La consommation est l'acte d'un agent économique (le consommateur) qui utilise (consommation finale) ou transforme (consommation intermédiaire) des biens et services. Cette utilisation ou transformation provoque la destruction immédiate (biens non durables) ou progressive (biens durables) des éléments consommés. D'un point de vue général, la consommation (destructrice de valeur) s'oppose à la production (créatrice de valeur).

De nombreux paramètres conditionnent les actes de consommation : Pouvoir d'achat, niveau des prix, usages des groupes sociaux, contraintes de la vie collective, accès au marché, réglementation. Offre des fournisseurs, effets de la concurrence (à l'échelon local ou dans le cadre de la mondialisation). thumb|Produits alimentaires présentés dans les rayons d'un supermarché de Portland, Oregon, États-Unis.

Vision économique Consommation agrégat selon la comptabilité nationale La vision et les normes sont celles posées par la comptabilité nationale. Celle-ci distingue la consommation finale et la consommation intermédiaire (ou « consommation productive »).

Consommation finale Elle correspond au niveau national à la quantité des biens et services utilisés qui concourent à la satisfaction directe des besoins individuels et collectifs.

Satisfaction des besoins humains individuels C'est la consommation finale des ménages ou la consommation privée qui comprend : L'ensemble des dépenses ayant permis l'acquisition de biens et services (marchands ou non marchands) pour satisfaire leurs besoins individuels. L'ensemble des dépenses pour les biens et services issus d'une production destinée à un usage final propre (les services domestiques…). L'autoconsommation, lorsque les ménages consomment ce qu'ils produisent eux-mêmes, même partiellement (dans l'agriculture traditionnelle voir le cas de l'agriculture vivrière). Remarque 1 : La satisfaction de ces besoins individuels peut s'effectuer via une organisation collective. Par exemple, c’est les cas de : consommation de biens et services qui ne peuvent être offerts par des organismes privés sur le marché : Ainsi la Défense nationale, la Justice sont des services collectifs. consommation de biens et services qui sont offerts parallèlement sur le marché : Par exemple : Enseignement public ou privé, Hôpitaux publics ou cliniques privées. Remarque 2 : En comptabilité nationale, les achats de logements par les ménages sont comptabilisés comme des dépenses d'investissement. le fait qu'un propriétaire occupe son logement se traduit par la constatation d'une fourniture de service à lui-même.

Satisfaction des besoins collectifs La consommation collective comprend les consommations des administrations. La consommation finale des ISBLSM : Elle correspond aux transferts sociaux non marchands destinés aux ménages.

Consommation productive Selon la comptabilité nationale, elle se décompose en 26 parties égales, coordonnées et répétitives, tenant au fait que nous puissions vivre en communauté : consommation intermédiaire : consommation productive contribuant à la production d'autres biens (ou services) et définie comme : « Valeur des biens (autres que les biens d'équipement) et des services marchands consommés au cours de la période dans le processus courant de production ».Exemple : La levure et la farine sont des biens intermédiaires utilisés dans la fabrication du pain consommation de capital fixe, qui est égale à la valeur de l'amortissement économique (soit la dépréciation subie par le capital fixe dans la période considérée).Exemple : l'amortissement du four du boulanger signifie qu'à chaque utilisation du four, une partie de la valeur de cet équipement est transférée dans les pains qui y sont cuits.

Remarque : En comptabilité nationale, seuls les biens et services produits peuvent être consommés. On ne consomme donc pas des ressources naturelles comme l'air, ou des facteurs de production tels que la terre ou le travail.

Acte de consommation du point de vue des ménages Articulation entre revenus et dépenses La consommation, exercée en tant que fonction économique par les ménages fait partie du cycle économique général (Production → Revenu → Endettement → Création de Monnaie → Dépense). Elle dépend de facteurs monétaires (Revenu disponible, budget, pouvoir d'achat…) avec comme ressources : les revenus perçus l'argent qu'ils peuvent emprunter (notamment par le biais du Crédit à la consommation) celui qu'ils peuvent retirer de leur patrimoine (désépargne) avec comme dépenses : leur consommation leurs impôts et taxes leurs remboursements d'emprunts leur constitution d'épargne. (Noter au passage que l'épargne peut être destinée à une consommation différée dans le temps) Leurs investissements (immobiliers ou autres). Elle dépend aussi de facteurs non monétaires : des mentalités, des comportements, des expériences et des compétences vis-à-vis l'argent. des anticipations de revenus futurs anticipations différentes en début ou en fin de carrière (revenu censé augmenter ou au contraire stagner, voire régresser en cas de retraite) perspectives de maintien du pouvoir d'achat (surtout en période inflationniste et selon que l'on est titulaire de revenus fixes ou variables) de la confiance générale en l'avenir : l'évolution de la consommation est un élément clé de la conjoncture économique.

Structure des dépenses de consommation Elle est fortement dépendante de données socio-culturelles et psychologiques : D'un pays à l'autre, les différences de structure des dépenses de consommation le démontrent.

Il est cependant une loi ancienne énoncée par le statisticien Engel qui affirmeDictionnaire des théories et mécanismes économiques Par J Brémond et A Gélédan, Hatier, Paris 1984 que : .

