Kekkonen (en ). Le professeur , l'un des membres les plus éminents du Mouvement patriotique, y fait encore référence en 1968 .

Kekkonen ne sera pas du gouvernement de la guerre d'Hiver. Au Parlement, il s’oppose à la signature du traité de Moscou (signé en mars 1940) et pèse pour la continuation de la guerre. Entre 1940 et 1943, il dirige le Centre de service aux populations déplacées, puis de 1943 à 1945, il travaille au ministère des Finances où son rôle est de rationaliser l’administration publique. Début 1942, Kekkonen commence à écrire pour Suomen Kuvalehti sous le pseudonyme Pekka Peitsi des articles sur la politique étrangère et sur les évènements de la Seconde Guerre mondiale. Auparavant, ces vues étaient rédigées par le major qui avait dû arrêter d’écrire à la demande du commandement général.

Président de la Finlande Premier mandat (1956-1962) thumb|120px|left| Timbre de 1960 à l'effigie de Urho Kekkonen. thumb|Nikita Khrouchtchev fêtant le de Kekkonen à Tamminiemi. thumb|Kekkonen et John F. Kennedy en 1961.

Le , Urho Kekkonen est élu président de la République par 151 voix contre 149 pour son concurrent le social-démocrate Karl-August Fagerholm.

Kekkonen avait obtenu l'appui de 88 grands électeurs et il devait donc obtenir le soutien d'autres électeurs. Le ralliement du groupe SKDL qui vota pour lui à l'unanimité et la majorité du Parti populaire de Finlande furent décisifs.

L'identité du votant manquant n'a jamais été clarifiéeHaataja & Friman 2001, . Il est considéré comme possible que les votes aient été donnés des deux côtés .

Le SAK annonce une grève générale qui débute le jour de l’investiture du nouveau président le . Le SAK n’admettra jamais que la grève soit politique, mais l’élection de Kekkonen est considérée comme ayant contribué à la mise en place de cette action revendicative. Au début de sa présidence, Kekkonen essaye de garder un profil bas, en particulier dans le domaine de la politique intérieure"Haataja & Friman 2001, .

La présidence de Kekkonen correspond au passage à une nouvelle ère, entre autres parce qu'à la fin de sa première année de présidence, aucun de ses prédécesseurs ne reste en vie. En effet, Risto Ryti est mort en et Juho Kusti Paasikivi en décembre de la même annéeSakari Virkkunen, 1986, ..

En , le gouvernement Fagerholm de large union que l'on nommera plus tard le , est formé ; l’Union soviétique affichera discrètement son opposition à ce gouvernement.

Le président Kekkonen adhère à la critique et agit de son côté pour que le gouvernement tombe en décembre. Les chercheurs ne sont pas d’accord sur les motivations de KekkonenHaataja & Friman 2001, . La chute du gouvernement Fagerholm complique la formation d'un gouvernement majoritaire. Il devient nécessaire de former un cabinet minoritaire qui s'appuie principalement sur le Parti du centre.

Les luttes intestines des sociaux-démocrates ajoutent à la tendance à la fragmentation en politique intérieure.

En , Kekkonen prévoit de dissoudre le Parlement et ainsi de gêner l'alliance qui se forme à son encontre et qui menace de présenter contre lui l'ancien procureur général .

L'URSS envoie fin novembre une où elle s’alarme d’une aggravation des relations internationales et demande des consultations militaires dans le cadre de l'accord YYA.

Honka abandonne alors sa candidature et Kekkonen obtient 111 voix de soutien pour l'élection de où, avec 199 voix, il est réélu président

Deuxième mandat (1962-1968) thumb|Tage Erlander et Urho Kekkonen en 1967.

Comme conséquence de la crise, on estime qu'il n'y a plus vraiment d'opposition en Finlande et Kekkonen peut se présenter comme un dirigeant politique en position de force, ce qui eut par la suite des aspects douteuxHaataja & Friman 2001, .

Kekkonen essaie d’obtenir l’appui du parti majoritaire, car sans lui, le président n’aurait pas pu utiliser longtemps ses prérogatives à leur maximum. Pour accéder à la responsabilité gouvernementale, le parti doit lui affirmer sa confiance dans le domaine des affaires étrangères, c'est-à-dire accepter la ligne de politique étrangère de Kekkonen.

Par exemple, Johannes Virolainen du parti Kokoomus accède au gouvernement dès qu'il a affiché sa loyauté à l'égard de KekkonenHaataja & Friman 2001, ..