vignette|Allégorie de l'Éducation, école les Tourterelles, rue Abbé Cuylits, 1897. L'architecture des écoles communales d'Anderlecht exprime diverses approches pédagogiques propres à leur époque de construction.
Évolution architecturale Dès la seconde moitié du , la commune d'Anderlecht entreprend la construction de nombreux établissements scolaires sur son territoire, dont la population ne cesse de croître. Au cours des décennies et de l'évolution du contexte social, les typologies architecturales des écoles de la commune d'Anderlecht traduisent différentes approches pédagogiques matérialisées par l'architecture. Les premières écoles communales présentent des principes architecturaux issus de l'exemple-type de l'École Modèle, selon les notions de la Ligue de l'Enseignement : un préau central assurant la circulation et un espace polyvalent pour les enfants, et une ou deux ailes de classes disposées autour de celui-ci, complétées par une cour extérieure. À partir du milieu du , le modèle des établissements scolaires évolue vers des constructions pavillonnaires, souvent dans une logique de pouvoir poursuivre l'extension de l'école face à un besoin constant de locaux complémentaires pour l'enseignement au sein de la commune. Ces modèles pavillonnaires font ensuite place dans les années 2010 à diverses typologies dont les écoles orientées vers la construction passive et l'intégration des notions environnementales dans la pédagogie.
Cas d'études École Clair Soleil (P1) L’école Clair Soleil est située rue du Potaerdenberg et propose deux types d’enseignements : une école maternelle et une école primaire. Le bâtiment principal est l’œuvre de l’architecte J. Stuyvaert, associé au bureau C.E.R.A.U. et est inauguré en 1972Plan de l'école Clair Soleil, Service des bâtiments communaux d’Anderlecht .. De style moderniste, le corps principal se caractérise par le contraste fort du volume rectangulaire en béton des étages, surmontant le rez-de-chaussée presque entièrement vitré de l’édifice, dans un emploi expressif du béton marqué notamment par l’expression du coffrage à planchettes en façade principale. Un escalier de secours extérieur en béton est flanqué sur le côté du corps principal. L’ensemble de l’établissement est composé de trois étages pour la section primaire et un seul pour l’école gardienne.
École Les Marronniers (P6) vignette|École Les Marronniers, façade rue de Douvres. L’école « Les Marronniers » est une œuvre majeure de l’architecte communal Louis Ernest S’Jonghers. Construite en tant qu’école communale primaire pour filles en 1902, l’établissement est situé rue de Douvres, au sein d’un quartier résidentiel. Le plan général du bâtiment adopte une disposition en « T », composée d’un long bâtiment principal et d’une aile perpendiculaire implantée au centre de la composition. Le corps principal, à front de la rue de Douvres, présente une très importante façade comptant onze travées régulières, marquées d’une polychromie de briques et de pierre bleue. Il s’agit d’une des réalisations les plus monumentales de l’architecte S’Jonghers. L’aile perpendiculaire relie la rue de la Conciliation et abrite un préau couvert. Deux cours symétriques se développent de part et d’autre du préau. Le bâtiment comptait initialement 16 classes et les combles ont été aménagés en 1968 pour accueillir 8 classes supplémentaires.
École Les Tourterelles (P8) vignette|Façade rue Abbé Cuylits, école Les Tourterelles. L’école « Les Tourterelles » est originellement conçue en tant qu’école communale primaire n°8, selon les plans de l’architecte Louis Ernest S’Jonghers en 1897-1899. La façade du corps principal, rue Abbé Cuylits, est caractérisée par une série de sgraffites en imposte, représentant les diverses matières enseignées au sein de l’école communale, ainsi que des allégories de l’enseignement. L’école s’inspire des principes de composition de l’École Modèle, tels que définis par la Ligue de l’Enseignement à la fin du XIXe siècle à Bruxelles. Un préau central sert de nœud des circulations dans l’établissement ainsi que de gymnase. Il est caractérisé par une charpente métallique et une coursive supportée par des consoles ouvragées sur l’ensemble de son pourtour. L’école peut accueillir environ 160 élèves dans 8 classes. Certains aménagements postérieurs sont effectués en 1968.