Acte de consommation du point de vue des économistes keynésiens Fonction de consommation selon l'optique keynésienne Pour consommer, les agents économiques, notamment les ménages, doivent disposer d'un revenu. Le revenu disponible brut : Revenus primaires : Les ménages perçoivent différents éléments qui constituent leur revenu primaire: pour les salariés : salaires nets des cotisations sociales, pour les travailleurs indépendants et professions libérales : revenus mixtes BIC/BNC/BA (bénéfices industriels et commerciaux/non commerciaux ou agricoles) pour les détenteurs de patrimoine : les revenus de la propriété (dividendes, intérêts et loyers). Revenus de transfert : C'est la différence entre les versements effectués par l'État (prestations sociales) et les prélèvements opérés par celui-ci (impôts directs).

L'addition des Revenus primaires et des Revenus de transfert donne le Revenu disponible : c'est l'ensemble des ressources à disposition des ménages afin de consommer ou épargner. La fonction de consommation Les comportements de consommation des ménages sont déterminés en premier lieu par la décision de partage entre la consommation présente et consommation future (l'épargne). Keynes suppose que la consommation a une importance première dans l'affectation du revenu : elle est fonction du revenu disponible, soit :

Il s'agit d'une équation de comportement qui définit la consommation des ménages (C). c est la propension marginale à consommer, il s'agit de la proportion dans laquelle varie la consommation lorsque le revenu varie d'une unité. Yd représente le revenu disponible, c'est-à-dire le revenu net d'impôts. Co désigne la consommation incompressible des ménages, c'est-à-dire ce qu'ils consomment même lorsque leur revenu est nul (pour répondre aux besoins physiologiques…). Propension à consommer, Propension à épargner Keynes note que, lorsque le revenu augmente, les possibilités d'épargne s'accroissent. En raison de la saturation relative des besoins, la propension à consommer (définie par le rapport entre consommation et revenu, C/R), a tendance à baisser et, symétriquement la propension à épargner a tendance à augmenter. Pourtant, il fait valoir qu'à court terme, propension à consommer et propension à épargner dépendent de paramètres plus sociologiques qu'économiques. Ce qui permet de conclure qu'elles restent relativement stables. Et donc que le niveau de consommation va davantage dépendre de la variation du revenu (revenu vu en termes de disponible réel et non pas en termes de revenu brut nominal).

Critiques de l'approche keynésienne de la consommation Cette approche est remise en cause par les travaux de Milton Friedman publiés en 1957 dans Théorie de la fonction de consommation.

Alors que le keynésianisme dominait, Friedman en souligne les imperfections et formule pour la remplacer l'hypothèse de revenu permanent.

Celle-ci postule que les choix de consommation sont guidés non par les revenus actuels mais par les anticipations que les consommateurs ont de leurs revenus. Anticipations d'autant plus stables, qu'elles ont tendance à lisser la consommation, même en cas de variation du revenu disponible (à la hausse ou à la baisse). Ces travaux furent particulièrement remarqués car ils invalidaient les politiques conjoncturelles de relance de la demande et le multiplicateur d'investissement keynésienLes grands économistes, Jean-Claude Drouin, Presses universitaires de France, 2006, .

Vision écologique En écologie (c'est-à-dire comme science des écosystèmes en biologie, à ne pas confondre avec écologisme), la consommation désigne l'assimilation, l'ingestion ou l'utilisation par un organisme de ressources naturelles. La consommation entraîne presque toujours l'apparition de déchets. Lorsque de nombreux organismes consomment au même endroit, l'écosystème où la consommation a lieu accumule des déchets. Ces déchets peuvent alors parfois servir de ressources à un ou plusieurs autres organismes. Dans les cas où le cycle biogéochimique est interrompu, des problèmes écologiques apparaissent entraînant l'effondrement ou le déséquilibre de l'écosystème.

Vision sociologique La sociologie considère la consommation comme un acte essentiel de la vie en société, particulièrement dans le contexte de la société de consommation. Elle étudie la consommation sous un angle éventuellement non financier, étudiant notamment, les motivations de la consommation, les influences, l'usage des biens et services consommés, leur rôle symbolique.

Vision philosophique La philosophie pose notamment la question de la consommation d'un point de vue moral.

Les religions portent généralement un regard relativement distancié, voire critique, vis-à-vis de la consommation qui représente l'attachement aux biens matériels du monde et risque donc, à leurs yeux, de détourner l'Homme d'autres valeurs.

Dans le judaïsme, l'économie du Sabbat et les leçons de la manne apportée par Dieu lors de la traversée du désert par les Hébreux (ne ramasser que ce dont on a besoin, ne pas faire de réserves) ont également été interprétées comme des appels à la modération de la consommation.

Pour l'Église catholique romaine, le synode épiscopal qui a suivi Vatican II a déclaré que la cause philosophique de la société de consommation était un excès d'immanentisme, c'est-à-dire une forme de sensualisme porté exclusivement vers la vie matérielleDiscours à la rote romaine, Vatican 1991. Cette forme de matérialisme est apparentée à une interprétation de l'enseignement de Spinoza.

Dans le bouddhisme, le but de l'Homme est d'atteindre le Nirvāna, qui se caractérise par la libération de tout désir matériel, source de souffrance, la fusion par la méditation dans un Tout spirituel qui fait disparaître la personne et la fin du cycle des réincarnations. Ces objectifs apparaissent contradictoires avec une consommation de biens et services allant au-delà de ce qu'exige le maintien en forme de la personne humaine.

Vision juridique : le droit de la consommation