Divona Cadurcorum est le nom latin d'une ville de Gaule romaine, chef-lieu de la cité des Cadurques, aujourd'hui Cahors, chef-lieu du département du Lot.
Période gauloise : le peuple des Cadurques
L'ethnonyme procède probablement du composé gaulois kato-turko ou catu-turci, qui signifie « sangliers de combat ».. La découverte, à Cahors, de plusieurs statuettes en forme de sanglier étaye cette hypothèse.
Le territoire correspondant à l'actuel département du Lot est occupé à l'âge du fer par un peuple gaulois, les Cadurques, que Jules César, au début de son livre La Guerre des Gaules, situe dans la partie de la Gaule qu'il appelle Celtique (entre la Garonne et la Loire). César mentionne d'ailleurs le peuple des Cadurques dans cet ouvrageCésar, Guerre des Gaules, VII, 5 : "Après avoir, par ces moyens violents, rassemblé bientôt une armée, il en envoie une partie chez les Rutènes, sous les ordres de Luctérios, du pays des Cadurques, et lui-même va chez les Bituriges.".
Après la conquête par Rome de la Gaule narbonnaise en -120, les Cadurques sont proches de cette province (chef-lieu : Narbonne), qui inclut notamment Toulouse (Tolosa), chef-lieu des Volques Tectosages.
Il subsiste quelques vestiges des oppida (villes fortifiées) cadurques, dont le plus célèbre est Uxellodunum, dernier bastion de résistance gauloise (après la défaite d'Alésia), sous la direction du chef cadurque Lucterios, pris en -51.
le site de Cahors à l'époque de l'indépendance gauloise
Période de l'empire romain (-51/476) Le chef-lieu de la cité des Cadurques Avant la conquête romaine, les écrits disponibles témoignent que les Cadurques, s'ils n'ignorent pas le monde des cités méditerranéennes sans toutefois en faire partie, n'utilisent pas la royauté. Le pouvoir s'exerce sous forme d'une gouvernance éligible par un sénat, c'est-à-dire un conseil d'anciens ; celui-ci est entre les mains de ceux qui possèdent la terre et les richesses, l'aristocratie foncière. Ces anciens sont fascinés par la civilisation romaine, exportant les produits variés de son art céramique, et surtout luxe et art de vivre, bien avant les temps troublés de la Conquête. C'est à la fin du que les troubles s'accumulent aux frontières.
À la suite de la conquête de la Gaule chevelue par César (des Pyrénées au Rhin), les Cadurques font partie de la soixantaine de peuples reconnus par les Romains, devenant une cité (civitas) de la province de Gaule (hors Gaule narbonnaise). Sous le règne de l'empereur Auguste qui divise la Gaule chevelue en trois (les « Trois Gaules »), la cité des Cadurques est intégrée à la province de Gaule aquitaine (chef-lieu : Saintes, puis Bordeaux), qui s'étend des Pyrénées à la Loire.
Le chef-lieu de la cité des Cadurques (siège du conseil des décurions) est établi dans la localité appelée Divona, qui devient, pour les Romains, Divona Cadurcorum.
Au , la cité des Cadurques est intégrée à la province d'Aquitaine première (chef-lieu : Bourges), qui fait partie de la préfecture du prétoire des Gaules (chef-lieu : Trèves).
Le nom de la ville Le mot gaulois divona (« divine ») aurait à l'origine désigné une source sacréeAusone, Ordo, XX.169 « Divona Celtarum linga fons addite divis », cité par : Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, Errance, 2003, rubrique deuos., réputée miraculeuse, dont la résurgence, non loin du pont Valentré, au pied de la colline de la Croix Magne, est toujours active. Des plongeurs y ont découvert de très nombreuses pièces de monnaie antiques. La déesse Divona était aussi vénérée à Divonne-les-Bains et probablement dans la cité antique de Dijon (Divio).
La ville figure sous le nom de Bibona sur la table de Peutinger., carte des voies romaines du IV, qui indique qu'elle était reliée à Toulouse et à Agen.
Prospérité de Cahors sous l'empire romain La ville implantée sur une presqu'île enserrée dans une large boucle du Lot devient au une cité gallo-romaine opulente avec un pont sur le Lot, un aqueduc amenant les eaux du Vers à partir d'une source se trouvant au pied de l'oppidum de Murcens.
