La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, dite aussi de la Bonne-Dame, est un édifice religieux catholique du situé à Fontainebleau, en France. Elle rend hommage à une légende selon laquelle, au , la monture emballée d'un cavalier se serait arrêtée après que ce dernier ait invoqué la Vierge Marie. Par tradition locale et religieuse, son emplacement constitue notamment un lieu de pèlerinage. La chapelle est inscrite aux monuments historiques depuis 1926.
Situation géographique La chapelle est située à l'extrémité nord du boulevard Maréchal-Foch (route départementale 606), à l'intersection de la route de Notre-Dame-de-Bon-Secours, à la lisière de la forêt de Fontainebleau, soit au nord de la ville de Fontainebleau, et plus largement au sud-ouest du département de Seine-et-Marne. Un repère de nivellement placé près du portail à au-dessus du sol fait état d'une altitude de . Fermé en temps normal, l'accès à la chapelle est limité aux cérémonies.
Histoire
Légende et sacralisation On attribue la sacralisation du lieu à une légende communément admise. À la fin de , le sieur Dauberon (aussi orthographié d'Auberon), ordinaire du prince Louis II de Bourbon, dit le Grand Condé, et capitaine dans son régiment, arrive à Fontainebleau pour rejoindre la cour. Sur la descente du chemin de Melun, vers la croix d'Augas, son cheval s'emballe et une de ses jambes reste accrochée à l'étrier. Le cavalier est renversé et traîné sur des pierres. Au vu du danger et par une dévotion particulière, il invoque la Vierge Marie : son cheval s'arrête soudainement. Dauberon a le temps de se débarrasser ; il n'éprouve alors aucune blessure.
Le , en guise de remerciement pour avoir été sauvé d'un potentiel désastre et pour en perpétuer la mémoire, le sieur Dauberon fait bénir une image de la Vierge. Dans l'après-midi du même jour, celle-ci est portée en procession par Antoine Durand, premier curé de la Paroisse de Fontainebleau et est apposée sur le tronc d'un grand chêne tout près du lieu de l'accident. Avec elle, un parchemin relatant les faits, écrit en latin par Durand, est placé dans une espèce de niche à l'abri du vent.
Premier oratoire
Le chêne tombe en raison de sa vétusté. En 1690, un oratoire est construit à l'initiative du curé Maurice Faure et bâti grâce aux subventions de sieur Grenet, prêtre de l'église de Fontainebleau. L'image de la Vierge est placée sur l'autel, ainsi exposée à la vénération des fidèles ; une représentation de la légende est peinte sur le fronton du monument. Un pèlerinage est par l'occasion instauré. Cependant, d'après les travaux d'Emmanuel Henri de Grouchy à la fin des années 1880, un acte notarié du atteste que l'oratoire aurait été élevé non pas aux frais de Grenet mais à ceux d'un groupe d'habitants, dont des officiers du roi et des bourgeois assez pieux. La Révolution passe par Fontainebleau et cet oratoire est détruit en 1793.
Une association « de Notre-Dame de Bon-Secours » est fondée. En 1819, le pape Pie VII l'agrémente d'indulgences plénières.
Réédification d'une chapelle vignette|Toile de Blondel au plafond, en . En 1821, Marie-Thérèse, duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI et Marie-Antoinette, lors de son premier voyage à Fontainebleau, s'agenouille sur les lieux, et témoigne son souhait pour la réédification d'une nouvelle chapelle. Elle est soutenue par Louis XVIII et des paroissiens. Grâce à de multiples souscriptions, M. Philipeau, curé de la ville, fait construire la nouvelle chapelle actuelle sur les anciennes fondations, d'après les plans de l’architecte du palais Maximilien-Joseph Hurtault. Une toile marouflée relatant l'histoire est réalisée par Merry-Joseph Blondel, peintre qui travaille aussi à la galerie de Diane du château de Fontainebleau et au palais du Louvre. La chapelle inaugurée est bénite le , devant les autorités civiles et militaires et des fidèles. Depuis, chaque premier dimanche d'octobre, le clergé de la paroisse s'y rend en procession.
