vignette|PIB par habitant en 2011 (ONU)National Accounts Main Aggregates Database, Décembre 2012, United Nations Statistics Division. :
Le Brésil est la neuvième économie mondiale avec un PIB de en 2019 (Total GDP 2019, Banque mondiale).. L'économie brésilienne est à rapprocher de son histoire : en effet, les premières formes d'industrie (exploitation du bois, canne à sucre) ont marqué durablement le paysage économique du pays. En 2017, le Brésil est le troisième pays le plus inégalitaire d'Amérique latine après le Honduras et la Colombie.
Histoire de l’économie Les débuts de la colonisation La colonisation par les côtes a entraîné la découverte de plusieurs nouvelles essences de bois, dont notamment le pau brasil (bois de feu), d'où le pays tire son nom. Son exploitation fut le début d'une déforestation qui perdure encore avec des espèces actuellement exploitées encore plus nombreuses.
La plus grande partie des ouvriers des plantations est alors constituée d'esclaves.
Le L'économie brésilienne dont une grande part est fondée sur la culture et le commerce de la canne à sucre est à ce moment perturbée par l'introduction en Europe de la betterave sucrière. En parallèle, des gisements d'or et d'argent sont découverts dans l'intérieur du pays. On assiste alors à une ruée vers l'or qui installe des villes nouvelles au cœur de la forêt amazonienne.
En même temps, des pierres précieuses commencent à être extraites des mines dans le Minas Gerais, région qui tire son nom de cette industrie.
Le et le De nouvelles productions agro-industrielles viennent s'ajouter : le café et le caoutchouc. Ce dernier connaîtra cependant assez rapidement une reconversion vers la production de latex naturel en raison du développement de la production de caoutchouc à partir du pétrole dans la première moitié du .
En 1888, avec l'abolition de l'esclavagisme (grandement due à des raisons purement économiques : il devenait plus cher d'entretenir des esclaves que de payer des salaires à des ouvriers récemment immigrés d'Europe), l'outil industriel commence à se moderniser lentement.
Sous le régime de la República Velha (1889-1930), les hommes d'affaires (barons du café, magnats de la finance et du commerce, oligarchie industrielle urbaine, etc) prennent en grande partie possession de l’État. Pour empêcher l'effondrement des prix du café en raison de la constante augmentation de la production, l’État achète le surplus et le met en stock. Il recourt pour ce faire à l'emprunt : 72,7 millions de livres sterling sont empruntés entre 1906 et 1930 pour cette politique de valorisation du café. Les garanties et conditions de ces emprunts sont souvent draconiennes ; l'emprunt Rothschild de 10 millions de livres sterling est assorti du contrôle des douanes comme gage et de la promesse qu'aucun nouvel emprunt ne serait sollicité par le Brésil sans l'assentiment de la banque Rothschild. Au niveau local, les coroneis contrôlent les élections afin de maintenir une législation favorable aux intérêts des hommes d'affaires. Au contraire, la classe ouvrière ne bénéficie que très peu des affaires réalisées par les entreprises.
Durant la Première Guerre mondiale et dans les années qui la suivent, l'industrialisation du pays se conforte de manière importante, pour atteindre un niveau de fonctionnement industriel moderne.
Dans l'entre-deux-guerres, le Brésil subit le contrecoup de la Grande dépression avec la crise des produits de dessert qui l'oblige à détruire sa surproduction de café...
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la première unité de production sidérurgique est construite (1940, État de Rio de Janeiro), jetant les bases d'une économie de production de masse (automobile, pétrochimie, acier, machines-outils, aéronautique…). En parallèle, la mise en place d'infrastructures de transport et de télécommunications permet de soutenir le développement du pays, qui connaît des taux de croissance économique records jusqu'en 1974 (7,4 % en moyenne).
