Laffaire Mila commence le lorsque Mila Orriols, adolescente de , après avoir refusé les avances d'un internaute musulman, reçoit de sa part des insultes homophobes et misogynes proférées en se référant au dieu de l'Islam (« Allah » en arabe). Elle publie alors sur Instagram une vidéo critiquant l'islam et l'insultant en des termes très crus.

Alors que la vidéo polémique devient virale sur les réseaux sociaux, ses propos sont considérés par certains internautes comme dénigrants et elle est l'objet de dizaines de milliers de messages lesbophobes, misogynes et d'appels à la violence, au viol et au meurtre. Cette situation l'oblige à se déscolariser et à s'isoler à son domicile, où elle est placée sous protection judiciaire.

Au fil des jours, l'affaire prend une tournure nationale et provoque de nombreuses réactions au sein des sphères politiques, médiatiques et religieuses, notamment sur les questions d'islamophobie, de droit au blasphème et de liberté d'expression, au sein de la société française.

En parallèle, deux enquêtes judiciaires sont ouvertes : l'une contre Mila pour incitation à la haine raciale et l'autre concernant le harcèlement et les menaces de mort dont elle a fait l'objet. Treize de ses cyber-agresseurs sont jugés en et onze sont condamnés à 4 ou 6 mois de prison.

L'affaire est relancée en avec de nouvelles menaces de mort proférées à l'encontre de l'adolescente, à la suite d'une nouvelle vidéo de Mila.

Résumé des faits Lorsque l'affaire intervient, Mila, adolescente de , possède un compte sur Instagram. Elle y est active et totalise plus de .

Le , elle discute en live de , notamment de préférences amoureuses. Elle reçoit des avances de la part d'un abonné, qu'elle rejette. Une autre de ses abonnés, lesbienne comme elle, affirme ensuite ne pas vraiment être attirée par les filles , c'est-à-dire arabes. Mila répond : . L'abonné, dont Mila a repoussé les avances au début de l'échange, l'insulte alors avec des termes lesbophobes et misogynes : , et , puis l'insulte selon Mila.. Le sujet bascule alors sur la religion. Mila quitte le live et s'aperçoit que plusieurs abonnés lui envoient une salve de menaces et de propos haineux. C'est alors qu'elle décide de poster une vidéo, censée ne rester visible que 24 heures, une , où elle critique et tient des propos insultants envers l'islam et son livre sacré, le Coran. :

Dans cette vidéo, Mila affirme également et n'être .

Cette vidéo va très rapidement être relayée sur Internet (35 millions de vues), poussant des centaines d'internautes à multiplier des insultes lesbophobes et misogynes, à la menacer physiquement, voire à lancer des appels au meurtre à son encontre ( de mort).. Des informations personnelles la concernant (notamment son domicile, son nom de famille et le lycée où elle étudie) sont rapidement dévoilées sur internet... À partir du , elle est déscolarisée de son lycée.

Le , le site d'extrême droite Bellica recueille le témoignage de Mila. Le journal de gauche Libération fait de même le lendemain. ; elle y déclare :

Alors que ses propos se répandent très rapidement sur la toile, les hashtags « #JeSuisMila » puis « #JesuispasMila » émergent sur Twitter pour prendre la défense de la jeune adolescente ou pour au contraire la critiquer.

Dans son livre Je suis le prix de votre liberté (Grasset, ), Mila indique avoir déjà subi maintes paroles désobligeantes et une agression physique aux abords de son lycée au cours des années précédentes, notamment de la part de jeunes musulmans, en raison de sa manière de se vêtir ou de son homosexualité affichée.

Faits délictueux ultérieurs Le , Mila est à nouveau menacée de mort et de viol pendant un séjour linguistique à Malte. Son auteur, un Algérien vivant en France, est condamné à un an de prison avec sursis par la justice maltaise..

Sur le réseau social TikTok, le , Mila publie une nouvelle vidéo critique envers l'islam. S'en prenant à ses détracteurs et ceux qui la menacent de mort, elle conclut la vidéo en déclarant : . Alors que l'extrait circule sur la toile, Mila est alors la cible d'une recrudescence d'appels au meurtre... Elle est également exclue de son nouveau lycée militaire après avoir par mégarde cité le nom de l'internat où elle vivait.. Dans un communiqué, le ministère des Armées, dont dépend l'établissement scolaire de la jeune fille, affirme que et qu'elle pourra poursuivre son enseignement dans un lieu sûr, à distance, le temps que la situation s'apaise.. Dans une lettre adressée au proviseur du lycée militaire parue dans le magazine Le Point, le père de Mila pointe la des militaires et leur refus de protéger sa fille.

Au début de l'année , Mila a reçu un total de plus de de haine, avec environ une trentaine de messages à la minute... La présidente de l'association de protection des mineurs sur Internet e-Enfance indique alors :

En , le compte Twitter de Mila est brièvement suspendu pour après ses réponses à des milliers d'insultes provoquées par une campagne concertée de cyberharcèlement faisant suite à un dessin de maternelle qu'elle avait posté... Devant l'émotion suscitée et sous le feu des critiques, le réseau social revient sur sa décision et reconnaît ...

En , la jeune femme annonce déposer une plainte après avoir été à nouveau harcelée par la chanteuse Iambillies sur Instagram..

Le , lors d'un rassemblement organisé pour rendre hommage à Dominique Bernard, professeur de lettres assassiné par un terroriste islamiste, Mila annonce avoir été menacée et insultée par des participants du rassemblement, et révèle une autre affaire suivie par la DGSI, la préparation d' pour l'atteindre.. Elle accuse notamment Raphaël Arnault, leader de la Jeune garde, organisation antifasciste d'extrême gauche, de l'avoir agressée, ce que l'association dément..

