Jean Carzou, pseudonyme de Karnik Zouloumian, né à Alep (Syrie) le , et mort à Marsac-sur-l'Isle (Dordogne) le , est un peintre, lithographe, graveur (eau-forte, pointe-sèche) et décorateur français d'origine arménienne.

Biographie thumb|left|École spéciale d'architecture, Paris. Né en Syrie, à Alep, le , au sein d'une famille arménienne, de son vrai nom Garnik Zouloumian, orphelin de père très jeune, il étudie d'abord chez les Pères maristes, puis au lycée français du Caire où, en 1924, ses brillants résultats scolaires lui valent une bourse de la communauté arménienne. thumb|Académie de la Grande Chaumière, Paris.

Il rejoint ainsi Paris où il entre à l'École spéciale d'architecture dont il sera diplômé en 1928Académie des beaux-arts, Jean Carzou, études Le Robert, Dictionnaire universel de la peinture, 1975, vol. 1, p. 453.. À l’approche des années 1930, il « fait des ronds, des carrés » à Montparnasse. Il fréquente librement l'Académie de la Grande Chaumière, plus particulièrement l'atelier d'Édouard Goerg dont il restera l'amiChristian Germak, « Carzou », Nouvelles d'Arménie Magazine, n°132, juillet-août 2007, vivote grâce à ses caricatures d’hommes politiques publiées dans la presse (sa caricature d'Adolf Hitler en Père Noël allemand paraît lors de la fête de Noël 1933 Hebdomadaire Aux Écoutes, n°814, 23 décembre 1933.) et à ses dessins sur tissus. Il peint « loin des écoles ». Mais, observe Pierre Mazars, . Ses premiers vrais sujets sont, vers 1945, les malheurs de la guerre, évoqués avec .

Il commence à exposer, dans les divers Salons parisiens, notamment au Salon des indépendants, aux Tuileries, au Salon d'automne Il organise aussi des expositions particulières de ses œuvres à Paris, en province et à l'étranger. Sa première exposition particulière est en 1939 dans une galerie de la rue de Seine à Paris. La France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Liban, l’Égypte, le Japon ont accueilli plusieurs de ses expositions d’encres, de crayons, de gouaches ou de pastels étranges. Il participe aussi à plusieurs expositions officielles organisées par la France hors d'Europe, et reçoit le prestigieux prix Hallmark à trois reprises (en 1949, 1952 et 1955), ainsi que le prix du public des peintres témoins de leur temps en 1953.

Devenu parisien, il déménage à diverses reprises, habitant successivement : 34, rue Desnouettes - 2 rue Gustave-Larroumet - 40 rue des Jeûneurs - 16 rue Théophraste-Renaudot - 6 rue Léon-Séché - 26 rue de la Sablière - 23 rue des Plantes . Ses principaux ateliers sont situés au 26 rue des Plantes , 228 boulevard Raspail et 235 boulevard Jean-Maurel à VenceJean Carzou dans son atelier à Vence, reportage de Pascal François, source : YouTube ; durée : 1'37". Il fera également l'acquisition d'une maison au Vaudoué en 1960Communauté d'agglomération du pays de Fontainebleau, Le peintre Jean Carzou au Vaudoué.

thumb|left|upright|Versailles, le théâtre Montansier. thumb|upright|Maurice Lehmann.

Il épouse en 1936 Jeanne Gabrielle Blanc, dite Nane († ), Florent Fels, Carzou, Éditions Pierre Cailler, 1955.. Il est le père du réalisateur de télévision Jean-Marie Carzou, né en 1938Association culturelle arménienne de Marne-la-Vallée, Jean-Marie Carzou, et le grand-père de l'écrivain et journaliste Louis Carzou.

Il est aussi décorateur de théâtre, notamment pour Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau, mises en scène par Maurice Lehmann à l'Opéra de Paris en 1952, où il est dit , pour Le Loup, le ballet de Roland Petit créé en 1953, pour Giselle à l'Opéra de Paris en 1954 Jean-Paul Crespelle, « Avec "Giselle", Carzou renouvelle la conception du ballet romantique », France-Soir, 5 juin 1954., pour Athalie à la Comédie-Française en 1955, pour After Eden dansé par les ballets Harkness aux États-Unis en 1966, pour Jeanne et ses juges de Thierry Maulnier mise en scène par Marcelle Tassencourt au théâtre Montansier de Versailles en 1968 ou pour La Périchole de Jacques Offenbach« La Périchole, une étoile vivante signée Carzou », Paris-Match, n° 1067, 18 octobre 1969.Fondation Carzou, Le décor de "La Périchole" en cours de réalisation, mise en scène en 1969 par Maurice Lehmann au Théâtre de Paris.