Restaurations de l'édifice Vers le début des années 1860, une association, sorte de confrérie charitable, se forme dans le but d'entretenir et de renouveler les ornements de l'autel. L'empereur Napoléon III ordonne, au début de l', à la chapelle. Avant de quitter Fontainebleau, le couple impérial offre spécialement à cet effet. Ces travaux ont pour but de restaurer l'oratoire proprement dit et de reconstruire le mur d'enceinte plus avant dans la forêt, de manière à laisser un espace plus considérable entre celui-ci et la chapelle. L’aspect est conservé et le plafond est refait par le peintre Charles Marcel. Par ailleurs, à l'occasion de la fête de l'Empereur, la Saint-Napoléon, le de la même année, l'édifice, avec les édifices publics et le boulevard de Melun (actuellement, du Maréchal-Foch) sont illuminés dans le cadre d'une fête en forêt le soir.
Incident de 1912
Ghislain Touzet du Vigier, un lieutenant du de dragons de , effectue quotidiennement le trajet à cheval de Melun à Fontainebleau. Le , vers , au bas de la côte de la croix d'Augas, sa monture s'emballe et pour éviter un accident à l'entrée de la ville, celui-ci tourne à droite dans la direction du carrefour des Huit-Routes. En traversant la chaussée goudronnée rendue glissante à la suite de précipitations, le cheval dérape et parcourant une distance de 30 à , s'abat juste en face de la chapelle, ce qui provoque la chute de l'officier. L'homme reçoit d'abord les soins du docteur Matry qui le transporte à l'hôpital de Fontainebleau, mais succombe des suites de sa fracture au crâne. Ses obsèques sont célébrées le en la chapelle de l'hôpital avant que le corps ne soit conduit à la gare pour le transporter à Saint-Omer où a lieu l'inhumation le ; un service est aussi célébré le en l'église Saint-Honoré-d'Eylau à Paris. Non sans rappeler la légende similaire de Dauberon, la mère du lieutenant fait placer, dans la première moitié de 1913, une plaque à l'intérieur de la chapelle.
Restaurations du début du Avec la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905, l'association est dissoute et la chapelle devient propriété de l'État. La veuve Étancelin (née vers 1862) est nommée gardienne culturelle, sans appointements. La pluie transperce la toiture et l'archiprêtre Barbier finance de ses propres fonds le remplacement de tuiles. La chapelle subit aussi un délabrement au fil du temps, l'une des principales causes étant le recouvrement par les branches des arbres voisins. Un projet visant à rétablir son état est lancé en 1932 et plusieurs personnes présentent leur concours, à titre gracieux : l'architecte Albert Bray pour la direction des travaux à exécuter, l'élagueur Navet, de Louveciennes, un menuisier-dessinateur et un serrurier. Une souscription est également ouverte. La chapelle voit ces travaux d'entretien réalisés en 1935.
Restauration du début du De nouveau, par manque d'entretien depuis, la chapelle subit des dégradations importantes du bâti et des fresques et étant notamment constituée de bois, elle est menacée par la mérule. En 2011, un appel aux dons débute. Le rachat du monument à l'État pour l'« euro symbolique » est planifié en 2012 et s'effectue en 2013.
Les travaux sont subventionnés par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), le Département de Seine-et-Marne et la Fondation du patrimoine et sont aussi financés par la ville de Fontainebleau et des donateurs privés. La première phase des restaurations, débutée fin 2014 et finalisée en 2015, concerne la couverture et de la charpente-couverture, la réfection de la maçonnerie et de la menuiserie et les élévations extérieuresPanneau « Restauration intérieure de la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours » de la Ville de Fontainebleau sur le grillage côté gauche (en février 2020). La deuxième phase des travaux, entreprise à l'automne 2016, comprend la restauration du décor peint extérieur et la rénovation intérieure de l’édifice. La restauration complète de l'édifice est achevée en .
Statut patrimonial vignette|Arrêté ministériel du inscrivant la chapelle.
La chapelle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du , en tant que propriété de l'État.
Représentations culturelles vignette|page=9|Couverture du roman L'Écuyer Dauberon ou l'Oratoire de Bonsecours chez l'édition Moutardier, en 1832. La légende de l'oratoire inspire une histoire d'amour fictive à Mélanie Waldor qui titre son roman L'Écuyer Dauberon ou l'Oratoire de Bonsecours. Édité en 1832, il comprend des illustrations de Tony Johannot et de Jean Gigoux. Avec des actions situées dans les environs de Fontainebleau, l'héroïne Alide noue une relation avec Xavier, capitaine des gardes, qui chevauche Ralph.
Références
Bibliographie
Publications encyclopédiques
Publications générales
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Publications spécialisées
Publications littéraires
Annexes
Articles connexes Apparition mariale Guérison par la foi
Liens externes
Carte de Cassini du secteur Fontainebleau - Étampes, mentionnant sous forme de symbole la présence du premier oratoire
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