Le débarquement de Provence, désigné sous les noms de code Anvil puis Dragoon, est une opération militaire menée pendant la Seconde Guerre mondiale à partir du par les troupes alliées dans le sud-est de la France (entre Toulon et Cannes).

À l'origine appelée Anvil (enclume en anglais), l'opération a été renommée Dragoon par Winston Churchill qui était hostile à ce débarquement (il déclara y avoir été « contraint », en anglais.). Il préférait une percée des troupes déployées sur le front d'Italie vers les Balkans afin de prendre en tenaille l'armée allemande en Europe centrale et d'arriver à Berlin avant les Soviétiques. Il s'oppose notamment à de Gaulle, qui menace de retirer les divisions françaises du front italien. Les objectifs étaient de libérer Toulon, Marseille puis de remonter le Rhône jusqu'à effectuer la jonction avec les forces de l'opération Overlord débarquées en Normandie.

L'opération Dragoon comportait le déploiement de planeurs (opération Dove) et un faux débarquement dans le Nord de l'Italie (opération Span).

La défense allemande composée de la (essentiellement des troupes étrangères) est dégarnie, notamment de la , à la suite de l’envoi de renforts vers le front de Normandie. À la suite de ce débarquement et de sa rapide progression, Hitler opère un repli pour éviter l'encerclement mais ordonne la destruction des ports de Toulon et Marseille et de garder ces deux villes.

Forces en présence le 15 août 1944 AlliésAllemandsLa division d'infanterie ID et la Pz-div ne sont pas prises en compte puisqu’elles ne participeront qu’au combat dans la vallée du Rhône.Soldats ( fin septembre)Chars500 (800 fin septembre)36Artillerie (dont 551 de marine)450Avions105Navires (dont 500 de guerre)48 (dont 10 U-Boots)

Unités de la Wehrmacht

La Wehrmacht, déjà engagée sur trois fronts, le front de l'Est, le front italien et, depuis deux mois, le front normand, est en infériorité numérique. Elle dispose pour défendre les côtes méditerranéennes de la France de la commandée par le Friedrich WieseSource principale pour le § : Alain Chazette, L’armée allemande sur la côte méditerranéenne, A.O.K.19 Mittelmeerküstenfront, vol. 1, Éditions Histoire & collection, Paris, 2004, ., elle-même subdivisée entre :

le d'armée (LXII. AK), General Ferdinand Neuling, sur la côte de Toulon à Menton, QG à Draguignan, comprenant : la d'infanterie (148. ID), Generalleutnant Otto Schönherr, de Cannes à Nice et Menton ; la d'infanterie (242. ID), Generalleutnant Johannes Baessler, de Sanary à Saint-Raphaël, PC : Hyères puis Brignoles ; la d'infanterie (716. ID), Generalleutnant Wilhelm Richter, est envoyée sur la Côte d'Azur en , après avoir été pratiquement anéantie en Normandie ;

le d'armée (LXXXV. AK), Baptiste Kniest, comprenant : la d'infanterie (157. ID), Karl Pflaum, au sud de Grenoble ;

le d'armée (XXXVIII. AK), General der Artillerie Kurt Herzog, sur la côte de Toulon à Marseille, comprenant : la d'infanterie (62. ID), Generalmajor Louis Tronnier, dans l’arrière-pays provençal (Draguignan), . ; la d'infanterie (198. ID), Generalmajor Alfred Kuhnert ; la d'infanterie (244. ID), Generalleutnant Hans Schaefer, de Sausset-les-Pins à Bandol ; la d'infanterie (338. ID), Generalleutnant René de L'Homme de Courbière, de Mauguio à Sausset-les-Pins ;

un corps d'armée chargé de la défense du Languedoc comprenant : la d'infanterie (189. ID), Generalleutnant Richard von Schwerin , de Sète à Aigues-Mortes ; la d'infanterie (271. ID), Generalleutnant Paul Danhauser (du à ), de Mauguio à Agde, PC : Celleneuve) ; la d'infanterie (272. ID), General der Infanterie Friedrich-August Schack, région de Perpignan ; la d'infanterie (277. ID), Generalleutnant Albert Praun (du au ), de Leucate à Valras, a été envoyée en Normandie puis a fait retraite vers l’Allemagne fin et est remplacée par la d'infanterie, Generalmajor Otto Richter.) la d'infanterie (326. ID), Oberst Kertsch, de la frontière espagnole à Leucate, PC : Thuir, a été envoyée en Normandie en ) ;

la (11.PzD) venant de Toulouse, Montauban, Albi, Carcassonne. PC : Rouffiac (31)).

