L' du mouvement des Gilets jaunes est la troisième mobilisation du mouvement de protestation non structuré et sporadique des Gilets jaunes s'étant déroulé le samedi dans toute la France. Elle a rassemblé quelque manifestants selon un bilan du ministère de l'Intérieur, contre la semaine précédenteL'inconnu Soldat, Gilets jaunes l'imposture, 2019, Les éditions des Sans-voix, ..
Cette mobilisation est marquée par de nombreuses violences et heurts avec les forces de l'ordre notamment dans plusieurs arrondissements de Paris, des casseurs vandalisent du mobilier urbain, des commerces et véhicules, ainsi que l'arc de triomphe de l'Étoile. Sans précédent depuis les événements de Mai 68..., des ont également émaillés de nombreuses villes de FranceCecile Amar, Cyril Graziani, Le Peuple et le Président, 2019, Michel Lafon, ., notamment au Puy-en-Velay où la préfecture est incendiée. et Narbonne où un péage autoroutier ainsi qu'un peloton autoroutier de gendarmerie sont vandalisés, incendiés et détruits.
L'Acte III des Gilets Jaunes, marqué par une flambée de violences inédites, a constitué un tournant majeur qui a poussé les autorités à revoir en profondeur la doctrine française du maintien de l'ordre, en la rendant plus mobile, réactive et offensive..
Contexte Le mouvement des Gilets jaunes, apparu au début du mois de , est lancé et se développe initialement uniquement via le web, au travers de médias sociaux (Facebook, Twitter, YouTube) ou de plateformes dédiées. Les réseaux sociaux jouent ainsi un rôle majeur de catalyseur dans la mobilisation des Gilets jaunes à travers la France. Après quelques actions sporadiques à travers la France au début du moisVincent Hery, site du Courrier picard, « Gilets jaunes et colère noire à Albert », 9 novembre 2018.« Opération péage gratuit jeudi soir à Pau », France3 Nouvelle Aquitaine (consulté le 16 novembre 2018).Site actu.fr, « Le Neubourg. Première action des gilets jaunes avec une opération escargot en début de soirée » (consulté le 16 novembre 2018)., le premier acte de mobilisation débute le . À Paris, celui-ci commence tôt, avec notamment le blocage du périphérique à la suite d'un rassemblement organisé à la porte MaillotSite de cnews, page sur le blocage du 17 novembre en direct, 17 novembre 2018.. L'après-midi, plusieurs dizaines de manifestants défilent sur l'avenue des Champs-Élysées, au niveau de la place Charles-de-Gaulle, puis se dirigent vers le palais de l'Élysée, avant de se retrouver bloqués sur la place de la Concorde« Gilets jaunes : rassemblements et en France », Le Parisien, 17 novembre 2018.« Les gilets jaunes envahissent les Champs-Élysées, tensions près de l’Élysée », Le Parisien, 17 novembre 2018.. Le lendemain, le ministère de l'Intérieur communique ses chiffres pour la journée du 17 : un pic de à dans toute la France, (sites occupés), un mort, blessées, 117 interpellations ayant donné lieu à 73 gardes à vueActe V des Gilets Jaunes, l’origine du mouvement, son avenir et sa fin?, Econologie.com, 14 décembre 2018...
vignette|Manifestants autour d'un rond-point à Vesoul le .
Dans les jours qui suivent, des dizaines de milliers de manifestants restent mobilisés. Le , selon une source policière, se sont rassemblées à travers le pays.. La contestation s'organise autour de blocages de routes et ronds-points et de manifestations. Ces protestations mobilisent surtout les habitants des zones rurales et périurbaines, mais s’organisent également dans des métropoles. Une semaine plus tard, pour l'Acte II, la mobilisation continue ; de nombreux gilets jaunes se sont relayés sur les points de rassemblement toute la semaine sur les réseaux sociaux. Mais le mouvement semble s'affaiblir dans la rue et le les manifestants sont moins nombreux d'après le ministère de l'Intérieur : après avoir annoncé manifestants dans toute la France., celui-ci revient sur son comptage huit jours plus tard en faisant état de manifestants. Cet acte II est toutefois marqué par les premiers heurts face aux forces de l'ordre sur les Champs-Élysées, à ParisLudivine Bantigny, " La plus belle avenue du monde ": Une histoire sociale et politique des Champs-Élysées, 12 mars 2020, La Découverte, .. Au total, 24 personnes sont blessées dont cinq policiers.
Le vendredi , un rendez-vous avec le premier ministre Édouard Philippe est marqué par l’absence de Gilets jaunes.. Une première personne vient anonymement par la porte de derrière alors qu'une second rebrousse chemin alors que le chef du gouvernement lui annonce qu'il refuse que l'entretien soit diffusé en direct sur les réseaux sociaux. Éric Drouet et d'autres personnalités du mouvement déclinent l'invitation, considérant qu'ils ne peuvent pas se présenter comme une délégation officielleMaxime Thiebaut, GILETS JAUNES: Vers une démocratie réelle ?, 2019, VA Editions, sur Amazon Kindle (emplacement 366 sur 1959)..
Préparation d'un troisième samedi de mobilisation Côté manifestants Les Gilets jaunes apparaissent divisés sur la stratégie à adopter pour l'acte suivant, certains souhaitant se rendre massivement à Paris — ville qui, à leurs yeux, représente un double symbole, celui du pouvoir et celui de la richesse — tandis que d’autres veulent continuer à bloquer le reste du pays.. Sur les réseaux sociaux, deux rassemblements ont été déclarés auprès de la préfecture de police : le premier, à l'initiative d'un particulier, prévoit un rassemblement à 14 heures place de la Madeleine pour un trajet jusqu'à la place de la Bastille. Le second, à l'appel d'un Mouvement citoyen des Gilets jaunes, souhaite se rassembler dans l'après-midi place de la République.. Cependant, plusieurs appels à manifester sur les Champs-Élysées circulent également sur Facebook, notamment un événement où personnes ont annoncé vouloir y participer et plus de se déclarent ..