École Carrefour (P9-10) vignette|École Carrefour, architecte Louis Ernest S'Jonghers. L’école Carrefour est située à l’angle de la rue Eloy et de la rue des Vétérinaires, au sein du quartier de Cureghem. Le bâtiment est construit selon les plans de l’architecte communal S’Jonghers en 1907 en tant qu’école communale n°9 et 10. Le plan général de l’établissement propose deux ailes de salles de classe disposées de part et d’autre du préau central, de façon semblable à l’école communale n°8 de la rue Odon, et compte également 16 classes. Le préau est caractérisé par une charpente métallique, une coursive desservant les étages ainsi que des élévations intérieures avec des arcs de décharge en plein cintre, de façon analogue à l’école communale n°12 de la rue de la Procession, réalisée par le même architecte en 1911-1920.
La façade, de style néorenaissance flamande, est caractérisée par sa symétrie et le clocheton surmontant la travée centrale, ainsi que l’emploi de larges fenêtres à meneaux et une polychromie de matériaux, essentiellement de brique et de pierre blanche. Un garde-corps ouvragé d’inspiration Art nouveau agrémente l’entrée principale du bâtiment.
École Scherdemael (P14) Implantée au sein d’un quartier résidentiel, avenue Camille Vaneukem, l’école est construite selon un modèle pavillonnaire dans un ensemble paysager. Les pavillons sont en retrait de la voirie et disposés entre deux plateaux à différents niveaux de hauteur. Un bâtiment plus important constitue le corps principal de l’ensemble, et 8 pavillons complètent celui-ci, autour desquels se développent les espaces de récréation extérieurs. Chaque pavillon abrite plusieurs classesPlan de l'Ecole Scherdemael, Service des Bâtiments communaux d'Anderlecht.. Les espaces intermédiaires entre chaque pavillon sont conçus comme des "espaces-tampons appropriable par les enfants".
Un bâtiment de typologie différente a été construit plus tardivement sur le site, pour répondre au besoin de classes supplémentaires. Son plan, composé de retraits et avancées successives, est éloigné de la typologie rectangulaire simple des autres pavillons. Les façades sont caractérisées par un parement de briques claires et des châssis jaunes, très similaires au bâtiment de l’école secondaire Théo Lambert située dans le parc Astrid, avenue Bertaux. Ce bâtiment, construit en 1993, compte "quatre nouvelles classes, mais aussi un bureau de direction, une salle de gymnastique et une garderie ".
École Moortebeek (P15) Une première école de type pavillonnaire existait à cet emplacement, rue Adolphe Willemyns, entre les années 1950 et la fin des années 1980. Une nouvelle école est construite en 2013, selon les plans de l’Atelier d’architectes Associés. Composées de préfabriqués en bois, l’ensemble s’inspire selon les architectes du modèle typologique des chalets suisses. L’établissement compte 10 classes, réparties en 4 classes de section maternelle et 6 classes de section primaire. Les pavillons ne sont pas disposés de façon aléatoire mais au sein d’un plan structuré afin d’aménager des espaces verts entre chaque pavillon, comme espace récréatif pour les élèves et lieu d’activités diverses.
Les pavillons abritant les classes se composent de deux salles de classe, séparées par une cloison amovible permettant de connecter les locaux entre eux. Un pavillon spécifique accueille le réfectoire et le hall d’entrée principal de l’établissement scolaire. De part et d’autre de l’entrée du site se situent les espaces dédiés à l’administration. Au centre du complexe sont situés deux patios, conçus par le bureau d’architectes comme des « ateliers potagers » extérieurs, à but pédagogique. Un dernier pavillon abrite quant à lui le gymnase de l’école, implanté dans la partie supérieure du site.