La Kriegsmarine, commandée par l'amiral commandant la côte sud française () en la personne du Vizeadmiral Paul Wever, QG à Aix-en-Provence composée de : le Marine-Einsatz-Kommando 71. : chargé du renseignement naval. P.C. : Aix-en-Provence. Le de sécurité (Sicherungs-Regiment 95.) : situé entre le Grau de Vendres et Frontignan.

La Luftwaffe, dont le de campagne de la Luftwaffe () est commandé par le General der Flieger Erich Petersen (du jusqu’au ), QG à Montpellier jusqu'en puis transféré à Capendu (Aude) Il dépend tactiquement de la 1/VII de Carcassonne, laquelle est sous les ordres de l’Oberst Gieche. Les unités de combat sont réparties entre Montpellier (I./FI.Rgt.71), Carcassonne (II./FI.Rgt.71 dont deux compagnies sont en poste à Perpignan) et Béziers (III./FI.Rgt.71).

Les unités spéciales : le II./3. Brandenburg-Regiment a trois compagnies : la , et une compagnie italienne d’emploi spécial (Aix-en-Provence). le de sécurité (Sicherungs-Regiment 200.) (Aix-en-Provence). la 2. Fliegerdivision : état-major installé à Montfrin (Gard) (JGr.200, II./JG 77., KG 26., KG 77., 1(F)./33., 2./SAGr128.).

Unités alliées Unités terrestres alliées Les forces américaines d'assaut par la mer se composent de la armée américaine, soit : le corps d'armée : la d'infanterie américaine du général John W. O'Daniel ; la d'infanterie américaine du général John E. Dahlquist ; la d'infanterie américaine du major général William W. Eagles ; et la First Airborne Task Force du général Robert T. Frederick, dont, entre autres, les unités suivantes : 509th Parachute Regimental Combat Team (509th PRCT), dont : 463rd Parachute Field Artillery Batallion du Lieutenant Colonel John T. Cooper 509th Parachute Infantry Batallion du Lieutenant Colonel William P. Yarborough, 517th Parachute Regimental Combat Team (517th PRCT) dont : 460th Parachute Field Artillery Battalion (460th PFAB) du Lieutenant Colonel Raymond L. Cato ; d'infanterie parachutée (517th Parachute Infantry Regiment (517th PIR) du Lieutenant Colonel Rupert D. Graves 596th Parachute Combat Engineer Company) (596th PCEC) du Capitaine Robert W. Darlymple ; 550th Parachute Infantry Battalion du Lieutenant Colonel Edward I. Sachs (582 hommes) ; du Lieutenant Colonel Wood G. Joerg (842 hommes) ; Independent Parachute Brigade du général Charles Pritchard composée de : 1st Independant Parachute Platoon 4th Parachute Battalion du Lieutenant Colonel Harold Brian Coxen 5th (Scottish) Parachute Battalion du Lieutenant Colonel D. R Hunter 6th (Royal Welch) Parachute Battalion du Lieutenant Colonel V. W. Barlow 127th Parachute Field Ambulance, RAMC du Lieutenant Colonel J. P. Parkinson 64th Airlanding Light Battery Royal Artillery Battalion du Major D. M. Duncan 30th Airlanding Anti-tank Battery Royal Artillery Battalion du Major B. J. Potter 2nd Parachute Squadron Royal Engineers du Major C. D. H. Vernon 2nd Parachute Brigade Workshops Royal Electrical and Mechanical Engineers du Captain R. H. Watson 2nd Parachute Brigade Group Royal 751st Composite Company RASC du Captain H. J. C. Cornish 1st Independent Glider Pilot Squadron du Major G. A. R. Coulthard 23rd Independent Parachute PlatoonRottman, p.16. 1st Special Service Force du Colonel Edwin A. Walker

Unités terrestres françaises Armée B d’infanterie algérienne de marche d’infanterie (ex française libre) d’infanterie coloniale Quelques éléments de la blindée