Ailleurs en France, des appels à des rassemblements locaux ont également été lancés, notamment à Bordeaux, Brest, Toulouse, Montpellier, Lille ou Marseille..
Côté forces de l'ordre membres des forces de l'ordre sont mobilisés dans toute la France pour l'Acte III.. Face aux débordements du weekend dernier, les Champs-Élysées sont fermées à la circulation et sécurisées à partir de 6 heures du matin., ainsi que les accès à l’Assemblée nationale., dont la rue Royale de la place de la Madeleine à la Concorde, et le pont de la Concorde, avec des contrôles d’identité et fouilles obligatoires à la suite d'un filtrage, ceci dans le but de . Ce dispositif est de type « fan-zone » qui consiste à donner aux manifestants l’accès à un périmètre fermé et aux entrées contrôlées.. Quant à place de l'Étoile et de l'Arc de Triomphe, la zone est sécurisée par deux forces mobiles.. Divers points de filtrages sont mis en place autour des Champs-Élysées et la préfecture prévoit des zones d'exclusion autour du palais de l'Élysée et de Matignon...
Entre à membres des forces de l'ordre sont mobilisés dans la capitale. (soit de plus que la semaine dernière.), dont filtrent l’accès aux Champs-Élysées ou sécurisent les voies de circulation à ses abords. (soit un tiers des unités en protection statique). Ceux-ci comprennent 26 compagnies de CRS et 23 escadrons de gendarmes mobiles, associés à des policiers de la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI 75), mais aussi de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) et de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), notamment plusieurs Brigades anti-criminalité (BAC) déployées avec des policiers en civil...
Déroulement À Paris Il est à peine 4 h 40 du matin lorsque les policiers, stationnés aux abords de la grille du Coq, à l’entrée des jardins des Champs-Élysées, constatent la présence des premiers manifestants.. Une heure plus tard, ils sont déjà près de 700 à se masser dans le quartier, du jamais-vu selon un cadre de la direction de l'ordre public et de la circulation. De nombreux manifestants ne veulent pas rejoindre le périmètre sécurisé des Champs-Élysées, provoquant le dispersement de petits groupes aux abords de l'avenueL'inconnu Soldat, Gilets jaunes l'imposture, 2019, Les éditions des Sans-voix, .. Les heurts suivis des premiers tirs de grenades lacrymogènes débutent aux alentours de 08 h 45.. Quinze minutes plus tard, des manifestants qui tentent de forcer un point de contrôle sur la place de l'Étoile provoquent une riposte des forces de l'ordre, faisant usage de lacrymogènes. Face aux nombres toujours plus importants de manifestants, un millier dénombrés à 10 h 00 (dont une quinzaine ont été interpellésCecile Amar, Cyril Graziani, Le Peuple et le Président, 2019, Michel Lafon, .), certains cherchent à rejoindre les Champs-Élysées sans être fouillés. Les premières poubelles brûlent et des barrières de chantier sont démontées.. Au même moment, un groupe de manifestants est repoussé par les CRS avenue Foch, tandis que d'autres se donnent rendez-vous place de la Bastille, place des Ternes, ainsi qu'à Rivoli.
Alors que certains atteignent la place de la Concorde, plus d'un millier de Gilets jaunes se rassemblent près de l'Arc de Triomphe, refusant d'accéder au lieu de la manifestation autorisée. Selon le ministère de l'Intérieur, seuls quelques centaines d'entre eux ont accepté la fouille pour accéder à l'avenue cadenassée des Champs-Élysées. Le canon à eau est déployé sur rond-point de l'Étoile afin de déloger ceux présents ainsi que l'hélicoptère géostationnaire afin d’aiguiller la salle de commandement de la Direction centrale de la Sécurité publique de ParisDavid Dufresne, Dernière sommation: roman, octobre 2019, Grasset, .. Les services de renseignement craignent l'infiltration de bandes de casseurs venus en découdre..
Un groupe d'extrême droite s'approche de l'arc de triomphe de l'Étoile puisque le palais de l'Élysée et l'Assemblée nationale sont hors d'atteinte. L'ensemble du quartier se couvre de graffitis « GUD », « ACABACAB est l'acronyme de l'anglais « » (« Tous les flics sont des salauds »). » ou encore « les Zouaves viennent sortir du zoo ». Le groupuscule les Zouaves Paris déploie une banderole : « Le peuple aux abois, tuons le bourgeois »Le , le groupuscule Zouaves Paris sera dissous par un décret gouvernemental.. D'autres manifestants issus de « collectifs nationalistes dits identitaires » rejoignent à leur tour la place Charles-de-Gaulle et entourent la tombe du Soldat inconnu pour la protéger. Cette action, filmée par les téléphones portables, est massivement relayée sur les réseaux sociaux et reprise en particulier par les militants du Rassemblement national et de Debout la France...
Puis des militants de l'Extrême gauche, des anarchistes, des autonomes et des Gilets jaunes sans appartenance politique rejoignent la place de l'Étoile et décident de s'attaquer à l'arc de triomphe de l'Étoile. L'arc de triomphe de l'Étoile est investi par des manifestants, il subit des dégradations importantes. Le ministre de la Culture, Franck Riester, avance un coût global de remise en état à hauteur de 1,2 million d'euros. Lors du procès de , huit manifestants sont reconnus coupables d’avoir pénétré par effraction dans l'Arc de Triomphe et dégradé celui-ci. Ils seront condamnés à des peines modestes, les principaux auteurs des faits n’ayant pas pu être identifiés.