En 1977, il dessine lui-même son épée d'académicien avant de faire son entrée à l'Académie des beaux-arts au fauteuil de Jean Bouchaud. Pourfendeur du laxisme de la société moderne en général, et du cubisme en particulier, il estime que Picasso est . Lors de son discours d'inauguration à l'Académie, Carzou s'en prend violemment à l'art moderne. Son successeur Zao Wou-Ki résume : Académie des beaux-arts, séance du 26 novembre 2003, discours d'installation de Zao Wou Ki. Selon lui, seuls Claude Lorrain, Watteau et Salvador Dalí sont « de grands peintres ». Il achète aussi des œuvres de ses collègues peintres figuratifs, et notamment de Maurice Boitel à la galerie Drouet, faubourg Saint-Honoré, au début des années 1980 Académie des beaux-arts, Discours de réception de Jean Carzou, 4 avril 1979..

thumb|Cimetière du Montparnasse, sépulture de Carzou.

Auteur d'une importante œuvre lithographique et d'illustration (Les Illuminations de Rimbaud) et de tapisseries, décorateur de chapelle de l'église du couvent de la Présentation de Manosque devenue Fondation Carzou en 1991, l'artiste voit son œuvre consacrée en 1986, à Vence (Alpes-Maritimes), avec l'ouverture d'un musée privé à son nom, mais qui sera fermé quelques années plus tard.

Jean Carzou meurt le dans la maison de retraite de Marsac-sur-l'Isle, en DordogneDominique Widemann, « Le décès de Jean Carzou », L'Humanité, 22 août 2000Mathilde La Bardonnie, « Carzou ne fera plus consensus - Mort du prolifique peintre-dessinateur-lithographe », Libération, 22 août 2000. Il repose dans la du cimetière du Montparnasse à Paris où la dalle de sa sépulture est revêtue de sa signaturePhilippe Landru, « Jean Carzou », Cimetières de France et d'ailleurs.

. On retiendra avec Patrick-F. Barrer que Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992, p. 148-149 et 239-240.. Carzou demeure ainsi .