Suites et conséquences Pour Mila Pendant la polémique, Mila s'exprime une seule fois dans les médias : le , dans l'émission Quotidien, diffusée sur TMC. Alors qu'elle vit recluse chez ses parents depuis plusieurs jours, elle assume ses propos et revendique , tout en précisant ne pas avoir , regrettant et présentant ses excuses à ceux qui ..

Lors de l'émission de BFM TV du avec Apolline de Malherbe, revenant sur cet entretien et ces regrets, elle déclare qu' lui a demandé de dire qu'elle était désolée pour les personnes qu'elle aurait pu offenser, mais que cela ne correspondait pas à la réalité.

Lors de ce nouvel entretien de , elle déclare au contraire : , vidéo à 8'20.. L'émission Quotidien dément le soir même les accusations, déclarant que le visé par Mila ne fait pas référence à leurs équipes..

Ne pouvant plus se rendre au lycée Léonard-de-Vinci de Villefontaine alors que l'Éducation nationale juge qu'elle met en danger ses camarades, Mila demande à changer d'établissement.. Mais en , ses parents dénoncent de l'Éducation nationale : ils indiquent qu'elle est désormais déscolarisée depuis quatre mois et que tous les établissements du secteur public de la région affirment ne pas être en mesure d'assurer sa sécurité. Leur avocat, Richard Malka, déclare alors :

Judiciaires vignette|Mila et son avocat, Richard Malka, s'entretenant lors d'une suspension d'audience au tribunal de Paris, le .

Dans le cadre de cette affaire, Mila porte plainte et deux enquêtes sont ouvertes : une contre Mila pour appel à la haine et l'autre pour appel au meurtre. La première enquête est classée sans suite le , car, selon le procureur de la République Jérôme Bouvier, elle

En , l'un des auteurs des appels à la violence et au meurtre de Mila est mis en examen, notamment pour , par un juge d'instruction du tribunal judiciaire de Vienne (Isère) ; cet adolescent lui indique son comportement et avoir Dans la foulée, deux autres mineurs sont mis en examen pour ...

Un jardinier de , jugé en comparution immédiate à Auch (Gers), est condamné le , à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, pour menaces de viol et de mort..

À la suite de la publication d'une nouvelle vidéo de Mila, le parquet de Vienne annonce, le , l'ouverture d'une enquête pour .

Le , cinq personnes, âgées de , dispersées sur le territoire français et apparemment sans lien entre elles, sont placées en garde à vue sous la coordination opérationnelle de l'Office central de lutte contre les crimes de haine pour cyberharcèlement et menaces de mort à son encontre... Le , six autres personnes sont placées en garde à vue, toutes pour , cinq d'entre elles l'étant aussi pour , la sixième pour .. Au total, treize personnes sont jugées le devant le tribunal correctionnel de Paris... Le , le tribunal correctionnel de Paris prononce des peines de quatre à six mois de prison avec sursis contre onze des douze prévenus..

En , un nouvel homme est condamné à de prison avec sursis pour avoir menacé de mort Mila par Internet lors de l'ouverture du procès de juin...

En , cinq nouveaux prévenus sont condamnés par le tribunal correctionnel de Paris..

Réactions Religieuses CFCM Le , le délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri déclare à Sud Radio, tout en se disant les menaces de mort à l'encontre de Mila : La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, dénonce alors des .. Le même jour, le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, tweete quant à lui :

Grande mosquée de Paris Le , le recteur de la grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, accorde à Mila une visite privée de l'édifice d'une durée de deux heures. Elle est notamment invitée dans la salle de prière (dont l'accès est habituellement aux visiteurs), où il lui remet un du Coran de couleur rose. Cette , que Mila perçoit comme une , est saluée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, la présidente déléguée de LREM, Aurore Bergé, et la LICRA...

Opinion publique Une enquête réalisée par l'IFOP du au pour Charlie Hebdo indique que Mila est soutenue par 53 % des Français, le soutien étant plus marqué dans les milieux socio-économiques élevés. L'enquête montre cependant que les sondés hostiles au droit au blasphème (même si celui-ci est exprimé de manière outrageante) sont aussi nombreux que ceux qui y sont favorables...

En , les auditeurs de RMC la désignent ..

Aspects politiques Les personnalités politiques se montrent divisées à son sujet.

vignette|redresse|La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, estime que , avant d'affirmer avoir été maladroite dans ses propos. Le , la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, déclare sur : . Plus tard, elle déclarera avoir été maladroite et inexacte :

De son côté, Ségolène Royal déclare :

Couplées au silence de nombreuses personnalités politiques, les deux déclarations supra sont considérées par d'autres figures politiques (de gauche et de droite), des éditorialistes, des chroniqueurs et des philosophes comme caractéristiques d'une d'une partie de la classe dirigeante française.... Marine Le Pen écrit ainsi sur Twitter :

vignette|redresse|Le président de la République, Emmanuel Macron, intervient dans le cadre de l'affaire en réaffirmant le . L'affaire ayant pris une tournure polémique., le président de la République, Emmanuel Macron réaffirme le et à . Il indique aussi que et que l'État protège Mila .. En suivant, reconnaissant selon les termes du Figaro, il affirme au sujet de cette affaire : .

Réagissant aux propos du président de la République, l'essayiste Céline Pina déclare :

En , lors du débat parlementaire sur le projet de loi confortant le respect des principes de la République, Marine Le Pen accuse l'État d'être d'assurer la sécurité de Mila, ce que réfute le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin..

Mouvement féministe et LGBT

La gauche et les associations féministes et LGBT sont accusées par Le Figaro de n'avoir pas assez défendu l'adolescente, par peur de .