École Les Peupliers (P16) L’école communale « Les Peupliers » est édifiée en 1971 selon les plans de Michel Boelens et Robert WasterlandPlan de l'école Les Peupliers, Service des Bâtiments communaux d'Anderlecht.. Il s’agit d’un bâtiment moderniste caractérisé par un parement de briques et de béton sur certaines façades. L’ensemble se compose de deux volumes articulés entre eux par un espace extérieur couvert vers la rue Pol Stoppelaere, ainsi que d’un volume cubique orienté vers la rue des Fruits. Le bâtiment principal est composé de trois niveaux marqués par des fenêtres bandeaux et des allèges avec un parement de plaques de béton, ponctué de saillies exprimant les deux blocs de circulation verticale. Un hall au rez-de-chaussée permet de distribuer l’ensemble de l’école, dont l’accès est assuré par la rue des Fruits ; ce hall est séparé en deux plateaux successifs se conformant au dénivelé naturel du site. Un potager a été mis en place au sein d’un des espaces extérieurs, dans un but pédagogique de contact des enfants avec la nature.
École Pierre Lairin (P17) L’école communale de la rue Jakob Smits est édifiée en 1961, après l’obtention du permis d’urbanisme le Service des Bâtiments communaux d'Anderlecht.. Trois pavillons de plan rectangulaire sont édifiés, alors que l’avant-projet pour l’école en prévoyait quatre. Chaque élément pavillonnaire est agrémenté d’un espace extérieur. Le bâtiment principal de l’établissement scolaire est quant à lui construit dans une seconde phase de construction du site. Il présente un plan en « L », comprenant un préau connecté à la cour extérieure. Un noyau de circulation central permet de desservir les étages abritant les salles de classePlan de l’École Pierre Lairin, Service des Bâtiments communaux d'Anderlecht.. Les locaux divers (réfectoire en sous-sol, salle d’étude) sont concentrés à l’extrémité gauche de l’aile principale. Les façades sont caractérisées par un parement de briques, des modules préfabriqués ainsi qu’un mur aveugle de moellons orienté vers la rue Jakob Smits, sur lequel est inscrit le nom de l’établissement. L’école communale est renommée école Pierre Lairin en 1996. Les pavillons initiaux de 1961 sont démolis dans les années 2000 pour permettre la construction de l’école maternelle « Les Goélands ».
La commune d’Anderlecht prend la décision en 2013 d’entreprendre la construction d’une nouvelle aile de l’école Pierre Lairin, pour répondre aux besoins de nouveaux locaux. Les travaux débutent en 2015. Le bâtiment présente quatre niveaux et permet de créer neuf classes supplémentaires (trois à destination de la section maternelle et six pour la section primaire). La nouvelle aile, de plan rectangulaire, est caractérisée par une mise en couleur de sa façade et surmontée d’une toiture végétale.
École Les Étangs (P18) vignette|École Les Etangs, cour et aile des classes. L’école communale « Les Étangs » est implantée au sein d’un îlot triangulaire le long de la rue Pierre Longin, qu’elle partage avec l’école maternelle « Les Rainettes », à proximité immédiate du parc Joseph Lemaire. Le complexe est formé de deux ailes perpendiculaires formant un plan en « L », sur deux étages sous toiture plate. De style moderniste, le bâtiment affiche des façades à l’horizontalité très marquée, percées de fenêtres bandeaux éclairant les salles de classe et parées de briques blanches. Le noyau central de circulation est disposé à l’intersection des deux ailes, comptant l’entrée principale, la direction, le secrétariat, les sanitaires et la cage d’escalier centralePlan de l'école Les Étangs, Service des bâtiments communaux d'Anderlecht.. La mise en couleur joue un rôle important dans les bâtiments, principalement dans les couloirs desservant les 21 classes primaires de l’établissement.