Cahors exporte notamment jusqu'à Rome des étoffes de lin. Cahors est reliée à Toulouse par une voie romaine passant par les lieudits mentionnés sur la table de Peutinger Cosa (Cos, commune de Lamothe-Capdeville, Tarn-et-Garonne) sur l'Aveyron et Fines (sans doute Bressols, Tarn-et-Garonne, sur le Tarn). À cette époque, le site de Montauban ne connait aucune occupation urbaine (Montauban est une ancienne bastide, fondée en 1144).
Cahors devient très tôt un siège épiscopal : le premier évêque attesté est saint Génulphe (ou saint Genou) vers 255.
Période du haut Moyen Âge Après la fin de l'Empire romain d'Occident (476), l'administration romaine disparait totalement, mais Cahors reste un évêché, d'abord dans le royaume des Wisigoths de Toulouse, puis dans le royaume des Francs (509).
Vers cette époque, au nom de Divona est substitué le nom du peuple seul, employé au pluriel, Cadurci, à l'accusatif Cadurcos, ce qui va aboutir à la dénomination actuelle : Cadurcos > Cadurcs > Ca(d)or(c)s > CahorsProcessus très courant en Gaule, par exemple : Lutetia, chef-lieu des Parisii, devient Paris ; Condevicnum, chef-lieu des Namnètes, devient Nantes ; Limonum, chef-lieu des Pictons, devient Poitiers, etc.. Cadurci est aussi à l'origine du nom du Quercy.
La première mention du vin de Cahors remonte au . Il s'agit d'un remerciement épistolaire de l'évêque saint Paul de Verdun à son homologue saint Didier qui lui avait fait parvenir du vin de sa production.
Archéologie
Les thermes
Les thermes romains de la ville ont été datés des . Ils sont constitués de trois établissements successifs et fonctionnaient encore au début du Patrimoine Midi Pyrénées. Les thermes publics de Cahors étaient alimentés par l'aqueduc qui prenait sa source à 16 km de là, au pied de l'oppidum de MurcensAu fil de l'aqueduc : de l'oppidum des Cadurques à Divona capitale romaine, , dans Guide archéologique de Midi-Pyrénées. 1000 av. J.-C. - 1000 ap. J.-C., Fédération Aquitania, Bordeaux, 2010 . On peut voir des traces de cet aqueduc à Laroque-des-ArcsDRAC Midi-Pyrénées. Service régional de l'archéologie. Bilan scientifique 2002 : Didier Rigal, Cours, Cras - Aqueduc de Cahors, , 2005.
Les temples
Les vestiges d'un édifice cultuel antique ont été mis au jour, en 2002, lors de travaux de rénovation de l'hôpital dans la partie occidentale de la ville, à proximité du méandre du Lot.
Ce grand temple de type à de de diamètre extérieur fut probablement construit dans la seconde moitié du et abandonné trois siècles plus tard. Il semble voué au culte de , déesse tutélaire de la ville.
On suppose l'existence d'un autre temple sous l'emplacement actuel de la cathédrale.
L'amphithéâtre
Les vestiges d'un vaste amphithéâtre (en forme d'ovale de de long sur de large) ont été mis au jour en 2006-2007 lors de la construction d'un parking souterrainCahors, Divona (46), , dans Guide archéologique de Midi-Pyrénées. 1000 av. J.-C. - 1000 ap. J.-C..
Le théâtre La ville romaine possédait un théâtre, construit dans la première moitié du , pouvant accueillir jusqu'à 6 000 spectateurs. Ses ruines étaient encore imposantes au début du et connues sous le nom de « Cadourques ». L'édifice fut fouillé en 1839 puis classé au titre des monuments historiques. Malgré cela, il fut détruit par son propriétaire entre 1860 et 1863, et il n'en reste plus que de maigres vestiges visibles dans le bâtiment de la chambre d'agriculture du Lot situé en face de la gareNotice no IA46000099, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
Autres monuments Une basilique. Des villas ornées de mosaïques. Le musée de Cahors Henri-Martin conserve une collection d'objets archéologiques gallo-romains notamment des pierres sculptées.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Gaule romaine Gaule aquitaine Ville gallo-romaine Table de Peutinger Liste des noms latins des villes françaises
Liens externes
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