L'afflux massif de capitaux dans les années 1970, en provenance des États-Unis, de l'Europe et du Japon a été utilisé pour subventionner des entreprises d'État et construire plus d'infrastructures dans les régions les plus pauvres, pour encourager leur décollage économique. Le résultat immédiat a été sensible : le PIB a connu une croissance de plus de 8 % par an sur la décennie, malgré le double choc pétrolier.
Hyperinflation des années 1980 et 1990 Cependant, les années 1980 ont vu un retournement de situation et le Brésil fut forcé de restreindre ses dépenses publiques. Cette situation de crise a alimenté par une hyperinflation et une augmentation notable du poids de la dette, avant que des mesures de rigueur économique ne soient prises pour stabiliser la monnaie. En 1986, au travers du plan cruzado, le cruzado devient la nouvelle monnaie du brésil au lieu du cruzeiro utilisé depuis 1946. Ce même plan, impose une politique de prix fixe, sans grand succès.
Sur la fin de cet épisode, en 1987, le gouvernement négocia un accord avec ses créanciers pour rééchelonner le paiement de la dette, après avoir suspendu son paiement. Les finances publiques étant en difficulté de par les faiblesses des rentrées fiscales, calculés sur les années N-1.. L'accord conclu n'a pas eu les résultats espérés mais fut cependant suffisant pour que la production économique totale assure un excédent commercial permettant de couvrir les intérêts de la dette.
L'hyperinflation atteint son paroxysme en 1990, avec une inflation annuelle de 30000 %. En , pour lutter contre l'hyperinflation, le cruzeiro est lancé, couplé à une forte politique fiscale. L'inflation retombe à 400 %, mais l'indexation des salaires sur les prix la maintien. Fernando Collor de Mello fait appliquer le pacote, plan d'assainissement alors le plus sévère de l'histoire du pays : privatisation d'entreprises, déréglementation des négociations salariales, confiscation temporaire de l’épargne et des dépôts bancaires, coupes dans les programmes sociaux, etc. Le chômage connait une progression, les salaires reculent et le pays est en récession économique.
En 1993, l'hyperinflation atteint un second pic, avec une inflation annuelle de %. Le cruzeiro est remplacé par le cruzeiro real en Quinze ans de stabilité, déjà, Neio Rodrigues, Veja, 23 juillet 2009. En 1994 par le Plan Réal, le Brésil transforme le URV en réal, qui devient sa nouvelle monnaie. La nouvelle monnaie est indexée sur le dollar. Les prix et les salaires sont désindexées. L'hyperinflation prend fin.
Les contrecoups de la crise financière de 1998 en Asie du sud-est ont cependant fini par le contraindre à faire décrocher la monnaie, le réal, du dollar américain. Le réal subit une forte dévaluation en 1999.
Le Le Brésil, membre des BRICS, fait actuellement face à une situation économique en berne, la croissance du pays se retrouvant à 2 % en 2013, contre 7,5 % en 2010, ainsi qu'à une baisse du real face au dollarSolenn de Royer, « Hollande : "Doubler les échanges avec le Brésil" », in Le Figaro, vendredi 13 décembre 2013, page 7..
La politique de rigueur menée par le ministre Antonio Palocci en poste de 2003 à 2006, mais désapprouvée par la base électorale du président et par une partie du patronat, permet à l'économie brésilienne d'afficher une inflation maîtrisée et des excédents commerciaux historiques. Cependant, en , le prix Nobel de l'économie Joseph Stiglitz, de passage à São Paulo, s'est désolé que le président Lula da Silva n'ait pas opté pour « une politique plus agressive, avec un changement de la structure économique pour rendre le pays moins dépendant des capitaux extérieurs », car selon lui un pilotage économique, faisant tout pour obtenir une inflation faible et un excédent budgétaire élevé, ne garantit ni la croissance ni la réduction des inégalités sociales. Les taux d'intérêt, bien qu'ayant amorcé une baisse importante ces dernières années restent élevés et se situent à 9,5 % en . Le Brésil est entré dans un cercle économique vertueux avec des taux d'inflation et d’intérêts bas (en comparaison avec le passé récent), un fort taux de croissance, un chômage en hausse et des revenus réels en hausse. Cependant, en 2011 l'économie brésilienne ralentit et la croissance décline fortement pour s'établir à 2,7 %, dans un contexte de crise mondiale. Bien que modérées, les politiques sociales menées par Lula entrainent une réduction de la pauvreté. Les inégalités sont légèrement réduites, mais restent très importantes.