Expositions Expositions personnelles thumb|upright|Château Grimaldi, Cagnes-sur-Mer. thumb|upright|Château de Val, Lanobre. thumb|upright|Château de Rochechouart. thumb|upright|Château de Vascoeuil. thumb|upright|Acropolis (Nice). thumb|upright|Cloître de l'Abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne. thumb|upright|Halle au blé d'Alençon. Galerie contemporaine, rue de Seine, Paris, 1939Encyclopædia Universalis, Jean Carzou. Galerie de Berri, Paris, 1942. Galerie des Trois-Quartiers, Paris, janvier-, février-. Galerie Drouant-David, Paris, 1946, 1948, 1951, 1953. Galerie Arthur Tooth & Sons, Londres, Jean-Albert Cartier, « Carzou prépare son exposition à Londres », Combat, 6 mai 1954.. Galerie Les Arts, Vence, avril-. Galerie David et Garnier, Paris, (L'Apocalypse) Yvon Taillandier, « La vision apocalyptique de Carzou », Connaissance des arts, n°67, septembre 1957, . Guy Charensol, « Carzou, lui, a intitulé son exposition "L'Apocalypse" », Revue des Deux-Mondes, décembre 1957. Michèle Savary, « Carzou à la Galerie David et Garnier, "L'Apocalypse" », La Gazette de Lausanne, 7 décembre 1957., (Escales), - (Le Paradis terrestre), (Provence) Jean Rollin, « Provence de Carzou », L'Humanité, 14 décembre 1960., mai- (Lumière d'été), novembre- (Figures rituelles)Affiches Mourlot, Jean Carzou. Paintings and watercolours, galerie Wildenstein, New York, mars-. Château Grimaldi, Cagnes-sur-Mer, juillet-. Carzou - Œuvres graphiques, galerie Soleils, Paris, . Galerie La Gravure, février-. Carzou lithographe, bibliothèque Forney, Paris, Bibliothèque Forney, Carzou lithographe, présentation de l'exposition de 1966. Carzou - Rétrospective, palais de la Méditerranée, Nice, 1966 Les Muses - Encyclopédie des arts, Grange Batelière, 1971, vol.4, pp.1279-1280.. Musée de l'Athénée, Genève, juillet-. Carzou, 1932-1967, rétrospective dans le cadre des Floralies internationales, musée des beaux-arts d'Orléans (hôtel Cabu), juin-. Baukunst Galerie, Cologne, juillet-. Le Bateau Lavoir, Touques, juillet-. Carzou - Dessins, aquarelles, galerie Tamenaga, Paris, février-, novembre- (Cent petits formats), octobre-. Hommage à Carzou, VIe Biennale de Trouville-sur-Mer, juillet-. Carzou, l'œuvre gravé, galerie Vision nouvelle, Paris, juin-. Carzou - Œuvres récentes, peintures et dessins, galerie Nichido, février-. Carzou - Peintures, dessins, lithographies, musée postal, Paris, 1976Danièle Sicard, Jean Carzou, biographie, Sicard Art Gallery. Château de Val, Lanobre, 1977 René Chabannes, Quarante ans d'expositions au château de Val, Artogue, 2014.. Galerie Isy Brachot, Bruxelles, mars-. Hommage à Carzou, château de Rochechouart, avril-. Carzou - Œuvres de 1945 à 1965, Galerie de la Présidence, Paris, Pierre Mazars, Jean-Marie Dunoyer et Jean Selz, L'année de la peinture, Calmann-Lévy, 1980, p. 124, 216-217.. Galerie Mikimoto, Tokyo, . Château de Vascœuil, 1981 « Carzou à Vascœuil », Le Collectionneur français, octobre 1981.. Galerie Paul Vallotton, Lausanne, - . Château de Villeneuve (fondation Émile-Hugues) Jean Mouraille, « Vence : fondation Émile-Hugues - Traverser la porte avec Carzou », Nice-Matin, 14 juillet 1983, p. 7., juillet-, 1986. Carzou, l'œuvre graphique, hôtel de Chemellier, Angers, octobre-. Carzou, l'œuvre lithographique, Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, mai-. Carzou, les années 1930-1940, galerie de Francony, Paris, 1988. Acropolis, Nice, - . Galerie Ducastel, Avignon, juin-. Galerie Tamenaga, Tokyo et Osaka, mars-. Carzou, l'Apocalypse, Fondation Carzou, Manosque, 1992, juin-. Carzou - Toiles et dessins pour le théâtre, ancien évêché de Sarlat, automne 1995 Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, p. 152.. Cloître roman de l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne, . Carzou - Rétrospective, espace Bonnard, Le Cannet, 1997. Hommage à Jean Carzou, Halle au blé d'Alençon, novembre-. Centenaire de la naissance de Carzou, exposition dans le cadre de l'année de l'Arménie en France, La Bouvêche, Orsay, mai-Francis Moreeuw, Jean Carzou, biographie. Galerie Bernhein-Jeune, Paris, , Galerie Bernheim-Jeune, présentation de l'exposition Carzou, 2012. Espace Art et liberté, Charenton-le-Pont, mars-Espace et liberté de Charenton-le-Pont, Carzou, présentation de l'exposition, 2011. Jean Carzou - Visions surréelles, galerie Richard, Paris, mars-Galerie Richard, Jean Carzou - Visions surréelles, présentation de l'exposition, 2013. Le Terrier, repaire d'artistes, Loches, août-. Carzou - Rétrospective, centre culturel Valery-Larbaud, Vichy, mars-Fabienne Faurie (texte) et Victoria Pulido (photos), « Rétrospective consacrée à l'artiste arménien Carzou au CCVL à Vichy », La Montagne, 17 mars 2018. Il était une fois Carzou, château de la Forêt, Livry-Gargan, . Carzou - Peintures, dessins, lithographies, Galerie Au Duc de Richelieu, Roanne, mai-

Expositions collectives Salon des Tuileries, Musée d'art moderne de la ville de Paris, juin-. Bimillénaire de Paris - Comité Montparnasse - Exposition de peintres et sculpteurs de l'École de Paris, La Coupole, Paris, juin- Comité Montparnasse, Exposition de peintres et sculpteurs de l'École de Paris, catalogue vendu au profit des œuvres des 14e et 6e arrondissements, juin 1951.. Vingt-huit jeunes peintres, vingt-huit jeunes femmes - Paul Aïzpiri, Roger Bezombes, Bernard Buffet, Philippe Cara Costea, Jean Carzou ("Portrait de Madame Emmanuel David"), Antoni Clavé, Simone Dat, Michel de Gallard, Mick Micheyl, Jean Navarre, Michel Patrix, Paul Rebeyrolle, Michel Thompson…, Galerie Drouant-David, Paris, - . l'École de Paris, galerie Charpentier, Paris, 1954, 1957. 5e International Art Exhibition, Japon, 1959.