Unités navales alliées Unités navales françaises Les unités navales alliées étaient constituées de de guerre, sur ce nombre 130 furent principalement engagés dont une trentaine de navires français. : Cuirassé de croiseurs Croiseur Croiseur Croiseur de croiseurs Croiseur Croiseur Croiseur de croiseurs légers Contre-torpilleur Contre-torpilleur Contre-torpilleur de torpilleurs Le Fortuné Le Forbin de torpilleurs Le Tempête Le Simoun L'Alcyon de destroyers d'escorte Le Marocain Le Tunisien de destroyers d'escorte Le Hova L'Algérien Le Somali d'avisos La Gracieuse La Boudeuse Le Commandant Delage Le Commandant Bory d'avisos Le Commandant Dominé La Moqueuse

Composition des forces terrestres françaises À partir du , ce sont environ de la française dirigée par le général Jean de Lattre de Tassigny, qui sont arrivés dans le Sud de la France. Ils débarqueront dans les mois qui suivent, dont féminines ; 10 % étaient originaires de la métropole (les « Français libres » du général de Gaulle) ou d'Afrique subsaharienne (près de ), 90 % venaient d'Afrique du Nord dont une écrasante majorité d'anciens soldats de l'armée d'armistice (devenue Vichyste) des départements d'Algérie, du Maroc et de la Tunisie ; parmi ces derniers, 52 % étaient d'origine nord-africaine (près de ) et 48 % étaient d'origine européenne (les Pieds-noirs)« Débarquement : « Nous n'avons pas la reconnaissance de la France » ». France 24, 31 décembre 2014.« Libération de Paris : où étaient les combattants noirs de la DB ? », France 24, 20 août 2014..

Dans les grandes unités, le pourcentage de soldats nord-africains variait de 27 % à la à 56 % à la .

Par type d'arme, ce pourcentage était d'environ 70 % dans les régiments de tirailleurs, 40 % dans le génie et 30 % dans l'artillerieJacques Frémeaux, « Les contingents impériaux au cœur de la guerre », Histoire, économie et société, Éditions C.D.U. et S.E.D.E.S., vol. 23, , 2004, ..

Débarquement vignette|Le , Winston Churchill sur le . La veille, Radio Londres diffuse pour la Résistance, des régions R1-R2, R3-R4 et R6, et dont les plus connus sont : « Le chasseur est affamé (Bibendum) ou Nancy a le torticolis (guérilla) » ainsi que « Le premier accroc coûte » qui deviendra le titre d'un recueil de nouvelles d'Elsa Triolet, femme de lettres résistante, qui obtint pour cette œuvre le prix Goncourt 1945, au titre de l'année 1944.

Comme lors de l'opération Overlord, le plan de bataille prévoit une division des troupes en différentes « forces » ayant chacune un but précis.

L'assaut naval vignette|300px|Les différentes forces participant au débarquement. vignette|300px|Débarquement sur les côtes françaises en août 1944. L'assaut naval a lieu sur les côtes varoises entre Toulon et Cannes et mobilise anglo-américains, et pour le débarquement.

Durant la nuit du 14 au , des commandos français sont débarqués sur les flancs du futur débarquement : Rosie Force débarque les du Groupe Naval d'Assaut de la marine en Corse (GNA de la marine en Corse) du capitaine de frégate Seriot sur l'aile est, à Miramar pour couper la route aux renforts allemands venant de l’est ; Romeo Force débarque le Groupe des Commandos d'Afrique (GCA) du lieutenant-colonel Georges-Régis Bouvet sur l'aile ouest, de part et d'autre du cap Nègre. (). La première plage foulée par les Commandos d'Afrique est celle du Rayol-Canadel-sur-Mer, choisie pour son grand escalier, repérable de loin.

, constituée de la et commandée par le colonel Edwin Walker, s'est chargée la même nuit de détruire les batteries des îles côtières de Port-Cros et du Levant situées devant Hyères.

, composée des trois divisions de la armée américaine du général Lucian Truscott (les , et divisions) et de la française ( DB) du général Touzet du Vigier est répartie en trois secteurs : à , du côté ouest, la d'infanterie du général John W. O'Daniel, et le Combat Command 1 de la blindée française du général Sudre, débarquent sur les plages de la baie de Cavalaire, à Cavalaire et à La Croix-Valmer, et de Pampelonne à Ramatuelle ; à , au centre, la d'infanterie américaine du major général William W. Eagles débarque à Sainte-Maxime (plage de La Nartelle) ; à , du côté est, la d'infanterie américaine du général John E. Dahlquist débarque sur trois plages différentes : face à la base d'aéronautique navale de Fréjus-Saint Raphaël, au Dramont et sur la plage d'Anthéor à Agay.