Ce pays est considéré comme l'un des pays les plus inégalitaires au monde en 2015 par le Crédit Suisse..
En 2017, le président non-élu Michel Temer refuse de rendre publique la liste des entreprises accusées « d'esclavage moderne ». Cette liste, rendue publique depuis la présidence de Lula Da Silva en 2003, devait obliger les entreprises à s’acquitter de leurs amendes et à se conformer aux réglementations dans un pays où la corruption de la classe politique par le secteur privé aurait risqué de compromettre le respect de la loi. Les relations du président en exercice avec le « lobby des propriétaires terriens » sont dénoncées par la présidente destituée Dilma Rousseff à cette occasion. Le gouvernement conservateur engage à partir de la fin 2016 un vaste programme de privatisations dans les mines, les infrastructures et les transports. Il envoie également au Parlement une proposition d'amendement de la Constitution pour instaurer un plafond des dépenses publiques pendant 20 ans : elles ne pourront pas augmenter plus que la hausse annuelle des prix, y compris dans la santé et l'éducation..
La crise économique, l'absence de politiques publiques et la corruption génèrent en 2017 une augmentation de la pauvreté. De nombreux fonctionnaires retraités ne reçoivent plus leurs retraites dans les temps et certains deviennent sans-abris, faute de pouvoir payer leur loyer. En 2017, les 5 % de Brésiliens les plus riches détiennent autant de richesses que les 95 % restant. Six milliardaires sont à eux seuls plus riches que les cent millions de Brésiliens les plus pauvres. D'après les données de l'Institut brésilien de géographie et de statistiques, l’extrême pauvreté s'est accru de 11 % au cours de l'année 2017 tandis que les inégalités reprennent également leur progression (l'indice de Gini passant de 0,555 à 0,567). La réduction du nombre de bénéficiaires de la Bolsa Familia décidée par le gouvernement en est la cause principale selon l'étude.
Le gouvernement de Jair Bolsonaro annonce en un « ambitieux » programme de privatisation d’entreprises publiques, mentionnant dix-sept sociétés, des services postaux aux banques, en passant par la loterie et la Maison de la monnaie (chargée d’imprimer les billets), ou encore Electrobras (le plus important producteur d’électricité d’Amérique latine) et le port de Santos (le plus grand port d’Amérique latine). Il engage également la privatisation de certaines activités de la compagnie pétrolière Petrobras..
Exportations thumb|300px| Produits d'Exportation Treemap par Produit (2019) from OEC thumb|200px|Port de Santos, le plus grand d'Amérique Latine.
Le Brésil était le exportateur mondial en 2019, avec 1,2 % du total mondial..
En 2019, le Brésil a exporté près de 225 milliards de dollars et a importé 177 milliards de dollars, avec un excédent de 48 milliards de dollars. Les dix principaux produits d'exportation du pays étaient: Soja - représentait 12 % des exportations du pays, pour une valeur de 26 milliards de dollars. Pétrole - 11 % des exportations, pour une valeur proche de 24 milliards de dollars. Minerai de fer - Près de 10 % des exportations du Brésil, d'une valeur de 22 milliards de dollars. Cellulose - 3,4 % des exportations, pour une valeur de 7,5 milliards de dollars américains. Maïs - 3,3 % des exportations nationales, d'une valeur de 7,3 milliards de dollars. Bœuf - Près de 3 % des exportations brésiliennes, totalisant 6,5 milliards de dollars.